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vindiesel
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0,5
Publiée le 10 janvier 2021
Je n ai pas aimé le coté camescope ... Attention a la version non sensuré qui serait interdit au moin de 18... scene pornographique a ne pas regarder en famille .
Premier plan du film, fixe. Un homme et une femme se font face, sur un fond bleu piscine. Ils se séparent, on entend hors champ les bruits d'un déménagement, des silhouettes passent dans le cadre. Il lui demande si elle n'a rien à dire, si elle ne veut pas qu'il reste ; elle ne répond pas. Il sort du cadre, on entend une portière claquer, un camion démarrer, et le fond bleu s'efface. Elle est maintenant seule, sur un fond désertique, et réussit enfin à dire : "Reste !" Cette scène d'ouverture est représentative de ce qui fait la particularité de ce film, c'est-à-dire son côté très écrit (trop ?) -les deux réalisateurs sont écrivains-, et la maîtrise technique, plus inattendue puisqu'il s'agit d'un premier film.
Cette compréhension de ce qu'est le cinéma, à savoir l'utilisation appropriée de la grammaire du mouvement pour se mettre au service d'un récit, se manifeste particulièrement lors de la découverte du deuxième personnage, Keren. Nous rentrons dans un mariage par un long plan séquence en traveling à la suite de Batya depuis la cuisine jusqu'à la salle des fêtes. Puis la caméra filme en plongée la mariée coincée dans les toilettes, la corolle de sa robe blanche sur le fond bleu marine évoquant les méduses du titre. Un montage nerveux oppose sa détresse assourdie à la frénésie de la piste de danse, symbolique du décalage des différents personnages par rapport à leur réalité environnante.
Décalage de Batya, qui avoue douloureusement à celle qui lui propose de l'aider qu'elle ne peut faire confiance à personne, jamais remise des déchirements du premier âge entre un père cavaleur et une mère bienfaitrice médiatique, et qui s'attache à cette petite fille mutique sortie de la mer, à moins que ce ne soit de sa propre enfance. Décalage des jeunes mariés, partis pour les Caraïbes et échoués dans un hôtel lugubre envahi par des remugles d'égoûts, et où les femmes croisées dans les ascenseurs demandent comment s'écrit opprobre éternel. En quelques jours, ils vivent en accéléré ce que subissent bien des couples : suspicion, déception, jalousie. Décalage de Joy, lost in translation, le coeur aux Philippines, souhaitant travailler avec des bébés, et qu'on envoie s'occuper de vieilles dames, dont une meurt, et dont l'autre pense que parler allemand suffit pour se faire comprendre de cette potiche anglophone.
De tous les films récents de ce nouveau cinéma israélien si dynamique ("The Bubble", "Tehilim", "Une Jeunesse comme aucune autre"), "Les Méduses" est certainement le plus universel. D'ailleurs, les réalisateurs se sont attaché à éviter les plans larges permettant d'identifier les lieux de Tel Aviv où se déroule l'action. Il y a bien quelques répliques spécifiquement israéliennes, comme cet homme qui répond sombrement à sa mère amésique qui lui demande qui lui a fait cette marque au visage "Les Syriens", ou la remarque de Malka à propos du metteur en scène de sa fille "Qu'est-ce qu'un Arabe a à voir avec Shakespeare ?", ou encore l'amertune de Michaël qui répond à sa femme qui se moque de sa méconnaissance de l'orthographe hébreu "En russe, au moins, je ne fais pas de fautes..." ; mais les histoires de solitude et de mal-être qui nous sont racontées pourraient trouver lieu dans bien d'autres villes d'Europe ou d'Amérique.
Les réalisateurs tissent habilement la toile de ce film choral dans toute la première partie, à la fois poétique et par moment hyperréaliste. La seconde moitié se perd un peu dans un sentimentalisme appuyé, et la légèreté offerte par le rythme énergique et les fréquents changements de tonalité se dilue progressivement. Malgré cela, "Les Méduses", Caméra d'Or au dernier festival de Cannes, est un film intéressant, ses défauts n'étant que les scories d'une ambition absente de bien des films d'aujourd'hui.
