Après la famille (“Père et fils”), le second film de Michel Boujenah, comme son titre l’indique bien, tourne autour de l’amitié. Celui que se vouent Claire, César et Baptiste, absolument inséparables depuis l’enfance. Bon d’accord, peut-être pas complètement inséparables, puisqu’une dispute, lorsque Baptiste annonce aux deux autres qu’il vient de se marier, entraîne une scission du trio pour quelques temps. Jusqu’à ce que sa femme le quitte, en fait. L’occasion pour Claire et César d’enterrer la hache de guerre avec lui, et de se porter à son secours, non sans quelque gaffes et quiproquos, de la même façon que chacun le fera pour l’autre, tout au long du film, auquel on reprochera, avant toute chose, son schéma ultra-répétitif : on part d’un malheur touchant l’un des trois amis, puis les deux autres qui rappliquent, un malentendu, une dispute, une mise au clair, et tout est bien qui finit bien… jusqu’à l’événement suivant. Et ça, tout le monde y a droit, que ce soit Claire et son nouvel amant, César et son boulot, ou bien la période M. Propre de Baptiste.
Répétitif donc, et de quoi rendre sacrément longues les 90 minutes que dure ces “3 amis”, si la drôlerie n’était si souvent au rendez-vous. Déjà à la plume sur “Père et fils”, le duo Elbé-Boujenah remet ça ici, en nous offrant un beau lot de répliques qui font mouche, et permettent de ne pas s’attarder sur une mise en scène un peu plate, et sur le côté légèrement calibré du divertissement, qui contient juste ce qu’il faut de rires et d’émotion, avec, dans ce dernier rayon, la dernière apparition à l’écran de Philippe Noiret. Visiblement fatigué, le comédien joue ici le (petit) rôle d’un concessionnaire, et offre à Pascal Elbé le privilège d’être son dernier interlocuteur au cinéma, lui qui domine un casting solide et convainquant, aux côtés des désormais incontournables Mathilde Seigner et Kad Merad, décidément à l’aise partout où il passe, y compris dans cette comédie, agréable à défaut de surprises.