Court-métrage d’étudiant de Proyas, revisitant un meurtre bien connu, ce film propose déjà pas mal d’éléments du cinéma du réalisateur, mais j’avoue ne pas avoir été totalement emballé. En effet on ne peut nier un réel travail esthétique. L’ambiance est sublime, le choix de l’animation image par image est original et confère à l’ensemble un ton particulier. Le travail sur les décors urbains est fort bien fait, et le film offre vraiment une atmosphère glauque, poisseuse, déshumanisée aux effets de style futuristes (les phares des voitures en accéléré) propre à accompagner le sujet de l’histoire. C’est un peu là que le bât blesse dans ce film. En effet il faut d’abord souligner qu’à la vérité sur 8 minutes au moins 5 d’entre elle, plus celle du générique, sont consacré à montrer des personnages qui marchent dans le décor. Alors certes on profite de l’ambiance, mais il faut avouer que 5 minutes sans aucun son, à voir des personnages qui marchent dans un court métrage de 8 minutes, c’est lassant. D’autant que, lorsqu’on en arrive à l’action on se dit que Proyas aurait pu faire abstraction d’une partie de cette longue phase démonstrative. Aussi les deux minutes restantes sont clairement meilleures, Proyas faisant preuve d’une grande maitrise dans sa présentation du viol et du meurtre de la jeune femme. Evitant le ridicule et n’hésitant pas dans un même temps à se confronter à la réalité, le réalisateur livre un passage poignant et marquant, avec bien entendu, juste derrière, la démonstration du fameux syndrome du témoin qui donne toute sa force à la chute du court métrage. En clair on tient là tout de même un bon film d’étudiant, avec un Proyas déjà prometteur. Maintenant il faut reconnaitre que j’attendais tout de même une première partie plus enthousiasmante, et peut-être qu’un univers sonore aurait pu habiller quelques passages. Je donne 4 mais c’est bien parce que c’est un film d’étudiant. Je ne suis pas certain qu’il mérite totalement cette note.