Voici donc un film de genre, un gore à la française, orchestré par Xavier Gens (Hitman). On nous avait prévenus: ce film est une boucherie! En effet, mais du coup, au visionnage du film, la boucherie s'avère être moins dense que prévue. Fallait pas nous le dire!
Que dire de ce film d'horreur pas mal calqué sur des classiques du genre, tant dans l'histoire que dans la narration, si ce n'est que cela reste assez inédit en France. Et bien, malgré le surplus de gore, je reste un peu sur ma faim. Je m'attendais à autre chose, notamment de la part des (anti) héros. Ca disparait trop vite et c'est la très pleureuse et sanglotante (c'est dailleurs énervant à la longue) Karina Testa qui se coltine la famille néo-nazie tout le long du film.
Sacrée famille aux prénoms bien significatifs (Claudia, Eva, Gotz, Karl, Hans, Gilberta) et à l'allure pas très rassurante. Le chef de famille est un croisement entre le Führer (on l'appelle le Père) et Le Pen (au niveau de certaines expressions), les fils sont barraqués (le Bihan est hyper musclé et flippant) ou gras, les filles sont secouées (Estelle Lefébure est brillante dans son rôle de salope dégénérée). Quant aux héros, si les garçons sont très convainquants (Aurélien Wiik est trop rare au cinéma), Karina Testa frôle souvent le ridicule (notamment dans la dernière partie du film où on dirait qu'elle sort du clip thriller de Jackson dans sa gestuelle).
Alors oui déception car ça parait parfois complètement à l'ouest, on n'évite pas les clichés du genre (la jeune fille complètement ravagée, la bêtise des héros qui ne voient rien venir) ni les fantasmes exacerbés (le bain de sang, le combat féminin dans la boue). Toutefois, pour les adeptes du genre, c'est carrément jouissif.
Frontière(s) ne bouleverse pas le genre, il se contente d'ajouter son grain de sel, et c'est déjà pas mal, mais le film aurait mérité de gagner en cohérence et en crédibilité, notamment dans l'interprétation de l'héroïne.