« La ferme des animaux » (1945) est l’avant-dernier roman [avant (« 1984 » (1945) qui l’a rendu célèbre] du Britannique George Orwell (1903-1950), ouvert au socialisme et qui participa (1936-1937) à la guerre civile espagnole en Catalogne du côté des Républicains. Etonnement, il n’y eut qu’une seule adaptation au cinéma, 9 ans après le livre (une seconde, également en animation, datant de 2025, doit sortir en 2026), en pleine guerre froide et période de maccarthysme aux Etats-Unis. Normal puisque le film [le 1er film d’animation britannique, en couleurs (Technicolor)] fut financé en partie (300 000 $ sur un budget de 500 000 $, soit 60 %) par la . [Central Intelligence Agency, agence de renseignement (et de propagande) américaine, fondée en 1947]. Le livre, même sous la forme d’une fable animalière, était courageux de la part de George Orwell qui critiquait, non seulement le capitalisme
(représenté par les humains, dont l’ivrogne M. Jones et le négociant Whymper
), mais aussi, ouvertement, l’Union Soviétique, à une époque où on se gardait de dire du mal de l’ancien allié contre le nazisme. George Orwell a bien su décrire les mécanismes mis en œuvre lors de la constitution de l’Union Soviétique : révolte qui renverse le pouvoir en place (M. Jones = le tsar Nicolas II), mise en place d’une société égalitaire, néanmoins dirigée par les cochons, dont un cochon noir, Napoléon (en version originale), symbolisant Staline, qui s’entoure d’autres cochons convertis à sa cause, de chiens pour les basses taches [telles qu’éliminer un cochon trop idéaliste, Boule de neige (= Trotski), qualifié de traitre], et crée une oligarchie corrompue (de cochons), s’octroyant des privilèges [
occupation de la maison de Jones, nourriture à foison, d’où la nouvelle citation « Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres »
], contrairement au reste des animaux de la ferme qui triment sans relâche (notamment pour construire un moulin à vent). Seule la fin (
élimination des cochons par les autres animaux
) diffère du roman (plus consensuel).