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Yasujirô Rilke
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0,5
Publiée le 4 mars 2008
«The Hudsucker Proxy» (USA, 1994) des frères Coen finit de prouver que la forme seule ne suffit pas à forger l’excellence d’un film. Il faut voir ce film-ci après avoir vu le chef-d’œuvre «Barton Fink» (USA, 1991). L’exercice n’est pas gratuit, il permet de constater l’étrange similarité formelle des deux films. Les travellings étranges sur les tableaux du film de 91 ont pour siamois la survolée gigantesque entre les buildings du film de 94. Il y a dans «Hudsucker…» la même maestria minutieuse que dans «Barton…» mais un gouffre fondamental rompt leur gémellité. Au lyrisme profond et grave du premier des deux films ne demeure plus qu’un lyrisme hystérique et affreux. Comme la tâche de café qui encercle l’annonce providentielle, le film est parcouru de trouvailles fétichistes qui rabaissent le film à un simple divertissement faiblard. Et pourtant l’œuvre offre une introduction qui promet un certain mysticisme que les Coen serpe aussitôt qu’il le promet. Le dénommé Hudsucker, patron fondateur de la compagnie, se suicide en même temps qu’entre le jeune Norville (Tim Robbins), l’idée de réincarnation est ici aussi bien représenté qu’elle est explicite. Le titre original rend notamment l’idée de métempsychose encore plus claire : Hudsucker par procuration. Norville n’est autre que l’image de la seconde chance d’Hudsucker. Ce sujet singulier offre à notre imaginaire des portes fraiches, closes dès que les Coen se focalisent de plus près. Le formalisme méticuleux ne suffit pas à contenir la corruption des Coen par le système hollywoodien. Et cette corruption est d’autant plus extraordinaire que le film précédent des cinéastes, «Barton Fink» donc, dénonce la perte de l’art dans le système de l’industrie artistique. A ce pamphlet génial, les frères cinéastes réalisent le meilleur exemple, la preuve la plus éloquente : «The Hudsucker Proxy», où l’art des Coen se voit voler son âme par la perversion commerciale.
Le Grand Saut, 1994, de Joel Coen, produit par Ethan Coen, avec Tim Robbins, Jennifer Jason Leigh et Paul Newman. Après No Country for the Old Men, ce film m’a réconciliée avec les Coen Brothers ! Savoureuse comédie, loufoque et pleine d’ironie mordante sur le monde des affaires et la vie en (très grande) entreprise. Tout est parfait, autant le jeu des comédiens, le scénario, que la façon de filmer, et pourtant, l’histoire qui sert de fond, n’a rien d’original : le conseil d’administration d’un empire industriel, dont le PDG vient de se balancer par la fenêtre, décide de nommer au poste devenu vacant, un idiot de 1ère classe, afin de faire s’effondrer les actions et de pouvoir les racheter à vil prix. Il y a du Frank Capra là-dedans, et l’heureux imbécile choisi, immense naïf, mais peut-être pas si sot, campé par un Tim Robbins lunaire, qui n’a pas inventé le fil à couper le beurre, mais le…hula hoop, rappelle Mr Smith au Sénat, joué par le grand James Stewart. Mais alors que Capra nous inondait de bons sentiments, les Coen nous servent des gags et des situations hautement absurdes, tout en déroulant des caricatures finement acérées des petits chefs de service traumatisants aux big boss diaboliques.
Ce n’est ni le style satirique, ni l’univers de fable réaliste déjantée des frères Cohen qui pose problème dans ce film. C’est l'irrégularité dans le rythme et dans la qualité du choix des ressorts dramatiques du film. Le rythme trépidant des scènes loufoques ralenti brutalement, en même temps que l’intrigue s’enlise. L’intérêt du spectateur n’est ainsi plus maintenu car le «serrage » psychologique des personnages se fait plus flasque. Après avoir atteint l’excellence de « Miller’s Crossing, Barton Fink, » on s’attendait à mieux. Ils se rattraperont heureusement par un génial « Fargo » puis un très bon « Big Lebrowsky ». En analysant l’ensemble de l’œuvre des Cohen, on constate certains dérapages causant l’ennui, comme c’est le cas du « Grand Saut », mais l’excellence demeure. Un autre problème dans ce film : son titre français. S’il a l’intérêt de présenter le suicide comme un acte rituel dans l’entreprise Hudsucker, cette idée passe à côté de celle véhiculée par le titre anglais. « The Hudsucker Proxy » mettait l’accent sur l’aspect machiavélique de l’idée du rusé Mussburger, superbement interprété par Paul Newman : installer un homme de paille par procuration (= proxy) pour reconquérir les parts de l’entreprise Hudsucker. « L’Homme De Paille » sonnait bien, sans trahir. Et qui viendrait se plaindre que ce titre avait déjà été choisi en 1973 pour traduire le titre du nanar réalisé par Robin Hardy en 1973 : « The Wicker Man » ?
