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Yasujirô Rilke
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5,0
Publiée le 8 août 2013
Le cinéma moderne vient de naître avec le néoréalisme italien qui s’éteint dès 1952 avec «Umberto D.». La modernité procède à son développement en ne devenant plus l’affaire de quelques mouvements nationaux épars mais en infiltrant les œuvres mêmes de quelques grands réalisateurs. «Sommaren med Monika» (Suède, 1953) d’Ingmar Bergman prend la relève du néoréalisme en projetant au sein de l’œuvre l’intimité de son auteur qui conjoint, dans le même temps, l’intimité du spectateur. Cette insertion puissante et douce du «moi» dans l’œuvre -qu’Hitchcock appliquera l’année suivante avec «Rear Window»- emploie quelques outils du classicisme (comme la sureté d’un plan verrouillé par un cadrage net) pour mieux en briser la pruine dorée. En faisant de l’idylle de deux jeunes le moteur de son récit, Bergman se positionne au cœur d’une génération qui, au sortir de la seconde guerre mondiale, porte sur le monde un regard sceptique. Les pulsions que contient le personnage d’Harry (que la postérité à occulté derrière l’érotisme de Monika), la rixe qu’il livre contre un badaud sauvage, la nudité que Bergman laisse entrevoir des deux amants, chacun de ces fait, qui en 53 ont laissé croire à un film pervers, violent et sexuel, exhume les affres d’une génération étouffées par les sentiments nationalistes des conflits mondiaux. L’image la plus frappante et à juste titre la plus remarquable est celle, célèbre s’il en est, du regard caméra adressé par Harriet Andersson au spectateur. Qu’elle mette au défi le spectateur de la juger moralement ou qu’elle prenne à partie les membres de sa génération, présents face à l’écran, Monika éclate le quatrième mur de l’écran qui distancie le spectateur du film. La modernité consiste en ce basculement de l’intime dans les maillages de l’image. Le regard caméra est aussi vieux que l’invention du cinéma (voyez les ouvriers de Lumière sortant de l’usine qui jette un œil à l’objectif) mais jamais il ne touche aussi profondément le confort du spectateur.
Un chef-d'oeuvre de Bergman, décrivant à merveille la passion, puis le déchirement d'un couple se cherchant. Plastiquement splendide et infiniment profond.
Que Bergman soit mort le même jour qu'Antonioni est un hasard assez curieux, car on peut sans problèmes établir des ponts entre les deux oeuvres. Et les amoureux ont rarement le beau rôle, que ce soit "l'avventura ou "la nuit" chez Antonioni, ou dans ce "Monika". Car si au début tout est idyllique, les deux êtres esseulés trouvant leur salut dans un voyage, on devine d'avance l'issue de cette escapade. Trouble fêtes, les autochtones, le climat, les caractères qui évoluent. Bergman livre un portrait de LA femme, belle mais aussi, hystérique et volage. Plus le poids des responsabilités et des contraintes, il n'en faut pas plus pour tuer l'amour. L'amour, malmenée dans cette chronique désenchantée. A la volatilité des sentiments opposent ces paysages statiques, la beauté figée préférable à la beauté en mouvement. Que reste-t-il de l'amour d'ailleurs? Quelques souvenirs érotiques, bien maigre récompense comme l'apprend à ses dépend l'ouvrier rêveur qui accompagne Monika dans sa fuite. Bergman cristallise la désillusion amoureuse dans le regard de Monika, ce plan de face qui s'assombrit progressivement, un monument à lui tout seul. Je trouve assez désolant que l'on parle d'onanisme cérébral concernant Bergman car sa politique, celle des auteurs véhiculent des messages auquel on adhère ou pas, mais qui conserve des qualités formelles et surtout scénaristiques qui n'ont pas vieillis.
