Devenue une œuvre culte sur les travers Hollywoodiens, ce western complètement remanié pour repondre aux exigences de ses deux actrices, ou du moins éviter un trop grand nombre de crêpage de chignons, vaut surtout pour l'anecdote. Quelques scènes virevoltantes, un gunfight final qui donne les armes aux femmes, et un réalisateur contraint de prendre la pelle et de creuser.
Beaucoup de préjugés pénalisent les "vieux films" et sont généralement sous-estimés car "trop vieux" pour être intéressant, fascinant et passionnant... Mais lorsque l'on prend la peine de regarder "un vieux film" l'on s'aperçoit avec étonnement que le vrai cinéma est derrière nous et que leurs précurseurs sont désormais oubliés du "grand public"... Johnny Guitar, réalisé en 1954, en est la preuve vivante, où Nicholas Ray enflamme littéralement l'écran d'une beauté à couper le souffle où l'on suit avec fascination l'histoire, incarnés par des acteurs exemplaires "collés" aux décors tout bonnement sublimes... En somme, un des plus beaux films de tous les temps...
Je n'aime pas le western. Pour qu'il y ait une chance que ça trouve grâce à mes yeux, il faut que les codes qui régissent le genre soit cassés. Si ce n'est pas le cas, il me faut un truc fort pour que ça marche, sinon, c'est même pas la peine. Pour ce qui est de "Johnny Guitare", les codes sont cassés, et de quelle manière. À moins qu'un autre ne m'échappe, il s'agit là du premier western féministe. Ça veut dire ce que ça veut dire. Ici, ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Vienna est propriétaire d'un saloon dans lequel les hommes se tiennent à carreau et Emma possède une banque et est donc riche à souhait. Avec ça, le film avait tout pour me plaire. Et, j'ai été pris par le truc au début, genre la première demi-heure. Après, j'ai complètement lâché. Il faut supporter une tonne de bavardages stériles, l'action n'avance plus et c'est ennuyeux à n'en plus finir. Il faut alors attendre le final, dans lequel les femmes forcent la décision, pour sortir de la torpeur. Quant au casting, parlons-en un peu : c'est une catastrophe. Et commençons par les femmes vu qu'elles sont la raison d'exister du film. Mercedes McCambridge est pitoyable, grotesque, il n'y a qu'au cinéma qu'un personnage aussi mauvais peut être perçu comme une menace. Joan Crawford est stoïque à n'en plus finir et ne sait qu'écarquiller les yeux. Quand on la voit jouer de la sorte, et si c'est la première fois qu'on la voit jouer, on se dit que la remise en cause de ses talents d'actrice par Bette Davis était bien fondée, en réalité, elle ne l'était pas. Tout le monde a droit à une mauvaise performance, ça arrive. Les hommes, même tabac. Les redresseurs de torts sont inexistants. La bande quatre fait peine à voir. Turkey est une crapule de pacotille, Corey est un fantôme, Ernest Borgnine (alias Bart) hérite d'un rôle indigne de son talent et le Dancin' Kid est un chef de bande aussi charismatique qu'une feuille d'essuie-tout détrempée. Même Sterling Hayden est timoré. Alors, quand on en arrive à pareil point, ça veut dire que l'échec est total. Le Sterling Hayden de "L'ultime razzia" et de "Quand la ville dort" est absolument mémorable, celui de "Johnny Guitare" ne l'est pas. Un western culte ? Pour le côté féministe (et donc avant-gardiste et courageux) oui, assurément, mais pour le reste non, il y a trop peu de choses à voir.
Ça un classique reconnu ? Horriblement daté et caricatural. Pas crédible dans ses péripéties et finalement grotesque. Crawford ne fait qu'écarquiller les yeux et les autres sont inexistants. Surfait.
