1568 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
105 critiques spectateurs
5
40 critiques
4
47 critiques
3
16 critiques
2
2 critiques
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
CrystalEagle
5 abonnés
125 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 14 juillet 2026
Le prix de la confiance. Celle qui pousse des hommes à remettre leur destin entre les mains d’un autre, alors même qu’une seule fissure peut tout anéantir. Lorsque Claude, Roland, Manu et Vosselin décident d’intégrer Gaspard à leur secret, ils ne lui confient pas seulement un plan d’évasion, mais une part d’eux-mêmes. J’ai progressivement compris que la fuite n’était finalement qu’un prétexte : ce que Jacques Becker observe avec une précision bouleversante, c’est l’être humain face au poids de ses engagements, cette frontière fragile entre la solidarité et la trahison. Refusant tout spectaculaire facile, le réalisateur enferme le spectateur avec ses personnages : aucune musique pour dicter l’émotion, presque aucune ellipse pour alléger l’attente, seulement le bruit du métal contre la pierre, les outils, les pas dans les couloirs et les respirations suspendues. Le noir et blanc austère, les cadres resserrés et la présence d’acteurs non professionnels donnent au film une force presque documentaire, où chaque geste, chaque silence et chaque regard prennent une importance immense.
Mais au-delà de l’évasion, c'est surtout une réflexion sur la fraternité et la fragilité humaine. La prison, lieu de privation et d’enfermement, devient paradoxalement l’espace où naît une forme d’intimité rare entre ces hommes. Personne n’est entièrement innocent, personne n’est totalement coupable : Becker et Giovanni ne jugent pas leurs personnages, ils cherchent à les comprendre. Même Gaspard demeure un être vulnérable, un homme dépassé par un choix qu’il n’arrive pas à assumer. La véritable tragédie n’est donc pas l’échec d’une évasion, mais la disparition d’un lien construit dans un endroit où il semblait impossible. La dernière réplique, « Pauvre Gaspard », ne résonne pas comme une condamnation, mais comme une profonde tristesse face à un homme qui, en voulant survivre, a perdu ce qui le reliait aux autres. À travers ce tunnel creusé pierre après pierre, Becker révèle moins une tentative de fuite qu’une exploration silencieuse des profondeurs humaines : leurs peurs, leurs solitudes et leur besoin fondamental d’être compris.
Encore et toujours l'un des 10 meilleurs films français de tous les temps... Et à défaut d'une place précise dans ce classement... Le meilleur film de prison. Ever.
Le Trou est un film plaisant de Jean Becker sur le milieu carcéral des années 40. On suit une troupe de 5 prisonniers planifiant leur évasion de la prison de la Santé. Le film bénéficie d'une excellente distribution avec des acteurs irréprochables (notamment Marc Michel, parfait dans le rôle principal). Le film dure un peu plus de 2h, mais on ne s'ennuie pas spoiler: (le final est à la fin très fort et très frustrant) . Même s'il ne m'a pas enthousiasmé au point de lui attribuer 4 ou 5 étoiles, il vaut le coup d’œil.
Avec Le Trou, Jacques Becker atteint une forme de pureté cinématographique rare, où le récit se réduit à l’essentiel : le geste, le temps, l’attente. La mise en scène, d’un réalisme presque documentaire, capte avec une précision minutieuse chaque étape de l’évasion, transformant le détail en source de tension. Becker privilégie la durée et la répétition, faisant émerger une solidarité silencieuse entre les détenus. L’absence de spectaculaire renforce au contraire l’intensité dramatique, ancrée dans la matérialité des corps et des objets. Un film austère et fascinant, qui impose sa rigueur comme une véritable expérience de cinéma.
Bonjour à vous... Excellent sans effet spécial ni fioriture. Brut. L 'univers carcéral tout en tensions et des bâtiments vétustes facilitant des projets audacieux. Les acteurs jouent à la perfection. Les réalisateurs pourraient s 'en inspirer.
une équipe de cinq détenus de la même cellule tente de c faire la malle,!! pour l'époque un film vraiment très sympa je trouve ce qui est marrant c'est la narration des dialogues on retourne dans l'ancien temps !! Rien à voir avec Alcatraz
Un récit d’évasion qui s’attache à décrire les plans et l’ingéniosité de ses personnages. C’est assez réussi dans son aspect réaliste et crédible mais en préférant le côté technique de l’évasion, il en oublie le côté humain et on s’attache assez peu à cette bande de détenus.
