Soyez sympas, rembobinez
Note moyenne
3,6
15518 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

1 044 critiques spectateurs

5
253 critiques
4
391 critiques
3
107 critiques
2
165 critiques
1
69 critiques
0
59 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 17 septembre 2023
C'est étrange parce que pour moi Michel Gondry à fait un chef d'œuvre (eternal sunshine) et c'est tout. Le reste de sa filmo m'est extrêmement indigeste. Ici même si il recherche une certaine poésie en racontant l'histoire de ses vendeurs de films qui refond des remakes fauchés de films célèbres peut paraître sympathique sur le papier, le résultat en fait un gentil Nanar bancal et mal fichu. Bref c'est pas terrible...
g0urAngA
g0urAngA

107 abonnés 1 735 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 janvier 2013
Du Michel Gondry à 100% ! Le film se laisse voir grâce à ces deux protagonistes principaux survolté. L'histoire est originale et la fin touchante. Un bon moment pour les amoureux du cinéma ...
Sebi Spilbeurg
Sebi Spilbeurg

93 abonnés 1 005 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juin 2013
Pour ceux qui ne connaisse pas bien Michel Gondry, il s’agit d’un réalisateur français s’étant expérimenté dans les pubs et clips (on lui doit notamment ceux de Björk) qui aime s’intéresser à l’esprit des hommes dans la société, usant souvent d’effets spéciaux artisanaux faits maison pour mettre en image des mondes imaginaires (il n’y a qu’à voir La Science des Rêves et le récent L’Écume des Jours). Tel est la signature de ce réalisateur qu’Hollywood a voulu endoctriné avec le distrayant mais impersonnel The Green Hornet. Et cette patte, Soyez sympas, rembobinez (traduction dispensable de Be Kind Rewind) la met en valeur plus que jamais !

Car le film est basé que sur ces effets spéciaux artisanaux à la portée de tout le monde. Et pour cela, Gondry part d’un postulat tout à fait banal mais également loufoque : toutes les cassettes d’un magasin se retrouvant démagnétisées / effacées à cause du pote du gérant de dernière minute, qui s’est fait électrocuter en voulant saboter une ligne à haute tension. Du coup, les deux bonhomme vont se retrouver à retourner chaque film avec les moyens de bord. Et quand on parle de films à refaire, il ne s’agit pas de documentaires ou autres courts-métrages. Mais bien de titres mondialement connus tels que Ghostbusters, Rush Hour 2, Men in Blackn RoboCop ou encore Le Roi Lion ! On se délecte donc à assister à ces « tournages en catastrophes version budget minimisé au possible ». Surtout avec la folie si caractéristique de Jack Black ! On ne rit pas aux larmes, il faut bien le reconnaître, mais on sourit souvent devant ce divertissement. On sourit de voir des acteurs connus se prêter au jeu (Danny Glover, Mia Farrow et surtout Sigourney Weaver en guest). On sourit de voir la tournure farfelue que prend l’histoire.

Mais derrière cela, se cache derrière Soyez sympas, rembobinez un message. Une véritable déclaration d’amour au cinéma. Pas celle où l’on copie un détail technique, une histoire ou un genre (The Artist, par exemple). Mais une déclaration d’amour véritablement personnelle. Et si Michel Gondry use de sa signature artistique dans ce film, c’est bien pour parler de cinéma. Pour nous dire que le cinéma réside dans le succès de ces vieux chefs-d’œuvre. Que le cinéma rassemble les gens. Qu’il leur permet d’oublier tous leurs soucis. Que le cinéma est parasité par le moderne (le concept des suites et remakes hollywoodiens, le symbole des cassettes qui se veulent bien plus présentes que les DVD). Que le cinéma est un art et non un prétexte pour se faire du pognon. Voilà tout ce que dit Be King Rewind (j’en ai marre du titre français !).

Cependant, cela n’empêche pas le film d’avoir quelques défauts. Comme par exemple le fait que Be King Rewind ne soit entièrement tourné que par cette déclaration d’amour qui anime Michel Gondry. Si le farfelu se mélange aisément avec le réalisme de l’histoire, on ne peut pas vraiment dire que nous ayons une histoire réellement développée. Ou du moins les personnages ! Ces derniers se montrent bien fades pour ce qui est des émotions. Si nous avons un Jack Black aussi endiablé que d’habitude et un Danny Glover naturel, nous ne pouvons pas en dire autant de Mos Def et de Melonie Diaz (Mia Farrow et Sigourney Weaver étant réduites en tant que personnages secondaires, nous ne pouvons rien dire de plus à leur sujet). Ces deux comédiens ne sont pas mauvais, mais semblent surtout peu emballés par le film. Rendant certaines parties du scénario aussi anecdotiques qu’une mouche dans du potage.

