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Fritz L
222 abonnés
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5,0
Publiée le 13 mars 2007
En regardant les photos de « promo » on pouvait imaginer « Les témoins » comme un petit drame doux amer dont seul Téchiné a le secret. Il en est tout autrement. Il apparaît comme le reflet exhaustif dune partie de notre histoire. Une histoire si proche et si éloignée en même temps, celle de larrivée du sida en France au début des années 80, véritable tsunami qui est venu ravager la société dalors provoquant drames et paranoïa. Ses témoins gravitent tous autour de Manu, jeune savoyard venu vivre son homosexualité à Paris. Du médecin quinqua amoureux transi (Michel Blanc bouleversant), à la sur très provinciale et (Julie Depardieu attendrissante), de lamie très impliquée (Emmanuelle Béart radieuse) dont lépoux Mehdi (ahurissant Sami Bouajila), flic et beur brûlera dune passion clandestine avec lui. Un quintet hors pair représentatif des comportements dalors, brossés avec beaucoup de retenue et de justesse. Et sil est un témoin privilégié, cest André Téchiné lui-même. Plus que dans nimporte quel de ses films, ici il semble se lâcher, se livrer enfin. Il est celui qui a vécu cette période où pour le moins qui y a assisté. Il est un survivant, par chance ou simplement parce quil na jamais osé être comme lintense Manu. La violence contenue qui frappe à chaque plan est au service du récit particulièrement bien construit. Elle participe à lévidente et latente frustration de chacun des protagonistes à se dénier lâchement. André Téchiné impose un rythme enfiévré accentué par des airs dopéra et la partition nerveuse de Philippe Sarde qui rappelle celle des « Choses de la vie ». La reconstitution est exemplaire, du moindre cadrage très eighties jusquau moindre accessoire. Il signe là son film le plus beau, le plus cruellement intense et désespéré depuis « Hôtel des Amériques ».
Beau film juste. Le film entier est une métaphore : la vie passe, il faut bien. Manu est arrivé, il est passé. A côté tous les autres continuent dans leur même quotidien, mais altéré. Sans effets de style pour masquer quoi que ce soit, sans prosélytisme ni exagération, les personnages évoluent ensemble et chacun de son côté. Téchiné n'en fait pas trop, la maladie en est à ses débuts, on la découvre, elle est à peine nommée, mais terriblement présente. Notons juste que malgré les efforts pour recréer le monde des années 80, le pauvre Manu est sur un traversin estampillé "Hopitaux de Paris 2006". Un détail. Courrez-y car c'est malheureusement d'actualité. Qui a dit grippe aviaire ?
Film en constant surcis, balancé entre de grands de moments d'émotions créés par le jeu impeccable des comédiens et des scènes placées là ou ici pour permettre des séquences "clichées" d'une époque passée. Stéréotypes des protagonistes autant dans le fond que dans la manière de les traiter, Téchiné se bat dans du solide et en resort trempé certes mais non épuisé. L'ellitisme bien pensant français saluera (à juste titre) le côté juste et non "pleurnichard" et "effets faciles du sujet" de l'oeuvre mais au final même s'il reste un film, personnel et intelligent, mais trop encré dans du narcissisme d'auteur. On aurait aimé plus de risques en racontant la vie de ces "gens" mais aussi ceux, pour une fois, plus dans la norme...On est ému mais pas bouleversé...Les Césars, bien pensants également, seront au rendze-vous, mais pas forcément à juste titre sur toutes les catégories. L'interprétation sera méritée, la réalisation et la direction du récit beaucoup moins...
C'est un film qui restera longtemps. Un des plus beaux films de Téchiné. Les acteurs sont tous très justes sur un sujet très fort, traité sans emphase mais pourtant de façon très percutante.
