La reconstitution historique est réussie en termes de décors et costumes, et j'ai bien apprécié le jeu des acteurs également, remarquable. Bonne adaptation du roman.
Les cinq premières minutes du film sont saisissantes de réalisme cru sur l'après bataille d'Eylau, en 1807, qui a fait 10 000 morts. Il s'agit plus précisément de la récupération des bottes, cuirasses, sabres et uniformes pouvant encore servir sur les soldats tombés au front. Une fosse commune accueille les morts qui s'empilent et c'est là que le colonel Chabert a été jeté comme les autres parce qu'on le croit décédé alors qu'il n'est que blessé et inconscient. Ce film est exceptionnel par la qualité des dialogues, de la photographie, de la musique de Beethoven et surtout du jeu des acteurs. Tous, ils sont parfaits et en particulier Luchini, Depardieu et Fanny Ardant qui ont les rôles principaux.
Le colonel Chabert, c'est un très bon roman et une très bonne adaptation. Avec des scènes très lentes et avec donc beaucoup de lenteurs. Cela reste spécial. Il y a des grandes scènes théâtrales mais il y a aussi beaucoup de tableaux longuets, les acteurs causent beaucoup et longtemps confinés dans des appartements, il faut aimer ou supporter. Ce n'est pas un film pour les jeunes.
Adaptation classique d’un classique de la littérature française, ce colonel Chabert ravira les amateurs de films en costumes. On plonge dans l’ambiance de la fin de l’empire et du début de la restauration ou en haut de la société on fait des intrigues de couloir pour maintenir son rang ou s’élever et ou en bas on subsiste. Si l’adaptation est très sage et qu’à mon goût le film manque de souffle j’ai été emballé par le personnage et l’interprétation de Fabrice Luchini. Un personnage que l’on peut adorer détester, méprisant envers les personnes dont il est chargé de défendre les intérêts et qui se croient supérieur à lui, j’ai vu en lui une forme d’avidité prêt à se vendre à celui qui lui rapportera le plus et une forme de sadisme à jouer avec des personnages dont il peut changer le destin. Cette prestation à elle seule m’a fait apprécier un film que j’aurais peut être trouvé morne sans cela.
Académique. Ce peut être la définition de ce film soigné, sobre, mais sans intensité dramatique. Eloignés de toute forme d'actualité, le film d'Yves Angelo et l'histoire du colonel Chabert forment un ensemble romanesque devenu rare (en 1994) et pour cette raison, on le trouvera somme toute agréable. Chabert le revenant symbolise ce régime napoléonien naguère puissant mais qui, quelques années après sa chute et le retour de la monarchie, est déjà enterré, sinon oublié.C'est peut-être le sens profond que Balzac a voulu donner à son oeuvre.Cependant, le rôle-titre, tel que le met en scène Angelo, semble insuffisant. Chabert-Depardieu exprime peu de chose hormis la fidélité, la fierté de son nom et, différemment, ces images de charniers et de mort qui le hantent. Son retour à Paris, après des années où il a été tenu pour mort, entame une querelle juridique avec sa femme remariée. Face à cette parvenue ingrate (une cocotte aujourd'hui comtesse qui au contraire de Chabert a tout fait pour cacher son nom), le soldat miséreux et déchu est prêt à sacrifier ses biens à l'honneur de son nom. A l'image d'une mise en scène qui manque parfois de relief (et bien qu'on sache gré au réalisateur de respecter la longueur des scènes et les silences des personnages, de respecter l'oeuvre en somme sans céder au spectaculaire), l'interprétation bourrue et douloureuse de Chabert par Depardieu parait manquer de sensibilité, de la véritable émotion intérieure qui est celle du colonel. Fanny Ardant et Fabrice Luchini -dans le rôle du notaire avisé Derville- font une composition sans doute plus subtile.
Primo, l'adaptation n'est pas complètement fidèle. Angelo condense le refus de Chabert, en enlevant la scène où la comtesse, croyant ne pas être entendu de lui, demande à son avoué si Chabert a signé. Dommage. Secondo, le scénario fait de Derville une sorte de justicier : dans la nouvelle, l'avoué a tellement à faire qu'il finit par oublier Chabert, sinon pour réclamer remboursement de son avance. Mais, dans le film, Derville venge Chabert en annonçant au comte Ferraud que son mariage peut être annulé, et obtient pour Chabert une compensation. Fin heureuse bien moins sombre que la fin de la nouvelle.
