Je suis très décue. Sans pour autant être mauvais je m'attendais à autre chose étant donné le réalisateur et les acteurs. Je trouve que l'histoire traine et n'a d'ailleurs pas de réél interet. Je met néanmoins 2 étoiles car il y a de bon moments et je ne peux me résoudre à mettre moins à un film où il y a André Dussolier.
Coeurs" est un beau film traitant des relations amoureuses, signé par un vrai virtuose de la caméra, Alain Resnais. Ainsi, un des meilleurs réalisateurs français revient en pleine forme en signant ce film sans aucune prétention mais d'une grande originalité. Tout d'abord, le film vaut par son excellente direction d'acteurs. Même si l'interprétation de Lambert Wilson laisse quelque peu à désirer, le reste est d'une tout autre qualité. Certains acteurs et actrices sortent du lot comme Pierre Arditi, remarquable, André Dussolier, tenant un de ses meilleurs rôles, il est ici très drôle et très émouvant en même temps, enfin Laura Morante, la nouvelle de la troupe de Resnais magnifique! Enfin, saluons la prestation de Claude Rich ou plutôt sa voix, très bonne idée de mise en scène, qui est dans ce film d'un goujât terrible, rendant son rôle très comique. En ce qui concerne la mise en scène, Alain Resnais mérite complètement son prix de la mise en scène puisqu'elle est tout simplement magnifique. Il joue avec les couleurs, les ombres, la lumière, les angles de caméra. La mise en scène est ainsi admirable! Le film est à son tour touchant, dur, rempli d'humour, mais noir. Quant aux différentes histoires, la plus intéressante est sûrement celle de Pierre Arditi! En revanche, celle de Sabine Azéma manque de profondeur, d'approfondissement. Alains Resnais signe donc un film n'ayant aucune prétention, à part celle de distraire. Son film est vraiment touchant et est sans aucun doute un grand cru de ce réalisateur!
J'ai adoré ce film, qui sort du contexte par le scénario, trés original, un casting époustoufland (Azema, Lorante, Arditi etc. ) une histoire à voir !!
Certainement pas le meilleur film d'Alain Resnais, mais une prouesse tout de même pour un réalisateur octogénaire qui pourrait encore en rabattre à certains de l'art de faire du cinéma et de raconter des histoires. Une fois encore, ses acteurs, impliqués et appliqués donnent le meilleur d'eux-mêmes pour faire de cette farce tragi-comique un excellent moment de cinéma. Mais visiblement, si Alain Resnais prend encore plaisir à tourner, il peine toutefois à donner à son œuvre le souffle qui fut longtemps le sien. Il y a quelque chose de surannée dans ce film, ce petit quelque chose de passé qui vient patiner la surface de ses personnages principaux. Même la si fraîche Isabelle Carré n'échappe pas à cette sensation. L'excès de tendresse et de bons sentiments peut-être, cette foi désespérée dans l'être humain qui ne semble ici qu'une idée, un mythe derrière lequel courent les personnages.
Jean-Michel Ribes a laissé l'absurde de son théâtre pour prendre un style un peu british dans les dialogues, adaptant la pièce d'A. Ayckbourn ; on retrouve l'équipe d'Alain Resnais (Isabelle Carré en plus !!) et Alain Resnais himself à la réalisation, et l'on obtient ce film parfait qui rappelle que le cinéma est en effet un art. Dialogues, jeu, réalisation, tout y est juste... J'aurais mis quatre étoiles si le film n'avait pas été aussi déprimant (et d'autant plus déprimant que tout est réaliste), mais j'ai quand même failli me suicider à la fin, donc...
Dans ce film il neige tout le temps . Métaphore cinématographique qui s'achève d'un coup de zapette à la fin du film pour éteindre une télé devenue neigeuse. J'ai cherché en vain la relation entre cette scène finale et le propos du film. Que dire de l'histoire ? elle est artificielle, peu crédible mais le propos de Raisnais n'est pas de nous y faire croire. On est ici dans l'épure, l'exercice de style pour es afficionados des Cahiers de Cinema. Les acteurs sont très bien dirigés et Dussolier est vraiment très bon . Les dialogues sont élégants au service d'une intrigue qui souligne les inflexions d'un destin qui bascule sous l'influence d'individus que nous ne rencontrons jamais. Mais tout ça est futile , très intello et exigeant. Ca a du ravir la bourgeoisie de la rive gauche et ceux qui n'hésitent plus à se différencier avec prétention en affichant leurs préférences à un réalisateur dont ils se réclament, sans en avoir forcément compris toutes les subtilités.