Si ce western est très clairement à part de la production courante à l'époque (importance des rôles féminins en premier lieu), il faut reconnaître qu'il a plutôt mal vieilli, aussi bien le jeu des couleurs que le scénario passant en revue les éléments très basiques du genre. Les acteurs, quels qu'ils soient, ne suscitent pas vraiment l'empathie et la fin est franchement bazardée. Reste une mise en scène plutôt bien troussée et quelques effets de surprise assez bien amenés pour maintenir l'intérêt. Johnny Guitare demeure un objet de curiosité.
Ce western est un duel à mort. Tout se dirige vers cette scène cruciale. Le combat qui naît d’une haine farouche contre l’ordre établi. La femme émancipée avec Johnny représentant justement le désir assouvi. Il y a cette scène ultra romantique avec le coucher de soleil et la violence qui n’est pas réservée aux hommes.
Un western Hollywoodien très classique sur la forme, avec beaucoup de plans fixes des couleurs assez vives et un côté propret. Sur le fond il présente tout de même quelques originalités, avec notamment ce duo de femmes qui tiennent les premiers rôles et qui mènent leurs troupes d hommes à la baguette. Ça a beaucoup vieilli sur pas mal d aspect mais pour le coup les scènes d action sont très réussies pour l époque.
Cette critique manichéenne du Maccarthysme insiste sur sa symbolique didactique de façon outrancière mais pertinente en érigeant en héroïnes deux modèles de pensées incarnant chacune une image de l'Amérique dont les potentielles dérives hypocrites et intolérantes sont écrasées par une impériale Joan Crowford. Cependant la victoire utopique de la morale défendue par Ray atténue la force du propos et déresponsabilise les suiveurs. Vieilli mais intéressant.
Un Western qui met en avant 2 femmes fortes sans les clichés habituels de ce genre cinématographique, ce n’est pas courant et la performance des 2 actrices est à mettre en avant. Un vrai film avec un scénario plus fouillé, des valeurs à contre-courant à l’époque mais tellement actuel. Décors, costumes, musique au top. Attention vrai chef d’œuvre du genre.
Le film de N. Ray a ses défauts et les rides de son époque, des couleurs criardes irréelles, une absence de toute séquence d'intro, des faux raccords bien visibles mais… présente en revanche des scènes de grande qualité qui ont inspiré Almodovar dans Femmes au bord de la crise de nerfs. Ainsi celle des retrouvailles entre Johnny et Vienna sur le mode "je t'aime moi non plus" ou plutôt "don't lie to me" est un modèle du genre, n'est-ce pas Monsieur Logan? Et surtout un scénario dominé entièrement par les femmes jusqu'au duel final! On n'échappera, parce que c'est un western, à l'ambiance lynchage expéditif ni à l'arrivée du chemin de fer qui va bousculer les affaires des éleveurs déjà bien établis, mais l'essentiel est ailleurs: une confrontation brutale et sans concession entre deux femmes sur fond de rivalité amoureuse et sociale. Mercedès McCambridge ne pouvait pas sentir Joan Crawford sur le tournage parait-il, eh bien cela se voit à l'écran! Johnny, interprété par Sterling Hayden ( qui sera quelques années plus tard, le général Ripper dans le Docteur Folamour) est beau gosse, mais ne peut lutter à armes égales avec la brune aux yeux bleus. Atypique film dans une Amérique qui commençait à tomber dans le McCarthisme des années 50. Ray passe aux travers des mailles de la censure pour mieux renverser les codes machistes du western. Cinéma2 - mai 2019
Non seulement il présente des personnages féminins forts, mais ceux-ci animent les principaux ressorts narratifs de ce western aux accents lyriques et dominé par une forte interprétation. Avec son ton mélancolique, un penchant pour le mélodrame dans son sens classieux « Johnny Guitar » est un long-métrage qui se distingue amplement dans un genre pourtant très codifié et s’avère être un classique à voir.
