[...] Après avoir écrit et mis en scène ce qui s’est très vite imposé comme une référence dans le milieu du film catastrophe avec Le Jour d’après, Roland Emmerich semblait au top. Forcément, le film qui allait suivre ne pouvait être qu’un cran en-dessous. Enfin du moins c’est ce que l’on pensait… En réalité, 10 000 est à des années lumières de tout ce qu’a déjà fait le cinéaste. Si ses admirateurs vont tomber de très haut, ses détracteurs, eux, risquent de prendre un incroyable plaisir à démonter cette bouse dans tous les sens. En même temps, cette fois, on ne peut pas leur donner tord. Pour commencer, le scénario est minable. Que se soit la quête du héros dont, au passage, on se fou éperdument, ou encore les ridicules péripéties qui vont l’accompagner, tout semble complètement à côté de la plaque. On ne croit pas une seule seconde à l’histoire d’amour entre le chasseur de manacks – ça existe ça d’ailleurs ? – et la prisonnière. Il faut le voir avec ses dreadlocks, dire à sa dulcinée que son amour pour elle est pareil à la lueur du soleil, à une période où on imagine plutôt que les hommes tiraient vite fait bien fait des femmes à barbe derrière un rocher, sans vraiment leur demander leur avis, avant de partir saigner du mammouth… La belle époque quoi ! [...] La Warner aurait-elle pris la famille d’Emmerich en otage pour le contraindre à faire un film sur la préhistoire, période que l’on sait soit très chiante, soit complètement ridicule au cinéma – ou les deux, en l'occurence ? Difficile à dire. Après ses nombreux succès, on ignore toujours ce qui a poussé le cinéaste à mettre en scène un tel navet. Dommage, car la musique de Harald Kloser, qui avait déjà signé de très belles partitions sur le Jour d’après, laissait présager une œuvre vraiment épique. En attendant, les historiens s’arrachent les cheveux et les cinéphiles sont consternés... Non Roland, pas toi, pas si bas ! [Extrait de RedRoss.fr : site de critiques ciné]