Un écrivain ombrageux vit une histoire d'amour avec la femme d'un fonctionnaire britannique. Puis, au moment du Blitz, c'est la rupture, voulue par Sarah. A moins que, revenant sur les faits et épousant cette fois-ci le point de vue de la jeune femme, Edward Dmytryk donne une explication inattendue.
L'intelligence et la sensibilité du roman de Graham Green se mesurent ici à quelques dialogues. Dmytryk, lui, gâche le matériau en dirigeant et en réalisant suivant les canons mélodramatiques de l'époque cinématographique. Compassés, Deborah Kerr, avec ses mines souffreteuses, et Van Johnson, avec ses airs torturés, jouent une passion à laquelle on reste indifférent. Le coeur du sujet, où comment l'héroïne passe
d'un amour terrestre à l'amour divin
, est transposé de façon maladroite.
Dans un premier temps, la relation adultère et charnelle entre les deux amants est, censure oblige, traitée de façon largement elliptique et chaste. Ensuite, après la prière à Dieu, désespérée et superstitieuse, de Sarah, la rhétorique mystique de l'auteur passe par des explications de texte volontiers emphatiques qui témoignent d'une mise en scène un peu pataude et impersonnelle. Dans la foulée de son serment, la conversion de Sarah reste un peu trop théorique.