Bon, d’accord, on ne peut pas réellement rejeter la faute sur eux. Le scénario lui-même est responsable de ce sentiment de « et alors ? et après ? ». Pour l’intérêt d’instaurer une histoire à sa déclaration d’amour, Michel Gondry s’est senti obligé de rajouter quelques détails à la trame. Comme le fait que si le magasin de location vidéo ne rapporte pas suffisamment d’argent, le bâtiment entier sera détruit par un promoteur. Comme une idylle amoureuse qui finalement ne sera que supposition. Du devenir des personnages à la fin du film. Bref, tant questions qui resteront sans réponse, prouvant que Gondry n’a eu que sa déclaration d’amour du cinéma en tête. Empêchant ainsi à son propre film de trouver une quelconque émotion qui lui aurait donné plus de corps, d’avoir des personnages bien plus charismatiques que ça, de présenter des passages bien moins niais que nous avons pourtant là.

Malgré cela, Be Kind Rewind reste une petite comédie artisanale de bon goût. Revigorante et plaisante à regarder. Montrant que son réalisateur, Michel Gondry, est bien un cinéaste à part dans le cinéma actuel, qui sait imposer son style et sa fameuse patte. Et avec un tel cinéaste, nous ne sommes pas prêts à d’oublier ce qu’est le 7ème art : un moyen de réunir des gens, quelque soit leur culture, et de faire passer agréablement le temps au point d’oublier tous nos problèmes quotidiens (le temps d’un film).
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2018
Une comédie réjouissante qui célèbre un cinéma bricoleur et amateur et se double d'une intéressante réflexion sur l'importance de l'art (sa pratique, ses institutions même les plus mineures, comme le vidéo-club) dans la communauté. Là où 'Soyez sympa' est beau, mais aussi un peu subversif, c'est que la communauté utopique dépeinte par Michel Gondry transcende les problématiques raciales et sociales - et qu'elle a effectivement existé en dehors du film, puisque des dizaines de figurants ont pris part au tournage.
Zipzap
Zipzap

16 abonnés 223 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 janvier 2019
Si le Cinéma était une femme, elle aurait reçu avec "Soyez sympa, rembobinez" sa plus belle déclaration d'amour. Elle n'aurait pas été conquise immédiatement : au début un peu foutraque, maladroit, sans doute stressé par l'enjeu, le film a les mains moites, dérapent sur les mots, ennuie même un peu. "Mais bon dieu, impose-toi, sort les biscotos, blockbusterise-moi !". Mais non. Le film de Gondry ne sait pas bomber le torse et le col ouvert ne montre que quelques poils épars. Qu'importe, cette "gente filmique" sait qu'elle ne peut arriver à ses fins qu'en utilisant des chemins de traverse. Alors le film fait d'abord sourire, réveille même un oeil attendri, entre naïveté et folie… puis finit par faire rire franchement. Et c'est là que le clown s'efface, montre son vrai visage, avec une telle profondeur, une telle intelligence, qui nous fait tout comprendre, tout ressentir, de ce 7e art qui est bien la vie, les gens, nous. A jamais. Voilà, le cinéma est terrassé d'amour, sans doute à sa grande surprise, par celui qui ne payait pas de mine à la première rencontre et qui a su, à son rythme, trouvé les mots (et surtout les images) pour faire effectivement… la plus belle déclaration que toute femme, tout homme, toute entité, inerte ou vivante, aimerait recevoir. Mr Gondry, je pourrais voir juste les 5 dernières minutes de votre film, inlassablement. Et puisque je suis assez sympa avec moi-même, je le rembobinerai au début pour profiter de tout le reste…
flo140
flo140

