Un docu-fiction original, sobre et engagé mais pas palpitant non plus, qui dénonce, à travers un procès populaire, l’impact destructeur des politiques économiques internationales sur l’Afrique.
Le film Bamako met en lumière avec force et justesse une réalité accablante que vivent de nombreux pays africains : l’endettement chronique, la dépendance économique qu’il engendre, la privatisation croissante des services publics essentiels comme la santé, l’eau ou l’éducation, et l’abandon progressif de l’agriculture vivrière. Ces thèmes, d’une brûlante actualité, sont exposés avec une lucidité remarquable et dénoncent des mécanismes néocoloniaux et de la violence économique dissimulée derrière des logiques de développement qui profitent rarement aux peuples concernés. Le choix de la forme adoptée par Abderrahmane Sissako, par le dispositif du procès est certes inhabituel, mais il est puissamment symbolique. Il ne s'agit pas d’un simple artifice rhétorique, mais d’un geste cinématographique audacieux, qui fait du cinéma un espace de parole pour les sans-voix, et place au centre du débat la responsabilité des institutions internationales. Là où certains voient une "déclamation pénible", je vois un exercice de justice poétique, un tribunal populaire qui dépasse la fiction pour convoquer l’Histoire. Les voix de ce paysan affamé par son propre labeur ou celle de la femme chanteuse délaissée incarnent le quotidien déchiré par les conséquences concrètes de l’économie mondialisée. Leur douleur silencieuse, parfois sans sous-titres, n’a pas besoin de traduction pour être ressentie. Bamako ne choisit pas entre esthétique et politique : il les marie pour faire naître une œuvre complexe, exigeante, profondément ancrée dans la réalité africaine. Là où un documentaire aurait sans doute aligné les chiffres et les témoignages, le film propose une méditation, une mise en scène métaphorique et profondément subversive. Il ne se contente pas d’informer, il ébranle, questionne, dérange. Formidable film!
Ce procès filmé dans une cour, et en même temps la vie des habitants indifférents aux débats. Judicieux parti pris qui souligne l'impuissance des intervenants, leurs déclarations contre le FMI et la banque mondiale aussi pertinentes soient elles n'apportent aucune réponse à la situation dans laquelle se débat le peuple africain.
J'ai vu ce film lors de sa sortie, et il ne m'avait pas enthousiasmé.Mais je voudrais aujourd'hui rendre hommage à Roland Rappaport, décédé récemment, qui y accomplit une performance exceptionnelle, dans un rôle à contre-courant de ses idées.
Remarquable film, tout à la fois didactique et terriblement humain, qui donne la parole à l'Afrique lettrée et à celle de la rue (magnifique séquence où "la parole qui doit sortir" est chantée par un vieil homme à qui l'on a demandé d'attendre son tour pour témoigner et qui n'en peut plus).
Dans une cour en plein air d’un quartier de Bamako, un procès doit avoir lieu. Les témoins, nombreux, s’installent. Le FMI et la banque mondiale doivent être jugés pour les crimes commis depuis plusieurs années à l’égard des États d’Afrique. L’enjeu du procès n’empêche pas la vie de se poursuivre et les habitants de continuer leurs activités autour de cette même Cour...
il m'a fallu un quart d'heure pour comprendre ce film. eh oui c'est un docu-fiction qui traite des problèmes Nord-Sud. une complainte des africains vis à vis de l'Occident. C'est un film que devrait voir tous les peuples pauvres du monde assujettis au diktat de l’Occident. c'est un film truffé de métaphores. Une mise en scène assez particulière qui m'a j'avoue choqué au premier abord( une image toujours caricaturale de l'Afrique, me suis-je dit) mais au final j'ai été séduit par cette forme de mise en scène de narration : une sorte de village africain ou tout se passe sur la même place. une sorte de promiscuité mêlée d'insalubrité et de convivialité. j'ai aimé les métaphores et les scènes chantées par la belle Aissa Maiga. Sinon j'ai trouvé qu'il y avait trop d'inserts dans le film et de plans trop longs. Film un peu trop bavards mais je peux comprendre, heureusement y avait des moments de silence quoique trop longs aussi. Le réal aurait dû sous-titrer les scènes de chants. A voir!
