Où va la nuit. Ce n'est pas une question. Mais une indication. Inutile de préciser que cette nuit est sans étoiles, ni clair de lune. Bien noire. Adapté du roman de Keith Ridgway (pas lu hélas), le film de Martin Provost est ingrat pendant une grosse demi-heure avant de trouver son rythme. D'une part avec les relations mère/fils, pas suffisamment développées pourtant, et avec un arrière-plan de polar, assez surprenant et pas d'une originalité folle, mais qui a le mérite de créer un peu d'agitation dans un calme qui menaçait d'être plus plat que les plaines wallonnes. Moyennant quoi, avec son tempo languissant, malgré le peu de place laissé aux personnages secondaires, hormis une Edith Scob épatante, le film devient sinon captivant, du moins attachant, avec quelques bribes de l'histoire personnelle de l'héroïne (le terme n'est pas très adapté) distillées avec parcimonie. Quasi en état de non-jeu, Yolande Moreau parvient imperceptiblement à faire vivre son personnage, qui garde cependant une grande part de mystère. Il est sûr que le rôle est moins gratifiant que celui de Séraphine, cela n'empêche pas la Yolande de lui donner une toute petite touche de couleur dans cette noirceur intégrale. Au bout du compte, vous savez quoi ? Eh bien, ce film, vous vous surprenez à l'aimer, même en renâclant, même s'il ne fait rien pour aguicher le chaland. Etonnant, non ?
Honnêtement déçu ! Heureusement que Yolande Moreau est présente et toujours éblouissante dans son jeu, ses mimiques et est capable de tout jouer ! Sinon, cela aurait été d'un ennui terrible. Un scénario tellement simple que tout passe au ralenti car il n'y a pas grand chose à dire. Même l'histoire et le vécu du fils on y croit pas car tellement mal joué et chancelant. Les moments forts, surtout le début passent bien trop vite pour laisser la place à une suite soporifique. 2/5 seulement ! Peut être évité !!!
un film lent mais pas long, qui amène une femme à enfin réagir quand à ses conditions de vie de femme batue. Une Yolande Moreau comme d'habitude habitée par son personnage. Des réactions des uns et des autres, qui nous surprennent, nous font nous interroger sur comment pourrions nous vivre et réagir face à une telle situation... Des pensées perturbées bien apres la vision du film... Un film donc touchant.
on ne s'ennuie pas une seconde grace bien sûr à la formidable Yolande Moreau et les autres acteurs dans Bruxelles. Il se dégage de ce film une tension qui tient en haleine jusqu'au bout.
Un film sombre, complexe qui va au fond de la souffrance humaine.Cette mère meurtrie dans son âme et dans son physique est formidablement bien interprétée par Yolande moreaux.Cette femme qui supprime son mari violent et qui se réfugie auprès de son fils est étonnante de réalisme dans cette lente ouverture au crime qu'elle a commis.Cette actrice confirme son statut de grande dame du cinéma.Un. seul dommage le film est projeté dans de petites salles sur de petits écrans....A voir vite...
Quel beau titre ! Echappant au lugubre, le film montre ces relations cachées et devenues ordinaires entre les membres d'une famille dysfonctionnelle. Le film prend le tour d'une tragédie pour réveler les incommunicabilités et les écarts générationnels. Précis, ne jugeant pas ses personnages, la sincérité de l'histoire et la quète d'amour du personnage de Yolande Moreau sont les atouts d'un film intense et touchant.
Une femme simple au coeur d'une situation complexe qui la dépasse infiniment: c'est en quelques mots le sujet de ce film d'une humanité poignante. Comme toujours, Yolande Moreau nous étonne par sa franchise, par l'adéquation qu'elle crée avec son personnage, en l'occurrence celui d'une femme battue qui décide de prendre sa revanche de la manière la plus expéditive et la plus difficile à assumer. Belle occasion de retrouver le metteur en scène de "Séraphine", Martin Provost, qui a un talent fou pour évoquer les petites gens et qui a su tirer le meilleur parti de cette actrice hors norme. Rythme lent garanti sur l'ensemble du film, sans jamais cependant susciter le moindre ennui.
Le film n'est pas à proprement parler un polar, même s'il y a une enquête policière en toile de fond, mais une enquête sans beaucoup de convictions....C'est plutot un film social sur la fracture entre une femme simple et ordinaire merveilleusement campée par Yolande Moreau et son fils Thomas, jeune homme émancipé vivant à Bruxelles...C'est un drame intimiste et noir et Martin Provost porte un regard sans jugement sur Thomas et ses libertés sexuelles....Le scénario est peu appuyé et c'est un peu le problème car on tombe dans un cinéma d'atmosphère assez caricatural comme sait le faire Christophe Honoré dont le style du film se rapproche...Donc un style assez froid, des plans peu lumineux et une musique trop rare....A voir pour ceux qui aiment ce genre de film réaliste et au style dépouillé....
On peut facilement choper le blues avec "Où va la nuit", drame gris-bleu sur la violence des sentiments familiaux. En Mater Dolorosa sacrificielle, Yolande Moreau peine à émouvoir ; le réalisateur, dans une magnifique photographie glacée, confondant distance et froideur, austérité et retenue, sobriété et sécheresse… "Séraphine" était si solaire et ce film si glacé…
Par un geste radical, Rose met un terme à une vie de couple insupportable. Prenant escale chez son fils qui a fui le toit familial depuis plusieurs années, Rose n’échappera cependant pas à son destin et son implication dans la disparition de son mari aura des répercussions insoupçonnées ravivant des cicatrices jamais guéries. Yolande Moreau, actrice atypique par excellence, incarne à la perfection cette femme bafouée. J’ai beau chercher, je ne vois pas qui aurait pu interpréter ce rôle à sa place. La complexité de Thomas est également bien défendue par Pierre Moure. Quand à Edith Scob, il s’agit-là d’un second rôle en or. Le scénario évolue à petits pas, prenant le temps de distiller de manière pertinente les ressorts dramatiques inhérents à cette histoire dramatique. Remarquable photographie d’Agnès Godard. Le plan final sur le visage de l’héroïne se détournant du regard de la caméra est saisissant.
oui pourquoi pas ? encore que le rôle de yolande moreau aurait pu être tenu par n'importe qu'elle actrice française du genre catherine frot, ou catherine deneuve ou autre, je pensais voir un film avec yolande moreau à la "yolande moreau" que nenni, ici elle joue un personnage fade, sans relief tout comme l'histoire qui n'est pas, disons-le, très originale, cette femme qui découvre la vie à la ville après des années passées à côté d'un mari brutal
L'histoire d'une femme qui résoud les problèmes à sa façon, pas forcément très fine. Il faut saluer le travail et le talent du réalisateur qui présage bien de ses prochains films. La photographie est plutôt contemporaine tout comme le rythme ce qui nous éloigne du fait divers dans sa crudité. La construction parfois elliptique et l'absence de dialogues flirte avec le film d'auteur sans jamais tomber dans l'hermétisme. C'est donc exigeant mais abordable et de bonne facture. Le problème, c'est que le sujet est suffisamment déprimant et l'idiotie crasse des participants plutôt profonde ce qui torpille le plaisir du spectateur qui ne se comporterait certainement pas comme ça ! Yolande est toujours parfaite, les seconds rôles un peu moins, surtout le fils tête à claque, cependant le reste se tient bien, mission accomplie dans ce genre très particulier de polar sans action.