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3,0
Publiée le 25 mai 2026
Avec Touchez pas au grisbi, Jacques Becker transforme le film de gangsters en chronique crépusculaire, où la fatigue des corps et l’usure des fidélités comptent davantage que l’action elle-même. Jean Gabin impose une présence magnifique de lassitude et d’autorité tranquille, donnant au personnage de Max une profondeur mélancolique rare dans le polar français de l’époque. Becker excelle dans les détails du quotidien, les silences et les gestes ordinaires, faisant naître une tension discrète à partir d’un simple repas ou d’une conversation entre truands vieillissants. Pourtant, derrière cette élégance naturaliste et cette atmosphère de fin de règne très subtile, le récit paraît parfois trop retenu pour atteindre une véritable intensité dramatique. Une œuvre fondatrice et profondément humaine, admirable dans son dépouillement, mais dont la nonchalance feutrée peut aussi laisser une impression légèrement distante.
Dans ce polar de mâles dominants (presque un concours…), on peut admirer le jeu d’acteur du grand Gabin notamment. Le noir et blanc est aussi très propre et on est totalement dans le film de gangster français, qui est presque un genre à lui-même.
Film fondateur du polar français moderne, "Touchez pas au grisbi" réalisé par Jacques Becker surprend encore aujourd’hui par son calme et sa retenue. Là où d’autres réalisateurs auraient mis l’accent sur l’action, Becker préfère filmer les gestes du quotidien, les silences, les habitudes d’un milieu criminel fatigué. Cette approche donne au film une profondeur presque mélancolique, très éloignée des clichés du gangster glamour.
Jean Gabin trouve ici l’un de ses rôles les plus beaux. Il joue un gangster vieillissant qui ne cherche plus la gloire, seulement la tranquillité. Le charisme naturel de Gabin fait merveille, mais c’est surtout sa douceur qui impressionne, une forme de lassitude noble qui devient la véritable force du film. À ses côtés, Lino Ventura effectue une entrée fracassante dans le cinéma et impose dès son premier rôle une présence brute et magnétique. Leur duo raconte presque tout ce que Becker veut dire sur la loyauté, l’usure du temps et les codes d’honneur d’une époque en train de disparaître.
La mise en scène est d’une élégance discrète. Pas de mouvements ostentatoires ni de dialogues surécrits. Becker préfère laisser respirer ses scènes, ce qui rend l’univers du film étonnamment vivant. On peut trouver le rythme lent si l’on cherche un polar nerveux, mais c’est justement cette lenteur maîtrisée qui fait la singularité de l’œuvre. Elle donne au récit une densité humaine que bien des films du genre n’ont jamais atteinte.
Un polar simple en apparence, mais qui, scène après scène, construit une atmosphère crépusculaire inoubliable.
Que s'interrogent ceux qui fantasment sur cette période sur leur conception de la virilité et leur vision de la femme... Une fois ce contexte rappelé, ce film de gangsters bénéficie d'atouts certains: la présence incomparable de Jean Gabin, le choix de s'appesantir sur la lassitude de deux bandits après un coup juteux aux conséquences logiquement imprévues, une tonalité désabusée s'opposant aux avantages sociaux, économiques, relationnels dont bénéficie Max le menteur. Cependant, le reste du récit est très convenu, à l'image d'une réalisation banale, qui ne parvient jamais à instaurer suspense ou attrait pour le sort des protagonistes. Quelques idées intéressantes, mais un ensemble peu trépidant.
C'est un vieux polar sans flics mais avec des truands essentiellement : une histoire qui tient bien la route, des dialogues en vieil argot qui sentent la clope et le zinc, et un Gabin qui en fait trop côté gros bras… mais on lui pardonne, c’est l'epoque et le style qui voulait ça. Et ça en est assez désuet mais charmant finalement.
Adaptation du célèbre roman d'Albert Simonin, cet excellent film policier possède un impeccable casting, une réalisation magnifique de Jacques Becker ainsi qu'une superbe partition musicale de Jean Wiener. Un classique du cinéma français des années 1950 !
Jacques Becker nous offre ce chef d’œuvre qui constitue pour moi encore aujourd’hui le meilleur film de gangsters. Jean Gabin est impeccable dans ce film qui est aussi une histoire d’amitié dans ce magnifique Paris des années 50.
Le film est visuellement beau et Gabin fait du Gabin. Cependant ça a quand même pris un coup de vieux. Mais j'ai pas vu le temps passer, et rien que pour les costard, les gueules, l'argot, le bruit des talons sur les pavés d'un Paris méconnaissable, ça vaut le coup de le revoir.
