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Kouto
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3,5
Publiée le 4 octobre 2025
Avec ce premier volet d’une trilogie consacrée à la cavalerie américaine, le réalisateur John Ford évoque les évènements de la bataille perdue par le Général Custer à Little Big Horn pour signer une charge féroce contre le racisme victime par les indiens ainsi que la corruption et la vanité gangrénant les rangs américains. En dépit de certaines longueurs, le cinéaste livre une long-métrage abouti, emmené par une distribution de haute volée avec Henry Fonda et John Wayne en tête d’affiche avec en point d’orgue la reconstitution de la fameuse déroute des soldats de la cavalerie qui est saisissante de réalisme.
1er volet de la trilogie dite de la Cavalerie, Fort Apache est à mon sens le meilleur de la série. Ford réussit à faire cohabiter et se succéder éléments de comédie et éléments dramatiques sans jamais se départir de son axe de mise en scène toute en retenue et en économie pour simplement faire du comportement de ses personnages dans le plan, la variable d’ajustement dans la progression de son récit. Fort Apache , variation libre et sans concessions sur la figure pathétique et le destin tragique de Custer , porte à l’inverse sur le peuple peau-rouge un regard empathique, pour ces hommes loyaux qui défendent avant tout leur terre et leur honneur, regard que l’on retrouvera beaucoup plus douloureux une dizaine d’année plus tard dans « les Cheyennes » admirable testament crépusculaire tant pour Ford que pour la nation indienne.
Le titre du film est justifié par la bataille finale, où un officier de la cavalerie américaine conduit inconsidérément ses troupes au contact d'Apaches trop nombreux, mais il élude ce qui constitue pour l'essentiel le sujet du western. Le scénario mis en en scène par John Ford touche presque à l'étude de mœurs dans sa description de l'existence professionnelle, collégiale, familiale, d'une garnison de l'armée aux abords d'une réserve indienne. L'esprit et le mode communautaires passent par le récit de divers antagonismes hiérarchiques (le libéral et expérimenté John Wayne opposé au théoricien rigoureux Henry Fonda), une romance convenue avec la fille du colon, la promiscuité joyeuse des soldats. Le ton est d'ailleurs assez souvent fantaisiste, dans le premier degré hélas, conformément au style de John Ford. Pour le reste, le western est plutôt dans les conventions et, si le film n'est pas raciste à l'endroit des Indiens, le propos reste très modérément critique sur les actions "pacificatrices" de la cavalerie, ancêtre vénéré de l'armée des Etats-Unis et symbole nationaliste de l'unité américaine.
Devenu un classique bien sûr mais avant ça un western d'une grande modernité, si on peut regretter la vénération de Ford pour l'ordre militaire le film remet aussi les choses en perspectives et illustre déjà la fameuse phrase « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende ».
« Le Massacre de Fort Apache » est incontestablement un western, mais il a plus évoqué en moi des films militaires durant la vision. La hiérarchie, les rituels et les règles militaires ont en effet une telle importance qu’il me fait plus penser à un « Full Metal Jacket » qu’à un « Il était une fois dans l’Ouest » ! Ceci dit, il est difficile de ne pas penser également à Liberty Valence lors des dernières scènes, où l’on retrouve la thématique o combien Fordienne de la dualité légende-réalité. Cette destinée de Thursday devient alors intéressante pour quiconque s’intéresse à la mythologie américaine, aux « héros » de l’Ouest, avec une parenté connue entre le film et le massacre de Little Big Horn, Thursday étant un avatar de Custer. Si cette thématique est toujours intéressante, il faut bien dire qu’elle souffre de la comparaison avec le Liberty Valence précité ; Ford reste ici un peu en surface des choses, ne faisant intervenir cette idée que sur la fin, en quelques répliques (certes efficaces) là où il développait son sujet de façon bien plus profonde tout au long de son film ultérieur. Mais mon principal problème est le personnage de Thursday lui-même. Je n’arrive pas à m’attacher à ce colonel autoritaire borné, passant son temps à ignorer les conseils des autres pour prendre des décisions de plus en plus insensées. Je n’arrive ni à tout à fait le comprendre, ni à ressentir le moindre sentiment pour lui. Pourtant, le récit est efficace, il y a quelques bons seconds rôles, y compris chez les femmes et les indiens, ce qui était plutôt novateur à ce moment-là il me semble. La mise en scène est très fluide, gardant notre attention sur le récit de bout en bout tout en se permettant quelques belles idées visuelles : Shirley Temple observant son cavalier préféré dans le miroir, une danse cachée pendant le bal, le brouillard entre Wayne et Cochise. Par contre, je dois avouer être resté un petit peu sur ma faim concernant la scène d’action finale ; mais au-delà de la qualité intrinsèque de la réalisation, ceci s’explique sans doute par mon absence d’empathie pour le personnage principal, et par le fait qu’elle se fasse attendre assez longtemps. Bref, c’est sans doute un western militaire historiquement important, à l’efficacité narrative toujours présente, mais qui ne me convainc pas tout à fait sur ses thématiques et personnages.
