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Ducerceau
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2,5
Publiée le 1 octobre 2024
C'est certainement le moins bon des westerns de Sergio Léone. Je l'avais vu sur grand écran dans les années 70. Mais j'avais tout oublié sauf la musique jusqu'à ce soir du 30 septembre 2024. Les scènes de massacres sont insupportables et ça manque d'amour et humour. On ne retrouve que le temps qui se fige dans les moments dramatiques.
Avec Sergio Corbucci, Sergio Leone est celui qui démarre en 1964 la décennie glorieuse du western-spaghetti dont ressortent aujourd'hui environ vingt classiques issus d'une production en chaine qui finira par épuiser rapidement le filon comme cela fut le cas juste avant pour le péplum. Mais c'est bien Sergio Leone qui en fixe les règles avec son adaptation du "Yojimbo" de Kurosawa (1961). Sorti en septembre 1964, "Pour une poignée de dollars" débarque sur les écrans français en mars 1966. Ce sera une volée de bois vert de la part d'une critique qui supporte mal que Leone se soit jeté sur la carcasse à peine refroidie d'un genre typiquement hollywoodien pour n'en retenir que les aspects les plus brutaux et cyniques qu'il pousse jusqu'à la caricature. Vision un peu réductrice qui n'ébranle guère le public qui fait un triomphe au film et plus généralement à ses successeurs qu'ils soient de Leone ou de ses disciples jusqu'à ce que l'effet de surprise se tarisse définitivement au bout de quelques 400 longs métrages. Les innovations de Leone sont bien sûr à rechercher sur la forme, les thèmes qu'il développe n'étant guère différents de la production classique hollywoodienne du genre, notamment de série B. Le personnage de l'homme sans nom (un artifice utilisé pour la promotion aux Etats-Unis, le héros se prénommant Joe) interprété par Clint Eastwood est en réalité une abstraction fédérant derrière son poncho et son cigarillo tous ceux nombreux qui ont débarqué à cheval un petit matin pour remettre de l'ordre dans un village en proie à une lutte fratricide entre propriétaires terriens ou bandes rivales. Leone renforce encore le caractère solitaire de son héros en le privant de la romance habituelle qui venait comme une récompense finale à la bravoure des John Wayne, Gary Cooper et autre Clark Gable. Idem pour les bandits ou escrocs dont la cupidité et le cynisme sont poussés à un tel paroxysme qu'ils les amènent à des comportements dénués de toute rationalité qui confinent souvent à la bêtise. C'est ainsi que "L'homme sans nom" use sans vergogne de la rivalité entre les deux clans pour leur proposer alternativement ses services de tireur d'élite afin de faire gonfler le cuir de sa bourse. Leone use avec une telle délectation de cette trouvaille qu'on l'imagine alors plus en disciple de Tex Avery qu'en émule d'Akira Kurosawa. Toute sa mise en scène décline cette exacerbation des situations et des caractères. Les gros plans à courte focale qui ont fait sa célébrité sont utilisés à dessein pour saisir les regards qui avant l'action elle-même nous renseignent sur les émotions des personnages. Mine de rien, en proposant une petite série B maligne et plutôt humoristique quant à sa morale, Sergio Leone est en train de révolutionner les codes esthétiques du western et du cinéma plus généralement. Ennio Morricone qui accompagnera Leone jusqu'au bout de sa courte filmographie doit bien sûr être associé à cette démarche tant sa partition semble retranscrire au plus près l'humeur voulue par le réalisateur. A plus de cinquante ans de distance de sa sortie, le premier opus de la fameuse trilogie des dollars n'a rien perdu de son charme et du parfum si particulier de l'ambiance qu'il dégage. Clint Eastwood un peu goguenard par instants n'est pas encore définitivement le personnage hiératique qu'il deviendra dès "Pour quelques dollars de plus" (1965) et qu'il déclinera ensuite dans les films de Don Siegel et dans les westerns qu'il mettra lui-même en scène, mais il est évident qu'une star est née. Enfin l'immense Gian Maria Volonté nous démontre que rien de ce qui fait le genre humain ne lui était inconnu.
