Sans toit ni loi
Note moyenne
3,7
963 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

76 critiques spectateurs

5
7 critiques
4
29 critiques
3
24 critiques
2
9 critiques
1
3 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 mars 2021
« Sans Toit ni Loi » est le chef d’œuvre d’Agnès Varda sorti en 1985 qui a propulsé la carrière de Sandrine Bonnaire alors âgée d’un peu moins de 18 ans, et révélé au public le talent d’Yolande Moreau. Le film est très intelligemment construit : après la découverte du cadavre de Mona – belle, sale et rebelle – morte de faim et de froid dans le Gard, on va – sur un mode quasi-documentaire – reconstituer les derniers mois de la vie d’errance de cette jeune SDF à travers les témoignages des dernières personnes qui l’ont croisée et des jugements de valeur sur cette vie d’errance voire des regrets de ne pas pu l’avoir aidée plus. Pour ma part 2 petits bémols : l’avant-dernière scène dans ce village aux volets fermés et aux homme diables en rouge qui certes annonce la fin de Mona mais aurait pu être étoffée au dépend par exemple de la trop longue scène avec le berger/philosophe post-68 très dur vis-à-vis de Mona : « Pas de projet, pas de but, pas d’envie, ce n’est pas l’errance, c’est l’erreur. Elle est inutile et en prouvant qu’elle est inutile, elle fait le jeu d’un système qu’elle refuse ». Second bémol, le fait que Jean-Pierre, l’élève de la Professeure es-platanes (Macha Méril) soit également le petit neveu de la vieille Lydie chez qui Yolande Moreau fait le ménage car « compréhensif » vis-à-vis de l’empathie de Macha Méril vis-à-vis de Mona, il s’avère très dur vis-à-vis de sa vieille tante même s’il est poussé par la cupidité de sa femme. A noter une scène de plaisir entre la vieille Lydie et la jeune Mona, facilitée par plusieurs verres de cognac, une scène qui m’a fait évoquer la fin de « Tatie Danielle » d’Étienne Chatiliez (1990). Ces 2 petites critiques faites, le film est magnifiquement réalisé avec de longs plans-travellings latéraux, une palette de couleurs extraordinaire et des images chocs telles que cet ouvrier agricole Tunisien embrassant l’écharpe rouge de Mona !
Un film sans concession d’une grande beauté malgré la cruauté du sujet
Hugo C.
Hugo C.

9 abonnés 92 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2020
Magnifique film d'Agnès Varda dans lequel on suit Mona, une jeune femme qui rencontre de nouvelles personnes au fil de son voyage, des personnages très différents entre eux, opposés à elle mais proches finalement. Cette épopée à la musique tendue nous emporte pendant 1h45 sans le moindre ennui, un vrai coup de maître d'Agnès Varda. Entre cinéma culte de Varda, personnages charismatiques, plans larges et ambiance calme : Comment cette aventure peut-t-elle être si intéressante ? Pourquoi Agnès Varda a t-elle choisi un personnage si controversé comme personnage principal ? Comment la réalisatrice déjoue t-elle le côté tragique pour sortir un film lumineux ?
Nous verrons tout d'abord le cadre et les personnages mis en place par Agnès Varda. Puis dans un second temps le paradoxe entre Mona, pauvre vagabonde et la société, peu inclusive ainsi que les procédés de narration interactive qu'utilise Agnès Varda pour rendre ''Sans toit ni loi'' intéressant.

