Jeux interdits
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CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 89 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mai 2026
Jeux interdits regarde la guerre à hauteur d’enfant, sans grand discours ni héroïsme fabriqué. René Clément montre deux enfants qui ne comprennent pas vraiment la mort, alors ils l’imitent, la transforment en jeu, avec une douceur désarmante. Toute la force du film vient de ce décalage terrible : Paulette et Michel sourient, inventent leur monde, pendant que les adultes mentent, jugent et se déchirent. La mise en scène est soignée, simple en apparence, mais toujours juste. La campagne, les champs et les cimetières donnent au film une vérité rude : celle d’une France rurale qui ne fait pas la guerre, mais qui est en guerre malgré elle. La musique de Narciso Yepes marque profondément, avec cette mélancolie fragile et enfantine qui porte une grande partie de l’émotion. Brigitte Fossey et Georges Poujouly sont bouleversants de naturel : ils ne jouent pas la tragédie, ils existent, et transmettent une montagne d’émotions avec une subtilité déconcertante. Le film est parfois moins fort quand il s’éloigne d’eux, mais dès qu’il revient à leurs gestes et à leur façon de comprendre le monde de travers, il retrouve une puissance immédiate. C’est une danse macabre vue par des enfants, qui bricolent une réponse à l’inacceptable dans une douceur aussi poétique que destructrice. On sourit parfois, puis la tristesse nous rattrape.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 avril 2026
Avec Jeux interdits, René Clément capte l’enfance au cœur de la guerre avec une justesse à la fois bouleversante et dérangeante. La mise en scène adopte un point de vue presque candide, laissant la violence du contexte se révéler par contraste avec les jeux des enfants. Le film transforme l’innocence en mécanisme de survie, où l’imaginaire tente de donner sens à l’absurde. Brigitte Fossey incarne cette ambivalence avec une spontanéité troublante, oscillant entre naïveté et gravité. Une œuvre marquante, où la simplicité apparente dissimule une profondeur émotionnelle et morale saisissante.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2025
C’est une histoire simple d’amitié et de promesses entre deux jeunes enfants dans une France en pleine déroute suite à la défaite face aux allemands que narre le réalisateur René Clément au sein d’un récit où la candeur se dispute au traumatisme profond qui résonne des profondeurs du pays. Ce qui impressionne le plus est la capacité du cinéaste à faire jouer aussi juste les deux jeunes partenaires à l’écran dont le naturel éclate d’une sincérité bouleversante.
Thomas M
Thomas M

6 abonnés 1 013 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juin 2025
Le film français le plus vieux et l'un des long-métrage des plus vieux que j'ai pu voir de l'histoire. Il nous racontant une histoire d'amour peu banale entre un jeune fermier et une fillette orpheline. L'action de l'intrigue se situe dans le sud de la France au début des années 40 pendant la guerre, le plus souvent filmé hors champ. La confrontation de l'enfance aux absurdités des adultes et à la réalité du deuil, par l'association d'un petit paysan et d'une petite citadine, dont la relation aussi tendre qu'improbable nourrit tout le film. Il est à première vue assez simple, mais peut amener une réflexion plus profonde si l'on se pose certaines questions. Dans tous les cas, les deux personnages principaux sont attachants et plus particulièrement Fossey est touchante. Quelques beaux moments d'émotions ponctuent le récit qui manque tout de même d'enjeux majeurs pour totalement captiver.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 juin 2025
Jeux Interdits choisit l’oxymore pour dénoncer les spoiler: horreurs de la guerre
, rapproche astucieusement au moyen de diverses métaphores les pratiques militaires et les occupations candides d’enfants qui s’emparent du monde à partir d’éléments piochés par-ci par-là. La religion se voit ainsi représentée sous les traits d’une somme de formules magiques rassemblées sous le symbole de la croix : Michel confond volontiers les paroles des prières, Paulette les apprend comme s’il s’agissait de chansons ou de comptines ; tous deux spoiler: dérobent des crucifix
à défaut de pouvoir en créer eux-mêmes, composent spoiler: un cimetière pour animaux
où sont répertoriées différentes espèces de volatiles, mammifères, batraciens et insectes à la façon d’un herbier.
René Clément leur emprunte insouciance et joie de vivre, sentiments jusqu’alors écartés des reconstitutions de la Seconde Guerre mondiale : comme le fera, dans une tonalité burlesque, Roberto Benigni plus de quarante ans plus tard avec La vita è bella (1997), il fonde son geste artistique sur l’analogie, sur le redoublement d’un réel trop douloureux pour être accepté comme tel. À ce titre, la séquence de spoiler: bombardements
rapproche, par des mouvements de caméra similaires, la survie des victimes et la course d’un petit chien qui anime Paulette ; elle restitue à elle seule la singularité de la vision du monde des personnages, enfants comme adultes, en ce que les enfants ont des sujets de conversation dignes des adultes, et que les adultes agissent parfois aussi naïvement que des enfants – voir spoiler: l’accident de cheval
.
L’analogie se fait enfin thème musical et prénom crié, celui de Michel qui, jusqu’au centre de la Croix-Rouge – où il désigne quelqu’un d’autre –, correspondait à l’ami intime et confident. La photographie somptueuse de Robert Juillard, déjà remarqué pour son travail sur Germania anno zero (1948) de Roberto Rossellini, sublime la laideur historique et la rudesse des conditions de survie à la campagne. Un chef-d’œuvre.
Lilali_111
Lilali_111

