Avec une certaine pudeur, René Clément expose ici la confrontation de l'enfance aux absurdités des adultes et à la réalité du deuil, par l'association d'un petit paysan et d'une petite citadine, dont la relation aussi tendre qu'improbable nourrit tout le film. Les jeunes interprètes sont remarquables, et le film arrive à jouer avec l'humour et la cocasserie au milieu de la désolation. Un regret quand même pour une fin certes évidente mais qui tombe avec la sécheresse d'un couperet.
Peinture juste de la deuxième guerre mondiale dans le regard de paulette, une fillette de cinq ans et Michel, un garçon de 11 ans, qui ont décidé de volé des croix pour leur propre cimetière pour animaux. Dramatiquement mignon. De bon dialogues et situations marrante, sur un sujet dure et une guitare en arpège qui l'endurcie encore plus. Un jolie drame émouvant.
Dès le début, ça commence mal : en 1940, alors que la petite Paulette fuit Paris avec ses parents, ceux-ci sont tués lors d'un bombardement. Même le chien y passe et seule Paulette survit. C'est alors qu'elle rencontre le jeune Michel, fils de paysans, qui la prend sous son aile. Les deux enfants, confrontés malgré eux aux problèmes de la guerre et des adultes, vont créer dans un vieux moulin un cimetière pour animaux. Jeu à priori innocent sauf lorsque Michel se met à voler des croix pour orner les tombes qu'ils ont creusé et qu'il s'attire les foudres des adultes, incapables de comprendre le point de vue des enfants. Avec "Jeux interdits", multi-récompensé (Oscar du Meilleur Film Étranger, Lion d'Or à Venise), René Clément dépeint l'atmosphère qui régnait en 1940 alors que la France était proche de la débâcle mais en se concentrant sur l'amitié naissante entre les deux enfants (Brigitte Fossey, âgée cinq ans et Georges Poujouly, âgé de onze ans sont extraordinaires et irrésistibles), le cinéaste, tout en étant réaliste, pose un regard tendre sur son histoire. Il en résulte une heure et demie émouvante et touchante, portée par une interprétation rafraîchissante dont on ne peut ressortir indemnes, forcément touchés par le sujet.
Film français au combien réputé et récompensé dans le monde entier. "Jeux Interdits" est un film culte dont deux enfants s'épanouissent à leur manière pour penser à autre chose que la guerre. Si emouvant et triste, le duo fonctionne à merveille. Rarement vu des enfants joués aussi bien dans un film. On est particulièrement atteint moralement tant qu'un enfant a une vision "égoïste" du monde qui l entoure. C'est un film où l'on oublie tout problème malgré son côté fort dramatique vers sa fin. A voir absolument, rien que pour la performance des deux jeunes acteurs à l'époque
Un film incroyablement touchant et incroyablement vrai. Un drame bouleversant, une leçon sur l'innocence, la vie, la mort et...à peu près tout. Une histoire qui prend aux tripes, nous compresse le coeur jusqu'au final qui libère la pression et les émotions d'un coup au point de nous submerger. Mais si le film est si efficace, c'est grâce à ces acteurs et notamment aux deux enfants. Tout simplement ahurissant de voir à quel point ils ont été bien castés, mais surtout bien dirigés. Les autres acteurs aussi d'ailleurs, mais ces deux bouts choux sont sans doute l'une des meilleure prestation d'enfant que j'ai pu voir. C'est rare de voir une innocence aussi bien incarnée et retransmise à l'écran. Leurs dialogues entre eux sont tout simplement super ! A côté de ça, le reste du film paraît bien fade mais en réalité, c'est aussi du haut niveau. Une mise en scène superbe, avec un début qui nous plonge très vite dans le bain. La suite reste très sobre et classique, mais on sent la maîtrise, notamment lors de scènes entre les deux enfants. Puis le final conclut en beauté. Et le tout, accompagné par une musique extraordinaire, devenue depuis légendaire et culte. Bref, un film français qui fait honneur à notre cinéma et nous rend fier d'être français ! Dommage que des films de ce niveau se fassent de plus en plus rare dans nos contrées.