Un très beau film qui révèle tout le talent de Johan Libéreau, déjà favori pour le césar du meilleur jeune espoir masculin 2008. On retrouve tous les thèmes chers à André Téchiné qui sait cependant se renouveller grâce à une mise en scène nerveuse et inventive. Le montage aussi est à saluer: il ne devait pas être si simple d'entremêler ces histoires si denses. Seul bémol: l'interprétation d'Emmanuelle Béart qui a encore une fois besoin d'appuyer ce qui pouvait être juste suggéré. Plus de simplicité dans son jeu aurait fait de ce film un chef-d'oeuvre.
J'ai adoré ce film. Je suis de la génération qui s'est retrouvée devant le fait accompli sans savoir ce qu'il s'est passé avant. Ce film, en se servant d'une tranche de vie, met en lumière l'arrivée de ce fléau. Les acteurs sont magistraux, avec une mention spéciale pour michel blanc. Bcp d'émotion mais pas de sensiblerie inutile.
Téchiné, est et restera l'auteur d'un film éblouissant : 'Les Roseaux sauvages'. 'Les Témoins', lui, manque d'ampleur et le jeu des acteurs plombe souvent (à part Michel Blanc)l'émotion. Restent des instants forts et à mon sens ce sont généralement les moments de plusion sexuelle que Téchiné filme le mieux. Au fait ,et pour finir, 'Marcia Baila', ce n'était pas l'été 84...mais 85. Oui oui je sais bon ça va .
J'attendais le grand film sur les années 80 et l'apparition du sida. Hélas, on en est loin. Téchiné ne retrouve pas la veine lyrique et bouleversabte des Roseaux sauvages. Le casting y est pour beaucoup : Béart est assez pathétique surjouant une sexualité débridée, Blanc egal à lui même dans un faux contre emploi, Bouajila mal à l'aise et volontariste dans les scènes gay comme pour Drôle de Félix. Seul le jeune acteur par sa maladresse et la tendresse que lui porte le cinéaste, touche et émeut, mais hélas il meurt... Bref une déception. A revoir : les Téchiné des années 80 !
Franche déception dans cet opus de Téchiné: on a l'impression que le réalisateur ressasse encore et toujours la même histoire du jeune homo incompris des "Roseaux Sauvages", de "J'embrasse pas", ou du Malik Zidi des "Temps qui changent". Chemises à carreaux et image colorée (toute la partie dans le Sud) cherchent à nous persuader qu'on est dans le début des années 1980... mais les anachronismes sont énormes. Il y a le Sida en toile de fond... mais il est platement évoqué. Des scènes inutiles et clichés (les rendez vous homos dans le bois, les petits tours en avion entre midi et deux, la descente de flics dans un hôtel de passe, la punkette tout droit sortie de "Tchao Pantin", le couple Béart-Bouajila en crise...), une mauvaise direction d'acteurs (Béart de plus en plus irritante dans ses rôles dramatico-dépressif, Bouajila récitant son texte, Libéreau qui parle le d'jeune, Julie Depardieu transparente)... bref tout cela n'arrange pas le film. Seul Michel Blanc réussit (parfois) à nous convaincre. Le constat est sévère malgré de (très) brefs bons moments, mais on s'attendait à l'excellence des superbes "Egarés".
Acteurs remarquables, réalisateur hors paire. Malgré un sujet difficile, ce film reste néanmoins interessant par cette sensation de caméra à l'épaule qui en fait presque un documentaire. Témoin d'une époque trop vite oubliée.
Réalisé par André Téchiné avec Michel Blanc, Emmanuelle Béart, Sami Bouajila, Julie Depardieu et Johan Libéreau. C'est un film sur la découverte de l'homosexualité, l'émergence du SIDA dans les années 80 en france. Le SIDA, nouvelle maladie non connue à cette époque mène inexorablement à la mort. C'est bien joué, les acteurs sont impliqués et ce film constitue un vrai témoignage sur ce fléau qu'est le SIDA. Mais personnellement j'ai pas aimé. Je me suis ennuyée et j'ai failli quitter la salle de ciné avant la fin. Pourquoi cela?...peut etre parce que voir Sami Bouajila batifoler avec Johan Libereau, j'ai pas adhéré!!!