Tout d'abord le film est construit sur les bases d'une tragédie classique. En effet, juste après le générique statique et angoissant par sa musique et ses titres en fondu, le destin de Mona est annoncé dès le début : Elle meurt, gelée, maigre, dans un champs, seule et sale. Cet événement funeste ouvre ensuite sur le film. On y découvre donc cette vagabonde qui erre avec son gros sac. Le fil rouge narratif sont ses chaussures, de saltimbanques, chaussures personnifiés et comparant l'état dans lequel se trouve Mona au fil du temps. Elle ne s'occupe pas d'elle, mais de ses chaussures, qui sont plus propres qu'elle. Par dessus son apparence douteuse, qui apporte au jugement. Mona va à l'encontre de plusieurs personnages, tous différents : un hippie et sa famille, un marocain qui taille des vignes, une femme coquette, un garagiste un peu pervers ou encore la vieille et riche veuve.
Effectivement, cette dame très âgée est tout le paradoxe de Mona, en apparence, celle ci reste ses journées assise dans un fauteuil à attendre alors que Mona se ballade. Mais au fond elles ne font rien toutes les deux. Ce qui les lient c'est qu'elle sont incomprises, personnes n'a vraiment de relation très positive avec elles. La scène de leur fou rire marque leur rapprochement, elles vivent leur meilleur moment sûrement avant leur mort. D'un côté la veuve est âgée, entourée de voleurs qui n'attendent que son décès et de l'autre Mona qui a le destin écrit dès le début du film.
Le personnage du marocain est aussi très intéressant, il a quitté son pays, a lui aussi vagabondé mais il a trouvé un travail et veut un mode de vie stable, il ne veut plus partir, ni risquer de partir – ne défend pas Mona quand les autres reviennent –. Il est aussi lié à Mona parce qu'ils sont tout les deux sales et qu'ils ne s'occupent pas de leur apparence. Enfin le personnage de Mme Landier est un personnage coquet, maniéré et lumineux qui ne rejette pas du tout son opposé : Mona. Mme Landier se lave, Mme Landier achète des petits gâteaux mais surtout Mme Landier s'attache à Mona, elle a sûrement besoin de compagnie, elle recherche peut être une amie, ou veut juste être en aide par pitié. (45' du film) La scène des oreillettes, est très puissante, les deux femmes sont côte à côte, face caméra, dans un plan poitrine, elles parlent et mangent. (48' du film) On retrouve ce même plan mais de nuit, les deux femmes se retrouvent côte à côte, autour d'un plat. Elles ont passé la journée ensemble, comme deux amies. On en déduis donc que Mona est sociable et attachante, si on la rejette c'est parce qu'elle finit par déjouer les lois et ne correspond pas à l'archétype, elle n'est pas conforme.

Mona se ballade, Mona erre. On ne sait pas son passé, imaginons une enfance difficile ou une rebelle sans parents. Ce thème n'est jamais abordé, ce qu'Agnès Varda veut raconter c'est surtout l'histoire d'une jeune femme sans règles, incarnant la liberté pure, Mona divague en chaussures hautes avec du pain sec. Mona n'a pas sa place dans la société. Mais ce n'est pas que de sa faute. Chaque personnage qu'elle a rencontré l'a aidé, à sa manière, elle a accepté cette aide, mais n'est pas entré dans les codes. Elle est malpolie, lui a-t-on un jour enseigné ou éduqué ? Au fil du temps elle perd de l'énergie, elle est perdue. Au fond personne ne l'aide dans son pire moment, la société ne l'inclut pas. Ce n'est qu'une SDF, en 1985 comme aujourd'hui, grand nombre meurent comme elle. Certains l'aident, d'autres profitent de ses faiblesse, mais aucun ne la sauve. Mona n'a donc comme seul destin d'errer jusqu'à être seule, et mourir. Agnès Varda nous donne une vision subjective de la situation, nous sommes donc libres d'éprouver de l'agacement par le comportement de Mona mais aussi de la pitié pour son état. Varda ne fait pas que poser des personnages face à son héroïne, elle les incruste à celle-ci, elle crée des liens entre eux et en elle, des relations, des discours, ils médisent, ils la plaignent, il se rencontrent sans elle mais lorsqu'ils la voient ils sont séparés. Un univers tourne autour de Mona sans qu'elle s'en rende compte, elle ne fait pas parti de ce groupe. Agnès Varda utilise parfaitement les silences, elle nous laisse contempler, observer le milieu qui entoure Mona avec la plus grande attention. La BO signé Joanna Bruzdowicz est pleine de tension, simple et aigu, elle tire sur nos nerfs, nous pousse au suspense, on se demande toujours ce qu'il va arriver quand Mona marche, quand elle va mourir, comment, pourquoi et au fil du film, on s'attache à elle. En nous laissant seul sans opinions, Agnès Varda nous pousse finalement à se dire que Mona est morte trop jeune, dans des conditions terribles et qu'elle n'a pas été sauvée par la société, elle a été délaissée, abandonnée.

