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Un visiteur
5,0
Publiée le 5 octobre 2008
"Nous nous aimions tellement que je suis parti et je reviens parce que vivre loin de toi est impossible" De mon point de vue, Nicolas Ray a alterné d'excellents films (les amants de la nuit, le violent, la fureur de vivre) et des moins bons. Mais Johnny Guitar brille au firmament des films mythiques et tout y est sublime: la narration des passions, les acteurs dont on oublie les noms au profit des personnages qui deviennent réels, les couleurs au traitement accentuant la violence des sentiments. la musique et tout particulièrement le thème principal qui va au delà de la rengaine.
Un faux western sous forme de tragédie, admirablement réalisé par Ncolas Ray, qui stigmatise la rapacité des colons, le danger de la bêtise collective, et qui met en valeur le couple Crawford/Heyden
A première vue, Johnny Guitare est un guitariste donc, à qui Vienna, patronne de saloon à demander de venir pour jouer dans son bar. En réalité il est son ancien amant et va devoir s'interposer entre Vienna et sa pire ennemie : Emma qui va tout entreprendre pour la faire pendre. Mon avis : Un grand classique du western qu'il faut étudier de près pour s'en rendre compte. Pour les néophytes, préférez plutôt Butch Cassidy et le Kid (bien meilleur à mes yeux et avec de beaux acteurs au moins !)
Même le film ne mérite pas d'être qualifié de chef-d'œuvre il n'en vaut pas moins 5 étoiles. Joan Crawford vieillissante dont la mâchoire a perdu son cintre est sublime. Sterling Hayden est plaisant et Rhys Williams est d'une justesse incomparable, s'il avait eu le physique...
un véritable choc dans le western !! johnny guitar est au début ce qu'on pourrait craindre (un éventuel nanar!) dans sa scène d'ouverture : un cavalier avec une guitar dans le dos regarde une attaque de diligence !! mais viens en suite un flot d'images suréalistes pour un western qui fait d'avantage penser à un film d'aventure avec ses grottes, ses passages secrets ! rien que de voir le saloon taillé dans la roche est un emerveillement visuel ! oui je m'emporte mais c'est pour la bonne cause car au final ce film est magnifique dans son histoire, ses couleurs et le jeu des acteurs (même Ernest Brognine est convainquant !!, c'est pour vous dire ....)
Western atypique et marquant (3.75/4). Si le film de Nicholas Ray réalisé en 1953 épouse en apparence les traits d'un Western classique de par ses décors (canyon, saloon) et son scénario (attaques de diligences, hold up, lynchage, duels...) c'est pour mieux en détourner l'esprit. Dans une remarquable subversion aux canons du genre Nicholas Ray place au centre de son film deux femmes de tête qui assument le rôle de leader traditionnellement réservé aux hommes. « Johnny Guitar » est l'histoire de l'antagonisme virulent qui oppose ces deux femmes. Cette entorse aux conventions ouvre une dimension nouvelle parfaitement exploitée par le film qui développe une tension dramatique et une atmosphère passionnelle inhabituelle pour un Western à laquelle s'ajoute une intensité sexuelle latente mais incontestable. Le résultat est d'autant plus jouissif que tension et suspens sont parfaitement orchestrés par la mise en scène impeccable de Nicholas Ray. En outre « Johnny Guitar » est servi par une esthétique irréprochable et des acteurs d'une grande expressivité (particulièrement Joan Crawford). Pour finir le symbolisme abondant du film est ses dialogues empreints d'une profondeur également inhabituelle pour un Western en font une oeuvre résolument moderne et source d'interprétation. Comme quoi on peut être subversif sans faire de concession en terme de qualité!
A l'âge d'or du western ( Daves, A Mann, Ford et les autres multiplient les réussites entre 1945 et 1960), une production curieuse, baroque, de la part d'un metteur en scène éclectique. Une réussite, dans son genre, qui reprend les thèmes habituels ( Saloon, attaque de la banque ...) tout en puisant son inspiration dans la mythologie. Les deux rivales que sont Crawford et McCambrige sont parfaites, l'une impassible sous les coups du destin, l'autre furie. Difficile également de ne pas penser à Orphée et Eurydice avec ce musicien sans armes, qui vient rechercher sa bien-aimée dans un saloon taillé à fleur de roc. A bien des égards, une oeuvre étrange et spectaculaire.
La philosophie du western de Nicholas Ray renvoie au maccarthysme. L'intolérance des notables et des "braves gens" de la ville et leur acharnement à se débarrasser de quelques-uns qui vivent en marge, à suspecter leur respectabilité, déterminent l'action et la réflexion du film. Chacun des personnages a valeur de symbole ou, tout au moins, représente un degré de justice ou d'iniquité. Pourtant, malgré la signification des personnages, l'intrigue n'est pas très intéressante et parait parfois bavarde, ostensiblement tragique et théâtrale. En réalité, la vraie originalité du western tient dans l'affrontement quasi psychanalytique de deux femmes, antagonisme qui les conduit au traditionnel duel final comme les figures typiques et masculines du western. L'une est une ancienne prostituée de saloon, l'autre une jeune femme refoulée, incarnation d'un puritanisme trop vertueux pour être humain. Histoire d'une cohabitation difficile dont les victimes pourraient ces personnages, dont Johnny Guitare, soucieux de rompre avec le passé. Le refus d'esthétisme du réalisateur est sans doute une forme d'intégrité artistique mais ça ne rend pas moins indifférent son film.
Avec Johnny Guitar, Nicholas Ray dynamite les codes du western classique pour en faire un mélodrame fiévreux traversé par le désir, la jalousie et la haine collective. Joan Crawford domine le film avec une très grande intensité, transformant Vienna en héroïne tragique dont la force masque à peine les blessures affectives. Les couleurs flamboyantes et les décors stylisés donnent au film une dimension quasi opératique, où chaque confrontation semble sur le point de basculer dans l’hystérie. Derrière les fusillades et les tensions romantiques, Ray filme surtout une société rongée par le puritanisme et la peur, faisant du film une parabole politique étonnamment moderne. Un western incandescent et profondément singulier, dont la puissance émotionnelle et visuelle ne ressemble à aucune autre.