Ce film m'a captivé hier soir, et j'en disais encore du bien ce matin, mais 24 heures après l'avoir regardé, je lui trouve trois défauts techniques rédhibitoires.
Tout d'abord, ce que j'en retiens visuellement, c'est un déferlement de teintes froides, de gris, de noir et de marron. Il faut croire que le ciel bleu n'existait pas au XIXème siècle en Angleterre et aux États-Unis, qu'il n'y avait jamais un arbre, jamais un joli paysage? L'esthétique du film est certes maîtrisée, mais elle est usante! Moi, ces teintes tristes, ça ne me fait pas rêver. Je veux bien qu'on ancre un film dans une époque de fer et de charbon, de terre boueuse et de saleté, mais ça ne me donne absolument pas envie de le revisionner.
Un autre défaut c'est cette manie d'avoir un retournement final dans les 15 dernières minutes. C'est devenu un passage obligé de certains réalisateurs, qui veulent donner l'impression d'avoir un scénario incroyablement subtil, justifiant un deuxième visionnage. Le problème c'est que de dévoiler quelque chose d'essentiel à la compréhension du film, juste à la fin de celui-ci, amène le spectateur à intellectualiser tout ce qu'il a vu et donc à se couper des émotions qu'il pouvait avoir ressenties. Pour moi, c'est anti-artistique de faire cela, c'est un non-sens, puisque le plus difficile au cinéma c'est justement de faire ressentir des émotions, si possibles variées, sincères et délicates, aux spectateurs. Leur dire à la fin «Non en fait je vous ai menés en bateau, voici de quoi parlait mon film», ça casse absolument tout le côté émotionnel. C'est donc une technique bête et plutôt vaniteuse.
Enfin, s'il y a bien quelques tours de magie qui sont expliqués, il y a aussi du grand n'importe quoi et des «tours» qui sont tout simplement impossibles (par exemple
le garde, dans la prison, qui se retrouve attaché par le pied avec une chaîne sans qu'il n'y ait aucune explication à cela
).
Bref, c'est un bon film, à voir une fois pour l'originalité de son thème, mais pas deux.