Maïwenn et Violette ne sont quune même personne, pas plus vraie lune que lautre, pas plus fictive lune que lautre, peu importe
Maïwenn a besoin de crier, elle fait crier Violette, et elle nous livre ce cri, parce quil y a un moment où on ne peut plus se taire comme quand on avait dix ans, il y a un moment où il faut exorciser ses douleurs, cesser de passer à côté des autres sans les atteindre
Violette ne peut pas grandir car son enfance la tire par les pieds et lui appuie sur la tête
elle veut grandir, elle doit grandir avant davoir son enfant, elle doit fouiller dans les secrets, faire des aller-retour jusquà avant pour mieux comprendre à quel point le présent dépend du passé
et dire sa vérité à la « caméra bouclier » qui filme de très près, sans artifice, presque sans mise en scène, ça claque, ça hurle, ça pleure, Violette finit par tout dire et peut reprendre son enfance, manger de la barbe à papa
Des histoires de famille douloureuses truffées de non-dits, on a vu des dizaines
mais filmées comme lest celle-ci, avec autant de vérité, de sincérité, de brutalité, jamais ! Et ça secoue, ça secoue vraiment, parce que finalement, les histoires personnelles sont les histoires de tout le monde.