Alain Resnais traduit la pièce d’Alan Ayckbourn «Private fears in public places» par «Cœurs» (France, 2006). Cette adaptation du titre souligne le choix esthétique auquel Resnais soumet l’œuvre originale. Plutôt que d’aborder une intrigue amoureuse, à l’instar de la pièce de théâtre, Resnais réalise son film en centrant ses formes sur la duplicité motrice des âmes. Le génie de Resnais, celui de moduler son langage formel au profit du récit, franchis là un sommet que seules quelques une de ses œuvres avaient atteint. «Cœurs», qui retrouve un certain solennel absent de «Pas sur la bouche», ne parle pas d’amour, ou s’il en parle ce n’est pas pour lui-même mais pour mieux accentuer les motivations des sentiments. S’ouvrant sur un Paris taris sous la neige, Resnais succède au long travelling envolé le très gros-plan de deux bouches, de deux paires de lèvres masculine et féminine. Dans la masse, Resnais nous parle d’individus, d’une poignée de gens. Les protagonistes ne prétendent pas à l’exhaustivité mais sont exemplairement représentatifs sur les vicissitudes de l’âme. Tout cœur y est en proie à la dualité. Cette dichotomie des âmes est induite formellement par la scission en deux parts qu’engendre un obstacle. Quand Dussollier flirte avec Azéma au bureau, c’est toujours au travers d’une paroi de verre que commencent leurs dialogues. Il y a très souvent des objets qui distancent les personnages entre eux. C’est une grisaille qui abrite les intentions. L’essence de chacun est le grand absent du film. Le blanc nacré des neiges flottantes à l’extérieur qui parasitent la ville et voile le dehors est ce fantôme hantant les paysages et dissipant les cœurs. Personne n’apparaît comme il est vraiment, et cette neige sempiternelle est l’une des plus belles représentations du cinéma de Resnais pour illustrer l’entre-deux de chaque être, la profusion des caractères en chacun, le refus total de la stabilité.
un bon film. tout à fait dans la lignée d'un cinéma francais qui verse alternativement dans le depressif et dans la comédie sentimentale. les acteurs sont corrects, le scénario bien ficelé... cependant je déplore le manque d'orinigalité de ce type de film.. dommage, mais j'ai bien peur que rien ne change à l'avenir.
Qu'est-ce donc que l'ami Alain, qu'on apprécie pourtant, nous a pondu là? Est-ce une tragédie qui manie l'humour au second degré ou un monument de comique involontaire? Je penche hélas pour la deuxième option, même si certaines pointes humoristiques ne peuvent pas ne pas avoir été voulues. Les Dussolier, Azema, Arditi habituels sont pourtant au meilleur de leurs dispositions, mais ils campent des personnages à ce point grotesques et caricaturaux qu'on n'arrive pas à croire deux secondes à leurs petites histoires. Et dire que d'aucuns prétendent avoir été déprimés par ce film!!! Moi, je me suis assoupli les zygomatiques de la première à la dernière minute... C'est dommage, car «Coeurs» (2006) dispose en effet d'un dispositif scénique subtil, même s'il me semble exagéré de crier au génie. C'est du Resnais et le réalisateur n'a pas perdu son savoir-faire, mais rien n'est ici très innovant! Et quand tout cet art se met au service de ce qui n'est pas loin de friser le nanar..., on dépense beaucoup d'énergie à regarder sa montre. D'autant plus que, pour couronner le tout, il y a la musique de Marc Snow! Elle est tellement laxative qu'elle mériterait d'être commercialisée en pharmacie comme remède de la dernière chance à l'occlusion intestinale... Une femme ou un homme avertis en valent deux!
Comme d’habitude chez Resnais, les répliques sont pour la plupart savoureuses et les situations, délicieusement loufoques... S’ajoutent cette fois des effets de montage enneigés et saisissants, une réalisation élégante et délicate, ainsi que l’alchimie absolument séduisante qui opère entre le couple André Dussolier/Sabine Azéma, dans la pimpante fantaisie qui l’entoure. Mais ce qu’il manque à ces histoires de cœurs, de destins qui se croisent et de neige, c’est un petit éclat de vitalité en plus ; ou peut être un rythme plus soutenu. CŒURS n’en demeure pas moins une appréciable fantaisie, pleine de finesse et teintée de mélancolie.
Avec "Coeurs",le délicat Alain Resnais livre une oeuvre subtile et profonde.Il s'intéresse aux destins croisés de 6 personnages en quète d'amour quel qu'il soit.Pour sa démonstration,il s'entoure d'un casting d'habitués,tous jouent parfaitement et nous touchent.André Dussolier agent immobilier neurasthénique dont la flamme se réveille.Sabine Azéma catholique convaincue désirée et désirable.Pierre Arditi barman encaissant les coups de la vie sans broncher.Isabelle Carré migonne célibataire à la recherche du grand amour.Lambert Wilson oisif ex-militaire alcoolique.Laura Morante qui met un terme à son couple pour aller de l'avant.Ces 6 destins affrontent leurs peurs,leurs doutes et leur solitude.Tout cela dans un Paris enneigé symbolisant la pureté des sentiments.Resnais fait vraiment ici un travail d'orfèvre,et ces assemblages de saynètes nous prennent justement au coeur.