Touchez pas au grisbi
Note moyenne
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Stephenballade

456 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2016
Un film de Jacques Becker (à qui on doit entre autres "La grande illusion" et "Goupi Mains rouges"), lequel a co-écrit le scénario avec Maurice Griffe (qui a aussi signé le script de "Razzia sur la chnouf") à partir du roman éponyme de l’écrivain et scénariste Albert Simonin ("Mélodie en sous-sol", "Les tontons flingueurs"). La tête d’affiche revient à Jean Gabin, décidément très charismatique dans la peau d’un truand vieillissant, si convaincant qu’on croirait que son rôle lui a été taillé sur mesure. Un rôle qui lui aura rapporté un prix de meilleur acteur à la Mostra de Venise 1954. Un rôle qui va lui en amener quelques-uns du même genre dans les années suivantes. Quand on écoute les dialogues de "Touchez pas au grisbi", on pourrait les penser sortis de la plume de Michel Audiard, pour la seule et unique raison que l’argot (souvent lié au monde des truands et à celui des policiers) a été utilisé. Eh bien sachez que l’argot a été quelque peu édulcoré par rapport au roman (un peu trop même d’ailleurs, car les dialogues manquent parfois d’envergure), l’auteur de ce dernier s’étant vu contraint de rajouter un lexique en fin de l’œuvre littéraire afin d’en faciliter la compréhension. De plus, et c’est là que se démarque ce long métrage de ce qui se faisait avant, c’est le fait que l’histoire se place du point de vue des gangsters, tout en se démarquant du genre polar noir en prenant plus un air de thriller qu’autre chose. L’aspect policier est toujours là, mais de façon très légère, alors que le thriller se pose plus sur l’affrontement entre deux générations de bandits : les anciens contre les plus jeunes. Pour matérialiser tout cela, nous avons bien sûr Jean Gabin, à qui on a associé René Dary pour interpréter un Riton rendu un peu gaga sur les bords par la beauté étourdissante de sa belle (Jeanne Moreau si jeune qu’elle aurait pu être leur fille). Plus de vingt ans de différence, ça parait trop beau pour être vrai, surtout pour Riton. D’autant plus qu’apparait une nouvelle sorte de truands, plus motivés que jamais pour prendre la place des vieux, avec de nouveaux marchés comme la drogue. Il n’en faut pas plus pour tourner la tête aux femmes atteintes de vénalité. Pour incarner la génération montante assoiffée de pouvoir, un jeune acteur fait semble-t-il sa première apparition. Il s’agit de Lino Ventura, alors crédité sous son véritable nom : Angelo Borrini. Quoi de mieux que de débuter au cinéma avec un personnage qui porte le même prénom que lui ? Il n’empêche qu’il ne semble pas vraiment impressionné par l’aura de Jean Gabin. Mieux : il lui donne parfaitement la réplique ! Tout en étant différent de ce que le public avait alors l’habitude de voir, c’est de nous faire prendre en sympathie les bandits. Comment ? Eh bien c’est simple : en nous faisant partager leur quotidien. Outre le fait qu'on les voit en pyjama, prendre leur petit déjeuner, aller au restaurant comme des gens normaux, on découvre ainsi un univers où les liens peuvent être fraternels, donnant une dimension humaine à des personnes qu’on ne pensait alors que seulement obsédées par l’appât du gain quel que soit le moyen utilisé. Entre les deux générations, outre la différence d’âge, on peut voir la différence dans la façon de procéder. Les plus expérimentés croient en un code d’honneur, les morts de faim ne jurent que par la fourberie et la trahison. Tout cela donne une profonde réflexion sur la sagesse acquise par l’âge, et sur l’amitié. "Touchez pas au grisbi" est assurément un grand film, soigné jusque dans les moindres détails, d’une bien belle photographie à l’ambiance tendue juste ce qu’il faut spoiler: (et qui atteindra son paroxysme lors de la scène de l’échange)
, malgré une lenteur qui peut ne pas être appréciée aujourd’hui si on ne regarde pas ce film avec un œil ancien. Non seulement c’était un effet de style de l’époque, mais cela permet aussi de donner une présence incroyable au personnage de Gabin, doué d’une lucidité et d’une maîtrise à toute épreuve. Tout comme le jeu d’acteur de Jean Gabin, du reste, même si ce n’est pas ici son meilleur rôle…
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 octobre 2016
Un des grands classiques du film policier français, qui annonce par ses thèmes (un truand qui veut se ranger et fait passer l'amitié avant l'argent) et sa manière (personnages laconiques, rythme ralenti imposé par un Becker au sommet de son art), toute une série de films policiers français à venir, et en particulier ceux de Melville. Voir ma critique complète sur mon blog :
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

166 abonnés 2 041 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juillet 2016
Ce film a marqué plus que les habituels drames de Gabin. Alors pourquoi ? Déjà, c'est un des rares opus réalisés par Jacques Becker (tandis que ses confrères ne juraient que par le caractère prolifique de leur carrière, il n'aura réalisé qu'une quinzaine d’œuvres).