Un film tourné dans l'urgence, comme si il fallait noter à la hâte le difficile passage de l'adolescence à l'état adulte. Peu de mots. juste la vérité d'une relation explosive . les regards. les gestes. D'une vérité criante. Du vrai cinéma
Dissolution de la personnalité à l’adolescence poussée à un paroxysme quasi autistique: Nicolas est largué. Enfant abandonné hébergé par un couple bienveillant mais très âgé et simple, sans amis et scolairement dépassé. Se peut-il que la vie ne soit que cela? L’adolescent n’est pas rationnel (sa force) et une carte postale de Belle-île en mer trouvée dans un livre oublié par son professeur (l’éveil du printemps) le décide à faire son sac, voler quelques billets, et tailler la route vers Belle-île. Même irrationalité quand il accepte de suivre une fille agressive en minijupe et blouson de fourrure synthétique. C’est Charly, petite pute la nuit, tyran ménager le jour, une boule de solitude à peine plus âgée. Seule la tenue de son intérieur lui permet de croire qu’elle a prise sur la vie. Lui se plie à son autorité souveraine dans sa caravane prés des poubelles. Inexplicablement la confiance est instantanée entre ces deux personnages malgré l’autoritarisme hallucinant de Charly et l’hébétude horripilante de Nicolas. Couple en quelque sorte inversé: elle brutale autoritaire part à la chasse, il fait le ménage les repas et subit l’autorité sans broncher. Ces deux individus bruts vont faire le parcours de l’apprivoisement mutuel: fable sur la renaissance de l’humanité à partir de l’animal. La littérature prendra une place dans cette démarche. Nicolas apprend par cœur l’éveil du printemps ce qui donnera un séquence savoureuse où ils jouent une scène fleur bleue et sadomasochiste : un moment magique de leur rapprochement et de leur évolution, elle dans l’acceptation de l’autre et lui dans l’acceptation de lui-même. Quand un matin Charly remonte sa jupe et colle son sexe sur le visage endormi de Nicolas elle s’offre de la seule manière qu’elle connaisse. Lui comprend qu’il existe enfin, pour elle et par elle. Mais Nicolas a un but : Belle-île. Fort de sa nouvelle « existence », il finit donc son chemin puis retourne dans sa famille d’accueil pour prendre son destin en main.
Dur et aride ! Désespérant et drôle ! Notamment la scène de "répétition" de l'Eveil du Printemps de Frank Wedekind. Surprenant d'avoir pris à ce propos, ce titre pour en faire l'élément déclencheur du film. L'actrice principale, Marie-Julie Parmentier est tout bonnement géniale dans son rôle de femme de joie autoritaire et remplie de TOC. Peut-être, n'en sont-ce pas mais je l'ai pris comme ça. Quant à Kolia Litscher, il traîne formidablement son mal-être d'ado dans un corps déjà homme, mais pas tout à fait encore, tellement il est encore proche du mollusque ! C'est de la balle, c'est de la bave, Joyce !
L'actrice Isild Le Besco signe son deuxième film après "Demi-Tarif". "Charly" prend aux tripes ou bien on passe à côté. Il faut être sensible aux états d'âme de "préado" (14 ans), avoir connu de près ou de loin cette forme d'absence temporaire à soi-même. Grands parents plus vrais que nature. Désir et fuite de l'aide du monde adulte. Très judicieux d'avoir mis en parallèle la maniaquerie féminine ! Les deux jeunes acteurs excellent dans leur opposition. Et j'ai trouvé l'élément marin venant scander la métamorphose très poétique, avec cette mer inondant la crique à la fin, juste après l'instant fatidique, d'une crudité incroyable, je reste fascinée par la profondeur de ce film, tant de recul de la part d'une femme tout juste trentenaire !
Beau projet, même si un peu éculé et caricatural. On a du mal à s'attacher et à croire à la véracité de ces personnages. Et ce n'est pas par ce que l'on filme du trash que la caméra et l'image doivent etre degueu.