Par conséquent ''Sans toit ni loi'' est un immense film dans la grande carrière d'Agnès Varda, beaucoup vu et beaucoup apprécié – lion d'or à Venise –, un million de spectateurs, il porte en lui une véritable humanité, nous montre plusieurs personnages autour de Mona, plusieurs personnages qui pourraient chacun représenter une partie de Mona, ses meilleures : la joie (scène avec la vieille veuve) ou le partage de moments (repas avec le travailleur marocain). ''Sans toit ni loi'' c'est évidemment très esthétique, avec l'utilisation de la lumière naturelle, au coucher (1h02) et les ombres, le réveil glacial et pénible (30') dans la neige ou la nuit chaleureuse autour du feu (35').
Ce film plein de libertés autant artistiques que morales mérite d'être vu une fois, de par le cinéma légendaire d'Agnès Varda ou par son intemporalité sur la gravité des gens sans toit, ni lois.
Musomuse
Musomuse

12 abonnés 237 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2020
Je suis assez divisé sur ce film. Au sens où beaucoup de répliques sont joué d'un manière qui me sort complétement du film. Je pense que la plupart des gens qui apparaissent dans ce film ne sont pas comédien. Seulement ça m'horripile d'entendre quelqu'un dire son teste de manière machinale. Aucune vie dans les mots si l'on préfère. Ce n'est pas le cas de l'actrice principale par contre. Est-ce que c'est voulu? Peut-être. Mettre un contraste entre les personnes intégré et celles qui ne le sont pas.
Peut-être, les soucis ayant étaient posé je peut parler d'autre chose.
Ce qui est bien pour le coup, ça n'est ni la musique ou le son. C'est la mise en scène. On a un vrai spectacle devant les yeux, naturaliste mais spectacle tout de même. Au sens où tout sonne envie d'être regardé. Le scénario étant aussi particulièrement intéressant on a pleins de petites situation et bribes qui tapent dans l'œil. Comme si par hasard il s'agissait d'un compte moderne. N'ayant pas vraiment de morale. On juge naturellement ce qui nous vient à l'écran.
Il y a certaines choses qui me paraissent très importantes dans ce film. Il s'agit de ce sujet qu'est la liberté. Qui lui, met en place toutes les pièce du puzzle qu'a construit Varda.
On découvre une finalité peu enviable, miséreuse voir tragique. Puis l'on voit par où passe t'on pour en arriver là. On ne sait pas qui sont les gens qui finiront oublié, mais rien n'empêche que ce ne soit pas des philosophes, ni des sages. Surement des gens vide, pas de sens à leur vie, juste un mot ou deux, "s'amuser" peut-être, ou bien "liberté". Regardez où elle vous mène donc cette liberté. Elle ne vous mène pas elle vous détruit. Car ce n'est qu'une illusion. Pourquoi craché sur eux de toutes façon? Ils ne sont pas si différent. Ils errent avec autant d'objectifs que nous.
Sauf que je ne pense pas que dire non à tout ce qui viendrait nous enfermé est un quelconque intérêt. On ne se sentira pas très bien là, surement même moins bien. Ne faut-il pas parfois juste accepté au lieu de profiter de notre soit disant innocence. Faire toujours en sorte de ne jamais comprendre, rester toujours entre deux ponts.
En cela je pense ce film très beau, il ose aborder cette facette un peu idéalisé par certains des punks ou punks à chien. Ce ne sont pas des héros ni des méchants, plus des gens dépriment. Y a t-il de l'espoir dans un type qui vit bourré, défoncé ou fou? Je ne pense pas.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 692 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 avril 2020
Sans toit ni loi ne m'a pas particulièrement séduit. Premier film que je regarde d'Agnès Varda et je ressors semi-emballé. Je ne lui trouve pas grand chose d'intéressant si ce n'est que d'être l'un des rares films à montrer au plus près la condition des sans domicile fixe.
Malgré le drame que l'on suit (les derniers jours d'une SDF avant sa mort au milieu d'un champ dans le froid), je n'ai jamais accroché au personnage principal. Son obstination à ne pas respecter les lois (même celles qui relèvent purement du civisme ou du bon sens, notamment lorsqu'elle est hébergée gratuitement par des gens qui ne la connaissent pas) rende difficile l'empathie à son égard.
Le récit est assez plat et on ne sait pas vraiment quelle morale en tirer (si ce n'est que le tempérament impulsif de la protagoniste l'a enfermée dans un cercle vicieux dont elle ne sort jamais).
La jeune Sandrine Bonnaire s'avère ici être une plutôt bonne comédienne dans un rôle pas toujours évident. Mais cette qualité d'interprétation ne cache pas l'ennui que l'on peut éprouver dans ce film à longueur.