Ensuite, c'est sans conteste le témoin de l'évolution dans la manière de mener un scénario, puisque la fin tarde. Il y a même des rebondissements à l'heure où un film du même genre est normalement fini depuis longtemps.

Autre particularité qu'un habitué au vieux cinéma français notera à coup sûr : pour une des premières fois, un film s'attarde sur des activités du quotidien auxquelles on ne voyait pas l'intérêt de s'attacher jusque là : la scène de brossage de dents et de coucher de deux hommes parle d'elle-même dans ce sens. Bref, pas trop de différence du côté Gabin, mais de quoi le sortir un peu de son moule.
Eselce

1 626 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 avril 2016
L'un des films avec Jean Gabin que je préfère. Les costumes sont de rigueur, la cravate est serrée et toujours élégante chez Gabin. Les dialogues sont délicieux, les pétoires sonnent authentiques, l'histoire et l'ambiance sont magiques. Sans compter les dialogues, les prises de vue, les vieilles voitures et les règlements de compte à l'ancienne, façon gentleman. Un chef d'oeuvre, pour moi, que j'ai vu et revu sans me lasser.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

143 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2015
Grand classique du film noir à la française, Touchez pas au grisbi possède de nombreuses qualités qui le rendent absolument délicieux : acteurs superbes – Jean Gabin en tête, tout comme Jeanne Moreau dans un rôle secondaire – musique magnifique, dialogues excellents. Un pur moment de plaisir.
Loskof

422 abonnés 688 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 février 2015
Un vrai bon film de gangster à l'ancienne, avec tout ce que cela peut comporter de qualités et de défauts. Les qualités? Des gueules de cinéma, Gabin en chef de la pègre, qui se déplace lentement, qui donne une impression de maîtrise totale, d'emprise sur les autres. Lino Ventura dont s'était le premier film, un des mes acteurs fétiches. On a doit aussi à une plongée presque documentaire dans le milieu mafieux, bien loin des films actuels avec 50 scènes d'actions, où tout est affaire de relation, tout se fait discrètement, lentement. Mais le film a aussi ses défauts. Je ne lui reprocherai pas sa lenteur car c'est propre à l'époque et car cela sert le propos, jusqu'à un final haletant. ce qui m'a dérangé c'est plus l'abus de scènes inutilement longues qui alourdissent le film. C'est un peu contradictoire de vanter et lui reprocher sa lenteur, mais je pense qu'il manque une scène au milieu qui redonne du rythme, avant l'attente finale. Car là finalement le film est juste une longue attente. Mais ça reste un classique !
Estonius

4 747 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mai 2014
Avec le temps le film est presque devenu un documentaire sur le grand banditisme de ces années-là, la première partie est à cet égard très curieuse où toute éclipse est gommée : on se met en pyjama, on se lave les dents, on mange du pâté étalé sur des biscottes et tout ça en prenant bien son temps, afin de contraster avec le déchaînement de violence de la dernière partie. La distribution est dominée de très loin par Jean Gabin, impérial (ce n'est pourtant pas son meilleur rôle, mais quel talent), Lino Ventura dont c'était le premier film est assez transparent. On notera la présence de Jeanne Moreau dans un petit rôle, parmi d'autres jolies femmes dont Dora Doll mais aussi l'époustouflante inconnue Marilyn Buferd jouant le rôle de Betty; la maîtresse entretenue par Gabin. Un film policier sans flic, un film sur l'amitié, un film sans fautes.
Yannickcinéphile

