Seul contre tous
Note moyenne
3,8
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169 critiques spectateurs

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Travel S
Travel S

16 abonnés 54 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 avril 2018
Le premier long métrage de Gaspar Noé en dit long sur ce qui sera de sa carrière. Et en 2018, on ne peut que comprendre que depuis le début, Noé voulait déjà choquer !

Comme à chacun de ses films, on est secoué et "Seul contre tous" ne fait pas exception à la règle.

L'oeuvre nous plonge dans le quotidien d'un homme pourri au plus profond de son être. Un homme guidé par la haine, la violence et tenté par des actes très malsains.

Mais une oeuvre de Gaspar Noé n'ai jamais sans aucun fonds, et à travers ses histoires aux situations extrêmes, il nous livre également des vérités sur le monde.

Là le portrait du personnage, interprété par Philippe Nahon nous permet d'aborder certaines vérités sur la France et les français, à travers leur comportement, leur médisance et les dégâts que peu provoquer la négativité et le pessimisme d'un homme.
Dans ce long métrage, le personnage ne fait rien qui le sortira du pétrin dans lequel il s'est mis. Au contraire : Ses choix et ses actes ne feront qu'empirer sa situation.

Comme dans LOVE, l'aspect du "Karma" y est traité, en quelque sorte. Et comme "Love", cette oeuvre aurait pu s'appeler d'un seul mot : HAINE ou HATE !

Tout est viscéral dans ce long métrage. L'impulsivité de cette homme et sa haine le mène dans un gouffre où tout se qui lui arrivera plus tard, ne sera provoqué que par son désamour du monde et de l'humanité. Il est comme nous tous, responsable de ses actes et surtout de son sort.

Le choix de mettre son personnage en narrateur de l'histoire est vraiment très intéressant. D'ailleurs, malgré l'atrocité de ce boucher, ses pensées et ses répliques sont à la fois terrifiantes, drôles et parfois même, assez pertinentes. Notamment sur sa manière d'accuser certains faits de société, comme les entretiens d'embauches etc etc...

Et c'est aussi ça la grande force de Gaspar Noé : D'énoncer, tout en nous embarquant dans un trip ! Il va au bout de ses idées ! Trop ? Peut-être, mais n'est-ce pas ce qu'il manque cruellement au Cinéma français !?

Quant à l'aspect technique de l'oeuvre, la mise en scène est digne des oeuvres de Gaspar Noé. le montage est hyper intéressant, l'ambiance également. Et l'esthétique vieillissant de l'image permet de renforcer l'atmosphère glauque du récit.

La dernière partie précédé par le message : spoiler: "Attention, vous avez 30 secondes pour abandonner la projection du film"
est la partie la plus dérangeante !
Le réalisme dans la scène spoiler: du tire dans la gorge
est vraiment troublant.
mx13
mx13

284 abonnés 1 963 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2018
Aie aie aie, Gaspar Noé sort un premier long métrage de malade, absolument intouchable par les critiques.
Un des films les plus anticapitalistes de l'histoire, et qui démoli notre système d'une manière, on ne peut plus violente et extrême, il est comparable à Salo ou les 120.
Un Philippe Nahon aussi très intérieur et très agressif.
Ça pousse à la crise de nerfs, des dialogues en permanence comme chez Scorsese. des fins qui tuent littéralement explosives comme chez Fincher. Des intrigues ignobles et immorales comme chez Lanthimos.
Tout cela sans compter sur le travail de mise en scène et de la prise de caméra. Néanmoins dans ce premier Noé, les effets spéciaux, la 3d, la caméra virevoltante ou encore la psychédélique sont mises à l'écart.
Je le déconseille aux moins de 13 ans. 4/5
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 23 mars 2017
Seul contre tous est certainement le film le plus malsain que j'ai eu l'occasion de voir, Gaspar Noé nous plonge dans la descente aux enfers, de Lille à Paris, d'un individu lambda, "le boucher", un personnage en marge d'une société l'ayant rendu particulièrement détestable et aigri.

