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christophe B
13 abonnés
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4,0
Publiée le 9 mai 2020
Interprétation de haute volée à la hauteur du roman de Balzac. Cette adaptation d'Yves Angelo est de grande qualité portée par 3 acteurs magnifiques. Fanny Ardant, Gérard Depardieu et Fabrice Luchini subliment cette histoire d'un homme déclaré mort et qui revient à la vie dix ans plus tard. Les personnages se croisent et se décroisent grâce aux dialogues subtils. L'histoire nous amène aux portes du doute jusqu'au soulagement puis la surprise. Un très joli film à ne pas oublier.
Le colonel Chabert, c'est un très bon roman et une très bonne adaptation. Avec des scènes très lentes et avec donc beaucoup de lenteurs. Cela reste spécial. Il y a des grandes scènes théâtrales mais il y a aussi beaucoup de tableaux longuets, les acteurs causent beaucoup et longtemps confinés dans des appartements, il faut aimer ou supporter. Ce n'est pas un film pour les jeunes.
Primo, l'adaptation n'est pas complètement fidèle. Angelo condense le refus de Chabert, en enlevant la scène où la comtesse, croyant ne pas être entendu de lui, demande à son avoué si Chabert a signé. Dommage. Secondo, le scénario fait de Derville une sorte de justicier : dans la nouvelle, l'avoué a tellement à faire qu'il finit par oublier Chabert, sinon pour réclamer remboursement de son avance. Mais, dans le film, Derville venge Chabert en annonçant au comte Ferraud que son mariage peut être annulé, et obtient pour Chabert une compensation. Fin heureuse bien moins sombre que la fin de la nouvelle.
La réalisation d'Angelo est intelligente. La reconstitution du cabinet d'avoué de Derville est superbe ; je pensais à une gravure (il n'y a que le jeune Simmonin qui faisse trop lisse). Les scènes de reconstitution de la bataille d' Eylau, avec ses lents travellings vers le bas ou latéraux, sur fond de musique douce au piano, suggèrent magnifiquement la violence qui continue à hanter Chabert. Le dernier plan du film figure parfaitement cet enfermement.
Les dialogues sont bons, voire excellents ; c'est une bonne idée de celle de développer les intrigues du comte Ferraud pour devenir pair de France - quelque chose sur lequel Balzac n'insiste peut-être pas assez dans la nouvelle. La reconstitution des intérieurs est convaincante, même si je n'ai pas bien compris pourquoi Angelo avait tenu à transformer Vergniaud, le vieil ami crémier de Chabert, en un bretteur qui loge Chabert dans une grange avec des ours polaires . La présence de plantigrades de Slovénie auraient été bien plus plausible.
Le choix de Luchini pour Derville est une idée originale ; il campe un notaire sémillant , voire précieux, lucide et également désabusé. Le choix de Fanny Ardant me convainc, et toute la galerie de seconds rôles est savoureuse, de Prévost en Boucquart et de Elmosnino en Godeschal . Une mention spéciale pour Claude Rich en pair de France cynique et maneuvrier.
Depardieu tient fort bien le rôle principal, ; il fait bien ressentir le côté perdu de Chabert, hanté par son passé, ainsi que son côté anachronique ( étonnante scène où il intrigue les enfants de la comtesse), il parvient p à rendre la violence contenue, toujours prête à éclater, du colonel. Une scène d' anthologie : la rencontre initiale entre le notaire et le colonel ; un bijou ! Ce film est une adaptation littéraire on ne peut plus honorable ; pas complètement fidèle certes, mais qui m' a rempli de joie.
Chef d’œuvre du cinéma français. Malgré un début assez lent et pénible, le film se déploie ensuite dans un jeu d'acteurs excellent, un drame humain poignant et des dialogues inoubliables. Le duo Depardieu/Lucchini porte haut les couleurs du cinéma français. Mais tous les autres acteurs sont excellents : Fanny Ardant, Dussollier, et jusqu'à une apparition de Claude Rich devenue culte : "il faut trancher, mon bon, l'opération doit être chirurgicale". Film historique très réaliste, ce qui en fait sa grande valeur.