Magnifique chant politique, « Bamako » met en scène un procès fictif – interprété en revanche par des personnages réels, dont des avocats – dans la cour d’une maison. Ce procès, c’est celui de la banque mondiale et du FMI, accusé d’être responsable du drame africain. C’est un film superbe, didactique et bouleversant, parfois drôle, toujours surprenant.
il m'a fallu un quart d'heure pour comprendre ce film. eh oui c'est un docu-fiction qui traite des problèmes Nord-Sud. une complainte des africains vis à vis de l'Occident. C'est un film que devrait voir tous les peuples pauvres du monde assujettis au diktat de l’Occident. c'est un film truffé de métaphores. Une mise en scène assez particulière qui m'a j'avoue choqué au premier abord( une image toujours caricaturale de l'Afrique, me suis-je dit) mais au final j'ai été séduit par cette forme de mise en scène de narration : une sorte de village africain ou tout se passe sur la même place. une sorte de promiscuité mêlée d'insalubrité et de convivialité. j'ai aimé les métaphores et les scènes chantées par la belle Aissa Maiga. Sinon j'ai trouvé qu'il y avait trop d'inserts dans le film et de plans trop longs. Film un peu trop bavards mais je peux comprendre, heureusement y avait des moments de silence quoique trop longs aussi. Le réal aurait dû sous-titrer les scènes de chants. A voir!
C’est du cinéma réquisitoire, implacable et qui n’a pas le temps de faire des fioritures. C’est un très bon compte rendu de la situation de l’Afrique au XXIe siècle, exploitée et vidée de ses richesses par le consortium des autres continents, tous unis pour une fois. C’est du cinéma indispensable !
Bruit sourd et lucide de la conscience africaine face aux géants de la mondialisation et ses outils de destruction que sont le FMI et la banque mondiale. A entendre. A voir. Un incontournable en ces jours de crise.
Je réserve d'habitude les 4 étoiles à des films d'exception, sans pouvoir le comparer aux meilleurs films que le cinéma ai produit dans son histoire, Bamako est de la haute couture dans un style docufiction chère à Peter Watkins, dans une approche africaine, ce procès révèle avec clarté les enjeux économiques de l'Afrique contemporaine. Dans un langage simple, on comprend le sens du combat des altermondialistes opposés au G8. Que la dette du pays soit citée plusieurs fois, n'est en rien gênant. Un cinéma audacieux, une approche nouvelle, un jeu d'acteur entier. 4 étoiles pour compenser des critiques lamentables qui ne supporte pas qu'un film s'engage, que la fiction s'ancre dans une réalité qu'il faudra dénoncer tant que ces situations se perpétue.
Un film frustrant : en effet, c’est le procès de l’Occident qui est fait dans cette arrière-cour de Bamako. Les arguments sont intelligents et le procès est agréable à suivre. Mais pour le reste, c’est de la grande déception, il ne se passe rien ou presque, la mise en scène est plus que lente, bref, on s’ennuie ferme. C’est vraiment dommage car en alliant le procès à une bonne histoire, on aurait été gratifié d’un excellent film. Je le conseille tout de même ne serait-ce que pour le procès.
Le festival de Cannes sélectionne vraiment n'importe quoi...Bamako a le mérite de l'originalité, mettre en scène un procès en Afrique, pourquoi pas? L'actrice principale, toujours excellente et grand espoir de sa génération, chante à merveille mais elle ne peut sauver un film incroyablement médiocre dans sa réalisation, son scénario, son rythme, sa mise en scène et dont la pseudo-réflexion est proche du néant. Hélas, tout est soporifique à l'image du clou du calvaire une scène de western sortie de nulle part et ridicule. On se demande par moments si l'on assiste pas à une parodie.