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Patjob
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4,5
Publiée le 30 mai 2019
Un grand film en trois parties. La première, la balade en scooter dans Rome, est une pure merveille de fraîcheur, de liberté, d’amour de la ville et du cinéma ; elle se termine par l’émouvant passage près de la stèle de Pasolini, perdue dans un terrain vague, sur la non moins merveilleuse musique de Keith Jarret. La seconde, un moment de pérégrinations dans les îles éoliennes, consacrée en grande partie à la critique de la dépendance au média « télévision », est plus faible. On retrouve dans la troisième partie le caractère intime de la première, lorsque l’auteur parle, avec humour et distanciation, de son désarroi face à la maladie et au corps médical. Elle se termine, concluant ainsi le film, sur une note d’humilité et de complicité émouvante, nous ramenant symboliquement à l’amour de la vie, dans le simple plaisir de boire un verre d’eau. Merci à Nanni Moretti pour cette expression personnelle, pour ce vrai film d’auteur.
D'abord autoportrait plein de dérision, puis récit de voyage légèrement picaresque et enfin journal d'une maladie mystérieuse, 'Journal intime' est un drôle de film hybride qui abolit la frontière entre réalité et fiction. Bien que finalement un peu vain car trop autocentré, il est tout de même traversé de jolis plans et de belles idées.
Il y a un air de Woody Allen dans la première partie. Réflexion sur la ville et les hommes. Puis la seconde plus légère qui fait la part belle aux dialogues et situations parfois amusantes. La troisième est moins passionnante. Une sorte de film à sketchs comme le faisaient Dino Risi.
"Caro Diario" est une autofiction de Nanni Moretti. Le cinéaste italien, le temps d'une balade en vespa, jette un regard amère sur les transformations qu'a subies Rome de 1960 à 1990 en faisant succéder trois musiques au genre différent. Puis direction les îles Éoliennes pour une réflexion sur le maigre intérêt que procure la télévision et sur le travail de l'artiste. Enfin, la dernière partie est la plus intimiste (et la plus drôle malgré son sujet) avec ce rapport entre Nanni et les médecins qui se trompent à tour de rôle de diagnostic. Ironique, provocateur et original, Moretti assume une certaine prétention dans la façon qu'il a de se mettre en scène, puisqu'il s'auto-proclame seul dans le paysage cinématographique italien. Difficile aussi de ne pas reconnaître le narcissisme de l'acteur-réalisateur, qui certes donne la parole aux autres personnages mais le plus souvent pour les ridiculiser. Peu importe, tant le film brille par sa réalisation inventive et audacieuse, son sens de l'émotion et son honnêteté implacable.
Le premier segment du film relève du chef-d’œuvre. Film en liberté, qui fait "un film constitué de panoramiques sur les immeubles" dès qu'il le dit. "Che bello sarebbe un film fatto solo di case, panoramiche su case". Et il le fait. Hymne à la vie, à l'été, à Rome, au soleil latin, méditerranéen, à la musique, à la lumière, à l'accent romain si doux. L'alliage de Keith Jarrett, de Pasolini et de Moretti touche au sublime. Si le deuxième segment est un chouïa plus convenu, le troisième et dernier segment, par moment terrifiant dans sa réalité, éclaire le premier tiers du film, et le plan de fin lui donne tout son sens. Caro diario est un film simple et profond, gai et lucide. Sublime.
Je ne sais pas trop quoi dire, si la première partie m'a paru sympathique, avec en prime une jolie référence à Pasolini, et contenant quelques scènes vraiment sympa (la rencontre avec Jennifer Beals, et surtout Moretti qui lit les critiques des journaux), la suite est beaucoup moins passionnante. La troisième partie est un peu mieux, plus corrosive. Ce qui me gène, je crois, c'est le procédé du film. Vu le titre, je m'attendais à un documentaire intime à la Cavalier par exemple, ce n'est pas tout à fait ça, mais dans le fond ça y ressemble. Sauf que là j'ai l'impression que c'est filmé comme une fiction, j'aurais adoré avoir Moretti qui pendant une heure et demi nous raconte sa vie de cinéaste, là je trouve le procédé un peu artificiel, comme s'il recréait des moments de sa vie. Je trouve ça bien moins émouvant que Cavalier filmant sa propre vie pendant des années, on sent que c'est du vécu, on est émeu, on rit parce qu'on sait que tout est vrai. Là ça ne m'a pas émeu. Alors il y a quand même de jolies scènes, dont un plan long derrière Moretti en Vespa. Mais je ne suis pas rentré dans le film, j'en suis sorti à partir de la deuxième partie. Du coup, je dirais que les trente premières minutes valent à peu près le coup et que le reste n'est guère passionnant, malgré de bonnes idées. Je n'ai pas accroché à ce film.
Film composé de trois chapîtres réalisé par Nanni Moretti sur Nanni Moretti pourtant on ne peut pas accuser totalement Nanni Moretti d'égocentrisme ; disons qu'il avait envie de se lâcher, d'être critique, parfois drôle et humaniste. Bon heureusement que ses films sont beaucoup moins sinistres que ses palmarès cannois en particulier la première des trois parties avec une balade estivale en vespa sur une BO diversifiée et agréable qui s'achève sur le lieu où Pier Paolo Pasolini a été retrouvé assassiné. La seconde partie qui se déroule dans diverses îles italiennes est un peu trop décousue pour vraiment capter l'attention, un moment tout de même amusant avec la séquence sur les pentes du Stromboli où l'artiste demande à des touristes américains de lui raconter la suite d'"Amour, Gloire et Beauté". Enfin, dans la troisième et dernière partie, Moretti se montre critique à l'égard des médecins qui ne savent pas écouter leurs patients. Parfois on sourit mais là aussi c'est peu captivant faute à un trop fort côté répétitif. Reste une entreprise indubitablement originale, une sorte d'essai dans le sens littéraire du terme, avec quelques instants de grâce.