Enfin bon, au final, je n'ai pas trouvé le film vraiment mémorable.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 850 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 décembre 2019
L'aspect documentaire de la narration confère au film une plaisante neutralité, se bornant à montrer le quotidien d'une sdf décidée à vivre hors de la société quoi qu'il en coûte. Servie par une Sandrine Bonnaire talentueusement brute, cette héroïne m'est pourtant demeurée fort peu attachante, éteignant peu à peu mon intérêt pour ses pérégrinations. De plus, hormis une Macha Méril solaire, le reste du casting, composé principalement d'amateurs, sonne faux, affadissant le propos. Inégal.
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 septembre 2019
Même si j'ai une certaine sympathie pour la personne, je ne m'intéresse pas beaucoup au cinéma d'Agnès Varda, tout en décidant de tenter celui-ci, l'un de ses plus célèbres et surtout diffusé à l'occasion de sa disparition : une forme d'hommage s'imposait. Et il y a bien quelque chose qu'il faut reconnaître à la réalisatrice : sa cohérence. Dans sa logique, tout se tient parfaitement : la narration, la construction, cette volonté d'être d'un réalisme absolu dans un cadre sudiste l'étant déjà beaucoup, comme les différents personnages que l'héroïne pourra y croiser. D'ailleurs, je reconnais que cela a fonctionné un temps : bien que souvent agaçante, le caractère insaisissable de Mona, son refus d'évoluer tout en conservant une part de mystère offrant certains passages intéressants, notamment celui avec Macha Méril, de loin la partie la plus réussie. Mais bon, une fois que j'ai dit ça... Où est le plaisir ? Comment s'impliquer réellement dans un film se complaisant autant dans son procédé, ne faisant que ressasser les mêmes constats, les mêmes situations... Ce n'est même pas une question d'en dire du mal : plutôt de comment en dire du bien. Ce cinéma m'ennuie profondément, trouvant son paroxysme lors d'une dernière demi-heure interminable : il ne se passe rien, on déplace juste un peu tout ce qui a été dit auparavant, le « suspense » n'existant même pas puisque Varda fait le choix de nous dévoiler le dénouement dès les premières minutes. Alors oui, notamment la scène de « poursuite » en ville nous sort légèrement de notre torpeur, on peut trouver sans réelle difficulté du sens à ce« Sans toit ni loi ». Maintenant, que me restera t-il de ce titre ? Sandrine Bonnaire marchant dans des décors ruraux souvent ravagés par la pluie, rappelant régulièrement qu'elle n'a rien mais qu'au moins elle est libre, etc... Certains s'en contenteront. Ceux ayant une idée autrement plus élevée du septième art ne manqueront pas grand-chose, et je l'écris sans malice aucune vis-à-vis d'une femme éminemment respectable. À bon entendeur.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 888 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 septembre 2019
C'est un film social avec des accents Chabroliens notamment quand le musique se met en route, on se croirait dans un Chabrol.
Par contre, c'est plus social, plus rural bien que l’héroïne navigue entre la campagne et la ville, là où il y a les gares par exemple.
Le film est porté par S. Bonnaire, qui endosse ce rôle de marginal, à la perfection.
Viennent se greffer une myriade de gens, au gré des rencontres qu'elle va faire, joués par des acteurs plus ou moins connus, mais citons notamment S. Freiss et M. Meril.
Ce film donne une certaine vision des années 80, dans un sens. Cette solitude que recherche l’héroïne, en suivant des chemins au hasard, ne rappelle pas bien sur le genre Hippie mais il se dégage de cette démarche certains points communs.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 août 2019
Porté par une Sandrine Bonnaire proprement époustouflante – elle remporta à 18 ans un César de la meilleure actrice pour son rôle de vagabonde plus vraie que nature – ce film au réalisme cru sur la marginalité est aussi une réflexion magistrale sur la notion de liberté. Oscillant entre fiction et documentaire, Agnès Varda nous offre ici une chronique de l’errance à l’âpreté évidente – la séquence d’ouverture nous plonge immédiatement dans l’ambiance, ne laissant aucun doute sur l’issue fatale du parcours de la jeune héroïne. Mais ce tableau sensible et complexe d’une certaine France rurale et périurbaine des années 80, joué en partie par des acteurs non-professionnels, n’occulte pas la générosité de certaines situations. Lion d’or mérité à la Mostra de Venise 1985.
ferdinand75

