On ne peut pas dire qu'à la base, je sois parmi les fans de Michaël Youn. Mais j'ai détesté les critiques que j'ai pu lire ou entendre sur le film, et sur lui dans le film, par des gens dont je soupçonnais déjà qu'ils ne l'avaient tout simplement pas vu. Là je sors de la projection (privée, j'étais tout seul dans la salle) et je confirme : la plupart des gens qui ont descendu "Héros" ne l'ont pas vu. On peut aimer ou pas le film, mais ce qui en a été dit ne correspond tout simplement pas à ce qu'il y a dedans...Y'a comme un problème. Tout comme avec le distributeur dégueulasse du film qui l'a tout simplement assassiné.
"Héros" raconte l'histoire d'un chauffeur de salle qui n'en peut plus d'être drôle et aurait voulu être beau, plutôt. "Vous savez, j'ai pas demandé à être drôle...". Dans l'appartement immense de son enfance où son père vient de mourir, il séquestre son idole, un chanteur populaire. "Héros" raconte l'histoire de "quelqu'un qui réclame son droit à la tristesse".
Construit sur le mode du huis-clos, le film est loin d'être parfait (parfois un peu long, le personnage de Berroyer pas vraiment utile...) mais bon sang, quel film hallucinant ! Il faudrait pouvoir dire tout ce qui s'y passe, un début qui vous scotche dans votre fauteuil, des inventions assez géniales (le passage en plein film de la DV au 35 mm par ex), une B.O à tomber, Elodie Bouchez qui en une seule scène de 5 minutes vous arrache les larmes (Elodie, tu m'as fait pleurer), Chesnais parfait comme toujours, et un Michaël Youn absolument énorme, monstrueux. La fin est d'une puissance inouïe. Le film est noir de chez noir, aucun espoir. Ca faisait beaucoup pour nos critiques merdeux, un film pas drôle et un acteur qui essaie de sortir de son image.
On en ressort sonné, on a pleuré, on a envie de courir, d'hurler ou de frapper. Un film absolument terrible et bouleversant, dans tous les sens du terme.