Nanni Moretti, primé à Cannes pour ce film, réalise avec ce "Caro diario", ou "Jounal intime" une œuvre pour le moins personnelle, pleine de sensibilité et de sincérité. Le réalisateur italien endosse en effet son propre rôle, et raconte, en trois chapitres, ses passions, ses peurs, ses plaisirs, son travail... bref, sa vie, composée de petits riens, qui forment un grand tout. On pourrait craindre l'extravagance ou au contraire une certaine distanciation vis-à-vis de lui-même de sa part, mais au contraire, les thèmes et petites histoires qu'il aborde sont traités avec beaucoup de pudeur et de justesse, et parfois avec beaucoup d'humour. On a donc droit à quelques passages savoureux, drôles, fins, mais surtout, la joie et la liberté de l'ensemble vont droit au cœur, et après avoir vu ce film, on a presque envie de considérer Nanni Moretti comme un ami. C'est fort, et charmant.
Journal intime est probablement un des meilleurs films de Nani Moretti et sûrement un des plus représentatifs de son oeuvre, à la fois vision politique, intime et culturel. Il n'est pas fréquent qu'un film découpé en sketch soit réussi, souvent des segments peuvent être assez faibles et déséquilibrer le propos. La première partie, longue balade en vespa dans les rues de Rome au mois d'août, est la plus riche en idée ; une ode au cinéma et un hommage à Pasolini, une critique de l'urbanisme romain. La notion du temps est distordue (le temps mis pour arriver sur les lieux de l'assassinat de Pasolini). La deuxième partie et ses pérégrinations dans les îles éoliennes en vue de repérages pour son prochain film vise une recherche introspective et une occasion de s'en prendre à la télévision et aux petites lâchetés des hommes. La qualité de la photographie, pourtant sans visée touristique, est magnifique. Moretti privilégie les plans larges aux gros plans. Une très belle scène elliptique : celle où il joue au football esseulé (commes ses propres idées?). Il se joue aussi de la structure familiale. Une série de scènes très drôles : les appels téléphoniques et les cris d'animaux, hilarant et aussi bien menée que les meilleurs films comiques avec un grand sens du montage. La partie conclusive est autant une ridicule vision narcissique liée à ses problèmes réels de santé qu'une critique de la médecine et de ses médecins pérorant qu'on croirait sortis des personnages parvenus de Molière. La conclusion est difficilement oubliable. Moretti ne cache pas ses opinions politiques sans concession sur son pays mais en y ajoutant ici une grande liberté de ton qui baigne le film, mais aussi une façon de tourner qui est une ode à la liberté, à la fois Vitorio De sica que Jean Vigo. Le changement du style narratif lors des différentes parties fait toute la personnalité de ce grand film, un des plus en vue lors du festival de Cannes 1994. A noter aussi la très bonne partition musicale diverse et suprenante baignant tout le film. Nani Moretti fournit ici aussi une très bonne performance d'acteur bien plus inspiré que dans Habemus papam où il vampirisait le film en partie.
Cinéphile, ce film de Nanni Moretti exige de son spectateur qu'il ait une culture solide, notamment cinématographique et sur l'Italie du XXe siècle, ne serait-ce que pour suivre un minimum les monologues de l'acteur-narrateur-réalisateur Moretti. Le titre du film est explicite : Nanni Moretti raconte sa vie. Et va jusqu'à confier au spectateur qu'il est atteint d'un cancer. Il commence par nous promener en Vespa dans sa Rome de toujours. La ballade s'achève à Ostie, près du monument érigé à la mémoire de Pier Paolo Pasolini. Dans un deuxième chapitre, nous visitons les îles éoliennes, à la recherche de calme pour travailler. Là encore, les allusions abondent, de L'Avventura à Stromboli, en passant par Silvana Mangano. Le troisième et dernier chapitre, le plus intime, est complètement autobiographique et raconte comment Nanni Moretti était désemparé face aux médecins lui prescrivant des remèdes contradictoires pour guérir son mal.
Chez moi, Moretti est un Dieu. Toute la famille se réunit pour regarder ses films et j'ai été biberonné à ça, donc je ne suis pas neutre. J'ai du le voir 100 fois. Mais j'aime toujours autant. Ses balades, aussi nombrilistes que loufoques, sont un pur plaisir. Et Rome est la plus belle ville du Monde.
Une caméra pour tenir un jouranl intime, savré Nanni Moretti toujours inspiré pour se faire remarquer en toute discrétion. J'adore le premier volet qui nous propose une visite de Rome et de ses environs en vespa. Le 2ème volet est un régal d'humour. Le 3ème nous ferait plutot rire jaune. Que du bonheur!
Manifestement, Nanni Moretti avait des comptes à régler et a choisi le cinéma comme mode de communication. Malheureusement, le film n'est pas destiné aux autres personnes. De très belles images de Rome pour les amateurs.