5 abonnés 356 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mai 2025
Ce film est juste magnifique ! Tout y est : un scénario original (je ne me souviens pas avoir vu un autre film sur la seconde guerre mondiale vue avec un angle enfantin), une interprétation sans faille des enfants, un film avec beaucoup d’émotions, un final inoubliable et une musique de film mémorable. C’est un sans faute qui en fait un film intemporel et l’un des meilleurs films français de tous les temps.
Eyeswideopen
Eyeswideopen

5 abonnés 42 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 octobre 2025
La guerre, la mort, la campagne et les adultes vus à hauteur d’enfants. Image, musique et casting à l’unisson. Inoubliable et bouleversant.
Nath Visuals
Nath Visuals

84 abonnés 279 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 janvier 2025
Tout le monde a vu des films sur la seconde guerre mondiale mais en voyant celui-ci (même si ce n'est pas le sujet principal, mais seulement la période), je m'étais dit que c'était le plus vieux film que j'ai vu qui en parle.

Sorti en 1952, seulement 7 ans après la fin de la guerre, j'imagine que l'accueil pour un film sur la seconde guerre mondiale ne doit pas être glorieuse. Le traumatisme est encore trop grand et il faut plus que 7 ans pour s'en remettre.
Mais"Jeux interdits" n'a que le début du film en commun avec la guerre. spoiler: Les parents de Polette sont morts sur un pont alors qu'ils allaient vers le sud pour fuir l'avancée des allemands. La pauvre petite se retrouve dans un famille de paysans où elle va rencontrer Michel, un petit garçon qui a à peu près son âge.


Ce qui me frappe en premier lieu devant ce film est le jeu d'acteur des deux enfants. Tout est parfait, on y crois du début à la fin alors que leur rôle ne sont pas non plus tout plat. On a beaucoup de sauts d'humeurs, des cris, des pleurs... C'est quelque chose qui peut facilement nous sortir du film mais là pour le coup, il n'y a rien à dire.

"Jeux interdits" est donc un film que j'ai vraiment apprécié, avec son authenticité, son innocence imagé par les deux enfants, par cette réalité des paysans lors de la seconde guerre mondiale qui n'ont pas quitté leur maison comme les autres.
Renaud81
Renaud81

34 abonnés 88 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 décembre 2024
De « Jeux interdits », je ne connaissais que la musique, cette mélodie magnifique que tout le monde a déjà entendue et que n’importe quel guitariste s’empresse de jouer à ses débuts. Je n’avais aucune idée du scénario et je n’attendais rien de particulier. Mais l’histoire de ces enfants grandissant au milieu de la guerre dans une certaine insouciance est incroyablement touchante. La toute jeune Brigitte Fossey et son compagnon Georges Poujouly sont bouleversants, incroyables de justesse, et il se dégage de cette histoire une tendresse infinie et une certaine mélancolie, incroyablement portées par cette fameuse mélodie. On sourit, on pleure, on compatit. Un chef-d’œuvre.
DreamyFramesSeeker
DreamyFramesSeeker

21 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2024
Je trouve que Jeux interdits est une œuvre d’une intensité rare. La tendresse des enfants, au cœur d’un récit marqué par la tragédie, contraste avec l’âpreté d’une époque ravagée par la guerre. Le jeu des jeunes acteurs est d’une justesse impressionnante, leur innocence offrant une lumière fragile dans un univers brutal. Le film saisit avec une sobriété désarmante l’absurdité des conflits et la cruauté des adultes, tout en témoignant d’une époque avec une acuité remarquable. La mise en scène, délicate et maîtrisée, magnifie chaque détail, rendant l’histoire à la fois simple et universelle. Une œuvre puissante et subtile, qui, bien que non exempte de quelques longueurs, mérite largement son statut de classique.
Simplicissimus
Simplicissimus