La rencontre d'un ado en fugue et d'une jeune prostituée qui vit dans une caravane. Ou comment réaliser à la fois un road-movie et un huis-clos. Isild filme son petit-trère (au passage, c'est fou la ressemblance, dans la façon de parler, de bouger...) dans un film brut, parfois irrationnel, drôle et sordide. Le début du film est une claque, le jeune héros qui chante du Léo Ferré sur fond d'écran noir, puis une chanson de Christophe sur des images complètement en décalage. Après cela la bande son est intégralement brute (quand il y a du vent on entend le vent, quand le son "tremble" on l'entend trembler...). Le scénario est parfois léger (la rencontre initiale entre les 2 n'est pas forcément crédible) mais là où le film est fort c'est dans les détails, les répétitions, qui nous montrent la névrose de cette fille. On s'échappe parfois complètement dans la poésie avec des scènes lunaires comme elle et lui dans un champ debout en plan fixe, sans aucune explication. Bien sur ça parle du passage à l'âge adulte, de la rencontre de deux paumés, mais "Charly", c'est d'abord une question d'atmosphère.
Après un départ un peu lent, le film décolle vraiment et atteint une vitesse de croisière ébouriffante dès qu'apparait à l'écran la formidable Julie-Marie Parmentier en prostituée de campagne aux allures de tyran domestique pourtant plus à plaindre qu'à blâmer. La précision de son jeu plus nuancé qu'il n'y paraît fait mouche à tous les coups et mériterait bien une récompense aux prochains Césars... Avec un rythme soutenu, la jeune cinéaste embarque le spectateur dans la quête initiatique d'un ado paumé élevé par ses grands-parents mais sans s'apesantir sur le mal être du garçon, sujet mille fois abordé par le cinéma. Il s'agit plutôt d'un passage à l'âge adulte qui est montré ici, avec tout ce qu'il peut avoir de cocasse, de sordide et surtout d'unique. Après le formidable "Pardonne-moi" de Maïwenn, le clan Le Besco nous offre une nouvelle occasion de se réjouir de la qualité du cinéma français d'aujourd'hui, loin des sentiers archi labourés du convenu. Une affaire de famille à suivre donc.
C'est vrai, on ne trouvera pas dans ce film de supers decors holywoodiens. Pas de cascades de voitures non plus et pas de petarades. De quoi en faire fuir plus d'un. Mais ce qui se passe dans cette petite caravane, est d'une telle densité que si on accepte le parti-pris de ne pas aller au cinema pour chercher uniquement de l'evasion, alors on penetre au coeur des etres et des choses. Deux etres que tout opposent se croisent dans un village désert de Bretagne au petit matin. Lui a fui l'atmosphere sinistre d'une maison où il ne peut plus vivre, coince entre un couple de vieux avec qui il ne peut pas communiquer. Elle, elle fait comme elle peut pour survivre dans un terrain vague. Lui est parti, sur un coup de tête. Il savait que son destin etait ailleurs. Où ? Comment savoir ? Il sait juste quand ce n'est pas sa place . Une piste ? Un paysage de carte postale avec des mots d'ou à entendre. Partir, la nuit, rouler, vite et loin, avant de mourir sans avoir vécu. Elle, d'où vient -elle ? On ne sait pas. On sait juste où elle va quand elle quitte sa caravane. Elle, c'est la premiere fois qu'un homme lui tient compagnie, même si cet homme n'est encore qu'un enfant. Elle accomplira un rituel de passage, pour le faire devenir homme. Il ne lui a rien demandé. Juste , elle s'offre a lui. Elle ne sait pas quoi offrir d'autre que son corps. On ne lui a pas appris. Ce qu'elle peut lui apprendre encore, c'est comment on fait pour survivre a deux dans une caravane. Là où chaque centimètre carré est compté. Une scène d'anthologie nous explique. Pas de mots en trop dans cette fugitive rencontre. Ils ne sont pas là pour se séduire. Ils sont là pour être ensemble, s'aider à vivre, s'aider à continuer leur chemin. Dans cette histoire toute simple, la vérité nue. Les comédiens ne jouent pas, ils sont. D'une vérité criante. Ces deux là qui n'auraient jamais dû se rencontrer s'épaulent et organisent leur quotidien. Bien loin des films parisianistes , une tranche de vie à
Un film réalisé caméra à l'épaule qui prend aux tripes. On ne peut rester insensible devant l'histoire complexe qui se joue entre Nicolas et Charly. Ces deux êtres solitaires vont s'apprivoiser et le jeune garçon, au gré de son parcours iniatiatique, va devenir un homme. Un très beau film qui mérite d'être vu.