6 abonnés 74 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 décembre 2008
Une foi de plus Gondry avec ce film (c.f l'excellent Eternal Sunshine) qui nous raconte l'histoire de responsables de video club qui se mettent à tourner des remake de film avec de très petit moyen (c'est le moins que l'on puisse dire).
L'idée est amusante est fonctionne bien, on prend un vrai plaisir de gosse à voir ces types recréer les effets spéciaux de men in black dans une carcasse de voiture ou de SOS fantômes avec des cannes à pêches et des guirlandes de Noël (finalement cela donne des "pièges fantômes" plutôt convaincant) bref de tout ces classiques que l'on adore.
Par contre j'ai été un petit peu déçu par quelques temps mort et le manque d'un petit quelque chose. En tout cas ne boudons pas notre plaisir c'est une comédie sympa, rafraîchissante et décalée.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 octobre 2017
Soyez sympas, rembobinez est sans aucun doute le meilleur film de Michel Gondry car il est tout simplement indémodable et cultissime. Mike est l’employé du vidéoclub de Monsieur Fletcher. Alors que ce dernier lui confie les clés quelques jours, Jerry débarque et efface involontairement toutes les bandes des cassettes vidéos. Oui Jerry a le cerveau magnétique et vous offrira de nombreux gags hilarants. Les deux potes vont alors devoir réaliser tous les remakes des films pour satisfaire la demande des clients. SOS Fantômes, Le Roi Lion, Robocop, Rush Hour, Rocky, 2001 : l’Odyssée de l’Espace, tous les titres y passent ! Michel Gondry est connu pour son esprit ingénieux de bricoleur, et le long-métrage en sera la preuve irréfutable. Quel que soit notre âge, le cinéaste nous fait toujours retomber en enfance en nous livrant des fictions à la fois déjantées et mélancoliques. Car s’il sait nous faire rire, Michel Gondy n’oublie pas non plus de conclure ses histoires et le final de Soyez sympas, rembobinez est une ode à la communauté et à la solidarité.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Yetcha

1 081 abonnés 4 735 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 avril 2008
Au regard des bonnes critiques et des étoiles je me suis décidé à voir ce film. Je reste du coup un peu sur ma fin. C'est vrai que c'est original, décalé et plutôt sympa (du Gondry quoi!!!), mais bon, de là à mettre 3 étoiles faut pas pousser. J'en mets juste 2 car 1 sera trop sévère face à l'originalité hallucinante du scénario. Faut quand même y penser!!!
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juin 2021
Une Comédie très plaisante, écrite et parfaitement mise en scène par Michel Gondry. Son scénario très original nous offre une histoire fantastique avec un bel esprit participatif. Ce film magnétique nous propose des personnages sympathiques et maintes scènes délirantes : le tournage des sweded films nous montre des accessoires inventifs et des effets visuels ingénieux et drôles.
Le film nous propose également de brillantes références musicales et un casting fastueux nous prodiguant la participation de Sigourney Weaver, et les belles compositions de Mia Farrow, la cliente charmante du Vidéoclub, et de Danny Glover dans le rôle du patron de la boutique. Dans le rôle principal de Jerry, Jack Black réalise une excellente prestation d'acteur dans un premier rôle délicat.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2014
"Be Kind, Rewind" (et non pas cet ignoble titre français "Soyez sympas, rembobinez") paraît incarner le mieux l'esprit fantaisiste et coloré de Michel Gondry. En 2008, le cinéaste rend hommage à la débrouille au cinéma qu'ont connu bien de leurs artisans depuis les débuts du septième art, sur fond de nostalgie des vidéoclubs VHS. S'il a été un échec commercial en France, il y a pourtant fort à parier qu'il gagnera progressivement ses galons. Les premiers effets sont d'ailleurs déjà là, le cinéaste pouvant même se targuer d'avoir inventé un terme désormais ancré dans la culture populaire : suéder un film, autrement dit en réaliser un remake amateur. Dans sa refonte, voyant défiler "SOS Fantômes", "Le Roi Lion", "Rush Hour" ou encore "2001", on ne peut qu'être épaté par le côté créatif de Gondry, d'autant que ce dernier rend justement hommage à la créativité. Jack Black est irrésistible, trouvant sans doute avec ce film la plus belle expression de son génie comique. Même s'il n'échappe pas à une naïveté, voilà donc une entreprise drôle et émouvante qui maintiendra en vous tout au long de sa vision un invincible sourire aux lèvres.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 novembre 2017
Pour tout dire, je pensais que j'allais me retrouver face à une grosse daube double XL sur laquelle j'aurais eu à cracher avec un plaisir non dissimulé. Mais, je dois bien avouer que ce « Soyez sympas, rembobinez » m'a finalement assez plu. Avec beaucoup d'originalité, Gondry fait une véritable déclaration d'amour au cinéma. Pourtant, le début fait un peu peur. Ça braille beaucoup, c'est balourd et ça fait mal au crâne. Mais tout se décante à partir du moment où spoiler: Jack Black se fait magnétiser après avoir fait le guignol à la centrale
. A partir de là, Gondry déroule son truc tranquillement, et nous, on se fait plaisir. C'est amusant, parfois absurde ( spoiler: voir la scène dans laquelle Black se vide le long du trottoir
), parfois touchant, mais toujours dans un ton assez juste. Le trait n'est jamais trop surligné. Excepté peut-être à la fin. Celle-ci donnant l'impression d'être un peu facile. Cependant, quelques petits regrets me concernant : le début poussif donc, un rythme s'essoufflant légèrement dans la dernière demie heure et surtout, j'aurais bien aimé que la magnétisation de Black soit un poil plus exploitée. Un film original et méritant le visionnage ne serait-ce qu'une fois.
Requiemovies
Requiemovies

