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GéDéon
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2,0
Publiée le 23 avril 2023
En 1954, Jacques Becker signe un film policier sur le milieu du banditisme, dans lequel des malfrats se livrent une guerre sans merci pour récupérer un magot dérobé. Le réalisateur a décidé de limiter les scènes d’action au profit d’une analyse psychologique plus poussée de ses personnages. Cela crée une atmosphère particulière, avec de nombreux dialogues creux pourtant interprétés par de grands acteurs de l’époque (Jean Gabin, René Dary, Jeanne Moreau, etc.). Mais cela nuit fortement au rythme de l’histoire. Malheureusement, compte tenu d’un scénario sans surprise, on finit par s’ennuyer. Il s’agit tout de même de la première apparition au cinéma de Lino Ventura. Bref, du cinéma qui respire la naphtaline.
Le film est certes sans éclat, très classique, mais procure toujours un grand plaisir à regarder, un Gabin magistral et la première apparition de Lino au cinéma. Certainement, l’un des meilleurs films policiers français. Un polar que je vous conseille fortement.
« Oh bah... C'est sympa chez toi, Max. - Ouais, c'est un petit appart que je me suis payé... - Ah bah c'est bien hein... - Oh tu sais mon p'tit Riton, j'y viens pas souvent ici... - Je crois que je le préfère à ton autre appart. » Max prend la peine d'allumer toutes les pièces. Il sort des couverts. Il sort de la terrine. Il sort de la biscotte. « Tiens sinon mon p'tit Riton j'ai vu Josy avec Angelo. - Ah ? - Ah oui et puis ça se palochait bien. - Ah... Ah bah c'est ballot... - Bon et puis sinon Angelo il cherche à nous la faire à l'envers sur le grisbi. - Ah ? Bon on le dessoude alors. - Ah bah non on le laisse tranquille. - Bah pourquoi ? - Ah bah parce que sinon le film il est fini en dix minutes ! On n'a rien à raconter ! Y'a juste Angelo qui cherche à nous prendre notre grisbi avant qu'on l'écoule (...et à palucher Josy accessoirement). C'est tout. Alors il faut qu'on dilue hein. Et sec ! - Ah c'est pour ça qu'on passe des plombes dans les restaurants, dans les cabarets et au téléphone sans qu'il ne se passe jamais rien ? - Bah oui. Et là d'ailleurs je vais passer cinq minutes à te sortir des draps, un pyjama et une brosse à dents. - Attends... On va pas me filmer en train de me brosser les dents ? - Ah bah si... Il faut diluer mon petit Riton. Il faut diluer... - Mais alors du coup, on va faire quoi pour les jours à venir ? - Orf... Rien d'extraordinaire. On ira discuter à droite et à gauche. On ira gifler et tripoter des jolies filles qui n'aiment que ça. On passera beaucoup - mais vraiment beaucoup ! - de coups de fil. Mais surtout on décomposera bien tout. Faudra prendre notre temps. Et on se s'énervera pas hein ! On fera les choses trèèès lentement, même quand il s'agira d'asticoter des gens !... Et puis je t'ai dit qu'on passera beaucoup de coups de fil ? - Oui oui, tu l'as déjà dit... Mais dis-moi Max, ça bouge un peu ton histoire à un moment ? - Oh seulement un peu à la fin. On fera sauter deux bagnoles... On lâchera une ou deux salves de sulfateuse... Mais t'inquiète pas : c'est du cinéma de papy hein. On fera ça tout mollo, avec même des petites transparences assez fadasses... - La vache Max, ça a l'air chiant comme la mort ton programme, non ? - Mais non ! Comment ça pourrait être chiant ? Regarde-moi : je suis interprêté par Jean Gabin. Toi tu l'es par René Dary. Et puis y'a Lino Ventura, Jeanne Moreau et plein d'autres jolies nanas bien sapées... Et je t'ai déjà dit qu'on les pelotait et qu'on les giflait régulièrement ? - Ah ça oui ! - Avoue que c'est vendeur... - Oui oui j'en conviens. C'est justement tout le charme de notre époque... - Voilà ! C'est ça... Le charme de notre époque. C'est l'argument qui me manquait. »
Oh ça oui c'est indéniable... Ce film, c'est vraiment le charme d'une autre époque.
Précurseur du film de mafieux, Touchez Pas Au Grisbi déçoit par son manque de poigne. L'action y est comme engluée, chaque situation, chaque développement, semble prendre des heures à se mettre en place et se dérouler à un train de sénateur notamment à travers des dialogues souvent trop verbeux et pas toujours très compréhensibles, la faute à un argot omniprésent. L'ensemble du casting, sans grand reproche, tente bien d'insuffler un peu de vie à cette histoire, mais cela ne suffit pas à relever le niveau d'un scénario trop mou et à l'intrigue un peu simpliste.
Signé Jacques Becker, ce classique des années 50 voir évoluer Jean Gabin, René Dary ainsi qu’un trentenaire alors inconnu nommé Lino Ventura. « Touche pas au Grisbi » est un film de gangsters qui tarde à trouver son rythme et dont ses actrices (Jeanne Moreau, Dora Doll, une très belle ex-miss America Marilyn Bufeld ou encore Gaby Basset, la première épouse de Gabin) ne font que de la figuration.