723 abonnés 4 467 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 août 2019
Un bon film de Varda revu en version restauré, en 2019. Ce qui surprend c'est que ce n'est pas du tout un documentaire, ou un témoignage misérabiliste. Bien sûr le thème est celui d'une marginale , à la recherche de sa liberté qui prend la route comme on le faisait dans les années 60/70. Mais il y a énormément de poésie ,et de fraicheur. Les dialogues sont excellents travaillés au couteau. Le montage avec les témoignages intercalés donnent une vraie dynamique, et un rythme bien cadencé. les personnages qui croisent la route de Mona sont tous intéressants. La palme probablement à Macha Méryl , excellente et ravissante, qui comprend la détresse de Mona , mais ne sait pas comment l'adresser. Yolande Moreau est aussi surprenante dans un de ses premiers rôles , telle que l'on retrouvera tout au long de sa carrière.Tous les personnages typiques de ce pays Gardois sont très bien saisi aussi. Mais bien le film dit beaucoup à la très belle et très sobre interprétation de Sandrine Bonnaire.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mai 2019
"Sans toit ni loi" frappe avant tout par le regard cruel mais lucide posé par Agnès Varda sur son personnage. Mona (Sandrine Bonnaire époustouflante) n'a pas de domicile fixe, ce n'est toutefois pas par contrainte qu'elle vit cette situation mais par choix; en recherche de liberté, la jeune femme décide de vivre seule et d'errer pour fuir un modèle sociétal dans lequel elle ne se reconnaît pas. En faisant de Mona un personnage peu aimable – elle parle fort, n'est pas très respectueuse, parfois trop directe–, Varda incite le spectateur à la considérer avec sécheresse. La distance opérée nous permet d'être plus attentif à la complexité des relations (la rencontre avec un agriculteur, diplômé en philo, met en évidence l'esprit contradictoire de Mona qui, en se rendant volontairement inutile, fait le jeu d'un système basé sur le culte du mérite) et à une mise en scène moderne basée sur de lents travellings accompagnateurs et un évitement du champ-contrechamp. Malgré toutes ces qualités, "Sans toit ni loi" déçoit en partie à cause d'une écriture profondément inégale – le personnage interprété par Yolande Moreau, qui semble faire partie d'un autre film, n'a d'ailleurs aucun intérêt – qui ne nous permet pas d'être en permanence concerné. Le geste est beau mais il aurait gagné à être plus ramassé, plus tendu, afin que sa dimension politique résonne avec davantage de force.
selenie

