Comédie noire écrite et réalisée par Finn Taylor, The Darwin Awards est un film plutôt plaisant. L'histoire nous fait suivre Michael Burrows, un profiler de la police scientifique de San Francisco, expert dans sa profession. Seulement, l'homme est hématophobe, c'est à dire qu'il a la phobie du sang, ce qui l'handicape dans son travail. Renvoyé à cause de cela, il tente de convaincre une entreprise d'assurances de l'embaucher afin de détecter les faux accidents et les fausses déclarations. Passionnée par les Darwin Awards, il tente de prévenir tous ces accidents stupides. Pour cela, il fait équipe avec Siri Taylor, une experte en assurance avec qui il s'entend moyennement, alors qu'il est également suivi et filmé continuellement par un journaliste réalisant un reportage. Ce scénario s'avère plaisant à visionner tout du long de sa durée d'environ une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue farfelue traitant des Darwin Awards, une récompense sarcastique crée sur internet récompensant les morts les plus stupides. Et autant dire que le concept donne sacrément envie sur le papier mais qu'il n'est pas aussi jouissif qu'escompté dans les faits. Pour autant, on se délecte tout de même de découvrir les péripéties amenant des humains trop sûr d'eux ou justes idiots à des accidents ubuesques. Ces situations profondément drôlement funèbres sont sacrément réjouissantes. Mais, alors qu'on s'attendait à ce qu'elles s'enchaînent, on est un peu déçus de s'apercevoir qu'elles ne sont pas si nombreuses que ça, alors qu'il y avait pourtant matière à nous en proposer beaucoup plus. En l'état, tout cela donne lieu à des scènes décalées et insolites tout de même savoureuses, s'appuyant sur des faits réels pour certaines et relevant de légendes urbaines pour d'autres. L'aspect faux reportage est lui pas spécialement pertinent, même si les échanges entre le caméraman et son sujet apportent un plus. Le ton se veut lui forcément léger en dépit des conséquences morbides. L'humour parvient à décrocher quelques rires et sourires sans pour autant être hilarant. L'ensemble est porté par des personnages appréciables. Des rôles interprétés par une distribution comportant quelques jolis noms inattendus composée de Joseph Fiennes, Winona Ryder, David Arquette, Chris Penn, Juliette Lewis, Tim Blake Nelson, Julianna Margulies ou encore Wilmer Valderrama. Tous ces individus entretiennent des rapports procurant de l'amusement, soutenus par des dialogues qui le sont tout autant. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère franchement moyenne. On ressent aisément le manque de budget dans sa mise en scène qui manque d'envergure, la faute également à son aspect faux documentaire. Cependant, elle se rattrape un peu par sa créativité loufoque lors de certaines séquences. Des séquences à l'allure parfois nanardesque à cause d'effets spéciaux grotesques mais qui collent bien avec le propos. Ce visuel déjanté est accompagné par une bande originale aux titres éclectiques s'accordant bien avec l'action et les images. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à The Darwin Awards qui, en conclusion, est un long-métrage divertissant mais un peu décevant vu le matériau de base qui aurait dû donner lieu à une œuvre beaucoup plus mémorable.