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Pascal
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3,5
Publiée le 23 novembre 2025
Hideo Gosha, cinéaste japonais spécialisé dans le genre " films de Yakuzas " où il est passé maître, est l'auteur d'une filmographie restée longtemps confidentielle en occident. Gosha a même longtemps été totalement oublié par la critique française.
C'est Christophe Gans qui beaucoup fait pour la réédition du travail artistique du cinéaste. " Violent street " (1974) s'inscrit parmi les opus les plus emblématiques du style de Gosha ( on ne peut ne pas penser à celui des auteurs de Gialos ) .
Alors certes on est ici dans le film de genre ( il y a tout de même un regard sur l'emprise du gangstérisme sur le cinéma japonais) et il ne faut y chercher autre chose que de la distraction.
On pense évidemment au cinéma Hong Kongais ( celui de Johnny To ou de Tsui Hark notamment) . Le casting est formidable ( l'acteur principal aurait été lui-même, dans le passé, à la tête d'une bande de malfrats ).
Certains amateurs trouvent ce film génial. Pas moi. C'est un petit film de série B, classique du genre Yakusa. Un thème banal et un scénario dont on ne comprend presque rien. Qui tue qui et pourquoi ? Il y a des combats violents certes parce que des poches de sang éclatent ça et là, mais si mal filmé... Un type tue à lui tout seul des dizaines d'autres méchants et sans une seule égratignure. (ça renvoie aux Chambara où un samouraï est seul contre 20 ou 30 ennemis...et gagne !). Reste l'atmosphère colorée de rouge du film, des tirs dans des poulaillers pour faire joli sans doute, et tous les poncifs du genre. Des acteurs ternes au possible, même les filles sont laides. Une bande vraiment triste...
Cela commence comme un film de Yakuza classique, pour finir dans un crescendo de violence graphique stylisé et inventive. Gosha film le chant du cygne des Yakuzas traditionnels, leur auto-destruction au profit de criminel bien plus sournois, des hommes daffaire sans morale ni code dhonneur, qui tirent les ficèles de loin, sans se salir les mains. Ex Yakuza, désormais au visage respectable et aux mains propres. Sa mise en scène flamboyante impressionne et fait de ce film un classique du genre.
Cest écrit dans le titre et ce nest pas un euphémisme. Le film est dune rare violence du début jusquà la fin. A lorigine de ce déferlement de hargne et de sang, des rivalités entre « ex-yakuzas » censés sêtre rangés et être devenus des honnêtes hommes. Ici la frontière entre gangsters et personnalités, que ce soit du show-biz ou de la politique, est définitivement abolie. Ceux qui nous gouvernent et nous manipulent ne sont que des requins intouchables qui savent manuvrer pour sépanouir en toute impunité et sans se salir les mains. La noirceur et le pessimisme de cette uvre, bien plus poussés que dans Kiba lenfer des Sabres, rappelle par certains côtés Les salauds dorment en paix de Kurosawa Akira. Lambiance est oppressante perpétuellement. A commencer par la gueule du personnage principal, Ando Noboru. Dune froideur constante, y compris dans ses éclats de violence, lon redoute son explosion son ultime explosion, et quand elle arrive, cest un magnifique massacre. Bon, cest bien beau tout ça me direz-vous, mais quest-ce quil y a dautre que cette susnommée violence ? Bien des choses. Une uvre stylisée, des machos comme on en fait plus et fiers de lêtre, des vrais gueules dacteurs, une critique acerbe de la société Beaucoup de qualités qui font de ce film en rouge et noir, une pièce maîtresse de luvre de Gosha. (+de critiques sur http://www.guillaumetauveron.com/Textes/chroniques.htm)