Le film nous rappelle Taxi Driver sur de nombreux points (toutes proportions gardées) allant même jusqu'à lui rendre hommage dans certaines scènes spoiler: (Celle du cinéma ou encore plus évident celle où le boucher est armé devant son miroir)


On ne pourra pas reprocher à Gaspar Noé d'avoir complètement brisé les codes, en effet, on est très loin d'u, cinéma académique stéréotypé. Noé réussi alors son pari, celui de nous marquer voir même de nous choquer à coup sur.
Ici tout est "sale" que ce soit les lieux, les personnages comme les situations, il vaut d'ailleurs mieux regarder ce film avec un second degré certain si vous voulez éviter les symptômes dépressifs.

Seul contre tous est en définitive un film osé sur le constat social d'une France en crise, mais qui malgré un sujet intéressant et plutôt bien traité souffre et souffrira de son côté dégueulasse et dérangeant rendant le film particulièrement antipathique.
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mars 2017
Gaspard Noé détonne dans le paysage cinématographique actuel par sa réalisation ultra-typée et ses histoires subversives. Que ses films plaisent ou non, ils sont chaque fois de véritables expèriences qui ne laissent pas le spectateur indemne.
C'est le cas pour "Seul contre tous", son premier long métrage qui fait suite à son court "Carne". On retrouve donc les mêmes acteurs et la même mise en scène si particulière. Avec Gaspard Noé, on en prend plein les yeux et les oreilles.
Sous la forme d'une voix off, le cinéaste nous projette dans la tête d'un ancien boucher, aigri, nihiliste et misanthrope. Celui-ci philosophe à sa façon sur la vie et ce qui l'entoure. Autant dire qu'il le fait de manière crue, violente et immorale. Il débite des punchlines à tout va, souvent marrantes et intéressantes.
Si vous aimez être secoué, que l'on vous sorte de votre zone de confort, ce film est fait pour vous.
vivien-b
vivien-b

65 abonnés 206 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mars 2017
Dans son premier long-métrage, Gaspar Noé nous plonge dans la descente aux enfers d'un personnage tellement empli de haine envers lui-même et le reste du monde que l'expérience de visionnage en devient un énorme choc, presque cathartique tellement le spectateur se noie dans un récit français engoncé dans la misère d'une humanité cruellement réaliste, mais autant désespérée et juste que particulièrement sordide et dépressive. Difficile donc de savoir quoi en tirer, la violence constante du personnage virant souvent dans le racisme et l'homophobie, ne nonobstant pas non plus le fait que nombre de séquences, voire une en particulier, ont réussi à complètement me déstabiliser, ce qui est assez rare pour être souligné. En bref, une expérience marquante mais volontairement provocatrice, et cela bien que Noé, avec son montage en coup de hachoir et une capacité très palpable à créer des atmosphères étouffantes et sensitives (les scènes finales par exemple sont une fantastique démonstration de comment instiguer une complète perte de repère qui dérange et déstabilise le spectateur), laisse toutefois une marque indéniable dans le cinéma français. Et laisser une marque, bien évidemment que Gaspar Noé le fait dès son premier long-métrage, à l'époque bien remarqué avec le « Prix Très Spécial » du Festival de Cannes de la même année. Abandonnez ainsi tout autre candidat, Seul Contre Tous est peut-être le film le plus nihiliste des années 90.
Artriste
Artriste

185 abonnés 2 372 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 juillet 2016
Premier film de Gaspar Noé, Seul Contre Tous est un film d'une très grande simplicité mais d'une efficacité redoutable. Racontant l'histoire d'un ex-boucher chevalin (tiré du court métrage Carne qu'il faut voir!) complètement en marge du système, c'est très violent. Ce n'est pas violent visuellement mais vraiment dans la narration qui est présente tout au long du film. En effet, celle ci dégouline d'une vérité frappante. Ça parle de pauvreté, d'inceste et c'est raciste et homophobe. L'ensemble est glauque et pessimiste avec des environnements froids et lugubres. On côtoie la pauvreté et la tristesse avec des acteurs aux gueules marqués. Philippe Nahon est magistral et tout le film repose sur lui. On sent que c'est un homme à bout, dépassé par cette société. J'ai aussi beaucoup aimé la réalisation qui est simple mais avec quelques effets vraiment marquant tout comme l'avertissement spoiler: "Attention vous avez 30 secondes pour quitter la projection de ce film"
avec le décompte qui met une pression monstre et qui nous donne presque envie d'éteindre notre écran tant on se dit que la suite va être dur. La fin quant à elle est en parfait accord avec le ton du film. On ressort du visionnage de Seul Contre Tous, assommé et bouleversé et je ne peut que vous conseiller cette œuvre choc qui marquera votre vie de cinéphile.
MemoryCard64
MemoryCard64