Plus je découvre puis approfondis ses oeuvres, plus Ingmar Bergman est un cinéaste qui me subjugue voire par instants me bouleverse. "Monika" qu'il réalisa en 1953 est aujourd'hui encore l'un de ses longs-métrages les plus adulés, 55 ans après avoir été reconnu comme extrêmement important par un Jean-Luc Godard encore journaliste aux "Cahiers du Cinéma". Venons-en au fait : ce film a un scénario très classique construit en trois actes narrant la rencontre, la cavalcade puis la décomposition d'un très jeune couple insouciant et aventurier. Je dois avouer que le début m'a laissé sceptique avec une entrée en matière quelque peu superficielle, trop rapide, ne décrivant absolument pas le contexte ni les personnages dont les émotions seront par la suite et par conséquent le fruit de fulgurances et d'une inspiration artistique sans faille à défaut de résulter d'un travail mûrement réfléchi. En outre, le caractère visuel du film m'a semblé critiquable dans sa première partie, notamment lors de transitions parfois grossières et à cause d'une utilisation récurrente et lassante des fondus. Ensuite, tout s'envole : l'échappée lyrique est bel et bien présente, le paradis spirituel se fait sentir, les sentiments sont très forts et le cinéaste semble alors en paix avec lui-même. Aussi se permet-il de nombreuses audaces et présente, brièvement, quelques-uns des plus beaux plans de toute son oeuvre. "Monika" n'est pas un film qui transpire la continuité, plutôt un essai parfois maladroit, souvent habile et quelquefois également tout à fait formidable. Comme beaucoup de créations, il est inégal mais comporte plusieurs éléments importants, offrant en outre quelques grands moments. Bergman a également superbement dirigé son duo d'acteurs et conclu sur un psychodrame aux résonances sociales extrêmement moderne et surprenant pour son époque. "Monika" est un long-métrage libre à ressentir et apprécier malgré quelques temps faibles. Un bon Bergman, soit un très bon film.
fantastique! Un miracle du 7ème art! Monika est un film sur l'amour, la liberté, et leur incompatibilité avec notre existence. La première moitié de ce chef-d'oeuvre nous montre le rêve de la jeunesse: par le thême de l'évasion sur une île et par les plans qui sont d'une qualité rarement atteinte au cinéma. Igmar Bergman met alors en scène un retour à la réalité dont il a le secret: la ville, ses nouveaux besoins et contraintes... fait s'écrouler ce qu'il y a de beau en l'humain. La jeune femme Monika suivra toujours la voix de son coeur, sans jamais masquer ses rêves, ce qui demeurera incompatible avec la réalité de l'homme actuel, destiné par ses besoins à suivre la voix du conformisme. Un film pessimiste à voir absolument, ne serait-ce juste pour admirer l'image.
Une ode à Stockholm, d'une part, puis à une nature généreuse, accueillante ; Une ode à l'amour, avec ses déboires inéluctables, mais avant tout une ode à Monika, Harriet Anderson, tout simplement rayonnante. Bergman montre ici que l'amour comme la liberté ne sont pas durables, qu'un millier d'autres facteurs existent pour les détruire. L'amour libre, il est beau, enviable, mais éphémère évidemment. Au final Harry aime Monika, mais Monika aime la liberté. "Monika" (1953) ou l'histoire de la vie, en pleine jeunesse, les tracas familiaux, le premier amour, la paternité, le travail et une fin jamais bien heureuse.
Même si le film est très bien tourné, il a néanmoins beaucoup vieilli. Les décors sont banals, les acteurs mous, le scénario dénoué d'intérêt, certaines sont trop, beaucoup trop longues. Mais bon, comme il faut avoir vu un Bergman dans sa vie...
Monika illustre le malaise dune société prisonnière de lusine et éprise de liberté. Dans leur fuite du monde adulte et de la ville ouvrière, les deux amants se réfugient du côté de la nature, qui leur apparaît plus civilisée et offrant un meilleur présent que ce quils avaient connus. Evidemment après quelques semaines dune vie magique, le rêve nest pas éternel, et la triste réalité les rattrape bientôt. Essayant de saimer malgré tout, leur relation est vouée à léchec. On retrouve dans Monika (Harriet Andersson) une scène danthologie : un regard caméra, où on sent sexprimer tout le mal-être dune époque et la provocation de la jeunesse révoltée. Les images sont simplement sublimes, et on ne peut que sincliner devant la réalisation dIngmar Bergman. Bien sûr, aujourdhui, le film paraît un peu âgé, et certaines scènes « ridicules », mais lidéal de la jeunesse est resté le même en un demi-siècle : le grand amour, but à la fois ultime mais utopique (mais il faut quand même croire à cette belle utopie), et cest ce qui rend Monika intemporel. A voir au moins une fois dans sa vie.
Bon voilà ma première note aussi basse. Pourtant pas mon genre mais là !! Dans le cadre d'un cours de philo on nous emmenes voir ce film. Et le sommum de l'ennui m'apparait. Sans aucun doute c'est bien filmer mais le scénario me semble poussif. il est certain que certain trouveron ce film magnafique il l'est sans aucun doute. Mais pour jeune peut etre un peu candide prefere prendre les choses a la rigolade pour ne pas sombrer dans la depression chronique.