Charmant et profond, le film peut revêtir différents niveaux de lecture et permet à chacun de s'y retrouver. René Clément délivre une œuvre sensible et délicate sur l'innocence de l'enfance, mais il s'agit en fait d'une critique très bien sentie de la religion et d'un plaidoyer violent sur la guerre et la folie des adultes (magnifiquement retranscrit à travers l'hyperbole que constitue le conflit entre voisins). La mise en scène est juste et très légère et les acteurs sont excellents.
Sur les routes de l'exode en juin 1940, la petite Paulette voit ses parents et son petit chien mourir sous le mitraillage des avions allemands. Effroyable séquence, d'une tristesse absolue, au terme de laquelle la gamine de cinq ans est seule au monde. Son chien mort dans les bras, Paulette erre dans la campagne jusqu'à sa rencontre avec Michel, une jeune garçon dans la famille paysanne duquel elle trouve refuge. Entre réalisme et lyrisme, le film de René Clément bouleverse, indissociable de sa petite comédienne Brigitte Fossey dont le visage blond, la voix, les mots simples d'enfant nous touchent et nous charment, en même temps que nous accable le malheur de l'orpheline, illustration de l'injustice et de l'innocence foudroyée. Le duo qu'elle forme avec Georges Poujouly, en Poil de Carotte espiègle, injustement éclipsé par le rayonnement de Brigitte Fossey, est remarquablement dirigé par Clément. Marquée par la terrible épreuve, Paulette se livre avec son camarade Michel à des jeux "interdits" et macabres spoiler: en entretenant un cimetière pour animaux, qu'au besoin les enfants mettent à mort, qu'ils embellissent de croix volées. Ce qui n'est pas sans créer des incidents cocasses dans le village. A cet égard -et on l'avait peut-être oublié- au-delà du drame initial, le film est aussi une chronique rurale pittoresque dans une famille de paysans pauvres et frustes, avares en effusions. Cet aspect-là du film nous détourne un peu de la mélancolie (accentuée par la musique célèbre de Narcisso Yepes) mais Clément nous y ramène dans le dernier plan du film, particulièrement émouvant, spoiler: où Paulette en pleurs, livrée à elle-même, fend une foule indifférente, occupée à ses propres déboires.
Jeux interdits est un classique du cinéma français des années 50. Un joli film signé René Clément, qui pour ma part ne m’a pas totalement convaincu quand même. Dans les très bons points il y a évidemment l’interprétation, et spécialement celle des deux jeunes enfants, puisque les adultes, sans mal joués, sont plus quelconques, tant par leurs personnages que par leur jeu un soupçon théâtral et excessif. Georges Poujouly et Brigitte Fossey forment un duo mémorable, jouant leurs rôles avec un naturel, une conviction et une fraicheur rare. Brigitte Fossey est une véritable poupée de porcelaine que magnifie la très belle photographie en noir et blanc du film. Les deux jeunes acteurs portent des personnages difficiles avec une maitrise impressionnante, et si Jeux interdits a accédé aux plus hautes distinctions, je ne doute pas que c’est aussi en grande partie par les prestations de ces deux interprètes sur lesquels reposent beaucoup le film. Autre bon point, Jeux interdits est l’un de ces films anciens à posséder une bande son véritablement réfléchie et identifiable. Trop souvent la musique était alimentaire dans ces films anciens, et peu de compositeur ont réussi à émerger d’ailleurs. Jeux interdits prend un parti très différent avec une musique simple et parfaitement en adéquation avec son ambiance. Tout de suite le film de René Clément gagne en personnalité. Qualité sonore à laquelle s’ajoutent une très belle photographie en noir et blanc, une mise en scène maitrisé de René Clément, et des décors qui prennent pour cadre la campagne française, avec son authenticité affirmée. Malgré tout, ce qui a le plus retenu mon attention du point de vue visuel c’est le travail sur les contrastes lumineux. Jeux interdits est un film de la lumière, surtout dans les scènes d’extérieurs. Le défaut finalement que l’on pourra relever dans Jeux interdits c’est un propos assez limité. Après un début fort et excellent, très touchant, le film va tendre à devenir moins puissant et aussi moins marquant par la suite, en suivant une histoire