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2,5
Publiée le 8 avril 2014
Oui, bon, Touchez pas au grisbi est un petit film policier conventionnel qui sans vraiment décevoir n’enchante guère non plus.
Coté casting de bons acteurs certes, mais pour des rôles sans grand relief et somme toute, classiques. Gabin ne force pas son talent pour jouer un personnage basique bien qu’assez intéressant. Lino Ventura n’a qu’une présence anecdotique, et le seul qui m’a finalement un peu surpris ici c’est René Dary, qui se démarque du lot notamment grâce à son personnage, pour le coup un poil plus surprenant. Il y a quelques bons seconds rôles aussi, mais là encore, Touchez pas au grisbi donne l’impression de ne pas leur faire beaucoup de place, en les confinant à des archétypes du polar ou simplement en les mettant de cotés (charmante Jeanne Moreau par exemple mais comme Ventura, très sous-exploitée).
Le scénario est tout de même des plus simples, et le film à un gros souci au décollage. Le début est très laborieux, d’une lenteur frappante, on y verra Gabin se mettre en pyjama, Gabin se laver les dents, Gabin regardant un spectacle, Gabin manger du pâté… bref, cette première partie est d’une rare mollesse. Heureusement dans la deuxième partie ca embraye, et ca sauve clairement le film d’un 1.5 ou d’un 2 pointé. L’histoire se met enfin en place, le film gagne son statut de polar, l’ensemble prend plus de relief, et la gradation s’avère finalement pas mal jusqu’à un final réussi. L’épilogue est tout de même bon.
La réalisation a vieilli, c’est certain. La mise en scène ne fait pas des folies, avec un Jacques Becker assez mou qui se répète beaucoup. A noter ainsi le nombre de scènes avec les ascenseurs, elles sont légions dans ce métrage. Malgré tout l’ensemble est proprement fait, et il se débrouille relativement bien dans l’action vers la fin, sans non plus faire des étincelles. La photographie en revanche n’est pas des plus soignées, avec une trop grande sobriété de ton, et un résultat peu concluant pour les scènes nocturnes. Autant le dire de suite on ne sait presque jamais si l’on est en plein jour ou la nuit, tant les éclairages se ressemblent. Quant aux décors, malgré des idées imaginatives (cool le nu intégral au-dessus du lit du blessé !), ca reste moyen, mais convenables. Ce film ne se démarquant toutefois guère d’autres réalisations du genre de ce point de vue. Enfin la musique est assez répétitive, et souvent envahissante. Plutôt correcte, il faut néanmoins avouer qu’avec un son pas terrible des années 50, les dialogues couverts par la musique sont parfois presque inaudibles.
En clair, Touchez pas au grisbi est un petit film policier qui s’adresse tout de même très clairement à un public déjà conquis. Il ne fera sans doute pas beaucoup de converti au genre polar de la Grande Époque, et cela, malgré un casting alléchant qui promettait une petite référence. L’ensemble porté par un scénario quelconque, souffre de personnages assez conventionnels pas à la hauteur des interprètes. Clairement sauvé par sa deuxième partie, Touchez pas au grisbi arrache la moyenne.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 juillet 2014
Un classique du genre; "Touchez pas au grisbi" est un excellent polar à la française. Il réunit deux monuments du cinéma: Jean Gabin et Lino Ventura. Ce dernier a d'ailleurs fait ses premiers pas sur grand écran avec ce film.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 16 février 2014
Film noir, classique du polar français de l'époque réunissant Jean Gabin qui deviendra une vedette et Lino Ventura alors au début de sa carrière.

Touchez pas au grisbi pose les jalons du film de "gangster français" avec une description réaliste du "milieu" habité par des truands brutaux mais pittoresques, parlant un langage savoureux et fleuri, cet argot des voyous que l'on retrouvera dans les classiques de Verneuil, Melville ou Lautner.

Film nocturne où Max, truand fatigué, reste prisonnier de sa condition et ne peut échapper à son destin.
Hotinhere

797 abonnés 5 502 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 avril 2023
Becker signe un polar français à l'ancienne, avec une ambiance poisseuse, des dialogues argotiques savoureux, et des vieilles canailles interprétées par un casting de poids.
Max Rss
Max Rss

258 abonnés 2 329 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 mars 2019
« Touchez pas au grisbi » a une «importance» un peu particulière, et ce, pour deux raisons: la première, c’est que ce film a permis a Jean Gabin de conquérir de nouveau les sommets du box office. Lui qui depuis son retour de la guerre, continuait de jouer dans des films à succès, mais qui peinait quand même à trouver sa place dans ce cinéma d'après-guerre. La deuxième c’est que ce film a lancé la carrière d’un certain Lino Ventura. Et oui, si ce film n’avait pas vu le jour, Lino serait resté un anonyme parmi la foule. Ce parait impossible à concevoir aujourd’hui étant donnée sa notoriété. Bref. Voici un polar auquel le titre colle parfaitement. Il s’agit ici de conserver un grisbi en lingots d’or. Deux mecs, deux gangsters, des vrais s’affrontent pour se l’approprier: Monsieur Max (Gabin) et Angelo (Ventura). Mais il ne faut pas se leurrer, « Touchez pas au grisbi » a beau être un classique, un film culte, il ne s’agit que d’un polar ordinaire dont le principal intérêt réside dans la confrontation entre les deux monstres sacrés que sont Gabin et Ventura. Tout le reste, c’est du classique. La mise en scène (bien qu’elle soit signée Jacques Becker) est très lancinante, le rythme, itou et les dialogues manquent sérieusement d’envergure (là on aurait eu besoin d’Audiard). Aujourd’hui, la seule raison qui pousse à regarder ce film, c’est la confrontation entre ses deux acteurs principaux.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 20 janvier 2014
Pour son premier rôle au cinéma, on trouve un Lino Ventura déjà exceptionnel, très à l’aise, et ce même en face de l’immense Jean Gabin, toujours aussi charismatique.
ER  9395
ER 9395

113 abonnés 1 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 décembre 2013
Du cinéma classique (dans le sens noble du terme ) comme on l'aime , une réalisation et un scénario parfait , Gabin , Ventura et les seconds rôles au diapason , bref , un vrai bonheur .
pierrre s.

563 abonnés 3 438 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2013
Gabin joue le caïd, Ventura le méchant, le tout dans le Paris dans années 50. Un peu carricatural sur les bords, ce polar relève pourtant du génie, grâce à une histoire bien foutue et des dialogues magiques!
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