“Empire falls” mini-série diffusée en 2005 par HBO et inspirée d’un roman écrit en 2001 par Richard Russo a été particulièrement plébiscitée Outre-Atlantique, recueillant moult récompenses dans sa catégorie. Succès mérité pour ce projet porté par Paul Newman qui pour l’occasion officie au poste de producteur. Sans doute la notoriété de l’acteur associée au prix Pulitzer reçu par Russo ont-ils contribué à la qualité du générique à l’affiche ? Ed Harris, Helen Hunt, Philip Seymour Hoffman, Aidan Quinn, Robin Wright, Theresa Russell, Dennis Farina et Joanne Woodward pour son ultime interprétation auprès de son époux se sont associés à cette œuvre ambitieuse réalisée par Fred Schepisi. L’intrigue prend pour cadre une cité industrielle en déclin, longtemps entièrement dépendante de l’usine de chemises dirigée par la famille Whiting qui depuis quelques années a fermé ses portes. La résilience fait son œuvre même si les réminiscences du passé ont la vie dure avec le maintien sur place de la veuve (Joanne Woodward) du magnat disparu tragiquement qui continue à tirer les ficelles de la politique locale. Notamment en maintenant sous pression Miles Roby (Ed Harris) qui semble pieds et poings liés à la tête d’un restaurant dont il n’a ni la propriété ni la gestion entièrement libre. Magnanime, ayant des goûts simples et des ambitions limitées, Miles paraît globalement se satisfaire de son sort. C’est plutôt son entourage direct dont son frère (Aidan Quinn), sa fille (Danielle Panabaker) ou encore son ex-femme (Helen Hunt) qui vont amener le placide Miles à se remettre en question en cheminant à rebours le long de sa propre histoire afin de comprendre sa situation actuelle et ses ressorts intérieurs. La mini-série s’articule donc autour du cheminement d’un homme qui poussé par les événements et ses propres interrogations va se libérer des chaînes qui l’entravaient sans vraiment qu’il ne s’en rende compte. Le tout est très finement serti par une galerie de portraits comme savent si bien les brosser les cinéastes hollywoodiens (Fred Schepisi est australien) qui sans jamais trop appuyer leurs effets parviennent à faire ressortir l’humanité de chacun. Des chroniques que les réalisateurs et scénariste français ont souvent bien du mal à rendre crédibles qui voulant sans doute être trop bien compris ne laissent pas suffisamment la place au propre imaginaire du spectateur. Les acteurs ont l’a dit sont tous formidables avec à leur tête un Ed Harris qui est déjà très chevronné et comme toujours dans la mesure exacte du personnage qu’il a la charge d’interpréter. Paul Newman qui est pour l’occasion le père d’Ed Harris semble jouir de ses derniers moments devant une caméra dans un rôle de vieux ronchon abusant des privilèges de son âge. Quant à Joanne Woodward même dans un rôle relativement court, sa vista impressionne toujours autant. Une mini-série jamais sortie sur les écrans nationaux mais bénéficiant d’une édition DVD datant de quelques années déjà qui permet de visionner avec plaisir et intérêt la chronique douce-amère d’une de ces petites villes de provinces américaines victimes des soubresauts parfois dramatiques du « rêve américain ».
Téléfilm. Pas évident de pouvoir le regarder dans les pays francophones.
L'histoire de quelques habitants d'une petite ville du Maine : au bord de la mer mais pas ensoleillé. Le genre d'endroit où on essaye de faire passer le temps où même les gens doués s'ennuient. Jusqu'au jour où ils s'intéressent à leur passé familial et là, les crises et les rebondissements s'enchaînent. Les personnalités se libèrent de certaines manipulations qui ont duré des décennies... Des acteurs grandioses par ailleurs et qui ici, en se prêtant au jeu d'une vie banale laissent apparaître de vrais talents humains : Ed Harris affiche une réelle timidité et manque de confiance en soi, Paul Newman n'est plus un vieux-beau mais un grigou affectueux, Helen Hunt un tantinet ras-des-pâquerettes et Robin Wright Penn si belle et sensible... Les adolescents sont époustouflants. Une histoire apparamment banale qui vous prend après quelques minutes et les 3 heures et quelques passent en un éclair. Il mérite amplement tous les Emmy awards et autres récompenses du métier.