Nicolas traine son ennui dans une famille d'accueil, deux personnes agées manifestement dépassées par l'ampleur de la tâche. Un jour, une carte postale trouvée dans un livre lui donne envie de fuir sa morne campagne sarthoise et de voir la mer. Sur le chemin, il est recueilli par une jeune prostituée nommée Charly. De l'histoire de ces deux personnages, rien n'est dit. On saura juste que Nicolas n'a pas connu ses parents, et que Charly a un frère décédé. S'installe entre ces deux là une étrange relation faite pour l'une de bavardages frénétiques et d'autoritarisme, et pour l'autre d'une passivité bovine bienveillante. On ne sait quel âge a Charly, mais on est attendri de la voir jouer les adultes et en meme temps se comporter comme une gamine qui joue à la maman avec Nicolas comme elle le ferait avec une poupée, ranger ses affaires précieuses dans une boite à trésors... Pour compense l'hystérie de Charly, l'hébétude de Nicolas pourrait être une facade de sa bêtise, si l'on ne voyait pas que sans faire de vagues, il apprend peu à peu, par petites touches à conquérir et à dompter la jeune fille. Malgré la grande performance des deux acteurs, on regrettera peut-etre qu'Isild le Besco s'embourbe un peu dans sa caravane entre les "Assis-toi!", "Range!", "Nettoie!", "T'as compris ?", "Je sais pas" trop répétitifs... Quelques scènes limite documentaires plombent un peu un rythme déjà lent. On reste dubitatif sur les interludes piscicoles chaque fois que Nicolas s'endort. Une curiosité en tout cas.
Charly, c’est le cinéma indigent par excellence, celui qui rebute le grand public et enthousiasme les élites… Une idée mise en image dans l’urgence, avec peu de moyens et des acteurs amateurs ou presque. Sur ce constat aride, on pourrait croire que ce film dérange plus qu’il ne séduise… Mais c’est tout le contraire ! L’éveil de Nicolas, sorte d’ado autiste de la vie confiné dans son bocal par une famille d’accueil moribonde, passe par la fugue… Tel le brochet, il remonte peu à peu à contre courant une existence morte née. Sa rencontre avec Charly sera déterminante. Il saute dans un autre bocal, plus vaseux encore, mais salutaire. Film étonnant sur le passage de la frontière qui sépare l’enfant de sa future vie d’adulte, « Charly » est une œuvre puissamment douloureuse et authentique. Isild Le Besco n’a rien à envier à un Doillon, voir même à un Pialat dans sa manière intimiste et réaliste de filmer. Son film en huis clos, à la bande son totalement dénuée d’artifices et dont les deux acteurs sont en état brut, nous rappelle parfois aussi le « Sans toit ni loi » de Varda. Mais bien plus que le référentiel « Charly » se place comme l’un des films les plus originaux de ces dernières années… A l’image du générique de début avec l’interprétation de « La marée », chanson de Léo Ferré fredonnée aux larmes par le jeune Kolia Litscher (frère de la réalisatrice).
Peu importe qu'il s'agisse d'une histoire d'inititation pas exceptionnellement originale, il faut s'arrêter à "comment c'est filmé". C'est une vision brute, dépourvue de la lanterne qui embellie tout du cinéma, de deux êtres qui eux non plus ne vivent pas dans le monde des apparences. L'un est un adolescent proche de l'apathie, sans autre ressource que de fuguer pour ne pas sombrer, et l'autre une jeune prostituée pleine de vie, mais que la vie justement, trop pénible, a rendu en perpetuelle tension. Cette rencontre improbable mais fascinante, cette main tendue de la vie dure à la non vie, débouche sur une émouvante histoire d'apprentissages et de reconnaissance. Inutile de dire que le type de mise en scène d'Isild Le Besco n'est pas orthodoxe, mais c'est là où est la réussite du film : elle a le truc pour choisir et rendre signifiants les mouvements de caméras, les plans, et tout cela crée une certaine fluidité dans la narration : elle film léger et se démarque ainsi à la fois du cinéma trop classique et du cinéma "estampillé" auteur.