7 446 abonnés 6 661 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 avril 2019
Pionnière de la Nouvelle Vague Agnès Varda s'intéresse avec ce film au destin d'un sdf qu'on a retrouvé morte dans un fossé. Le premier constat est qu'on se demande pourquoi la cinéaste n'a pas choisi un véritable documentaire sur ce sujet ?! En effet, ce docu-fiction est d'un réalisme sans fard, d'un naturalisme extrême qui n'amène aucune beauté que ce soit sur le fond ou la forme. Cette jeune femme n'a pas grand chose d'attachant, son sort funeste est le seul instant où l'émotion nous saisit. Ce choix d'acteurs entre amateurs et pros rend le film encore plus bancal et surtout, sur ce point, donne une sensation de fausseté qui entre en contradiction avec la volonté de la cinéaste. En conclusion un film surestimé..
Site : Selenie
SociN
SociN

13 abonnés 636 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 avril 2019
Il y a 2 aspects dans ce film : le sujet et sa réalisation.
Concernant le sujet, on suit les déambulations de Mona. Elle est antipathique, ne dit jamais merci, en révolte. On se dit qu'elle a bien cherché son sort. Mais au fil du film, on s'attache ; Varda réussit à nous intéresser à elle. Arrive la réalisation. Par son traitement à la fois distancié (des travelings qui se détachent de Mona) et proche (notamment les dialogues et interviews), Agnès Varda réussit à nous brosser un portrait sensible et terrible d'êtres perdus. La meilleure description de Mona et de ses semblables est donnée par ce personnage de berger en marge (préfigure des zadistes actuels) : "Pas de projet, pas de but, pas d’envie, c’est pas l’errance, c’est l’erreur. Elle est inutile et en prouvant qu’elle est inutile, elle fait le jeu d’un système qu’elle refuse". Tout est dit !
Hotinhere

791 abonnés 5 474 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 mars 2019
Itinéraire d’une vagabonde à travers les routes de la France rurale. Un film sur l’errance souvent bouleversant, interprété par l’inoubliable et césarisée Sandrine Bonnaire.
que du cinéma
que du cinéma

6 abonnés 78 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 mars 2019
Film sur une "vagabonne"joué par une Sandrine Bonnaire plus authentique que jamais. Film qui montre la misère et la détresse d'une femme qui va essayer de vivre de rien
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 897 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 mars 2019
Avec des bergers intellos bien typés du style reconversion post- 68, des marginaux dans la gare de Nimes- halte sur la route des Cévennes-, de belles scènes de nature photographiées avec soin, des marocains travaillant dans les vignes, la campagne de lancement de la marque Elf, des 4L et 404, Agnès Varda nous offre une tranche de vie en France des années 70. Filmé à sa façon, non conventionnelle et humaniste.
Au-delà la liberté qui se fracasse contre la solitude de la route, des agressions, des gens ordinaires pas que gentils, du sandwich quémandé au centre de transfusion, il reste la bienveillance de la "platanologue" Macha Meril !! Qui se prend de pitié pour la marginale qui pue. Intello et touchant. Bonnaire est défigurée et faussement débonnaire, mais en pleine impasse.
TV1 - mars 2019
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse