Vaudeville intello sans rythme ? Film expérimental ? Commande pour maisons de retraite ? Curs est sans aucun doute lun des films les plus inaboutis de lannée. Seule la photographie est enchanteresse (bien que très proche de celle des Feux de lamour.). Les acteurs, dhabitude si bons, jouent faux, et cette révélation que la vie ne vaut pas la peine dêtre vécue était-elle vraiment nécessaire ?
Qu'est-ce donc que l'ami Alain, qu'on apprécie pourtant, nous a pondu là? Est-ce une tragédie qui manie l'humour au second degré ou un monument de comique involontaire? Je penche hélas pour la deuxième option, même si certaines pointes humoristiques ne peuvent pas ne pas avoir été voulues. Les Dussolier, Azema, Arditi habituels sont pourtant au meilleur de leurs dispositions, mais ils campent des personnages à ce point grotesques et caricaturaux qu'on n'arrive pas à croire deux secondes à leurs petites histoires. Et dire que d'aucuns prétendent avoir été déprimés par ce film!!! Moi, je me suis assoupli les zygomatiques de la première à la dernière minute... C'est dommage, car «Coeurs» (2006) dispose en effet d'un dispositif scénique subtil, même s'il me semble exagéré de crier au génie. C'est du Resnais et le réalisateur n'a pas perdu son savoir-faire, mais rien n'est ici très innovant! Et quand tout cet art se met au service de ce qui n'est pas loin de friser le nanar..., on dépense beaucoup d'énergie à regarder sa montre. D'autant plus que, pour couronner le tout, il y a la musique de Marc Snow! Elle est tellement laxative qu'elle mériterait d'être commercialisée en pharmacie comme remède de la dernière chance à l'occlusion intestinale... Une femme ou un homme avertis en valent deux!
Voilà Alain Resnais qui nous fait une démonstration de sa virtuosité. Magnifique réalisation. Acteurs excellents. Mais où est le scénario ? Quand est-ce un certain cinéma français arrêtera de se moquer du monde, faisant passer la paresse d'écrire pour un chef d'oeuvre de sous-entendus ? C'est dommage. Cela aurait passer de zéro à quatre étoiles....rien que pour cela.
"Coeurs" est un film étonnamment funèbre et triste, dont la surprise (et pas la moindre) est de porter en lui une forme de fantaisie, qui régénère et donne espoir. Un des plus beaux Resnais, qui rappelle "Mélo", tourné 20 ans auparavant avec trois des mêmes comédiens. Les rapports de couple, les difficultés à créer des liens, à donner sincèrement, sont des thèmes rarement évoqués avec une telle justesse ; le mérite en revient en partie à Jean-Michel Ribes, partenaire inattendu de l'auteur de "Nuit et brouillard", responsable de l'adaptation et des dialogues.
Le film est tiré d’une pièce de théâtre. On ne reste pourtant pas toujours dans le même lieu, même s’il y a des récurrences. En termes de personnages, on est principalement sur des discussions en duo, parfois trio. En premier lieu, on a l’agent immobilier, Thierry (André Dussolier) qui travaille dans une agence avec Charlotte (Sabine Azéma), celle-ci lui prête des cassettes vidéos d’enregistrements d’une émission à tendance religieuse. Pourtant, la fin de la cassette est surprenante pour Thierry, ravi du cadeau. Dans le cadre de son travail, Thierry fait visiter des appartements à Nicole (Laura Morante) et Dan (Lambert Wilson) dont le couple bat de l’aile. Thierry vit avec sa soeur Gaëlle (Isabelle Carré), célibataires tous les deux. Pour revenir à Charlotte, elle vient aider Lionel (Pierre Arditi) : le soir, pendant qu’il part travailler dans un bar (dans lequel Dan est un client assidu), celle-ci garde son père malade (Arthur - Claude Rich). Bref, ces personnages ont des destins croisés, évidemment. Ils sont bien construits avec des personnalités complexes et réfléchies. La plus mystérieuse est bien sûr Charlotte / Sabine Azéma qui cache bien son petit jeu. Le plus drôle est Arthur / Claude Rich dont on ne voit jamais le visage mais qu’on entend depuis son lit vociférer contre tout et tout le monde. Les insultes sont tellement excessives et méchantes que c’en est très amusant. J’ai aimé les dialogues et les personnages, je regrette malgré tout que les destins ne se croisent pas un peu plus finalement car tous ne sont pas liés. J’ai aussi aimé le fait qu’outre le côté comique de plusieurs situations, il y a aussi du tragique : la solitude dans laquelle se retrouvent les personnages est touchante même si on manque un peu d’empathie pour les protagonistes. Enfin, la mise en scène est variée et soignée tout au long des différentes situations rencontrées par les personnages.
Une mélodie mélancolique et une jolie neige artificielle au dehors donnent, dès le premier plan, le ton de cette tendre chronique de coeurs solitaires, meurtris peut-être. Un couple en crise, le barman d'un hôtel, deux vieux célibataires collègues dans une agence immobilière sont parmi la poignée de personnages attachants dont Alain Resnais, en des séquences brèves et alternées, esquisse les portraits, invoque les frustrations nées de la solitude et, pour chacun, les raisons de cette solitude. Tous les personnages ne sont pas voués à se fréquenter ou même à se rencontrer, mais le film dessine une sorte de chaine. Au-delà de la mise en scène, de la réalisation chaleureuse et élégante, on est sensible au plaisir du jeu que manifestent visiblement les comédiens (et habitués) de Resnais. Leurs personnages, loins de l'affliction, sont touchants ou amusants, modestes et dépourvus d'intellectualité. On retrouve souvent, en dépit d'un certain désenchantement, ce côté ludique qu'on a aimé dans "Smoking, no smoking". Sentiment renforcé par des décors d'intérieurs -quatre ou cinq seulement qui constituent les lieux récurrents de l"histoire- tellement bien agencés, charmants et accueillants, qu'ils semblent à l'évidence factices, à dessein. "Coeurs" est un film à la fois simple et très élaboré.
Resnais est un créateur. Ce qu'il nous propose est loin du tout-venant. Ici encore il nous surprend avec cette histoire un peu ringarde mais moderne, cocasse mais cruelle. Dans cette histoire ou plutôt ces histoires de coeurs blessés, ce sont nos solitudes que nous retrouvons et cette recherche de l'autre nous est familière à tous. Dans n'importe quel film ces liens qui se tissent auraient débouché sur un happy ending. Mais dans la vie tout ne finit pas toujours bien. Les personnages de Resnais sont humains avec leurs bons côtés, leurs défauts et leurs ambiguïtés. Il manque parfois un peu de sentiment, tout cela apparait un peu trop cérébral, mais au bout du compte cess "Coeurs" continuent de nous accompagner après la vision du film.
Dans ce film il neige tout le temps . Métaphore cinématographique qui s'achève d'un coup de zapette à la fin du film pour éteindre une télé devenue neigeuse. J'ai cherché en vain la relation entre cette scène finale et le propos du film. Que dire de l'histoire ? elle est artificielle, peu crédible mais le propos de Raisnais n'est pas de nous y faire croire. On est ici dans l'épure, l'exercice de style pour es afficionados des Cahiers de Cinema. Les acteurs sont très bien dirigés et Dussolier est vraiment très bon . Les dialogues sont élégants au service d'une intrigue qui souligne les inflexions d'un destin qui bascule sous l'influence d'individus que nous ne rencontrons jamais. Mais tout ça est futile , très intello et exigeant. Ca a du ravir la bourgeoisie de la rive gauche et ceux qui n'hésitent plus à se différencier avec prétention en affichant leurs préférences à un réalisateur dont ils se réclament, sans en avoir forcément compris toutes les subtilités.
"Coeurs" est un beau film traitant des relations amoureuses, signé par un vrai virtuose de la caméra, Alain Resnais. Ainsi, un des meilleurs réalisateurs français revient en pleine forme en signant ce film sans aucune prétention mais d'une grande originalité. Tout d'abord, le film vaut par son excellente direction d'acteurs. Même si l'interprétation de Lambert Wilson laisse quelque peu à désirer, le reste est d'une tout autre qualité. Certains acteurs et actrices sortent du lot comme Pierre Arditi, remarquable, André Dussolier, tenant un de ses meilleurs rôles, il est ici très drôle et très émouvant en même temps, enfin Laura Morante, la nouvelle de la troupe de Resnais magnifique! Enfin, saluons la prestation de Claude Rich ou plutôt sa voix, très bonne idée de mise en scène, qui est dans ce film d'un goujât terrible, rendant son rôle très comique. En ce qui concerne la mise en scène, Alain Resnais mérite complètement son prix de la mise en scène puisqu'elle est tout simplement magnifique. Il joue avec les couleurs, les ombres, la lumière, les angles de caméra. La mise en scène est ainsi admirable! Le film est à son tour touchant, dur, rempli d'humour, mais noir. Quant aux différentes histoires, la plus intéressante est sûrement celle de Pierre Arditi! En revanche, celle de Sabine Azéma manque de profondeur, d'approfondissement. Alains Resnais signe donc un film n'ayant aucune prétention, à part celle de distraire. Son film est vraiment touchant et est sans aucun doute un grand cru de ce réalisateur!
Le retour en force du grand cinéma de Resnais. Une mise en scène brillante (une rare utilisation des décors et des effets de caméra), une superbe direction d'acteurs (Pierre Arditi n'a rarement été aussi bien). La solitude est le thème majeur de ce film ainsi que les vaines solutions pour y remédier. Coeurs baigne dans une tristesse infinie mais réussit à être optimiste! Ce film qui ressemble à une oeuvre testamentaire (je ne l'espère pas) renvoie au merveilleux ultime film de Huston Les gens de Dublin.
Un film sans surprise, estampillé France Inter, encensé par le Masque et la Plume, visant clairement un public culturé et fier de l’être... mais qui n’en est pas moins une réussite. Sur une toile de fond hivernale particulièrement évocatrice, Alain Resnais exploite toutes les potentialités d’une série d’histoires individuelles ordinaires et émouvantes, qui se tiennent les unes les autres dans un agencement subtil dont l’équilibre n’est jamais pris en défaut. A l’image des quatre lieux principaux choisis pour l’action (l’hôtel, l’agence immobilière, l’appartement de Dussollier et celui d’Arditi), très différents dans leur style mais imprimant collectivement au film une identité visuelle forte. Même si Resnais n’est pas du genre à appuyer ses effets, il parsème son film d’instants d’une grande intensité: les conversations entre Sabine Azéma et Pierre Arditi, la rencontre Isabelle Carré et Lambert Wilson, etc. Ce même Lambert Wilson propose peut-être la prestation la plus remarquable, en tout cas la plus éloignée du personnage de bellâtre frimeur qu’il tient souvent chez Resnais. Le final vient couronner cette comédie douce-amère avec beaucoup de finesse et de mélancolie. Le silence retombe doucement tandis que la neige continue à tomber. Pas loin d’être du grand art...
Curieux film , voila la première impression qu'on a dès la sorti du dernier film chorale d'Alain Resnais. Une mise en scène soignèe , des couleurs flashy dans des décors presque sortis d'un film fantastique , Paris sous la neige pendant quatre jours ce qui donne aussi l'aspect d'un film sorti d'un rêve et au final c'est presque théâtrale en effet la majorité des scènes se passent dans des lieux clos et simples avec seulement deux acteurs.Du côté de l'histoire et de cette galerie de six personnages , aussi triste et pathétique les uns que les autres se cachent en eux un profond manque d'amour , un besoin d'être réchauffé par quelqu'un(rôle de la neige qui les refroidit ?).Quautre des six interprètes principaux sont des fidèles de Resnais (Dussollier,Azema,Arditi,Wilson) à l'exception de Laura Morante et Isabelle Carré , et l'interprétation est au final assez inégal , en effet Dussolier et Azéma sont tombé dans la caricature de la vieille fille et du vieux garçon coincé mais en réalité obsédé par le sexe et sont au final assez lamentables. En revanche les séquences entre Lambert Wilson et Isabelle Carré notamment celle de la rencontre dans le café sont merveilleuses et magiques.Pierre Arditi est quand à lui terriblement touchant.Ce film n'est pas non plus dénué d'humour celle entre Claude Rich (ou plutôt sa voix et ses dialogues) et Sabine Azéma sont hilarantes. Mais au final , ce film assez singulier , à la mise en scène etiquée nous fait sortir étonné et un peu mélancolique.
On découvre des personnages qui se croisent, se rencontrent dans des intérieurs magnifiquement éclairés et filmés : Un bar dhôtel, des appartements vides, une agence immobilière
Au centre du film : la difficulté de communiquer, les petits secrets de lâme (son côté mystique), ou la mort sont exprimés avec une élégance rare et une éblouissante maîtrise, que ce soit dans la mise en scène (ah cette neige et cette lumière !), les dialogues ou le jeu des acteurs ici filmés et dirigés comme rarement. Bref, vous laurez compris "Curs" est un très grand film. Lun des meilleurs ou peut-être le meilleur film de lannée 2006 pour moi.