Mais qu'est qu'il y a dans la tête de Juliette (Karin Viard), la maman de Lulu, 15 ans ? C'est le sujet de cette Comédie dramatique réalisée par Carine Tardieu. Elle nous propose de belles images bucoliques, une jolie photographie de Zoo, bon nombre de séquences émouvantes et même quelques scènes surréalistes du meilleur effet. Son scénario, coécrit avec Michel Leclerc, se révèle à la fois féminin et habile mais d'un abord difficile dut à la noirceur initiale des personnages. Si le casting alléchant nous offre un Kad Merad, comme toujours efficace et investit, la jeune et hyper naturelle Chloé Coulloud porte le film dans le rôle principal de Lulu. Agréable présence de Jane Birkin et de Karin Viard, aussi excellente, dans un rôle plus que délicat.
Une jeune fille fouille le passé de sa mère dépourvue d'émotions. Elle se met en quête de retrouve le sourire de son enfance. Karin Viard est très neutre, presque complètement éteinte. Les personnages sont trop neutres, la musique d'ambiance est déprimante. Le scénario semblait plausible. Mais quel ennui ! Tellement de longueurs et si peu d'émotion, un film complètement creux, sans âme.
Attention car on a là une adolescente tête à claques dont la voix-off ne se privera pas de commenter le moindre de ses états d'âme et de copieusement insulter sa mère. L'ingrate. C'est elle qui t'a mise au monde alors un peu de respect. Bon, bref, elle s'en est trouvée une autre de substitution en la personne de Jane Birkin qui ne sert à rien dans le film. Et puis bon, c'est pas comme s'il devait y avoir beaucoup de jeunes de quinze ans fous de Jane Birkin. Elle, oui. Ce doit bien être la seule en France. J'ai, en revanche, beaucoup mieux aimé le rôle de la mère interprété à la perfection (comme d'habitude) par Karin Viard. Oui, elle a beau être l'actrice la mieux payée en France, elle n'est pas là par hasard. Elle passe des larmes au rire avec une aisance stupéfiante. Kad est lui aussi dans le même registre que Je vais bien, ne t'en fais pas. Il montre qu'il peut jouer autre chose que les rôles comiques dont il a l'habitude (et où il est très bon aussi, je ne dis pas le contraire). Pour une première œuvre, les auteurs ont toujours tendance à mettre beaucoup trop d'eux. Ça peut se comprendre. On ne peut parler que de ce qu'on connaît. Le film traite de la difficulté d'aimer, de faire les bons choix à tout âge. Est-ce si facile d'être avec quelqu'un quand c'est aussi évident ? Mais au delà de l'amour, il y aussi la difficulté d'affronter sa propre famille quand de vieux secrets remontent à la surface. Et la mort quand son ombre plane au-dessus de la tête. Beaucoup de thèmes brassés que la réalisatrice n'hésite pas à traiter sur le mode onirique et fantastique. Ce qui n'est pas forcément l'aspect le plus réussi. Un premier long-métrage encourageant où je suis prêt à lui pardonner ces petites maladresses de débutant comme son pathos dans la dernière ligne droite. A suivre.
Les tourments d'une adolescente qui veut grandir. Film assez juste, doux, presque enfantin. Je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec la "famille bélier" qui est aussi un film sur une ado qui apprend la vie (en chantant Sardou). Ici elle chante Birkin, et le film est beaucoup plus intime et sensible.
La Tête de Maman pénètre dans l'intimité d'une famille française confrontée aux silences mystérieux de Juliette la maman. Lulu, sa fille, rebelle et sensible, mène l’enquête et, dans le secret espoir de dissiper la profonde mélancolie de sa maman, parvient à retrouver son amour de jeunesse. Et c’est alors que le sourire de Juliette revient. Carine Tardieu sollicite ici notre silence interrogatif sur les états d’âme de Juliette. Son film séduit par l'émotion croissante suscitée par les retrouvailles de Juliette et de Jacques, amoureux d’un temps jadis et par la maladie révélée de Juliette. Jacques et Antoine (le mari) vont tacitement rendre plus douce la vie de leur Juliette en l’accompagnant avec amour et humanité. Karin Viard et Pascal Elbé réalisent ici une très belle prestation d’acteurs entre pudeur, émotion et gravité.