Avec l'immeuble impressionnant, la voix off du narrateur, les décors stéréotypés, le contexte festif du Nouvel An, LE GRAND SAUT prend des allures claires de conte, un conte qui fait furieusement pensé à LA VIE EST BELLE de Frank Capra. Et ce n'est pas un hasard puisque le film est une version complètement délirante de l'oeuvre de Capra dont le thème de prédilection de l'individu face au système et le côté moralisateur sont tournés en dérision. Niveau acteurs, Tim Robbins est savoureusement naïf et Paul Newman est parfaitement impitoyable ! Les frères Coen rendent donc un bel hommage à leur illustre aîné en plaçant les éléments habituels du cinéaste dans des situations grotesques mais délicieuses !
Un film brillantissime : drôle, ascerbe, loufoque et émouvant. La réalisation est impéccable ; "as usual" pour les deux frères les plus doués du cinéma américain. Leur regard est on ne peut plus lucide sur les dérives déshumanisantes du capitalisme moderne et leur réponse se résume en trois mots : ironie et détachement désabusé. Quand d'autres nous livreraient un film lourd, pessimiste et moralisateur, eux parviennent à transformer ce triste constat en farce tragi-comique percutante. Par leur récit, ils nous livrent un conte post-moderne pétillant qui, une fois terminé, nous donne l'envie de jouer les grains de sables illuminés dans les rouages de notre impitoyable société de consommation.
Un peu trop carricatural du monde capitaliste pour totalement me conquérir, mais l'univers dans lequel les frères Coen nous plongent à chaque plan est vraiment envoutant. Une folie indescriptible, mais à voir.
Cette comédie désopilante des Cohen est une petite longueur devant "The big Lebowski" le meilleur film de ces frères de génie, à mon "fanatique" avis... Aussi, n'écoutez pas ceux qui considère cette merveille comme une oeuvre mineure du duo magnifique, et attardez-vous en particulier sur la performance d'actrice de la sublime J.J.Leigh!!!, qui est sans doute encore aujourd'hui l'une des plus grande comédienne US.
Comédie génialissime dont le décor et l'univers peuvent rappeler Brazil, mais très différent de ce dernier dans les thèmes et la philosophie abordés. Dommage que le film n'ai pas marché et soit peu connu dans la filmographie des frères Cohen, car ils ont signé là un concentré de loufoquerie et d'intelligence, filmé et interprété avec une précision incroyable (Paul Newman en tête). De la comédie américaine de haute volée. Du très grand cinéma.
Très bon film des frères Coen. Bien déjanté, Le grand saut lorgne du côté de Brazil de Terry Gilliam, un peut moins complexe tout de même. Un humour hilarant mais jamais con. Tim Robbins et Paul Newman sont for me for me formidables. A voir absolument.
J'ai revu ce film pour la 5eme ou 6eme fois hier soir avec toujours le même plaisir. Tout d'abord, il faut dire que Sam Raimi est venu prêter main forte à l'écriture du fim aux frères Cohen qui ne signent pas là leurpremière comédie, il ne faut pas oublier "Arizona Junior" qui est une grande comédie déjantée et qui servira de mètre étalon pour la série "My name iss Earl". Ensuite, il y a quelques clins d'oeils à l'univers de terry Gilliams pour "brazil". Mais une chose qui saute aux yeux, c'est la précision de la mise en scène où rien n'est laissé au hasard, les plans s'enchaînent de façon magique, les lignes de fuites, les ombres, la photographie souligne une mise en scène hors du commun. Une comédie dans laquelle on se laisse embarquer avec plaisir.
Les frères Coen réalisent avec "The Hudsucker Proxy" une satire décalée du système capitaliste états-unien et des magouilles des entreprises qui ne recherchent que le profit. Moins déjanté que "Fargo" ou que "The big Lebowski", ce film reste tout de même très drôle, avec un Paul Newman surprenant dans le rôle d'un manipulateur diabolique, et un très bon Tim Robbins en soi-disant idiot qui va sauver une société avec une idée toute bête, tandis que l'on trouve des personnages secondaires réussis, comme souvent chez les réalisateurs. On pouvait donc attendre un peu plus de leur part, mais le résultat est déjà pleinement satisfaisant (ils placent la barre haut...).
Les frères Cohen démontrent encore tout leur talent dans cette comédie dramatique. L'histoire de base n'est peut-être pas la plus originale jamais vue mais les frères Cohen en font une satire très réussie avec cette dimension un peu loufoque propre au réalisateur. Tom Robbins est parfait dans ce rôle d'idiot pas si bête que ça et Paul Newman est tout simplement parfait.
Je vais suivre mes petits camarades de critique ...
Ma télé marchant mal - elle passe de la couleur au N&B - je regrettais le retour éventuel à la couleur tant ce film est d'une qualité cinématographique rare :image, lumière, angles de vues irréprochables. Sans parler du scénario avec de bons rebondissements, des idées formidables de mise en scène mêlant le fantastique et le film noir ... paul Newman est excellent, je ne serais pas si enthousiaste sur Tim Robins, mais c'est sanq importance tant la caméra et la mise en scène est de qualité. J'ai étais très agréablement surpris par un film que je ne connaisais pas. Quel manque ! Heureusement comblé ...