Bon, je l'avoue tout de suite, les westerns, ce n'est pas vraiment mon truc. Ce n'est tellement pas mon truc que je suis complètement novice en la matière, ma connaissance dans le genre se limitant à quelques films de Tarantino et à "Retour vers le futur III", c'est dire ! Je ne sais d'ailleurs encore aujourd'hui pas bien faire la différence entre le western "classique" et le western spaghetti, enfin à l'italienne quoi. Bref, comme il n'est jamais trop tard pour se lancer, je me suis donc mis en tête de regarder le trilogie du dollar, dont celui-ci est donc le premier, réalisé par Sergio Leone et sorti en 1964. Et, pour être honnête, je n'ai absolument pas adhéré ! J'adore pourtant toute l'introduction, là où le fameux étranger interprété par le ténébreux Clint Eastwood, se rend dans une petite ville mexicaine en proie à deux clans qui veulent se l'approprier. Et puis j'ai également beaucoup apprécié la fin qui applique là parfaitement les codes du western spaghetti avec la musique, les gros plans sur les yeux accompagnés de zooms, les gros plans sur les revolvers, les plans américains etc. Fin dont un extrait est d'ailleurs visible dans "Retour vers le futur II" puis ensuite parodié dans le troisième opus. Mais bref, tout ça pour dire que je n'ai absolument pas apprécié tout le milieu du film, qui en est en fait le cœur ! Et oui, c'est là que toute l'histoire (enfin, histoire, il faut le dire vite) se joue avec l'étranger qui profite un peu de la situation en prenant de l'argent par-ci, par-là tout en défendant la ville de ces deux gangs. J'ai trouvé le temps extrêmement long ! Il ne se passe pas grand-chose, on alterne les scènes de conversations (ou plutôt de silence) avec les échanges de coups de feu et basta, je n'ai pas trouvé qu'il y avait vraiment un fond. De plus, je trouve que la réalisation est plate, outre l'introduction et la fin, on est bien souvent en plan américain ou en plan large, rien de bien captivant donc, surtout pour une histoire qui l'est encore moins. Après, comme je l'ai dit précédemment, je ne peux pas être vraiment objectif puisque je ne connais pas les codes du genre. D'où ma note indécise puisque, si je n'ai clairement pas apprécié le film dans son ensemble, je ne peux pas juger de sa qualité objective, mon avis étant alors totalement personnel. Cependant, ça ne m'empêchera pas de découvrir les autres épisodes de cette trilogie mais, en tout cas, je ne reverrai pas "Pour une poignée de dollars" de si tôt !
C'est vraiment pas le style de western que j'apprécie avec peu de dialogues et beaucoup de fusillades. Et même si la musique est sublime, le personnage de Clint Eastwood me déçoit en étant extérieur émotionnellement.
Le premier des films de l'incomparable trilogie de Sergio Leone, "Pour une poignée de dollars" n'est pas le meilleur, et pourtant ça vaut le coup d’œil.
Le premier western spaghetti célébré à l'international a une drôle d'histoire, dans tous les sens du terme. Aujourd'hui on voit que l'objectif était de distraire à coups de far-westeries pétaradantes, mais la collaboration entre Leone, Morricone et Eastwood laisse des traces légendaires. Les trois hommes étaient redoutablement indiqués pour faire ce western décalé, et s'assurer que leur travail en-dehors des sentiers battus soit sérieux malgré la rencontre hasardeuse de différents mondes.
Entre l'expertise de l'acteur, les bonnes idées du réalisateur, une musique à moitié hors du monde et une photographie captivante, l'œuvre convainc partout où elle détonne. Après tout, l’époque dépeinte était caractérisée par le chaos humain et ce n'est rien de moins que les artistes reproduisent exprès. À part la narration qui est commerciale, tout est pensé pour que l'histoire trouve sa place dans le mythos du Far West. Par transfert, et presque par accident, elle en trouvera aussi une bien méritée dans le septième art.
Ce premier western spaghetti du maeostro Sergio Leone n'est pas le meilleur de mon point de vue. Certes, le metteur en scène a pu y essayer et roder un certain nombre d'approches novatrices en matière de western : les gros plans très expressifs sur les visages des protagonsites, les longs plans silencieux où tout est figé qui précèdent le feu des armes, les paysages et villages improbables, la musique sublime d'Ennio Morricone, le genre cool et ténébreux du héros (Clint Eastwood), il n'en reste pas moins que dans ce film en particulier, la violence est extrème et dérangeante, car il y manque en filigrane cette pointe d'humour que l'on trouve dans les autres films de la série. Les motivations du héros ne sont pas très claires, à peine évoquées mais pas explicitées, et ses allers-retours entre les deux bandes rivales manquent à la fois de crédibilité et de justification
Dans une petite ville mexicaine aux mains de contrebandiers, un étranger malicieux sème la zizanie entre deux bandes rivales. Clint Eastwood fait une entrée remarquée dans la localité mexicaine comme dans le western nouveau érigé par Sergio Leone. Héros laconique et minimaliste, charismatique et ironique, il apparait aussi et surtout comme un héros sans morale, n'ayant pas le scrupule d'épargner ses adversaires. Tout juste ne se montrera-t-il pas insensible, à un moment du film, au sort d'une femme et de son enfant. Il reste que le western selon Sergio Leone et son originalité latine sont essentiellement formels. La mise en scène crée une intensité dramatique particulièrement artificielle et affectée, en étirant le scènes, plus que de raison parfois, en leur conférant un caractère solennel dans une proportion égale de parodie et de frime. L'hyperréalisme des visages et de l'action participe aussi de l'expressivité volontairement outrancière des westerns de Leone. Cependant, pour ce qui est de "Pour une poignée de dollars", l'intrigue n'est pas franchement palpitante. On y trouve des invraisemblances, une certaine trivialité dans les dialogues, dans la réalisation, et face aux personnage emblématique qu'incarne Clint Eastwood, les seconds rôles sont fort médiocres. Au final, ce western qui exaspère les moeurs de l'Ouest me semble à cet égard pas aussi estimable que les westerns, moins exotiques, d'un Sam Peckinpah, comme "La horde sauvage" par exemple.
