Au tribunal, un facétieux rédacteur de journal, qui a imprimé un faux numéro gagnant de la Loterie, fait face à des gagnants floués qui se succèderont à la barre (pour l'anecdote, son avocat est Louis de Funès, qu'on aperçoit dans quelques plans mais qui ne dit pas un mot !). Le ton de la comédie est donné par un Yves Deniaud en roue libre et en clochard poivrot qui donne du "Mon président" au président du tribunal. Vous voyez le genre. Son histoire, grossière, est le premier des quatre sketchs qui composent le film. Ils ont en commun d'être laborieusement écrit et de forcer le trait dans des proportions assez sottes. On le voit très vite dans le deuxième sujet, chronique conjugale entre un mari atrabilaire (Jean Brochard, qui surjoue) et sa femme docile (Gaby Morlay). Pierre Brasseur et Ginette Leclerc sont du troisième sketch, sur le mode de malfrats de Paname. Enfin, Pierre Larquey, en centenaire gaillard fêté par sa commune, complète la comédie. J'aurais bien aimé m'amuser de cet espiègle doyen des Français mais, comme les autres comédiens, Larquey cabotine ; d'autant plus sûrement que l'auteur, Jean Halain, fils du réalisateur, est bavard, comme pour masquer l'insuffisance des sujets et des personnages par une abondance de dialogues faussement spirituels. Peut-être a-t-il en tête et pour modèle la verve d'un Henri Jeanson ; ce n'est, en tout cas, pas au niveau dans le registre de la comédie populaire.