Ce film, réalisé par Nicholas Ray et sorti en 1954, est très bon et je dois dire que j'en suis le premier surpris ! Non pas que je doutais que la qualité du film mais je n’apprécie tout simplement pas vraiment les westerns en règle générale. Je m'attendais donc à m'ennuyer pendant près de deux heures, le seule élément du film qui m'attirait étant la présence de Joan Crawford. car nous suivons ici Vienna qui a fait construire un saloon dans une zone désertique mais qui attise la jalousie du village voisin et notamment d'Emma. On a donc ici un western avec une femme, voire même deux (l'héroïne et l'antagoniste) dans les rôles principaux, chose assez rare, surtout au milieu des années 50 ! De là à dire que le film est féministe, il n'y a qu'un pas et il l'est sur certains points mais recentre très rapidement son histoire sur l'aspect romance. Eh oui car on dehors de cette romance, Vienna est un personnage féminin très masculinisé, notamment de par ses habits et son habilité au tir. De plus, elle se tient souvent face à une horde d'hommes et a réussi à bâtir son empire (ou du moins son début d'empire) toute seule, les hommes étant à son service et non l'inverse. On est donc loin de l'image glamour de la femme que délivrait habituellement le Classic Hollywood des années 30 à 50/60, pour être face ici à une femme forte évoluant dans un univers rude et hostile. Et qui de mieux que Joan Crawford pour interpréter ce rôle qui de par son allure et son regard sévère rend complètement crédible son personnage. Il en est d'ailleurs de même pour Mercedes McCambridge interprétant une femme frustrée mais dirigeant, elle aussi, tout un groupe d'hommes qui interprète magnifiquement cet antagoniste que l'on adore détester. Il est de plus assez amusant de remarquer que, sur le plateau, les rôles étaient inversés puisque Joan Crawford, très jalouse de sa partenaire, lui en faisait baver et déchirait notamment ses costumes. Et d'un côté, c'est plutôt une bonne chose car la haine que se vouaient les deux actrices se ressent réellement à l'écran, ajoutant un plus dans la composition de leur personnage. "Johnny Guitare" est donc un très bon western, tout simplement !
Western révolutionnaire et chef d’œuvre pour certains ; pas convaincu. Baroque, clairement, et c’est fortement dû au procédé TrueColor choisi pour ce long métrage donnant des couleurs irréelles et chatoyantes aussi bien aux paysages qu’au tenues. Au point d’interpréter que Nicholas Ray aurait voulu en faire une sorte de conte, de fantasmagorie de l’Ouest Américain ; idem, pas convaincu qu’à l’époque ce fût son intention. Peut-être certains regardent un film de 1955 avec leurs yeux de 2018 ? Le gros intérêt du film et qui en fait sa particularité réside pour moi dans un seul élément : la place de la femme. Les deux personnages majeurs sont des femmes et ce sont elles qui mènent les hommes, plus ou moins viriles (là aussi ce fût courageux), à la baguette. Une autre façon de voir le western et l’Ouest américain. Attention, il s’agit de l’atout majeur, mais le traitement des deux personnalités féminines se révèlent très manichéen ; une opposition tranchée entre ces deux personnalités bien exposée jusqu’à travers leurs tenues : le blanc de la bonté pour l’une et le noir de la malveillance pour l’autre. Du rythme, il y en a ; on ne s’ennuie pas. Et quelques trouvailles sympas et proches de l’imaginaire enfantin rendent ce western plaisant : le passage sous la chute d’eau, la maison de trappeur perchée avec une vue à 360°, la saloon à flan de rocher. Un western bien agréable... mais c’est tout tout-un-cinema.blogspot.fr
Ce film est un Western très intéressant de par sa forme. En effet, ici ce sont les femmes qui sont les protagonistes de l'histoire et tous les enjeux dramatiques tournent autour d'elles. Du coup le film penche parfois vers le genre sentimental (d'ailleurs par moments la photographie rappel Autant en emporte le vent). Au delà de cette singularité, le film aborde beaucoup de sujets de façon assez subtil par moments (parfois non mais tant pis). Même s'il manque pour moi une ou deux choses pour en faire un film parfait, on est quand même ici face à du très grand cinéma.