Lumineux, jamais gonflant mais au contraire gonflé, "les témoins" est effectivement un témoignge précieux mais aussi (et surtout)un hymne à la vie; seule la dernière partie ne convainc pas.
Ce qui caractérise principalement le film "Les témoins" d'André Téchiné , c'est la frénésie et l'irrésistible envie de vivre qui se dégage de toutes parts de tous les personnages qui s'entrecroisent. En effet , le film est construit sur l'urgence , celle d'assouvir ses passions , ses envies , ses désirs , ses amours afin d'exister malgré le danger du SIDA qui naît. Pour cela , André Téchiné , filme d'une manière nerveuse le moindre plan (souvent caméra au poing) pour ainsi s'approcher et ainsi capter tous les moments de vérité que les acteurs ont à nous dire (comme une sorte de dernière volonté). Sans jamais diaboliser le sujet du SIDA , mais en s'en servant comme vecteur d'une soif de vivre frénétique , Techiné offre pour cela des compositions magnifiques à tout son casting (Blanc,Béart,Bouajila,Libéreau,Depardieu,Dollé). Il se place lui-même en tant que conteur de son histoire avec le personnage d'Emmanuelle Béart , qui décrit à la manière d'un journal intime , cette épisode charnière des années 80 , en en retenant l'essentiel , c'est à dire la vue de personnes qui ont souffert mais qui voulaient surtout vivre et profiter de chaque instants. Pour encore souligner cette frénésie , André Téchiné a fait le choix d'utiliser la musique classique , un choix particulièrement judicieux qui donne une énergie , un rythme nerveux et enivrant au film et permet au spectateur de totalement s'identifier aux personnages. Malheureusement , cette idée de la frénésie , si bien décrite , finit par dévorer le film et le plaisir du spectateur et du coup l'émotion n'est pas tellement au rendez-vous , comme si Techiné nous les avait voler. On regrettera donc le fait que "Les témoins" dans sa réalisation nerveuse et efficace , manque un peu de générosité et laisse le spectateur un peu trop inerte et pas assez concerné , même si le fait que Techiné n'ait pas voulu réalisé un film sur le SIDA , mais sur ceux qui l'ont vécu. Néanmoins , de grands acteurs et un formidable ode à la vie.
Malgré les qualités indéniables de réalisation et dinterprétation de l'ensemble des acteurs, j'ai été déçu par le peu d'originalité du scénario et la platitude de l'intrigue. On s'ennuie passablement par absence d'enjeu. De plus les personnages ont tous le même profil psychologique, ils sortent tous du même moule. Ce ne sont que différentes facettes du cerveau du réalisateur. Ce n'est pas la vrai vie cela. Dommage.
J'ai hésité entre 1 ou 2 étoiles.La deuxieme étoile, c'est pour le jeune Libereau, qui réalise dans ce film une remarquable performance, éclipsant les acteurs chevronnés comme Blanc, bien fade, et Béart, dont le seul talent depuis quelques films semble se résumer au jeté de fringues pour dévoiler des atouts pas désagréables à regarder, surtout de dos, mais que l'on commence à bien connaitre.Quant au film, une fois encore, je ne partage pas les critiques élogieuses des journaleux, mais je sais bien que l'on ne doit pas toucher aux idoles comme Téchiné. N'étant pas payé par un journal, je suis d'autant plus libre de dire que je suis resté totalement extérieur à ce film, sans aucune émotion, simple tranches de vie de personnages qui semblent traverser l'histoire sans conviction. D'ailleurs, des que que jeune Libéreau sort de l'écran, on s'ennuit profondément.Et, comme le dit le titre, je suis resté un témoin, totalement extérieur à ces personnages et à leurs problèmes, alors que cette époque, je l'ai vécue. D'ou ma grande déception.. Le grand film sur les années Sida reste encore à faire. Je peux encore attendre, car la maladie est toujours là, bien présente.