The Mask – Quand le Joker croise Tex Avery et que ça finit en carnaval fluo
C’est officiel, en 1994, Carrey ne jouait plus un personnage, il était l’incarnation vivante des animations de Tex Avery. Une performance électrique, exagérée, parfois drôle comme un sketch des Guignols, parfois fatigante comme un oncle bourré à un mariage. T’as envie de l’applaudir autant que de lui demander de se calmer avec les grimaces.
Première apparition au ciné et déjà un fantasme mondial. Diaz fait fondre l’écran en robe rouge et sourire carnassier, mais elle est traitée comme un PNJ de GTA : elle est là, elle est jolie, mais ne sert qu’à justifier les péripéties du héros. C’est la princesse Peach de ce film, mais au lieu de Mario, t’as Jim Carrey qui saute partout en hurlant.
On aurait pu avoir un Joker avant l’heure. Stanley Ipkiss, pauvre loser sans colonne vertébrale, trouve un masque qui libère ses fantasmes enfouis. Mais plutôt que d’explorer la psyché complexe d’un mec frustré, le film préfère balancer des prouts sonores et des danses de mambo. Ça passe si t’es gamin, mais si t’espérais un sous-texte un peu sombre, t’as loupé ta station.
Peter Greene joue Dorian, un gangster caricatural à souhait qui aurait sa place dans une série B des années 80. Son plan ? Devenir un méchant encore plus ridicule avec le masque. Résultat : un croisement entre Hulk et un mafieux de cartoon. Tu rigoles, mais t’es jamais inquiet, ce qui tue toute tension. Même Scooby-Doo affronte des vilains plus flippants.
Soyons honnêtes : on regarde ce film pour deux raisons. La danse au club et la séquence face aux flics avec le mambo. Ça reste fun, même avec les années. Mais entre ces pépites, tu te tapes des gags niveau CP, entre pets sonores et grimaces forcées. Le film veut rendre hommage à Tex Avery, mais au lieu du génie, on a juste les éclats de rires nerveux d’un gosse hyperactif.
The Mask est un délire visuel qui te colle des étoiles plein les yeux si t’as 10 ans, mais qui te fatigue si t’en as 30. Jim Carrey livre une performance iconique, mais le film manque cruellement d’audace et préfère jouer la carte du burlesque plutôt que de creuser la noirceur du matériau d’origine. Un classique pop-corn ? Oui. Un chef-d’œuvre ? Loin de là.
Plus de critiques sur https://www.instagram.com/oni_s_reviews/?hl=fr