Un western psychologique qui se sert admirablement des archétypes du genre mais pour y narré un drame familial et sociétal d'une grande profondeur. A dire vrai, il s'agit sans doute d'un des films les plus forts sur le thème de la libre circulation des armes, un débat qui agite toujours autant les consciences aux USA encore aujourd'hui. V. Heflin signe une prestation remarquable, composant un personnage complexe, un être humain parfois touchant, souvent navrant mais animé des meilleures attentions, ce qui rend ses multiples mauvais choix moins durs à accepter pour le spectateur. On a de l'empathie pour lui tout comme pour celui de T. Hunter. Lui aussi n'est pas un mauvais bougre, juste un petit garçon perdu. Le scénario, sublime, est signé par F. Nugent, la plume à l'oeuvre derrière certains des meilleurs films de J. Ford (tout sauf un hasard), et il se garde bien de porter des jugements définitifs sur les principaux protagonistes. Il se joue surtout des clichés et manie la psychologie et les mots avec beaucoup de dextérité (la façon dont il suggère à travers certaines phrases est une véritable leçon). Quand à P. Karlson, un réal que je ne connaissais pas du tout, il s'en tire avec les honneurs, dirigeant bien tout son monde et se montrant peu avare en effet de mise en scène, signant un découpage maîtrisé et dune grande intelligence. Le film brasse de nombreux thèmes et sait s'y prendre pour faire monter la tension, croquant une multitude de caractères et jouant avec brio sur des schémas codifiés. Un western certes mais qui explore surtout certains travers de son pays et qui s'impose comme un excellent film tout court. A découvrir absolument. D'autres critiques sur
Phil Karlson est un réalisateur plutôt méconnu en France mais sa filmographie est riche et variée. Parmi les rares westerns qu’il a dirigés, Le salaire de la violence tient une place particulière dans le genre. Sur un fond de drame familial et social, Phil Karlson met en scène un propriétaire de ranch, Lee Hackett interprété par Van Heflin et ses deux fils que tout oppose. Ed (Tab Hunter) est un homme brutal, arrogant, provocateur et insolent avec son père et le shérif. Davy (James Darren), son frère, est plutôt pacifiste, sincère et convivial. Lors d’une course poursuite à cheval, pour la capture d’une belle jument blanche, Ed bouscule un métis qui se tue lors de sa chute. A partir de cet instant, la tragédie va commencer. Le père aussi entêté que le fils ne va pas arranger la situation. Sur un scénario bien ficelé et parfaitement maîtrisé, Karlson met l’accent sur le laxisme d’un père qui a négligé l’éducation de son fils et qui prend sans cesse son parti, ce qui aboutira à de nouveaux drames. Van Heflin et Tab Hunter se surpassent dans cet excellent film violent mais réaliste dans l’analyse des rapports humains. Véritable découverte, ce petit chef-d’œuvre mérite qu’on s’y attarde.
Phil Karlson ne mérite pas sa place obscure dans l'histoire du cinéma, c'est un remarquable metteur en scène talentueux et même original, capable de s'attaquer à des genres bien différents. Il a parfaitement réussi ce western hyper classique au sujet rabâché sur le temps qui passe, raciste en diable mais qui se laisse regarder avec beaucoup de plaisir. La façon dont l'histoire nous est racontée nous tient toujours en haleine même si les événements sont prévisibles, l'ambiance du western est là et bien là. Le méchant l'est dans ses gènes et dans son éducation, il est le moteur du scénario et ne nous décevra pas. Tous les acteurs sont bon avec un Van Heflin absolument parfait dans un rôle de composition très difficile, il lui faut adopter des comportements souvent opposés. L'émotion ressentie lors de son chagrin final est forte ,elle m'a rappelé celle qui termine ''la colline des potences'' bien qu'elle représente une fin tragique et non un renouveau. Les extérieurs du début agrémentés par tous les chevaux sauvages nous transportent loin de nos bases et la course le long de la falaise est une belle trouvaille cinématographique. Un western vraiment méconnu et à ne pas manquer pour les amateurs.
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3,0
Publiée le 9 octobre 2013
Quand un fermier brutal est amenè à affronter ses fils, cela donne un beau western de Phil Karlson (prince de la sèrie B des annèes 50 malheureusement quelque peu oubliè de nos jours) intitulè "Gunman's Walk". Un film marquè par une violence tendue qui rapproche Karlson d'Anthony Mann ou de Richard Fleischer à leurs dèbuts! Derrière ce western vif en forme de sèrie B se cache avant tout une oeuvre dèlicate qui èvoque avec justesse la tragèdie familiale et le racisme! Excellente interprètation de Van Hèflin qui tient d'une main de fer son ranch et de Tab Hunter dans un contre-emploi inattendu qui joue l'un de ses fils qui ne jure que par la violence! Un père qui tente de faire de ses deux fils des citoyens respectables...mais la tâche s'annonce bien difficile dans un Ouest marquè par la haine! Avec "Gunman's Walk", Karlson se retrouve pleinement dans son art, traitant ici un sujet qui lui va comme un gant: l'affrontement psychologique! De plus le Scope est de belle qualitè...
Un trés grand Western signé Phil Karlson dont c'est le premier long métrage que je visionne de ce cinéaste méconnu et dont il me tarde de voir le reste de sa filmographie !! J'ai regardé ce film par curiosité pour l'un des acteurs principaux qui se nomme Van Heflin dont j'ai apprécié le peu de longs métrages que j'ai vu qui choisit bien ses roles et dans ce qu'il a tourné. "Le salaire de la violence" est un Western dramatique familiale, deux frères de retour dans le ranch de leur père à la personnalité opposés, l'un innocent amoureux d'une Indienne mais l'autre qui doit avoir le diable dans la peau tuant par supposé accident le frère de l'Indienne cité dans un ravin se souciant plus du cheval de famille que de la personne. La suite va se compliquer pour la famille, tribunal, meurtres de sang froid, racisme et autres points négatives pour le mauvais fils. Une trés bonne surprise que ce film qui commençait de façon classique et plus ça avance, plus ça devient glaciale à proprement parlé. Une parfaite mise en scène dans des décors somptueux pour un Western. Je classerais "Le salaire de la violence" parmi les sommets du genre. Van Heflin, Tab Hunter et les autres comédiens et actrices sont excellents. Grandiose.