"La Tête de Maman" a tout pour plaire, et c'est peut-être là que le bât blesse. On retrouve en effet dans ce premier film de Carine Tardieu les ingrédients qui ont fait les succès de "Je vous trouve très beau" ou de "Se Souvenir des belles choses" : un savant dosage d'humour décalé et parfois un peu cruel, d'émotion sur des sujets graves, et de tranches de vie intergénérationnelles. Recette efficace, puisque le film a déjà bénéficié du label des spectateurs UGC. Le problème dans ce brouet, c'est que tous les constituants n'ont pas le même goût. Dès la première scène, Lulu qui se bat avec un garçon de son école, la mise en scène est ultra-voyante et les effets bien trop appuyés. Par la suite, et plusieurs fois dans le film, ces maladresses viennent gêner la fluidité de l'histoire, comme la scène où Lulu embrasse Jacques jeune qui se présente comme son fantasme, ou la scène finale où Carine Tardieu ressort toute la panoplie du Guide de l'Emotion, avec photo surex, ralentis et musique violonneuse.
Heureusement, beaucoup d'autres idées passent mieux, parce que bien inscrites dans le récit, comme cette mise en abyme de tous les ancêtres maudits de Lulu, ou au contraire parce qu'ils sont complètement décalés et gratuits, comme cette apparition sous le balcon de Juliette d'un Jacques-Roméo malmené par un marsupial. Il y a aussi des répliques qui font mouche, comme ce reproche fait par Lulu à sa copine Sarah : "Tu m'énerves à toujours faire des commentaires sur tout", alors que toute l'écriture scénaristique repose sur les pensées péremptoires de la jeune héroïne, ou le prétexte qu'elle invente pour prendre contact avec Jacques : "Je fais des études en zoophilie".
Chloë Coulloud, repérée par Carine Tardieu dans le couloir où elle attendait pour le casting, s'en sort plutôt bien, sans doute meilleure quand le vernis craque que quand elle joue la dure à cuire. La réalisatrice explique qu'elle a choisi Karine Viard pour sa vivacité, afin que cette énergie apparaisse sous-jacente dans la première partie où elle s'enfonce dans la neurasthénie ; malheureusement, ce contre-emploi a été poussé sans nuance, et sa prestation est trop caricaturale. C'est sans doute cette volonté de caractériser les personnages qui entraînent Kad Merad et Pascal Elbé au pays des bisounours ; Suzy Falk est plus convaincante dans le rôle de la grand-mère au caractère proche de celui de Lulu.
Comme souvent dans les premiers films, Carine Tardieu a voulu traiter beaucoup de sujets, et montrer toute la palette des effets qu'elle pense maîtriser. Cet excès d'ambition, certes explicable, fait de la "Tête de Maman" un film fourre-tout parfois un peu racoleur. Une sincérité perceptible et quelques trouvailles originales peuvent nous donner envie de la revoir dans un projet mieux cerné.
Bof. C'est vrai que l'histoire est bien jolie mais Chloé Coulloud surjoue (à la longue ça dérange) et Kad Merad n'a d'autre ambition que de nous servir son sourire niaiseux. Bref, on n'y croit pas.
J'ai pas réussi à accrocher, la faute probablement à un rythme trop lent, j'ai également eu du mal à accrocher au personnage de Karin Viard, mais heureusement, les acteurs sont bons, ce qui évite que ce soit un navet.
Bon film ! Bizarre, mais agréable ! Une brochette d'acteurs très crédibles et une mise en scène intéressante. A ne pas regarder en période de déprime cependant.