John Ford s’est souvent attaché à la description d’une communauté, de ses mécanismes de fonctionnement, tiraillé entre les règles et les pulsions humaines. C’est une fois de plus le cas, ici dans le cadre de la cavalerie Américaine (comme dans plusieurs de ses films suivants). Une bonne moitié du film est consacré à la vie quotidienne de la garnison, avec ses rituels, en alternant des tons différents, souvent humoristiques ou sentimentaux. Ce qui en fait la spécificité, c’est la différence de regard sur ses composantes ; chaleureux et empathique sur les humbles, critique et impitoyable sur leur chef. Les scènes finales sont de haut vol, fondées sur la double opposition entre l’hommage officiel et « politique » rendu au succédané du général Custer et celui de Ford à la troupe anonyme d’une part, entre le mythe et la réalité d’autre part. Remarquable est aussi le regard plein de respect porté sur les Indiens, chose assez rare à l’époque.
Fort Apache est la reference des films de cavalerie et d'indiens avec des noms célèbres comme Geronimo et Cochise. C'est d'abord, bien sur, un hymne à la gloire de la cavalerie des états-unis, leur courage, leur bravoure etc ... mais toute l'intelligence du film est d'éviter tout manichéisme en montrant les motivations des différents camps au temps de la conquète de l'ouest: une armée chargée de protéger les colons américains venus conquérir les plaines de l'ouest au détriment des amérindiens qui défendaient leurs térritoires de chasses pour nourrir leurs familles. Mais des intérêts et des ambitions particulières ont souvent transformés cette lutte en massacre. L'intérêt du film est de montrer comment certains utilisaient la guerre contre les indiens pour leurs ambitions politiques personnelles (comme Custer) ou pour s'enrichir en vendant alcool et armes. Tout l'art a été de transander cette guerre entre des ivrognes et sauvages (difficile de dire à la fin qui était qui) en une formidable épopée épique qui nous fascinait lorsque nous étions enfant.
Le western version 'cavalerie americaine" selon John Ford : 1ère partie... La mise en scène et la photographie sont grandioses avec une fois encore le décor somptueux de Monument Valley et des scènes d'action vraiment bien réalisées et impressionnantes. Les acteurs sont bons (notamment John Wayne, tout en humilité) même si certaines scènes sont surjouées. Le traitement du Lieutenant Colonel Thursday dépeint comme un héros à la fin fait grincer les dents, mais c'est le propre du scénario... Du bon cinéma classique et relativement efficace.
Une œuvre forte et humaniste comme sait si bien les faire John Ford, en prenant pour prétexte la bataille de little big Horn sans la nommé, Ford oppose deux visions politique et humaine très forte, celle de Henry Fonda, qui méprise les Indiens et leurs revendications légitimes tout en envoyant ses hommes à la mort par arrivisme, égoïsme et orgueil. En face de lui, le personnage de John Wayne incarne la mesure, le respect et la diplomatie. La fin rappelle celle de « l’homme qui tua Liberty Valance », on imprime la légende plutôt que la vérité, mais Ford lui, prend bien soin dans son film de montrer une réalité tout autres, bien plus complexe. La noirceur du propos est constamment contrebalancée par un amour de la vie, le sang irlandais du réalisateur irrigue chaques plans, on aime, on boit beaucoup, on danse, on se bagarre et on blague sans arrêt. Un film profond, somptueux et chaleureux.
Superbe film de John Ford, qui, au-delà des Indiens et des cavalcades dans le désert, est une fois de plus une oeuvre sur l'esprit de communauté, en témoigne la scène centrale du bal, tel un cérémonial pour introduire le colonel dans sa nouvelle communauté. Le film fait d'ailleurs écho, en deux aspects, à Liberty Valance : par Henry Fonda, en jeune ambitieux, qui va bouleverser les habitudes d'un petit village de l'ouest, et par la scène finale dans laquelle John Wayne demande aux journalistes d'imprimer la légende plutôt que la vérité. Parallèlement, on admire le portrait intelligent de la communauté Indienne fait par John Ford dans ce film de 1948. Ford, comme toujours, fait plus qu'un western basique, mais signe un film social intelligent, complexe, profond et pas manichéen malgré les apparences : qui peut-on désigner comme héros réel du film ? L'incompétent colonel, mais pourtant pris pour un grand homme ? Je vous accorde néanmoins que le film se termine sur une note bien patriotique, "God bless America", mais c'était une autre époque !... La mise en scène, sublime dans sa simplicité, les acteurs, l'histoire, les scènes de chevauchée, suffisent pour apprécier ce très grand film.
