Le film offre aussitôt une musique entêtante, signée de Narciso Yepes, qui est depuis resté dans la mémoire collective et demeure un morceau souvent repris et à jamais unie à la magie du film. Bien qu'ancré dans la dure réalité d'une Guerre Mondiale l'innocence des enfants place aussi le film dans une fable naturaliste entre sourire et émotion qu'on pourrait mettre dans une collection entre "Les 400 Coups" (1959) et "la Guerre des Boutons" (1962). Outre le fait qu'une fillette innocente et mignonne comme un coeur nous émeut forcément, l'histoire est aussi particulièrement bien écrite où le "jeu" des enfants paraît bien anodin aujourd'hui. C'est là toute l'intelligence d'écriture du duo Jean Aurenche-Pierre Bost qui offre ce sublime récit qui rappelle avant tout que le drame vient toujours des adultes. La réflexion sur le deuil est tout aussi remarquable car replacer à hauteur d'enfant. Un chef d'oeuvre de justesse, d'intelligence, de magie et un bel hommage aux enfants, à tous les enfants à voir, revoir et surtout à conseiller... Site : Selenie
Peinture juste de la deuxième guerre mondiale dans le regard de paulette, une fillette de cinq ans et Michel, un garçon de 11 ans, qui ont décidé de volé des croix pour leur propre cimetière pour animaux. Dramatiquement mignon. De bon dialogues et situations marrante, sur un sujet dure et une guitare en arpège qui l'endurcie encore plus. Un jolie drame émouvant.
C'était le 4 avril 2021. J'étais sur C8. Philippe Labro s'efforçait de présenter entre plusieurs salves de pubs ce grand classique du cinéma français, voire du cinéma tout court.
Oscar du meilleur film étranger, lion d'or à la Montra de Venise et succès planétaire nous disait le journaliste et homme de lettres raffiné. La définition même d'un classique...
Mais qu'est-ce qu'un classique véritablement ? Alors oui, Philippe Labro a raison d'insister sur l'unanimité de l'accueil fait à ce film, car un classique c'est effectivement un film qui fini par être reconnu par tous comme un monument intemporel s'inscrivant dans l'Histoire et - d'une certaine manière - dans un certaine forme de continuité d'un art. Er s'il y a bien des "Orange mécanique", "Blade Runner" où autre "Evil Dead" qui finissent après quelques décennies de division et d'ignorance par être reconnus comme des classiques, le fait est que les films qui se voient auréolés de ce statut de leur vivant (...à comprendre du moment où ils vivent encore dans les salles et les festivals) sont - à quelques rares exceptions près - des films consensuels. ...Des films plein de bons sentiments. En d'autres mots : des films inoffensifs.
Alors je n'ai rien contre les films inoffensifs mais j'avoue qu'en général ils ne m'embrasent pas non plus, surtout quand ils sont aussi éloignés - de près de 70 ans - de mes standards du moment. Or le problème de ces "Jeux interdits" c'est qu'on est justement là-dedans : dans le bon sentiment et l'inoffensif. Une pauvre gamine perd ses parents pendant l'exode de 1940. Elle trouve refuge dans une famille de paysans un peu rustres où elle fait la rencontre d'un gamin qui souffre lui aussi à sa façon de son rapport à la famille. Ensemble ils vont se construire un monde où on apprivoise la mort pour mieux ensoleiller la vie ; un îlot d'enfance au milieu d'une marée belliqueuse...
C'est vrai, c'est mignon. À elle seule Brigitte Fossey parvient à nous tirer des miaulements d'attendrissement durant tout le film tellement elle est choupie du haut de ses cinq ans à peine. Soit...
Mais au-delà de ça qui y a-t-il ? Un film qui après une scène d'introduction claire et impactante s'abandonne dans un cinéma propre mais qui ne dit plus grand-chose. Ah si... Ça nous dit que les paysans sont décidément bien rustres et qu'ils ont vite fait d'oublier les leurs (à leur décharge la petite Paulette encaisse elle aussi vachement bien la mort de ses parents pourtant tués sous ses yeux) Ça nous dit aussi que si la France a perdu en 1940 c'est de la faute à sa désunion et de son attitude je-m'en-foutiste. Pendant qu'on se castagne entre voisins au fond d'une tombe et qu'on déserte à la première occasion pour aller jouer du clairon avec la bergère locale, y'a plus grand-monde pour bouter les Boches hors de France... Ça nous dit enfin à quel point à ce temps là le Français moyen est prêt à livrer des gamins aux premiers gens d'armes vénus pour peu que ça lui épargne bien des ennuis.