Sûrement mécontent de son rôle supercherique avec Le Retour de Martin Guerre, Depardieu réitère le genre, passant de Zola à Balzac en termes d’adaptation. Sa continuation dans le domaine littéraire est très digne, son image un peu moins : on sent qu’Angelo prend ses racines dans la photographie car il ne sait que zoomer.
Les dialogues toussotent, sauf chez Luchini qui est brillant dans son rôle d’avocat dont l’intelligence se transforme en une magnifique duplicité. Ça compense Ardant qui essouffle ses phrases et hoquète ses pauses. Elle rentre bien dans son milieu, toutefois, une bourgeoisie qui rencontre la paperasse législative en provoquant des bourrasques de francs soudain comparables à celles d’une époque plus contemporaine.
Si la mise en scène est juste assez épaisse pour créer le confort d’y voir déambuler des costumes, elle est faible d’un ressenti ; trop juridique, le jargon n’a sa place que chez Luchini ; trop intriquées, les intrigues ont la sottise de jeux dans les jardins d’un palais ; trop militaire, la cité est fade. Si Chabert était vraiment la conversion de Guerre en version urbaine, il lui manquerait les étages de la bureaucracie, et ceux de l’âme humaine.
Pompeux, pénible et pas accrocheur du tout !! En plus les acteurs surjouent, le ton est trop théatral et évidemment Depardieu fait du Depardieu c'est à dire qu'il en rajoute des caisses et il est agaçant comme toujours ! Bref un vrai moment de solitude que ce colonel Chabert !
Adaptation plutôt correcte du récit de Balzac, ce Colonel Chabert est un drame empli de silences et de non-dits qui passent tout aussi fortement que les mots. Respectueux de la trame initiale (à l'exception notable de la fin, sans doute pour donner le sentiment d'une justice immanente), le film est l'occasion d'un très beau duo entre Depardieu et Luchini, rivalisant de finesse. L'histoire a été quelque peu étoffée pour lui donner plus d'épaisseur, pari risqué mais qui s'avère plutôt payant, encore qu'il faille émettre quelques réserves, notamment sur le personnage de Fanny Ardant, bien moins machiavélique que dans le livre, et sur cette fin qui s'éloigne de la noirceur balzacienne. Un bel ouvrage d'Yves Angelo
Une excellente adaptation très bien dirigée et très bien écrite avec un casting tout simplement exceptionnel, des dialogues quasi parfaits, une histoire passionnante et une mise en scène soignée.
Un excellent film très bien dirigée et très bien écrit avec un casting tout simplement exceptionnel, des dialogues quasi parfaits et une mise en scène soignée.
Quand Gérard Depardieu et Fabrice Luchini sont à se niveau, le film ne peut être que réussi. Ajoutez à cela une mise en scène soignée et une reconstitution parfaite, vous obtenez un très bon film.
Je reste toujours soufflé par l'introduction, tant sa mise en scène est parfaite et nous montre à quel point les batailles napoléoniennes furent terribles. Ce drame interprété avec brio par Luchini et Depardieu, entre autre, retrace la vie du colonel Chabert 10 ans après avoir été laissé pour mort. Comment un homme qui possédait tout : Femme, argent, pouvoir, titres, propriétés, se retrouve avec presque rien et doit se battre pour récupérer ne serait-ce qu'une parcelle de gloire de sa vie passé.
Ici Balzac est plus grand que le film, les acteurs plus grands que la mise en scène et le théâtre plus fort que le cinéma mais malgré tout cela et surtout à cause de cela le film est une réussite. Difficile de rater un scénario de Balzac avec ces titans où l'on retrouve cette délicatesse toute française et aussi cette violence qui l'est tout autant, française, avec la bataille d'Eylau: sublime métaphore d'un peuple pris entre les intrigues de châteaux et les canons de la mort! Allons enfants de la patrie le sang et les complots abreuvent également tes sillons! Tous ses morts et ses vivants aussi morts que les morts ne marchent pas sur une musique militaire mais sur la tristesse d'un piano, écho du désespoir humain qui se joue sous nos yeux! Ténèbres lumineuses! Orphée Chabert n'a pas besoin de se retourner pour voir Eurydice-Ferraud devenue statue de pierre marchante. Ainsi va la mort au pays de la vie.