Je continue mon exploration de l’œuvre de José Giovanni avec son premier roman adapté au cinéma : Le Trou, réalisé par Jacques Becker, dont c’est le dernier film. Il mourra un mois avant la sortie. C’est d’ailleurs Giovanni lui-même qui lui rend hommage en introduisant le film. Il explique que l’histoire est tirée de son expérience à la prison de la Santé en 1947. OK, c’est inspiré de la réalité, mais ce n’est pas un documentaire. Le Trou est bel et bien un film de fiction. Une fiction qui se veut immersive et réaliste. Le parti pris de sa réalisation en fait un grand film prenant et humain.
Pas de dramatisation, pas de sous-intrigues : on suit simplement cinq détenus dans la même cellule qui préparent une évasion, et c’est tout. Et la mise en scène s’attarde sur la lenteur et la patience. Non seulement c’est très efficace, mais le suspense est dilaté sur la durée. La peur que nos personnages se fassent prendre est présente tout au long du film, tant leur travail d’évasion semble long et compliqué. Chaque petit geste a son importance.
Le film est souvent filmé en gros plans afin de renforcer l’impression d’enfermement et d’étouffement.
La musique est absente du long métrage pour ne pas surligner l’émotion. Mais il y a tout de même une forme de musique : tous les sons de la prison s’apparentent à une partition, particulièrement lorsqu’ils servent à masquer le bruit. C’est, à mon sens, un parti pris narratif très malin. Seul Michel Constantin est acteur professionnel parmi les cinq détenus. Les autres ne le sont pas, dont l’un est un ancien détenu ayant participé à la fameuse évasion racontée par le film. Habituellement, je ne suis pas fan de ce procédé, mais ici je n’y ai vu que du feu : tous sont très convaincants et charismatiques. Le Trou est effectivement un grand film de prison et d’évasion. On y retrouve la marque de José Giovanni : une part de vécu, aucun jugement sur les personnages, simplement le fait de montrer leur humanité. La camaraderie et la loyauté sont déjà au cœur de ce premier roman, et elles traversent naturellement le film.
Pour toutes les raisons citées plus haut, je le qualifie de chef-d’œuvre. Il m’a complètement embarqué humainement, et son suspense est continu sur toute la durée.
Pour finir, je souhaite citer le réalisateur Jean-Pierre Melville, immense cinéaste pour qui Le Trou est un chef-d’œuvre. On retrouve dans ses mots certains thèmes qui traverseront toute son œuvre. Je laisse parler le maître :
« (…) Sa maîtrise, sa maturité lui dictèrent un film immense, où tous les aspects essentiels de l’homme allaient être traités : la dignité, le courage, la fraternité, l’intelligence, la noblesse, le respect et la honte (…). Combien faudrait-il de pages pour énumérer les merveilles de ce chef-d’œuvre, de ce film que je considère — et là je pèse bien attentivement mes mots — comme le plus grand film français de tous les temps ? »
Un grand moment de cinéma français ! J’ai été impressionnée du début à la fin par la justesse du jeu des acteurs et la précision de la mise en scène. On a vraiment l’impression d’être enfermés avec eux, de vivre chaque geste, chaque silence, et c’est ça qui rend le film aussi captivant. Pour un film de 1960, je trouve que c’est remarquablement réussi : le noir et blanc, loin de vieillir l’histoire, lui donne une puissance et une authenticité incroyables. L’intensité monte petit à petit, sans artifices, et quand le film se termine, on reste vraiment marqué. C’est une œuvre intemporelle qui prouve que le vrai cinéma n’a pas besoin d’effets spectaculaires pour être grandiose.
La réalisation est super, on passe énormément de temps sur les détails de l'évasion, on se croirait presque dans un documentaire. Malheureusement la fin ouverte m'a surprise, et laisse libre choix au spectateur de sa propre fin.