Revoir un film culte de son adolescence présente un intérêt nouveau lorsque on a découvert que le scénario est une copie conforme de Yojimbo de Kurosawa présenté au Festival Lumière. Un chasseur de primes solitaire est à la place d'un samouraï pour manœuvrer astucieusement deux clans ennemis et les amener à s'entre-tuer. S.Leone, dont le nombre de films est peu élevé, se fait ici la main dans ce qui fera sa réputation dans le genre spaghetti. Clint Eastwood est encore plus inconnu et débutant, les deux s’exercent avant de monter en puissance et de révéler l'immense talent qui sera le leur plus tard. On connait les ficelles et les limites du genre, il en reste néanmoins une attraction fatale à revoir le duel final, ou le passage à tabac dont le héros se remet en quelques jours. Le blondinet sauve la belle brune et son gamin, préfiguration de Pale rider, le vent soulève la poussière avant de dévoiler le héros capable de combattre à armes inégales! Cela reste un petit régal! Et une révision musicale de Morricone ne se refuse pas. juillet 16
Premier film de la trilogie "Dollars" de Leone, celui-ci donne une vraie ébauche de ce que concrétisera quelques années plus tard Le Bon, la Brute et le Truand du même réalisateur de génie. Un scénario un peu léger et conventionnel, malgré tout, l'ambiance sonore et visuelle ainsi que des acteurs de qualité donnent une vraie dimension au film.
Ce film fait maintenant partie de la culture populaire et c'est toujours un plaisir de le revoir. Je crois que c'est dans ce film que Eastwood fait ses débuts dans le genre western spaghettis et on sait maintenant quel tremplin ce fut pour lui. C'est un film de Leone avec les standards qu'on connait et Morricone à la musique. Et il y a aussi Volonté qu'on retrouve plusieurs fois dans ce film. Le scénario est très efficace, un étranger arrive en ville et va se retrouver mêler aux guerres locales qui déchirent deux familles. On s'interroge sur la personnalité de l'étranger. Est-il un manipulateur? Ou simplement un justicier? Ou autre?
Là, on est dans la perfection du western. Un scénario simple mais d'une efficacité extrême porté par un acteur hors norme dans ce film, Clint Eastwood, une façon de filmer en gros plan les visages des protagonistes qui nous renvoie toute la tension du moment. Et si vous ajoutez une musique qui colle aux images comme un tee-shirt mouillé colle à la peau, qui s'imprime dans votre tête et qui, dès que les premières notes résonnent vous replongent dans le film. C'est tout cela qui fait de ce film un monument du cinéma, et plus précisément Italien, un monument à voir par tous.
Ce premier western de Sergio Leone est, malgré un scénario interessant et de bons acteurs, beaucoup moins convaicant que "Le bon, la brute et le truand" (que j'ai vu en premier) et ne bénéficie notamment pas encore de la même puissance musicale que ce dernier, définitivement inégalable.
A une époque où le cinéma européen osait à peine frôler le genre américano-américain qu’est le western, le très prometteur Sergio Leone, qui avait jusque-là surtout travaillé sur des péplums (un genre où savoir rendre impressionnants ses décors est primordial) prend de défi de retranscrire un scénario directement inspiré de Le garde du corps d’Akira Kurosawa dans un contexte de far-west. Avec peu de budget (200 000€) et le peu de notoriété qu’avait encore Clint Eastwood, il semblait peu probable que ce projet ait assez d’impact pour poser les bases d’un sous-genre qui fit, pendant la décennie suivante, surexploité. Même s’il est précurseur du western spaghetti, ce premier opus de la trilogie du dollar souffre encore trop du manque de confiance que pouvait avoir Léone en son travail, ne prenant que peu de risque dans l’écriture de son scénario et dans la caractérisation de ses personnages, et peut donc pas être considérer comme en soi un film révolutionnaire mais uniquement comme un pas de géant vers ceux qui suivront.
IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST. Il était une fois Ennio Morricone et Sergio Leone qui lancèrent le mouvement des westerns spaghetti. Les années d'or, avec comme emblème le gros plan sur les visages typiques et une musique inoubliable. Encore un épisode et on atteindra l'apothéose avec Le Bon la Brute et le Truand. Impitoyable.