10 abonnés 232 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 décembre 2024
Jeux interdits, le classique de René Clément, chef d'oeuvre des amours enfantines, durant la guerre, au moment de l'exode, quand deux enfants regardent évoluer les adultes qui les entourent, avec leurs méchancetés et leurs bassesses, tout en se constituant un monde bien à eux, avec deux jeunes acteurs stupéfiants de grâce et de naturel : Georges Poujouly ( 11 ans ) et Brigitte Fossey ( 4 ans !).
Que de larmes n'avons nous pas versées en notre jeune temps !
Si la magie a un peu disparu, l'âge venu, reste le charme du film, avec une fin toujours aussi déchirante..
ManoCornuta

359 abonnés 3 067 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 décembre 2024
Avec une certaine pudeur, René Clément expose ici la confrontation de l'enfance aux absurdités des adultes et à la réalité du deuil, par l'association d'un petit paysan et d'une petite citadine, dont la relation aussi tendre qu'improbable nourrit tout le film. Les jeunes interprètes sont remarquables, et le film arrive à jouer avec l'humour et la cocasserie au milieu de la désolation. Un regret quand même pour une fin certes évidente mais qui tombe avec la sécheresse d'un couperet.
Adrien89
Adrien89

1 abonné 36 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 novembre 2024
Magnifique film attendrissant sur une amitié entre deux enfants pendant la guerre. Le contraste entre l'innocence enfantine et la dramatique réalité de la guerre est saisissant.
Kevin dioles
Kevin dioles

78 abonnés 779 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 novembre 2024
LES JEUX INTERDITS (1952): Juin 1940, Paulette, une orpheline âgée de 5 ans sera recueillie par la famille Dolle. Cette petite parisienne, victime de la guerre, liera une grande amitié avec le jeune Michel, elle découvrira alors le monde paysan. Une réalisation de René Clément, un film attendrissant qui mêlera le deuil à l'innocence de l'enfance dans une France en pleine débâcle. De grands yeux, un petit nez, des cheveux blonds, deux petites gambettes, cette jolie frimousse aura marqué les esprits de plusieurs générations. Beaucoup d'émotion devant la fragilité de cette fillette au visage parfois jovial, parfois tristounet. Un dynamisme enfantin rassuré par la présence de son ami Michel (Georges Poujouly), deux petits inconscients qui arriveront à nous faire sourire par leurs jeux interdits. Premier film de l'actrice Brigitte Fossey (Paulette), à cette époque haute comme trois pommes, et pourtant un premier rôle qui aura gravé magnifiquement de son emprunte le cinéma français. Un accompagnement musical qui amplifiera à merveille la tendresse de cette histoire, une mélodie de guitare poignante que personne ne pourra oublier. Je me souviens qu'enfant, j'avais versé une larme devant la petite lucarne, devant ce chef d'oeuvre. Un film touchant à voir absolument si ce n'est pas déjà fait.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 novembre 2024
La phrase d’accroche sur l’affiche de l'époque (Le vert paradis des amours enfantines… – issue d’un poème de Baudelaire, Moesta et errabunda) est d’une ironie assez cruelle, au regard du drame qui se joue dans le film. Car, si les deux jeunes protagonistes incarnent l’innocence de l’enfance, si leur amitié et leurs jeux sont imprégnés de tendresse et font jaillir une certaine poésie, leurs vies, marquées par la guerre, la mort, la rudesse ou la bêtise des adultes, est tout sauf un vert paradis. Ces enfants imitent les jeux des adultes avec la mort, mais, eux, ne connaissent ni hypocrisie, ni rancœur. Ils inventent un univers où la mort, qui embrasse tout être vivant, quel qu’il soit, doit être belle. Jolie idée que celle du cimetière des animaux. Et jolie façon de parler du deuil à hauteur d’enfant.
Cette adaptation d’un roman de François Boyer, devenue un classique du cinéma français, traverse le temps avec une belle simplicité, un sentiment de tristesse tempéré par une drôlerie légère, et quelques accents déchirants (les « Michel ! Michel ! » criés par la petite Paulette à la fin du récit). La composition incroyable de Brigitte Fossey (alors âgée de 5 ans) et la célèbre musique de Narciso Yepes contribuent au lyrisme d’un ensemble qui n’est cependant pas parfait : clichés sur le monde paysan et sur les « Parisiens », interprétation inégale, réalisation et montage un peu « raides »…
Ces Jeux interdits sont considérés comme l’œuvre la plus populaire et la plus émouvante de René Clément, au sein d’une filmographie qui, au-delà de sa qualité, a parfois été qualifiée de froide et hétéroclite.
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