Le Sergent noir
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anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 13 novembre 2007
Le sergent noir est un film marquant par sa critique du racisme et par sa qualité de récit.
Celui-ci nous fait part du procès du sergent Rutledge, ancien esclave affranchi ; procès tenant par des gags sans grands intérêts pour l’histoire (le juge demande de l’eau, un homme prend le cruchon devant lui et le juge l’arrête en lui disant « oublie celle-là » et l’homme sort une bouteille d’alcool) et, par contre, il n’est tenu que mollement par l’affrontement des deux parties. Ce qui tient le procès en lui-même ce sont les mots forts échangés par l’accusation et la défense. Si le film n’était constitué que de ce procès, il serait bien ennuyeux… ou très court ! et sur tout les plans.

Heureusement, ce procès est très bien rythmé par de nombreux flash back engagés par les récits de différents témoins et du sergent Rutledge. Grâce à cela, John Ford nous montre des parties de l’histoire sous plusieurs points de vue et force le spectateur à rechercher un avis personnel sur ce jugement.

En ressortant de ce film, on se dit, « La justice triomphe toujours ! » Mais cela fait un bien maigre sujet de film. Un film de qualité malheureusement doublé sur sa droite par son scénario mal tourné et mal interprété. A mon avis, si John Ford voulait critiqué le racisme, il aurait du s’y prendre autrement. Là, à partir de la deuxième moitié du film (jusqu’à la connaissance de l’auteur du crime), le spectateur sait que le sergent Rutledge va être disculpé puisque toute les preuves vont dans son sens. On pourrait très bien imaginer un « coup de théâtre » dans lequel une preuve ne peut pas être prouvé en faveur du sergent. Mais non ! Un procès sans espoirs pour l’accusateur !

Je classerai ce film dans les « westerns de divertissement » que l’on peut voir mais qui ne cassent pas trois pattes à un canard !
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

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1,0
Publiée le 14 octobre 2007
En cinéaste des Etats-Unis, John Ford se devait de consacrer un film à l’oppression latente des noirs. C’est donc dans l’objectif d’équilibrer la balance-représentative du cinéma fordien que le cinéaste entreprend «Sergeant Rutledge» (USA, 1960). Pour dépeindre un «peuple noir» nécessaire aux Etats-Unis, Ford les intègre aux armées et critique virulemment le racisme lors du procès autour duquel s’articule le film. Cette architecture narrative, en flash-back, coutumière de Ford lorgne là un peu trop du côté d’Hitchcock. Entendons ici le retournement de situation final habilement mené. Cependant, cette sage volonté d’anti-racisme, cette scénographie temporelle inventive ne suffisent pas à voiler la caricature des personnages. Hormis Woody Strode (le sergent Rutledge) le reste de la distribution sombre dans le pathétique. Les plus illustres exemples étant le colonel Otis et sa femme, insupportables d’emphase grotesque. Les personnages du lieutenant Tom Cantrell et Mary Beecher, icônes idylliques sortis tout droit d’un «Rear Window», édifient également la schématisation des protagonistes. L’usage des lumières toutefois, notamment lors du tribunal, figure les introspections avec ingéniosité. Cela constaté, l’intérêt se limite très vite. Certes John Ford, en maestro du classicisme hollywoodien, réussit toujours à ne jamais perdre son spectateur mais il reste une marge abyssale entre l’attention minimum qu’on peut porter à un film et l’intérêt nécessaire à en faire une grande œuvre. Et «Sergeant Rutledge» n’est certes pas une grande œuvre. Alors qu’en reste-t-il ? L’indice que, non, John Ford n’était pas raciste et qu’il aimait tout ceux qui peuplait son pays. Sur le racisme, «Cheyenne Autumn» (USA, 1964), grand film, entre autre mémorial sur les Cheyennes, retiendra d’avantage notre attention là où la chronique de «Sergeant Rutledge» n’en saisit qu’une vague attention.
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