Alors certes, dire et montrer cela ce n'est pas rien non plus, mais au regard de tels sujets c'est quand même bien peu, à tel point que même en sachant se faire court - puisque ces "Jeux interdits" durent au final moins d'une heure et demie - la lassitude parvient à s'installer malgré tout.
Après j'entends bien qu'en 1952, au temps du mythe de la France qui aurait été toute entière résistante, il était sûrement bien délicat d'aborder ces questions de front. Pour ne pas trop froisser, pour éviter de gâcher le spectacle d'une Brigitte Fossey si chou qu'elle ferait pleurer un régiment, la sagesse imposait de ne pas trop se mouiller ; d'y aller par jeux de timides allusions plutôt que de se risquer sur le terrain des vrais jeux interdits... Oui c'est vrai que, pour nous aussi spectateur, il est nécessaire de savoir remettre une oeuvre dans son contexte, j'entends bien...
Seulement voilà, c'est sûrement là que se trouverait selon moi toute la différence entre un classique et un chef d'oeuvre. Un chef d'oeuvre, à mes yeux, c'est un film qui ne prend pas de pincettes. C'est un film qui fait ce qu'il a à faire et qui montre ce qu'il a à montrer. "Apocalypse Now" par exemple ne s'est pas embourbé dans les pudeurs de gazelle pour nous parler de la Guerre de Viet-Nam, quand bien même le conflit était-il encore tout chaud au moment de sa sortie. Et ce qui est valable pour un film historique l'est finalement aussi pour tous les autres. Si "2001" est un chef d'oeuvre de Stanley Kubrick alors que "Lolita" ne n'est pas de mon point de vue, c'est parce que le premier a osé imposer sa temporalité et ses codes au point qu'il a encore aujourd'hui conservé toute sa force, alors que le second a préféré se la jouer tout en sous-entendus pour mieux éviter de se faire tailler par la censure. Ça ne retire rien au fait que "Lolita" soit un classique - il a marqué son temps et laissé depuis son empreinte dans le septième art - mais il n'empêche qu'aujourd'hui il n'a pas l'impact de ce que je percevrais comme un pur chef d'oeuvre. Il a été trop sage hier au point d'être devenu trop fade aujourd'hui...
"Jeux interdits" est à ranger parmi ces films là selon moi. On peut certes l'apprécier pour ce qu'il dit de son époque presque malgré lui, de la même manière qu'il peut toujours émouvoir grâce à la jolie frimousse de Brigitte Fossey. Mais pour le reste il apparaîtra comme une théâtre bien sage dont les effets avec le temps se sont tout de même bien émoussés.
Alors soit, je comprends pourquoi on a préféré représenter une Paulette bien naïve face à la mort de ses parents plutôt qu'une Paulette hurlant de désarroi car à l'époque ça aurait été aller trop loin dans l'émotion au regard de la sensibilité de son temps - mais aujourd'hui, force est de constater me concernant que sur le long terme ce choix se révèle timoré pour ne pas dire assez lâche. Et si je comprends que pour un vénérable ancien comme Philippe Labro un tel classique d'hier représente sûrement un beau souvenir de jeunesse, chez moi ils représentent juste les témoignages d'une convenance révolue...
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5,0
Publiée le 7 mai 2021
Le jeu des deux enfants jouant Michel et Paulette est l'une des performances les plus étonnante que j'ai jamais vu. Jeux interdits vous hante et reste avec vous longtemps après que le film soit fini. Cela est dû en partie à la musique avec ses mélodies romantiques à la guitare et en partie à la tristesse de l'histoire. La petite fille perd ses parents et son chien bien-aimé au début mais surtout il reste dans votre cœur grâce aux performances exceptionnelles des enfants acteurs Georges Poujouly qui joue Michel et surtout Brigitte Fossey dans le rôle de Paulette. Son petit visage innocent exprime toutes les horreurs et les traumatismes de la guerre et ce qu'ont dû ressentir des millions d'enfants pris dans la barbarie de la Seconde Guerre mondiale lorsque la sécurité d'un foyer aimant leur a été arrachée. Rarement l'agonie de la souffrance d'un être humain n'a été aussi bien capturée au cinéma et je pense que Brigitte Fossey n'avait que six ans lorsqu'elle a joué dans ce film et c'est un exploit remarquable...
Du grand Art, un chef d œuvre du cinéma français. L on ne peut oublier la petite Brigitte Fossey, l emotion qu elle dégage, le scénario, les références historiques, et la musique sublime.