J'ai adoré ce film, très bien interprété par des acteurs de la façon austère mais solidaire qui convient à une escapade de prisonniers. Le noir et blanc donne des contrastes esthétiques à ce film qui n'a pas vieilli, et ce pour une raison principale: le contexte se situe hors du temps et de la société, avec pour tout décor une cellule et un environnement carcéral, et une galerie souterraine. On se prend à sympathiser de plus en plus avec les protagonistes, tout en ne sachant jamais ce qu'ils ont fait (sauf pour l'un d'eux, le dernier arrivé) pour être en prison. Et Michel Constantin, c'est la classe dans un rôle de dur ombrageux qui lui va à merveille.
Immense film français on n'est pas loin de la perfection.
Bon je me répète mais les films où tu suis tout un processus, toute une préparation comme ici l'évasion de la prison beh ça c'est mon kiff absolu.
C'est presque un documentaire sur les différentes étapes à suivre pour sortir de taule ni vu ni connu. Je n'ai jamais vu des gens qui creusent des trous avec une telle passion, une telle force, une telle énergie. Les bruits de leurs outils procurent une musique particulière très sensuelle pour l'oreille.
On ressent parfaitement cette notion d'enfermement. On est détenu dans cette même cellule avec les 5 autres messieurs, et de suite on a cette envie de s'évader avec eux.
Et la tension du film, mon dieu ! Quelle tension ! Quel stress ! Chaque mouvement nous rend de plus en plus tendu, fou. On se demande à chaque fois si les gardiens ne vont pas rappliquer d'un moment à l'autre.
Franchement tout est parfait dans ce film même si la qualité de jeu de tous les acteurs n'est pas forcément phénoménale mais on pardonne parce que le reste envoie du très très très lourd.
Jeune homme bien élevé, Gaspard est détenu à la prison de la Santé. Un jour, il débarque dans une nouvelle cellule, où se trouvent quatre détenus très amicaux. Rapidement, ils vont l'associer à leur projet d'évasion : creuser un trou vers la liberté... J'ai été bluffé par ce film de prison vraiment pas comme les autres. Jacques Becker s'inspire d'une histoire vraie, et filme avec précision et méticulosité. Le fonctionnement de la prison, mais aussi et surtout toutes les combines de nos protagonistes pour creuser leur trou. Il faut dire qu'il a du être bien renseigné, s'étant appuyé sur José Giovanni et Jean Keraudy/Roland Barbat, ayant participé à la tentative d'évasion. Ce dernier y joue même son propre rôle ! Loin d'être lourde, cette approche quasi documentaire permet une immersion totale, et renforce un suspense permanent (malgré l'absence totale de musique, chapeau !). Puisque l'on sait que chaque inspection des gardiens peut annihiler en quelques secondes des semaines de travail. Ainsi le simple fait de taper contre le ciment pendant plusieurs minutes devient une vraie épreuve, pour les protagonistes et le spectateur. La mise en scène de Becker y est pour beaucoup. Les décors, souvent limités à la cellule épurée, sont étouffants. L'éclairage brut et les bétons omniprésents font du "Trou" un film minéral, qui rappelle parfois des classiques du cinéma muet expressionniste oppressant. Un autre facteur de cette grande réussite, ce sont évidemment les comédiens. Un mélange d'amateurs et d'expérimentés, qui font ressentir le passé trouble et les différences sociales de leur personnages. Mais également la camaraderie qui s'installe immédiatement dans la cellule. Avec sa débrouillardise, son air alerte, et son visage marqué, Jean Keraudy/Roland Barbat est la vraie star, et il est très étonnant que l'ex-taulard n'ait pas fait carrière au cinéma ! Quelques part cela renforce l'unicité du "Trou"... Sur le fond, le film n'est pas en reste. Evoquant évidemment la liberté, le fonctionnement de l'administration pénitencière, la confiance entre les prisonniers. En outre le scénario est très loin d'un vision des gentils prisonniers contre les gardiens odieux, que l'on retrouvait encore à l'époque dans certains films de prison. Ici, tout le monde est humain. Les gardiens vont du combinard au rustre pas très futé. Les prisonniers sont pour la plupart avenants, mais peuvent vite devenir inquiétants. Une vrai réussite, à la fois âpre et humaine.