La réalisation d'Angelo est intelligente. La reconstitution du cabinet d'avoué de Derville est superbe ; je pensais à une gravure (il n'y a que le jeune Simmonin qui faisse trop lisse). Les scènes de reconstitution de la bataille d' Eylau, avec ses lents travellings vers le bas ou latéraux, sur fond de musique douce au piano, suggèrent magnifiquement la violence qui continue à hanter Chabert. Le dernier plan du film figure parfaitement cet enfermement.
Les dialogues sont bons, voire excellents ; c'est une bonne idée de celle de développer les intrigues du comte Ferraud pour devenir pair de France - quelque chose sur lequel Balzac n'insiste peut-être pas assez dans la nouvelle. La reconstitution des intérieurs est convaincante, même si je n'ai pas bien compris pourquoi Angelo avait tenu à transformer Vergniaud, le vieil ami crémier de Chabert, en un bretteur qui loge Chabert dans une grange avec des ours polaires . La présence de plantigrades de Slovénie auraient été bien plus plausible.
Le choix de Luchini pour Derville est une idée originale ; il campe un notaire sémillant , voire précieux, lucide et également désabusé. Le choix de Fanny Ardant me convainc, et toute la galerie de seconds rôles est savoureuse, de Prévost en Boucquart et de Elmosnino en Godeschal . Une mention spéciale pour Claude Rich en pair de France cynique et maneuvrier.
Depardieu tient fort bien le rôle principal, ; il fait bien ressentir le côté perdu de Chabert, hanté par son passé, ainsi que son côté anachronique ( étonnante scène où il intrigue les enfants de la comtesse), il parvient p à rendre la violence contenue, toujours prête à éclater, du colonel. Une scène d' anthologie : la rencontre initiale entre le notaire et le colonel ; un bijou ! Ce film est une adaptation littéraire on ne peut plus honorable ; pas complètement fidèle certes, mais qui m' a rempli de joie.
Ce n'est pas un grand film. La mise en scène est trop souvent théâtrale ; elle est parfois un peu vide et manque de finesse psychologique - notamment le jeu de Depardieu qui n'est pas convaincant. Néanmoins, la qualité du récit et la haute tenue littéraire des propos captivent l'attention. A cela, s'ajoute la belle prestation de Fanny Ardant (la séquence du repas est un grand moment dramatique ... ouf ! ... chapeau bas , Madame).
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4,0
Publiée le 15 décembre 2020
Le Colonel Chabert est magnifiquement interprété par Gérard Depardieu et Fanny Ardant et il est magnifiquement tourné. Un homme réapparaît dix ans après avoir été déclaré mort dans les guerres napoléoniennes. Il veut quelque chose mais même lui ne semble pas sûr de quoi l'argent que sa femme a gardé et apporté à son nouveau mariage ?. Se venger d'elle pour l'avoir oublié ou pour la reconquérir ?. Pendant ce temps son propre avocat prend également le parti de Chabert en essayant de négocier un compromis avant que la rumeur ne s'ébruite et que toutes les personnes impliquées ne soient ruinées par le scandale. Fabrice Luchini est grand comme l'avocat dont les motivations sont toujours un peu mystérieuses. Une étude intéressante et subtile de ce qui a vraiment de la valeur dans la vie. Ma seule plainte est que certaines des machinations machiavéliques sont un peu manifestement jouées à la fois par le personnage d'Ardant et par son nouveau mari avide et véreux privilégie au mariage, à l'amour ou à la famille. D'une certaine manière cet artifice rend le film un peu moins puissant émotionnellement qu'il ne pourrait l'être. Mais je le reverrais certainement...
Un excellent film très bien dirigée et très bien écrit avec un casting tout simplement exceptionnel, des dialogues quasi parfaits et une mise en scène soignée.
Interprétation de haute volée à la hauteur du roman de Balzac. Cette adaptation d'Yves Angelo est de grande qualité portée par 3 acteurs magnifiques. Fanny Ardant, Gérard Depardieu et Fabrice Luchini subliment cette histoire d'un homme déclaré mort et qui revient à la vie dix ans plus tard. Les personnages se croisent et se décroisent grâce aux dialogues subtils. L'histoire nous amène aux portes du doute jusqu'au soulagement puis la surprise. Un très joli film à ne pas oublier.
Film de gourmet, décors, costumes, jeu des acteurs. Oui mais voilà Fanny Ardant vient tous mettre par terre, jeu insipide, diction en soupir, bref la cata, quel choix déplorable.
Un bon film d'époque magnifiquement servi par des costumes, des dialogues et des acteurs de haut rang. L'intrigue est toutefois assez peu convaincante selon moi.