Une magnifique scène, montrant l’exode massif d’une population, l’acharnement destructeur nazi sur les civils, et la rencontre d’une enfant avec la mort, celle de ses parents, et image symbolique de ses rêves, de son chien, ouvre ce film faisant partie du patrimoine Français. La suite n’est pas au même niveau. L’idée des jeux macabres en tant que catharsis est excellente, les relations entre les deux enfants sont bien jolies, et la petite Paulette (Brigitte Fossey remarquablement bien dirigée) très émouvante, mais la place prise par les relations entre les deux familles rivales amoindrit la portée du film. On assiste en effet à une idylle conventionnelle et sans saveur entre les adolescents des familles opposées et à quelques moments de pochade entre ces deux familles arbitrées par le curé qui relèvent presque d’un épisode de Don Camillo. J’ai également trouvé envahissante la musique, universellement connue, de Narciso Yepes. Heureusement, le film retrouve fugacement son ampleur dans la dernière scène qui confère une dimension universelle aux malheurs de la petite.
Magnifique film abordant la guerre et l'exode à travers l'histoire de deux enfants. Malgré leur jeune âge, Brigitte Fossey et Georges Poujouly sont très touchants et jouent magnifiquement bien. L'histoire de la petite Paulette, une petite fille victime des horreurs de la guerre, est bouleversante. La bande originale est quant à elle sublime et accentue l'aspect dramatique du film. Un classique, à voir.
j'avais beaucoup entendu parler de ce film, souvent entendu sa musique mais je ne l'avais jamais vu. je l'ai trouvé très bon, seule la fin m'a un peu déçu même si je ne sais pas exactement ce que j'attendais, sans doute une issue un peu plus gaie pour ce film plutôt noir. j'ai lu certaines critiques négatives concernant le jeu des acteurs adultes. manifestement ceux qui les ont faites ne connaissent pas le milieu rural de cette époque. à ce titre la je trouve que l'ambiance du film , le jeu des personnages, donne une image plutôt juste de ce qu'on pouvait rencontrer dans le milieu agricole des années 40-50 que j'ai bien connu. Des conditions de vie difficile, des gens frustres des jalousies et des rancœurs qui se perpétraient dans le temps pour des motifs souvent futiles. quant à ces jeux d'enfants , ils ne m'ont pas surpris car ils m'ont rappelé certains de ceux que j'ai pu avoir à cette époque avec quelques camarades, souvent guidés par l'envie d'épater les autres !
Un beau film d'enfants se déroulant dans le monde rural en pleine seconde guerre mondiale. Les jeunes acteurs livrent une très belle prestation pleine de tendresse et de poésie. On ne peut pas en dire autant des adultes que j'ai trouvé assez ridicules. Du bon et du moins bon dans ce classique du cinéma français. Trop de petites scénettes à l'intérêt limité centrées sur les adultes alors que le cœur du film et ce qui le fait battre est bien cette relation entre les deux jeunes enfants. A voir pour son point de vue original.
Drame et chronique rurale de la France pendant l’exode de juin 40 qui n’exclut pas l’humour. Les deux enfants (« Ton père ? Il est mort. Ta mère ? Elle est morte. ») sont extraordinaires et la fin bouleversante. Guitare inoubliable de Narciso Yepes.
Quelle belle copie rénovée d'un grand classique pour retracer une époque révolue dans une France rurale disparue. Uné durée limitée, pour ce film véritablement habité par un couple de gamins épatants, voire inoubliables. Clément nous laisse avec une fin ouverte et des images de cimetières qui peuplaient eux-mêmes notre enfance auprès de nos grands-parents. Et les dialogues sont aussi pétillants et permettent d'aborder le sujet du rapport à la mort dans choquer pour le moins du monde. Parfait pour des préados d'aujourd'hui. TV2 - février 2021.
Lors de l’exode vers la zone libre, Paulette voit ses parents mourir. Elle trouve refuge chez Michel, un garçon à peine plus âgé qui va l’aider à surmonter son deuil. Une histoire d’amitié entre enfants poignante.
Ce film ne nous fait pas de cadeau, tout du long nous sommes attachés aux personnages et nous nous mettons très facilement à la place de cette jeune fille qui souffre de temps de malheur sans pourtant rien y comprendre
Un film d'une grande délicatesse et simplicité qui s'immisce dans l'imaginaire de l'enfance en temps de guerre et suscite une grande émotion, accompagné par la partition célèbre du guitariste Narciso Yepes. Un des grands classiques du cinéma français, Lion d'or a Venise, qui révéla Brigitte Fossey.
Un chef d'oeuvre, mais je ne dirais pas que c'est un film pour les enfants, c'est un film triste, un film de guerre, un drame, alors pour les grands enfants peut être ! mais un chef d'oeuvre certainement !