Un vrai polar à la française avec des vrais jules comme Gabin et Ventura. Et des pin-ups et des bourgeoises. Bien sûr, ça tire dans tous les coins mais avec la dose indispensable d'une belle histoire d'amitié. À noter que, pour une fois, Lino n'a pas le beau rôle.
Ah, la bonne époque, celle où le cinéma français parvenait à trouver son langage propre sur un genre qui semblait la chasse gardée américaine. Touchez Pas au Grisbi a fait date, en contribuant d'une part au regain de la carrière de Gabin (lequel, impeccable en vieux truand bourru, trouvera là son futur leitmotiv), en introduisant une nouvelle garde prometteuse avec Lino Ventura, et en adoptant un ton et une atmosphère régulièrement repris dans les années suivantes. Le film noir à la française commençait ainsi sous les meilleurs auspices, en dépit de quelques petites maladresses dans le rythme, mais le style, lui, était déjà ciselé.
Un classique du film noir français aussi bien que les américains!! Jean Gabin est notre Humphrey Bogart National! 1er Role de Lino Ventura au cinéma qui excelle en sale gangster véreux sous les traits "d'Angelo"...Jean Gabin en "Monsieur Max" est excellent..La jeune Jeanne Moreau en danseuse de cabaret exquise...Le film est très attrayant bien qu'il a plus de 65 ans....A noter le rôle d'une des maîtresses du "Nantais" en un second rôle réussi la belle et ravissante américaine Marilyn Buferd
Toucher aux intouchables c'est risqué. Et pourtant ... Mettre une seule étoile à Gabin, Ventura, Audiard et Jacques Becker, il faut être fou. Et pourtant... Tout simplement parce qu'avec ces immenses noms du cinéma Français, on s'attend à une oeuvre magistrale. C'est poussif, d'une lenteur ennuyeuse. Gabin fait du Gabin en serrant les mâchoires pour contenir la violence qui est en lui. Ventura est effacé et les dialogues d'Audiard sont argotiques certes mais ils ne sont pas percutants. La réalisation est assez convenue. Bref ce n'est pas le meilleur film de ces sommités du 7ème art.
le film qui a ressuscité gabin même si il a fait de très bon film en 45 et 53 mais jacques beker a permis a gabin de retrouvé le firmament d'avant guerre avec touchez pas au grisby
On a ici affaire à un classique du cinéma policier français des années 50. Réalisation de J. Becker, avec Gabin et Ventura et des seconds rôles comme P. Franckeur et J. Moreau. Pas mal pour un premier film et un premier rôle étoffé pour Ventura. Ce film relance la carrière de Gabin qui à 50 ans peut encore jouer les séducteurs et il le fait bien. Le scénario est bon, la mise en scène aussi et on plonge facilement dans ce Paris vieillissant mais charmant des années 50.
Un bon film de truand, bien noir comme on les faisait dans les années 50-60, avec un Gabin excellent et un Lino pas en reste, à ses débuts. Le scénario est parfait dans sa simplicité. Ce film nous plonge dans le monde des brigands et de leur jargon : délicieux. Sans compter les vues de Paris de ces années là... A voir par tous les amateurs de polar, de Gabin et de Ventura
« Touchez pas au grisbi » est devenu une légende. Il fut le film fondateur du cinéma noir français des années cinquante et des réalisateurs comme Verneuil, entre autres, lui doivent beaucoup. Jacques Becker fut bien sur très influencé par le cinéma américain, et beaucoup de critiques français attribuent à « Grisbi « le statut de chef d’œuvre. Difficile de se faire une idée de nos jours, car la comparaison avec « White Heat» (L’enfer est à lui) (1949) ou «The Enforcer » (La femme à abattre) (1951) tous deux de Raoul Walsh (1951) ou encore « Asphalt Jungle » de John Huston (1950), n’est pas en faveur du film de Jacques Becker, et de loin. En premier, un manque d’intensité et même d’atmosphère (pourtant un point fort du cinéaste) qui est une déception au regard de ses films précédents. Des rôles féminins réduits à des utilités décoratives (et même au propre comme au figuré pour Marilyn Buferd), Jeanne Moreau mise à part. Mais pas sur que sans la gifle que lui décroche Gabin, son interprétation retienne l’attention. Gabin lui même entame ce que sera le cabotinage Gabin, avec ses tics et son parler argotique. Les deuxièmes rôles sont mal travaillés et seul Lino Ventura, dont c’est le la première apparition à l’écran, offre une prestation (déjà) des plus convaincante. A retenir aussi la musique de Jean Wiener. Même si le film se laisse voir avec plaisir et en tenant compte de son impact sur le cinéma français, parler de chef d’œuvre semble tenir de l’euphorie cocardière.
Un très bon film de gangsters des années 50 en noir et blanc avec un impeccable Jean Gabin dans le rôle du gangster viril (et parfois bourru) qui aspire à prendre une retraite paisible avec son partenaire Riton (René Dary) après avoir réussi à dérober des lingots d'or lors d'un dernier casse couronné de succès. Malheureusement, Angelo (Lino Ventura déjà très convaincant et charismatique dans son premier rôle) un autre gangster, a connaissance de l'existence du magot et fait tout en sorte pour récupérer la mise. Les dialogues, sans être de la veine quelque peu comique d'Audiard, et le scénario sont également réussis... Peu importe si le rythme peut paraître lent par rapport à nos standards de époque actuelle. Une réussite.