Western qui est plutôt historique, suivant le quotidien d'un fort militaire dans le démarrage de la dernière phase de résistance des Appaches. Ce film du fameux duo des John (Ford real - Wayne acteur) est un bon divertissement. Des scènes de bataille galvanisantes et un regard sur les Indiens moins "sauvages hostiles", tandis que la critique de l'armée américaine est assez vive. Donc bon même si dans l'ensemble, il suit tous les pré-requis d'un pré-blockbuster (en particulier la romance qui n'a pas grand intérêt).
Un des premiers western qui traite les Indiens avec un peu plus d'égard.
Ford aimait l'armée américaine et surtout les tuniques bleu vu qu'il leur a consacrés plusieurs films.
Cette fois-ci il dépeint l'éthique militaire et le sens de l'honneur incarner ici par Henry Fonda qui veut marquer son temps en effectuant des mesures radicales c'est-à-dire capturer cochise et ses terribles apaches alors qu'il ignore tout des Indiens.
Autre point intéressant traité dans le film ce sont ses ignobles vendeur d'alcool et d'armes qui bien souvent sont à l'origine de certains massacres.
Du point technique le film est une pure merveille, la mise en scène de Ford est formidable personne ne savait mieux filmé que lui les poursuites à cheval ou les grandes étendues désertiques de Monument Valley.
Les personnages ont tous de la personnalité et ils sont formidablement interprétés par les acteurs.
Une évocation de la stupidité militaire et du mépris des Américains pour les peuples Amérindiens.
En 1948, John Ford signe le premier volet du Cycle de la cavalerie (avant « La charge héroïque » et « Rio Grande »). Cette trilogie s’appuie sur la présence permanente de John Wayne et aborde en toile de fond l’ambivalence des rapports hiérarchiques et fraternels au sein de l’armée américaine. Le lieutenant-colonel Thursday (Henry Fonda) devient le commandement de Fort Apache et entend faire régner l’ordre. Cette prise de fonction autoritaire est progressivement tournée en dérision avec beaucoup d’humour et un sens dramatique. Le réalisateur montre également des Apaches fiers possédant beaucoup d’honneur et non comme des sauvages. Si l’on ajoute à cela les magnifiques paysages de Monument Valley qui servent de décors au film, on a affaire à un western de qualité. Bref, un grand classique.
Un film assez classique, qui se laisse regarder, malgré l'ennui. La qualité de la réalisation et des acteurs ne parvient pas à tenir en haleine le spectateur. On peut malgré tout retenir quelques bons moments, le début et la fin du film, assez spectaculaires. Un spectacle académique et attendu, regardable, mais qui ennuiera le spectateur blasé ou l'amateur de westerns...
Premier des trois westerns consacrés à la cavalerie par John Ford, Fort Apache est d'abord l'histoire de la folie mégalomanne d'un lieutenant colonel qui, en quête de gloire, n'hésite pas à envoyer ses hommes se faire massacrer dans un guet hapens prévisible. Henry Fonda, raide et imperturbable, donne à cet homme un côté tragique, et sa fin pathétique est plus proche du suicide de celui qui a échoué que du geste héroique, tel que décrit de façon sans doute ironique à la fin du film. Mais au delà de ce fait, au delà aussi de la confrontation attendue entre Wayne et Fonda, c'est encors et toujours dans les scènes secondaires que John Ford donne à son film un cachet inimitable : la douce Shirley Temple dans un de ses très rares rôles aduktes, l'humanité surprenante pour cette époque avec laquelle son évoqués les indiens, les personnages secondaires inénarables : Mc Laglen en ivrogne, Hank Worden à la démarche bizarre, ou un Ward Bond quelque peu autoritaire. Et les scènes de bal ! un incontournable de l'univers Fordien. Délicieuse est la scène où Henry Fonda est amené, au cours du grans bal annuel, à danser en première ligne alors que manifestement sa raideur ne l'inciterait pas, en temps normal, à de telles manifestations. La Grande histoire s'est faite avec de multiples petites histoires.