57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 mars 2016
Gaspar Noé est un cinéaste qui aime faire ce qui ne se fait pas et dire ce qui ne se dit pas. Le caractère subversif de ses œuvres, comme on peut s'y attendre, est loin de faire l'unanimité, en témoignent les réactions déchaînées récemment provoquées par Love. Pourtant, son dernier film en date n'a rien à envier à son premier, Seul contre tous, qui raconte l'histoire dure et sans appel d'un homme qui n'a jamais eu de chance. La narration adopte le point de vue de ce boucher anonyme qui se bat pour refaire sa vie. Bien souvent, il erre seul en rasant les hauts murs des usines, faisant entrave à tout échappatoire. Et quand il reprend contact avec d'anciens amis, il constate qu'ils ont bien changé. Le réalisateur met en scène cette impression en séparant les deux personnages grâce au cadre. Le boucher est donc inexorablement seul, seul avec sa voix intérieure qui commente toutes ses actions, qui expose crument son mode de raisonnement et ses opinions politiques. L'exercice de la voix off est relevé avec brio, elle accompagne efficacement le récit tout en développant le personnage (en particulier lors du moment où il arrête de subir sa vie et prend les choses en main). Même si on ne partage pas ses opinions, on comprend cette personne malheureuse et on ne la blâme pas, malgré tout ce qu'elle a de détestable. Mais au delà de cette voix, c'est le montage sonore dans son entièreté qui bénéficie d'un travail remarquable : il parvient à être insupportable tout en étant génial. En effet, Gaspar Noé s'amuse à accompagner ses accélérés de bruitages stridents et ses raccords dans l'axe de coups sourds, quand ce ne sont pas des coups de feu. Cette agressivité constante en agacera plus d'un, mais il permet de mettre le spectateur dans le même état d'insécurité que le boucher, rendant l’expérience cinématographique éprouvante. Savoir que la production du film fut chaotique n'a rien d'étonnant quand on voit le propos si choquant et désespéré de l’œuvre. Pourtant, le fait que le film ait été tourné avec trois bouts de ficelle contribue à immerger le spectateur dans ce milieu très populaire, notamment grâce aux décors aux couleurs fanées. Dans tous les cas, Seul contre tous marque l'arrivée de Gaspar Noé dans la cour des grands, et il est amusant de voir, avec le recul, que son premier film annonçait fortement le suivant, Irréversible, sorti trois ans plus tard.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 octobre 2021
Décidément, Gaspar Noé ne fera jamais de films type "tf1, 20h55 le dimanche soir. " Avant le polémique, Irréversible, il le prouvait déjà avec, Seul Contre Tous. Drame noir et très malsain en forme de réflexion (ou de critique) sur notre société et notre pays.
Nicothrash

464 abonnés 3 292 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 novembre 2015
Une plongée infernale au coeur de la vie ou plutôt de la survie d'un français moyen, moyen en tout sauf dans sa propension à psychoter et à voir tout en noir. Comment pourrait-il en être autrement dans cette zone industrielle parisienne en tant de crise qui suinte le début des 80's par tous ses pore, accentué si besoin était par un grain de l'image désenchanté au possible. C'est noir, c'est glauque, c'est malsain et on subit cette tension constante, sous-jacente, qui prend à la gorge en se demandant constamment à quel moment cet être abject, raciste, homophobe, misogyne, incestueux et poltron au bout du rouleau va craquer dans ce climat anxiogène. On sombre avec lui dans sa sinistrose dans ce portrait d'une France prolo dressé par un Gaspard Noé plus acide et cynique que jamais avec sa mise en scène éprouvante qui claque comme une gifle à chaque plan. On est sur le fil, entouré d'acteurs fous, Philippe Nahon devant en pessimiste exacerbé que seul l'amour pur et malheureusement déviant pourrait sauver. Une expérience unique au goût amer qui ne laissera personne en sortir indemne. A ne pas mettre en toutes les mains.
Pauline G.
Pauline G.