plaisante mais sans grand enjeu. Entre le très bon début et la fin marquante, Jeux interdits s’avère moins puissant, vivotant un peu. Curieusement le film est court mais je suis certain que cette partie centrale qui présente pas mal de scènes un peu anecdotique aurait pu gagner en épaisseur, en travaillant davantage au corps les sentiments, les émotions, et peut-être en se concentrant davantage sur les deux jeunes acteurs. Par exemple, autant l’ouverture est une réussite dramatique, autant l’événement tragique qui suit de peu perd en vigueur et semble presque quelconque. Pour ma part Jeux interdits est un film visuellement sans grand défaut et porté par une excellente interprétation de ses deux jeunes acteurs et une musique aussi sobre que pertinente, mais dont le propos reste un peu trop ténu, léger, consensuel, une fois passée l’introduction, et semblant se rattraper uniquement dans sa conclusion. Certains verront peut-être une recherche de subtilité et de finesse de la part de Clément qui évite l’« effet Cosette », pour ma part je crois qu’il y avait des possibilités de frapper plus fort, sans forcément céder au misérabilisme. Après, que cela ne dégoute personne de voir ce film, il y a plein de très jolies scènes, et l’émotion est bien là. 4
Ayant eu ses parents tués pendant un bombardement lors de l’exode, Paulette, cinq ans, est recueillie par une famille de paysans ; elle lie avec le cadet de la famille une relation forte, ensemble ils monteront un coup pendable. Une histoire simple, peignant le monde rural à l’époque de la dernière guerre, et centrée sur les deux enfants dont le jeu est remarquable. La mise en scène est classique, la photo influencée par le néoréalisme italien, avec, entre autres, de nombreux gros plans, et d’intéressants effets d’éclairage. Certaines scènes sont amusantes, d’autres émouvantes, il y a beaucoup de prières; la musique, malheureusement trop jouée, crée le climat nostalgique qui convient. Mais l’ensemble reste anecdotique et a beaucoup vieilli. A voir se dérouler ces scénettes de la vie campagnarde aux figures obligées (curé, gendarmes, etc.), on peine à conserver l’intérêt, et seule la brièveté de la conclusion réveille l’attention. Les deux scènes les plus remarquables sont d’ailleurs cette dernière et l’ouverture montrant le bombardement. Malgré la conjugaison de deux thèmes chers à René Clément, à savoir la guerre et l’enfance, le film est surévalué, et surpassé par beaucoup d’autres dans la production de l’auteur.
Une petite histoire mais devenu mythique. Le début du film est la plus belle partie de l'oeuvre, tout d'abord la petite Brigitte Fossey est bouleversante. La mise en scène simple mais juste, le récit passe du tragique au joli moment de tendresse et de joie parfois en quelques secondes.
Après une ouverture d'une urgence absolue et au montage traumatique, René Clément met en scène "Jeux Interdits" avec une ambivalence passionnante et bouleversante. Tous les éléments du long-métrage se présentent sous deux aspects qui, sans jamais s'opposer, s'alimentent et se complexifient mutuellement.
Le contexte de la guerre se dévoile dans le regard de celui qui la voit, et si l'innocence des enfants domine la majeure partie du récit, lui insufflant une insouciance salvatrice, une inquiétude souterraine gagne un monde d'adultes aux drames, certes futiles (le chien qui aboie, l'amourette entre Francis et Berthe), mais plus soutenable que la réalité (la santé de Georges, le conflit qui se rapproche, le deuil de la famille Gouard).
C'est toutefois dans son rapport à la mort que le cinéaste captive, alternant sans cesse entre le sacré et le profane, le jeu et la violence, l'émotivité et l'objetisation (Paulette qui pleure son chien avant de le jeter dès lors qu'on lui en promet un autre).
Loin de mettre une distance entre toutes ses éléments, dans une mécanique d'alternance vaine et peu émouvante, Clément les confronte dans le cadre, et les rapproche (dans le temps et l'espace) grâce à un montage tantôt brute, tantôt lyrique. Moins une œuvre qui se construit autour d'une dualité, que d'une multiplicité des points de vues dans l'appréciation d'un drame, "Jeux Interdits" voit la mise en scène les enchevêtrer par l'image pour leur redonner un poids intime.