Quoi que l'on en pense, "Touchez pas au grisbi" n'a rien d'anecdotique dans le cinéma français. Puisqu'il s'agit du film qui a relancé la carrière de Jean Gabin, qui embrassera ensuite ces personnages de sachant charismatique. Et c'est aussi le premier rôle de Lino Ventura, qui se fera repérer en inquiétant gangster. Sur le film en lui-même, je comprends qu'aujourd'hui on puisse décrocher. L'argot parisien est amusant, mais il n'y a pas vraiment la verve des films dialogués par Audiard. Et le rythme est assez lent, pour une histoire marquée par un fatalisme relativement prévisible. Néanmoins, "Touchez pas au grisbi" bénéficie de ses acteurs de caractère. De quelques choix originaux, dont le fait de ne pas montrer le braquage dont le magot attire tout le monde. Et d'une jolie ambiance noire qui fait la part belle au développement des personnages. Car l'intérêt du film ne sera pas tant un règlement de compte entre gangsters. Mais plutôt comment Max, truand en fin de carrière, peut encore gérer ses affaires... et surtout ses amitiés et son honneur.
Ce film date, et n'a pas très bien vieilli, avec ces gangsters en costume cravate, ces femmes à baffes soumises, et sa première demi heure un peu lente avant que ne se mette en place la véritable histoire. Restent le charme du N&B, le jeu de Gabin, celui moins convaincant de Lino débutant, l'atmosphère des bistrots et cabarets d'antan, et les rues de ¨Paris avec ses lampadaires poussifs, ses tractions-avant et sa faible circulation
"Touchez pas au grisbi" classique du cinéma français. Pour ma culture, je me devais de visionner ce film hyper connu. Chose faîte. Et quelle déception. Cette réalisation monotone à filmer des plans banals. Aucune touche, aucun style. Logique quand le casting est plat dans leur jeu (Jean Gabin ne peut pas toujours entrainer et sauver les autres : parfois la tâche est impossible) C'est mou, cela comble avec des scènes comme spoiler: celles du manger du pâté sur des biscottes ou du lavage de dents .
Oui ne touchez pas au grisbi mais ce film n'est pas du grisbi.
Un polar savoureux qui met en vedette un Jean Gabin parfait. Il incarne un truand qui a réussi un gros coup en dérobant une belle quantité d'or. Malheureusement son complice a trop parlé et un caid de la drogue (Lino Ventura) a découvert ka vérité et veut mettre la main sur le magot. Reflet d'une époque, le film nous replonge dans le milieu criminel des années 50. Le casting est très bon, dominé par un Gabin plus vrai que nature en truand à l'ancienne.
Belle surprise que ce film de 1954 qui est regardable aujourd'hui avec plaisir. Cela n'est pas toujours le cas pour les films de cette période. Gabin, encore assez vert, a la stature et la gouaille pour jouer Max, le menteur. Il s'agit d'un chef de bande, qui a volé des lingots d'or pour pouvoir prendre sa retraite. Les dialogues sont savoureux avec l'argot des gangsters. C'est vif, sans violence excessive et le dénouement est presque moralisateur.
Assez difficile de rentrer dedans si on a pas l'habitude des films de cet époque, d'ailleurs plus a cause du son que de l'image qui est très belle bien qu'en noir et blanc. Grands acteurs, beaux éclairages. Le film monte crescendo en intensité avec des scènes d'action assez prenante La fin est assez forte. Évidemment les rapports hommes femmes ou le vocabulaire ont des siècles de retard.
Le film de Jacques Becker se distingue des films noirs français de l'époque par son refus d'une certaine esbroufe et des clichés sur le milieu des truands. Les portraits des personnages sont brefs mais les quelques indices qui éclairent le caractère de chacun nous les font paraître pour vrais. Au long de cette histoire dans le milieu de la pègre, où le truand Max (Gabin) est menacé de se faire dépouiller de son dernier larcin par le gangster plus malhonnête et moins scrupuleux Angelo (Ventura), sa rigueur et son observation juste des moeurs des truands - qu'on devine dès les premières scènes du film dans un night-club parisien- détournent Becker de l'artifice dramatique et de l'action rocambolesque. La simplicité et la sincérité exigées par Becker se retrouvent dans le statut des personnages qui ne sont, pour les "bons", ni d'invulnérables héros ou modèles, ni, pour les "méchants", des brutes épaisses. La justesse du ton et des dialogues (en dépit de la désuétude, charmante, de l'argot de Paname) constitue la singularité de cette néanmoins classique histoire de mauvais garçons. Jean Gabin, sobre et humain, n'en était pas encore à ses monolithiques compositions de truand patriarche.