45 abonnés 561 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 septembre 2015
La performance de Philippe Nahon est époustouflante. Et heureusement, car tout le film repose sur ses épaules. On suit la triste de vie de ce triste personnage qui incarne à lui seul toutes les craintes et vieilles rancoeurs qui habitent les hommes lorsqu'ils sont faibles. Le portrait en lui-même est violent. Ses actes le sont encore plus. Mais le pire, il me semble, c'es l'absence de morale réelle de cet homme et la façon dont il s'arrange toujours pour justifier ses ignominies. Il est répugnant. Exceptionnel et tellement banal à la fois. Gaspar Noé livre avec Seul contre tous une immersion dans la conscience d'un pauvre type comme il en a des millions autour de nous, mais il le fait sans barrière et faux-semblant, sans retenue et avec toute la provocation dont il pouvait être capable. Tous les actes les plus vils y passent, comme s'il cherchait à démontrer qu'il n'avait pas peur de repousser les limites de l'inacceptable toujours plus loin. Au bout d'une heure trente, il est tant que ça s'arrête, la tension et trop lourde, l'écoeurement est à son comble et de toute façon, l'ensemble des horreurs que ce personnage est capable de faire a été ausculté, il n'y a plus rien à dire.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 juillet 2015
Premier film de Gaspar Noé qu'il m'a été donné de voir, et j'ai reçu une véritable CLAQUE. Je n'avais jamais vécu une expérience cinématographique de ce calibre. Loin d'être accessible à tous, "Seul contre tous" choque, dans le vrai sens du terme. Gaspar Noé repousse toutes les conventions et là où on aurait pu s'attendre à une violence sans égal, on la retrouve finalement dans une forme assez particulière que je vous laisse le soin de découvrir. Car derrière ce rebus de la société, opprimé et sans le sou se soulève un débat très tabou qui n'avait jamais été traité jusque là, du moins pas de cette façon.

Si vous voulez voir "Seul Contre tous", préparez-vous à mettre vos idées reçues et vos conventions de côté, et ouvrez votre esprit pour plonger dans une réflexion et un débat très profond et tabou. C'est un pré-requis exigé pour pouvoir apprécier ce film à sa juste valeur.
Roub E.