Un très bon film, surtout grâce aux deux enfants, très convaincants, et à la gentille petite musqiue, innocente, tout comme l'idée du film. On y voit les atrocités des adultes, la mort, la guerre, le gros manque de culture des paysans qui ne savent pas quoi faire dans un moment grave, ne savent même pas dire si quelqu'un est mort ou pas, les tensions entre voisins... A travers tout cela, deux enfants, dont les innocences vont se croiser. Un très bon film et une grande scène finale !
Oscar du meilleur film étranger, Jeux Interdits ne démérite pas le flot de récompense à son égard. Cette douce poésie, terrifiante d'une enfant qui perd ses attaches familiaux durant la 2nd guerre mondiale offre une résonance funèbre. René Clément est un réalisateur aux brillantes idées et à une réalisation atypique qui permet d'entreprendre le monde des adultes vus par des enfants. La jeune Brigitte Fossey ou Georges Poujouly propose une partition sans faille. On découvre de nombreux degrés de face à face entre la petite citadine orpheline et le solide campagnard entouré des siens. La réunion s'opère autour de la mort omniprésente. Finalement, le seul endroit où l'enfance semble préserver reste l'église. Bref, un film aux multples facettes et grilles d'analyse. Une sublime découvert qui s'inscrit avec aisance dans le Panthéon du cinéma français. Chef d'oeuvre!
J'ai vu un film de René Clément, un court-métrage avec Tati, Soigne ton gauche je crois. Je n'avais pas trop aimé, mais ça ne m'a pas dissuadé de voir ses autres films. Et je profite de la ressortie de celui-ci pour le voir et, une fois n'est pas coutume, pour en dire du bien.
Ce qui marque forcément dans ce film, c'est à quel point Clément sait diriger ses acteurs et en particulier les enfants, ce qui est une vraie plaie habituellement et qui peut vraiment devenir handicapant. Mais là le jeu des gamins est vraiment bluffant, ils sont drôles, attachants, beaux, de vrais acteurs. Je ne sais pas si ce sont des "pros" ou s'il a été les pêcher dans la nature mais en tous cas c'est vraiment quelque chose.
Outre cela, le film est vraiment bien et très beau. Si comme moi vous aimez les films sur le quotidien simple et beau d'une famille, un peu à la Pialat (ou Ozu dans Herbes Flottantes, le seul que j'ai vu), vous allez forcément vous retrouvez là-dedans. C'est rare (malgré ma culture cinématographique très limitée) que j'arrive à m'attacher à une morveuse, mais là, elle a beau être une vraie gamine, qui chiale et crie, je l'aime malgré tout ce personnage. Bien évidemment la scène d'introduction aide à l'empathie, sans tomber dans le pathos. C'est pas mal pour un début.
Le réalisateur arrive à nous faire oublier un temps la guerre et les conflits, et puis soudainement la mort survient au moment où on en s'y attend pas, mais malgré le chagrin la vie doit continuer, et elle continue. Le film est vraiment juste, que ce soit dans la description du quotidien, des rapports entre adultes et surtout dans le traitement des enfants, ce qui est très important dans un film pareil. La musique n'est pas trop lourde pour une fois, mais apporte au contraire une douceur et une mélancolie à l'histoire. Et la fin est vraiment belle, très juste là aussi.
Je dirais simplement que c'est un film très réussi et qui parvient à nous charmer et à être constamment juste dans tous les domaines des rapports humains. C'est pas rien.
Ce classique du cinéma français permet par l'intermédiaire de l'amitié-amour entre les deux enfants de dénoncer l'horreur de la guerre. Brigitte Fossey (Paulette) qui joue la petite fille est avec Georges Poujouly (Michel le garçon) attendrissante. Leur relation platonique apporte plein de douceur. Le reste du casting est bien en place. Toutefois, ce film pâti des affrontements plus ou moins grotesques entre la famille de Michel (qui a recueilli Paulette dont les parents ont été tués lors de l'exode) et la famille des voisins.
Enfin reste aussi la musique archi connue (et tant appréciée par les profs de guitare classique)