240 abonnés 1 153 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 mars 2008
Gondry nous donne à voir un gentillet film de cinéphiles, plein d'énergie et d'idées. Une direction d'acteurs impeccable mais les émotions sont restées dans les cartons. Trop occupé à construire avec humour et génie ses remakes "suédés" de films il en a oublié de donner une émotion profonde et importante à la globalité de son récit. Reste son génie de metteur en scène "ouiouitant" avec malice et jeux de l'art qu'il maîtrise le plus...Un film de cinéphile pour tous le monde, ce n'est déjà pas si mal...(à noter le petit caméo assez drôle se Sacha Bourdau)...
MaxPierrette
MaxPierrette

199 abonnés 320 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 mars 2008
Bien que l’on commence à connaître son esprit aussi génial qu’atypique, Michel Gondry parvient encore à nous surprendre à chaque film. Ainsi, après la comédie animalo-sociologique (“Human Nature”), la romance poétique à rebours (“Eternal Sunshine of the Spotless Mind”, son chef-d’œuvre), le bazar poético-autobiographique (“La Science des rêves”) et le concert filmé (“Block Party”), il revient avec, sous le bras, une histoire aussi dingue qu’excitante : celle de Jerry qui, électrocuté lors d’une tentative de sabotage de centrale nucléaire en solo, devient magnétique et efface, à l’insu de son plein gré, les cassettes du vidéo club de son meilleur ami. Lequel se doit alors de trouver une solution pour éviter de mettre la clé sous la porte. Mais plutôt que de racheter les vidéos perdues, les deux compères décident de retourner eux-mêmes les films, avec un camescope et les moyens du bord… c’est-à-dire très peu de choses. D’où une flopée de séquences burlesques, lorsque les deux héros utilisent de l’aluminium et des guirlandes pour faire “SOS Fantômes”, des pièces de tôle pour rejouer “Robocop”… Mais Gondry ne se contente pas d’aligner ces scènes comiques, puisque transparaît, derrière les costumes miteux et les trucages ratés de son duo, une véritable déclaration d’amour au cinéma, à ces films qui ont “du cœur et de l’âme”, comme le dit le personnage joué par Mia Farrow. Réflexif lorsqu’il se focalise sur ces effets spéciaux artisanaux tels qu’il en crées pour ses précédentes réalisations, “Soyez sympas, rembobinez” en profite pour brocarder finement l’abus d’images de synthèse qui désincarnent bon nombre de films (George Lucas appréciera), valorise le côté chaleureux (voire familial), et ne possède qu’un défaut majeur : son titre français, traduction littérale la plus basique possible du “Be Kind Rewind” original, qui risque d’avoir pour effet pervers de rebuter le spectateur. Alors soyez sympas, n’y faites pas attention et allez-y les yeux fermés.
HamsterPsycho
HamsterPsycho

147 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mai 2017
Un film très sympa et original, hommage au cinéma et à la VHS. On aime l'ambiance de petit quartier, la proximité entre les gens, l'humour, l'optimisme sympathique des personnages et du film en général. J'ai lu que cela dérange certaines personnes, cet optimisme. Et alors ? Fallait-il faire un drame ? Dès l'annonce du synopsis on se doute bien que cela doit être léger et sympathique, sinon à quoi bon même filmer cette histoire ? Faire un film suédé pour remplacer l'original en espérant que cela ne se voit pas, l'optimisme est même de rigueur !
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 octobre 2012
Un film réalisé par Michel Gondry sur des bidouilleurs qui bricolent des remakes avec tout un bric-à-brac de récupération, ça ressemble quand même furieusement à une mise en abyme : mettre en scène des nounours marchant dans la forêt, des trains en cartons, des studios en boîtes d'oeufs, c'est ce que l'ex-batteur de Oui-oui fait depuis plus de 15 ans dans ses clips, ses pubs, ses courts et ses longs métrages.