1 307 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 juillet 2015
Ce qu il y a de bien avec seul contre tous c est que c est un film que ne peut laisser indifférent. Personnellement il me laisse avec des sentiments très variés et pas mal de questions. Par moment le film est tout simplement brillant, filmant l aliénation d un homme dans une société égoïste : Noé situe son film dans les années 80 dans une crise économique qui ne semble s être arrêté depuis; rejeté de toute part, se sentant comme une victime il va rejeter la faute de sa condition sur tout ce qui l entoure. Du rejet à la haine il n y a qu un pas que le personnage franchit dans les grandes largeurs, le film sur le danger des extrêmes qui font leur lit sur le sentiment de rejet qu éprouvent les laissés pour compte d une société. Mais là où le film est le plus ambiguë (trop?) c est qu au moment ou l on pourrait "comprendre" le boucher à défaut de l accepter Noé le rend encore plus abjecte qu au départ et la "morale" du Boucher ressemble à ce moment à une profession de foie assez immonde. Est-ce par un défaut de maîtrise ou par une volonté délibérée de provoquer constamment le spectateur de sa part mais au final pour moi la question est restée en suspend et me fait prendre mes distances avec le film. On peut ici se poser la question si un film peut avoir comme sujet un personnage irrécupérable comme l'est dépeint le boucher ? La aussi le sentiment de malaise que l on ressent à certain moments du film laisserait à penser que non. En revanche son côté totalement désespéré est assez fascinant et à ranger dans les réussites du film ainsi que l interprétation terrifiante de Philippe Nahon. Bref soit seul contre tous vous choquera, vous blessera, vous fascinera mais vous laissera à coup sur une marque.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 mai 2015
j'ai une sensation de dégoût, de malaise durant tout le film mais pourtant je n'ai jamais vu un film à la fois aussi dérangeant mais tout aussi beau, l'histoire en elle-même est déjà forte mais en ajoutant le très bon jeu d'acteur, le film s'embellit, je n'aurais jamais imaginé à quel point ce film est puissant et encore c'est peu dire, je le recommande à tout mon entourage qui, par l'horreur des images et par la puissance de la parole, se laisseront submerger dans ce tourbillon d'humanisme
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mai 2015
Après "Carne", Gaspard Noé enchaîne avec sa suite "Seul contre tous", réalisant par là même son premier long-métrage. On retrouve donc l'ex boucher qui après avoir fait interné sa fille et perdu son commerce, poursuit sa vie toujours aussi miséreuse. Esthétiquement, les deux œuvres forment un ensemble cinématographique d'une belle homogénéité pourvu des mêmes cadrages et mouvements visuels que son prédécesseur. Noé use de sa caméra de façon sobre et posée, loin des vire-voltages vertigineux de "Irréversible". En fait, le principal travers de "Seul contre tous" demeure sa longueur ainsi que la redondance de son discours. Comme pour combler les blancs de sa chronique de désarroi social, le cinéaste croit bon de répéter vingt fois que les pauvres ils n'ont rien et les riches ils ont tout. Si ce cercle scénaristique sans fin lasse quelquefois le spectateur, la maîtrise générale et l'esprit coup de poing du propos font largement le reste. Un dytique réussi.
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 février 2015
Mouaif, pas convaincu du tout par ce Seul contre tous, non pas parce que je suis puritain, pudibond ou réfractaire à toute expérimentation, bien au contraire. Justement, en fait, parce que je n'ai pas ressenti l'impact de ce premier long-métrage de Gaspard Noé, pourtant censément polémique, ou du moins très virulent. L'explication, à mon avis, est simple, et va plus loin que le simple fait que je sois moins attaché que la moyenne à des illusions sur la nature humaine : Gaspard Noé, dans la forme, se plante. Toujours cette même voix off qui symbolise l'enfermement du personnage, toujours ces mêmes cuts au hachoir qui amènent le regard de force, toujours ces mêmes plans fixes qui trahissent la vie morne de ce type raté, toujours cette photo d'un rouge décoloré qui traduit le dégoût qu'elle lui inspire : l'identité de Seul contre tous est certaine, et même beaucoup trop forte. Pendant une heure trente, j'ai regardé Gaspard Noé faire son film, dérouler son plan de façon beaucoup trop manifeste. Certes, je me suis marré un moment de la crudité désabusée des discours de Nahon, mais sur la longueur, ça n'a pas tenu, sans doute parce que les pensées misanthropes qu'il développe, je les ai plus ou moins toutes déjà tenues, à un moment ou un autre. Soit que je sois un sociopathe en puissance, soit tout simplement, que je ne me cache rien des pensées qui m'animent - jusqu'à une certaine mesure, bien sûr, ma maîtrise de ma propre pyché ayant forcément ses limites - et que j'essaie plutôt de les contrôler que de prétendre qu'elles n'existent pas. Peut-être suis-je trop cynique pour Seul contre tous, qui du coup m'a parut s'agiter beaucoup pour un rendu minime. En plus, j'ai du mal à savoir par quel bout prendre le propos que Noé fait passer, et comment polariser le rapport entre pauvreté et penchants incestueux dans le rôle qu'ils jouent dans la déshumanisation de cet homme. Franchement déçu, par un film qui ne m'a pas imprégné et me marquera certainement trop peu.
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