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Un visiteur
5,0
Publiée le 31 octobre 2006
Bamako est l'un des plus beaux films sur la société moderne. Le réalisateur mauritanien a su mettre grâce au cinema avec humour et verité l'accent sur les grands maux qui vont au delà de l'Afrique.... Un film où tout le monde a son compte. Ce film, en réalité, devrait être recompensé à Cannes!
Trop bon ! Seul le scenario est un peu décevant. Ah, si on avait laissé le sujet à un réalisateur californien ou même italien, on aurait été plus à l'aise pour apprécier cette admirable critique et cette bande son géniale. Il n'y aurait pas eu ces longueurs un peu soporifiques. On aurait peut-être même vu le coupable se repentir ou crever à la fin. Oui... mais ce film est africain, même si son réalisateur vit à Paris. Et si nous sommes mal à l'aise, n'est-ce pas parce qu'il l'est, avec ses lenteurs et son apparente nonchalance ? Incontournable donc et pourtant trop souvent limité aux salles de second rang et pour un nombre restreint de séances. L'étoile manquante à ma critique, c'est celle que j'aurais décernée naturellement si j'étais moins occidental ! Ce n'est pas la faute au film !
Quavez vous fait cette année pour lAfrique ? Jai été voir Bamako, le film-procès du FMI. Cétait assez chiant, mais jai fait du style dans ma critique, jai dit que cétait magnifique, astucieux, bref jai recommandé parce que quand même lAfrique , Le FMI, tout ça , jy connais rien, mais cest scandaleux,
Avant de faire des choses, il y a peut-être des choses à ne pas faire pour lAfrique. Les subventions aux exportations occidentales ? Au fait, dans quelle mesure le FMI a-t-il influencé certains pays pour abaisser leurs barrières douanières ? On aimerait en savoir plus sur ces sujets, entendre des arguments, on voudrait voir un procès du FMI didactique, marquant, accessible. De bons arguments, bien exposés, une démonstration distrayante qui fasse parler delle. Comme pour lécologie et les indigènes, on voudrait voir les types qui sen foutent commencer à se poser des questions Mais là, Bamako, cest une occasion manquée, et même pire, si on se rend compte que ça peut que renforcer la majorité des gens dans leur idée afrique = inertie, lenteur, corruption, et plainte, plainte, plainte.
Vraiment un peu de bonne foi , il y a vraiment très très peu darguments, un tout petit peu sur la dette et cest tout. Dire le FMI ne sers pas lintérêt général, il a détruit les services publics, ce nest pas un argument. Comment a-t-il détruit les services publics ? Lesquels ? Dans quels pays ? Qui sont Le FMI, qui sont leurs interlocuteurs ? Combien denfants étaient scolarisés au Bénin en 1985, en 95, en 2005 ? Il y a sûrement un contenu énorme à décrire. Un paysan se plaint de ne plus pouvoir vivre de ses cultures, (moment émouvant dans le film, peut-être aurait-il fallu faire traduire le passage en même temps par lavocate ?) Quel lien avec le FMI ? Pour les sujets graves, cest vraiment du gâchis de faire un clin dil aux connaisseurs et convaincus. Et donc le film reste une complainte au lieu d'un vrai réquisitoire. Une bonne idée de départ,...
...alors le viel homme se lève, prend la parole qu'on ne lui a pas donnée, et arrangue le tribunal dans son dialecte. Aucune traduction pour l'audience ni pour le spectateur "blanc", nul besoin, tout est évident et on prend la Vérité en plein coeur, à travers son visage, son regard, son chant même : c'est une des scènes les plus extraorinaires du cinéma , et la clé de voute de ce chef d'oeuvre, non pâs parfait mais génial qui retranscrit le dialogue de sourds entre le Nord et le Sud, mais un dialogue riche, sincère et intelligent sur fond de vie quotidienne où se mélangent des petits drames personnels et familaux qui vont finir par construire ensemble un dénouement splendide. On en ressort bouleversé mais sans verdict, juste à chercher dans sa poche les 4 euros qui représentent la dette de l'Afrique par habitant. On est tous responsables. Les quelques esprits chagrins qui y voient une propagande financée par le Ministrère des A.E. passent à coté de l'oeuvre (dont je connaissais même pas l'existence de l'auteur): c'est un film d'amour pour l'Afrique dans tous ce qu'elle est et qu'elle subi, de chagrin pour son agonie, et aussi d'espoir : elle va enterrer ses morts, sécher ses larmes et continuer...
Quelle déception ! Je m'attendais à ce que "Bamako" dénonce et explique les agissements néfastes du FMI et de l'OMC sur l'Afrique, il n'en est rien. Quelques approximations avec des phrases toutes faites qui ont peut-être un sens pour le réalisateur mais pas pour le spectateur moyen. Quant à la partie fictionnelle, les personnages sont bâclés et épais comme du papier à cigarette. Le manque de moyens financiers pour faire le film n'expliquent pas ce fiasco car on peut faire un bon film avec peu de moyens si on s'en donne la peine ( voir "La petite vendeuse de Soleil" qui est une vraie réussite).
Comment ce terrifiant consensus entre tous les critiques de presse respectables a-t-il été possible ? Ils n'ont pas assez de superlatifs pour clamer la grandeur de ce film qui est, mais ne le dites à personne, ... d'une médiocrité rarement égalée. Tout est relégué en cinquième division dans ce bricolage d'étudiant prétentieux se prenant pour un maître du septième art. La mise en scène est inexistante. Les personnages ne sont jamais développés. On attend, on attend, indéfiniment le démarrage du film qui n'arrivera jamais. Et on patiente tout de même durant ... 2 heures !!! Quel supplice. Car le propos, évidemment, n'avance pas lui non plus d'un iota, à l'exception d'un largage abrupte dans les cinq dernières minutes d'une "récitation scolaire" pour la cause défendue. A cet instant on se pose plus que fortement la question suivante : s'agirait-il en réalité d'une tentative volontaire de film le plus raté de l'histoire du cinéma ? Vous allez me dire que je n'ai pas encore évoqué le sujet abordé. Il est intéressant et c'est bien cela qui est navrant : ce film est au total à l'image de l'Afrique et de son incapacité à se faire entendre. Et j'apprends dans d'autres critiques qu'il serait subventionné par des fonds français. Tout s'explique : pourquoi se fatiguer à se mettre à la place du spectateur lorsque ce n'est pas nécessaire pour se financer ? Quelle misère. Le résultat est donc une pitoyable glose et autosatisfaction entre intellos et critiques parigos dont tout le monde se fout. Aucun de vous donc, messieurs les experts es ciné, n'a eu le courage de donner un avis objectif sur cette fumisterie. Même un seul eût été intéressant ... Allez, pour terminer, je propose un petit exercice à ceux qui ont vu le film (je sais ils sont très rares). Relisez les critiques du Nouvel Obs, Libé, Télérama, Le Monde. Vous allez bien vous marrer.