Film d'animation dramatique britannique, réalisé par Martin Rosen, The Plague Dogs est un long-métrage d'une tristesse infinie. L'histoire nous fait suivre deux chiens, Rowf, un labrador, et Snitter, un fox-terrier, qui vivent dans un laboratoire d'expérimentations scientifiques au nord-ouest de l'Angleterre où ils subissent toutes sortes de tests les torturants. Une nuit, ils découvrent un moyen de s'évader du bâtiment. Commence alors une vie d'errance à la recherche d'un maître qui sera capable de les aimer. Mais, très vite, les blouses blanches du laboratoire répandent la rumeur selon laquelle les animaux sont porteur du virus de la peste bubonique et les deux chiens se retrouvent chassés par les militaires, aidés par le travail des médias qui couvrent l'événement. Ce scénario, adapté de la nouvelle du même nom publiée par Richard Adams, nous immerge pendant un peu plus d'une heure et demie dans une intrigue extrêmement douloureuse. Hélas, cette durée se fait ressentir sur la longueur. Si le début s'avère immédiatement prenant dès ses premières secondes, et que la dernière partie se veut haletante, le reste du récit a tendance à se montrer redondant, donnant l'impression de tourner en rond pendant de longues minutes. Malgré cela, on assiste à une traque mature traitant d'un sujet grave, celui de l'expérimentation animale de la part de l'Homme. Cette thématique pousse forcément à la réflexion et nous fait ressentir une sensation d'amertume vis-à-vis de l'espèce humaine face à des scènes et des images aussi chocs que cruelles. L'ambiance est hautement désespérée et franchement déprimante tout du long de cette tentative de survie. On ressent énormément d'empathie pour ce duo canin adorable cherchant à se nourrir et souhaitant trouver un toit accueillant, qui va être soutenu par un compagnon d'infortune en cours de route. On parvient à ressentir leurs sentiments qui nous déchirent le cœur. Leurs relation amicale à base d'entraide parvient un petit peu à le réchauffer, mais cette flamme est vite éteinte face à la peur et la tristesse qu'ils vivent, tout cela à cause d'humains sans âmes et sans visages. Les dialogues sont eux particulièrement justes et authentiques et exprimés avec des voix dont la douceur tranche radicalement avec la dureté de leur existence. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut qualitative malgré quelques défauts. Sa mise en scène nous propose différents mouvements de caméras afin de multiplier les angles pour diversifier ses plans. Hélas, elle comporte beaucoup trop de fondus au noir en guise de transitions. La direction artistique employant la technique d'animation avec celluloïd est pour sa part très singulière. Malheureusement, les décors de désolation peinent à se renouveler. En revanche, les chiens sont superbement animés et leurs comportements très réalistes sont parfaitement retranscrits à l'écran. Au niveau des couleurs, la teinte grisâtre assez terne est raccord avec le propos. Ce visuel sombre est accompagné par une b.o. soutenant bien l'action et les situations, même si ses compositions ne sont pas plus marquantes que cela. On retiendra surtout la chanson interprétée par Alan Price qui conclut l'œuvre. Une fin que l'on redoute pendant tout le récit et qui s'achève de façon poignante et bouleversante. En conclusion, The Plague Dogs est un film d'animation méritant d'être découvert, mais à réserver à un public adulte.