Une chanteuse de bar country est mise à l'épreuve pas son patron ("Puisque je ne suis pas un bon manager, fais mieux : prends un gus au hasard, et fais-en un chanteur en or, en deux semaines !"), et se retrouve à apprendre la country à un chauffeur de taxi aussi empoté que drôle. Le Vainqueur (Rhinestone) est une improbable comédie musicale romantique (limite parodique) avec un Sylvester Stallone qui s'éclate comme un fou (et chante comme une grenouille, d'ailleurs le film le relègue souvent en simple chœur) et la fantastique Dolly Parton (incroyable dans ses chansons, comme d'habitude). Excessivement difficile à trouver (pas de DVD à part une copie espagnole vendue 20 euros à la FNAC, pas de reventes d'occasion, pas de VOD, pas présent sur Internet Archive en libre accès, une dernière diffusion télé qui date d'il y a dix ans... Bon courage, il ne vous reste malheureusement plus qu'à vous tourner vers des recherches plus obscures, ça fait peine d'en venir là pour trouver son petit film). Ne croyez surtout pas l'affiche "biscoto" (qui n'a aucun rapport avec le film...), Le Vainqueur n'est pas un énième film bourrin avec Stallone en vedette, bien au contraire (c'est Madame qui met les pains, et Monsieur râle que "Cela lui enlève de sa virilité, enfin !"... Comme une tacle à ses films musclés habituels, on adore le clin-d œil), et on sent que Stallone aime bien son personnage foufou (il en fait des caisses, et Dolly Parton se marre souvent en arrière-plan, si vous avez l’œil). Les punchlines sont piquantes (on a bien rigolé), l'histoire se tient droite (ultra simple et prévisible, mais agréable), le final musical est exactement ce qu'on vient chercher, vraiment ce film passe bien, malgré ses quelques mollesses de rythmes qui flinguent l'attention du spectateur ponctuellement (difficile de ne pas décrocher et raccrocher successivement à l'intrigue). Beaucoup d'autodérision, de gags cocasses (notre préféré : lorsque Nick parle de sa voix en disant très fort "Mais j'ai un bel organe !!!" et qu'un passant se méprend et lève son pouce pour féliciter son entrejambe, sur un "Merci, Mec." de Nick qui n'a rien compris au quiproquo... C'est bête, c'est simple, ça nous a fait marrer), et de bons morceaux musicaux (surtout dus à Madame Parton, radieuse). Le film est à l'instar de Stallone qui tape ses cuillères à soupes : il est drôle, franchement sympa, mais il n'a aucun rythme.