Pas étonnant donc que le meilleur de "Be Kind Rewind" (titre original beaucoup plus gondryesque que sa traduction littérale française) se trouve dans les films "suédés" - le duo explique à leurs clients que les films sont réalisés en Suéde, pays apparemment terriblement exotique pour les habitants de Passaic -, et dans le making off de leurs tournages. On assiste ainsi à toute la mise en boîte de leur premier film, "Ghost Busters", où les rayons ectoplasmiques sont figurés par des guirlandes de Noël, le fantôme glouton par un sac poubelle apparaissant et disparaissant à coup d'effets Mélies, et la ghostmobile par une 2 portes couverte de gaines VMC (qui rappellent le camion de Björk dans "Army of Me").

La même inventivité préside au reformatage cheap et digest de "Rush Hour 2" (Admirez le tapis-parcours de voitures de la chambre du gosse pour donner l'illusion de profondeur en dessous de Jerry suspendu dans un vide de 1,50 m), de "We were the Kings" (Admirez les gants de boxe en sacs poubelle) ou de "King Kong" (Autre mise en abyme, avec Jack Black jouant dans un remake du remake où jouait Jack Black).

Mais le plus beau film est sans doute celui que l'on voit dès le générique, et dont on suit la réalisation à la fin : la biographie arrangée de Fats Waller, du pur Gondry de la période clip, avec un noir et blanc comme dans "Cellphone's dead" pour Beck ou "Isobel" pour Björk, et des effets spéciaux home made comme la naissance de Fats ou le train qui l'emmène avec ses musiciens à New York. Ce film a été tourné réellement avec les habitants de Passaic (Michel Gondry raconte d'ailleurs que cela posait un problème vis-à-vis des règles syndicales, et que la seule façon de les faire jouer était de les déclarer en tant que danseurs), et la fierté que l'on lit sur leur visage dans la scène finale a été captée alors qu'ils découvraient réellement le film.

Malheureusement, les différents suédages font partie d'une histoire, et le lien entre ces scènes ne convainc pas toujours, la faute sans doute à un problème de tonalité, et peut-être aussi de direction d'acteurs : parfaitement raccord quand il s'agit d'incarner Robocop ou Miss Daisy, le surjeu de Jack Black ne passe pas aussi bien, alourdi par quelques gags un peu patauds et par le QI de Mike et Jerry proche de celui des héros de "Dumb and Dumber".

Dommage, car la morale de cette fable ne peut que susciter l'adhésion : contre la logique des promoteurs immobiliers et celle des avocats d'Hollywood, représentés par Sigourney Weavers qui obtient l'écrasement des oeuvres suédés par un rouleau compresseur comme s'il s'agissait de vulgaires Rollex de contrefaçon, la riposte réside dans la mobilisation des gens et l'appel à leur créativité, comme l'atteste la fin digne de "la Vie est belle" (le vrai, celui de Frank Capra). Ce propos est souligné par la présence à l'écran de deux acteurs connus pour leurs engagements, Mia Farrow et Danny Glover.

Une nouvelle fois, Gondry situe ses personnages dans un refus de grandir, si grandir signifie abandonner les rêves de l'enfance, et si l'enfance ressemble à celles de Jacques Demy ou de Stieven Spielberg, tournant image par image leurs premières fictions avec la caméra super-8 de leurs parents. Comme dans "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" (et aussi un peu "La Science des Rêves"), il s'agit de lutter contre l'effacement de la mémoire, et la disparition de la diversité, symbolisée par les présentoirs des dévédéthèques n'exposant qu'un seul film.

Signalons enfin le site internet suédé, avec, comble de la mise en abyme, une bande-annonce elle même suédée où Michel Gondry joue tous les rôles !

http://www.critiquesclunysiennes.com
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse