En tant que fan de la saga "Ryan" de Tom Clancy, j'ai trois reproches à faire à ce film avant d'évoquer ce qui m'a plu - puisqu'il m'a quand même plu.
Tout d'abord, et très probablement afin de simplifier les choses pour atteindre un maximum de public (comprendre le public qui ne connait pas les livres de Tom Clancy), l'intrigue se déroule une cinquantaine d'années trop tard.
Comprendre : John Kelly semble ici avoir un peu plus de la trentaine. Or, il est né (dans les bouquins) dans les années 1940. Il a donc atteint une trentaine d'années dans les années 1970, pas dans les années 2020 où a l'air de se dérouler l'histoire. Mais évidemment, un film qui se passe à notre époque, avec notre technologie, est plus parlant à un maximum de gens qu'une histoire qui aurait lieu des les années 1970-80.
Une dernière chose à ce sujet : à un moment, on voit un morceau de journal télévisé qui parle des Etats-Unis et de la Russie et on entend "les tensions entre les deux pays n'ont pas été aussi tendues depuis la guerre froide". C'est ironique, car l'intrigue devrait ce dérouler pendant la guerre froide...
Deuxième point qui m'a quand même un peu déplu - et surpris : John Kelly est noir. Or, il est censé être blanc. Là encore, les plateformes de diffusions telles Netflix et Amazon savent que, pour atteindre le plus de public possible, il faut être capable d'attirer à sa production des gens qui verraient d'un bon œil un héros noir. Je peux me permettre de dire ça puisque j'apprécie l'acteur qui incarne John Kelly.
Troisième et dernier point, John Kelly, car il est encore question de ce personnage, s'est fortement fait revisiter son histoire personnelle. Il n'a jamais été marié à Pam ni n'allait avoir d'enfant avec elle. Il y a refonte du personnage.
Bref, tout cela - des points de détails pour le spectateur qui découvre John Clark alias John Kelly et l'univers de Tom - me conduit à considérer que Sans aucun remords n'est pas l'adaptation du livre éponyme mais une inspiration de l'œuvre.
L'acteur principal, Michael Bakari Jordan, est l'auteur d'une prestation correcte. Acteur qui n'est pas, j'en suis persuadé, un inconnu pour une bonne partie du public. Comme beaucoup, je l'ai vraiment découvert 2016 dans "Creed", en tant qu'Adonis Creed, le fils d'Apollo (des Rocky). "Vraiment découvert" car je me suis rendu compte en cherchant dans sa filmographie qu'il avait incarné Johnny Storm dans Les quatre fantastiques (vous savez, la version ratée... Il jouait d'ailleurs déjà un personnage normalement blanc), un an avant Creed.
Ceci dit, si Michael fait ce qu'il faut ici, ce n'est pas tant cela qui est à souligner mais le rythme du film, le suspens et donc l'intrigue. C'est eux qui me permettent d'écrire que j'ai passé un bon moment devant cette réalisation.
Peut-être que la bande-son a contribué à cette impression. Je lui ai trouvé à plusieurs moments - et particulièrement lors du générique de fin - une tonalité à la "Dark Phoenix". Pas de chance, c'est Hans Zimmer qui a composé celle de Phénix Noir. Mais je maintiens que la musique du générique de fin de Sans aucun remords possède des tonalités proches du titre "Dark" de Hans. Pour la petite info, le compositeur de Sans aucun remords s'appelle Jónsi, et il est islandais.
Un dernier bémol, tout petit mais quand même : Robert Ritter, joué par Jamie Bell, a ici une voix française assez déplaisante (du moins, ce fut le cas pour mes oreilles). C'est la voix française du personnage principal de "Silicon valley", une série (relativement) comique où ce personnage est un peu... disons qu'il manque de cran. Ici, je trouve qu'il a une voix de lâche, de mou du genou. Pas terrible. Mais comme j'écrivais, c'est un petit détail.
Trouvant que les gens sont un peu durs (2,8/5 quand je termine cette critique en mai 2021) et hésitant initialement entre 3 et 3,5, je lui accorde la meilleure des deux notes.