24813 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
1 442 critiques spectateurs
5
920 critiques
4
344 critiques
3
57 critiques
2
73 critiques
1
33 critiques
0
15 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
gregbutton
45 abonnés
1 016 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 8 septembre 2013
Trés beau et dur film, se laisse trés bien regarder, on s'immerge parfaitement dans les personnages où les acteurs sont par ailleurs trés bons, pas un chef d'oeuvre pour une pure question de sensibilité mais un bon film, bien touchant.
Ce qui est magnifique dans ce film, au-delà de l'émotion provoquée par l'humanité du personnage incarné par Ulrich Mühe, c'est qu'il démonte les mécanismes de l'âme des hommes. Comment l'envie, le désir entraînent l'homme de pouvoir a utilisé les moyens qui lui sont donnés pour asservir ces contemporains ? Une histoire de rédemption aussi. De prise de conscience. Cet agent de la stasi qui prend conscience de sa capacité à détruire la vie d'un autre homme et qui renonce à utiliser les preuves qu'il a réuni. Ulrich Mühe, décédé quelques mois seulement après la sortie du film, y est profond, juste, minimaliste... Bouleversant !
"La Vie des Autres", c'est la vie des 17 millions de citoyens de la République Démocratique Allemande, que la tristement célébre Sécurité Intérieure, la Stasi, avait pour mission d'espionner. 100 000 membres et 200 000 collaborateurs réguliers étaient chargés de cette mission, et de compiler tout cela dans des rapports soigneusement archivés. Quand après la chute du Mur, Georg obtient le droit de consulter son dossier, ce sont des dizaines de classeurs que l'archiviste admiratif lui amène. Le sens de cette espionnite était initialement de défendre l'état socialiste contre ses ennemis. Mais bien vite, et en tout cas après 40 ans de R.D.A., ce système policier fonctionnait surtout pour servir les intérêts privés de l'oligarchie dominante ; plus personne ne croit à une idéologie, seule la peur permet à ce système bureaucratique obsolète de survivre.
Le film commence par un interrogatoire mené par Wiesler, celui d'un pauvre type qui avait le tort d'être le voisin et peut-être l'ami d'un transfuge à l'Ouest. Cette séance est enregistrée, et sert de support au cours que Wiesler donne à l'Académie de la Stasi, et où il suffit qu'un étudiant pose une question dérangeante pour qu'en face de son nom, le prof trace une croix. Wiesler est donc un policier modèle, excellent technicien de son sale boulot, sans état d'âme. Quand il rencontre Georg l'intellectuel, avant même que le ministre lui en donne l'ordre pour exercer son droit de cuissage, il perçoit une menace et propose de le mettre sur écoute. Il s'acquitte de cette mission comme des autres, avec efficacité et sans ménagement pour ses subordonnés.
Durant tout le début des écoutes, avant que le destin ne fasse basculer Georg, le film nous montre en parallèle les vies des deux hommes : quand le dramaturge fait l'amour avec sa compagne (noté au rapport : "accouplement probable"), Wiesler le solitaire a le droit à une pute du ministère, qui vient faire sa tournée et ne peut pas rester, le camarade capitaine ne l'ayant pas réservée plus longtemps. Quel est exactement le chemin de Damas de Wiesler : la pitié qu'il éprouve pour Christa-Maria obligée de se donner au ministre adipeux ? l'écoute du "concerto pour un homme bon", joué par Georg en hommage à son ami suicidé ? Toujours est-il que du jour où il omet de consigner un fait anodin dans son rapport, il accepte un engrenage qui lui vaudra une rélégation dans une cave où son supérieur lui promet en 1985 de passer les vingt années à venir.
Tableau implacable de ce système de peur et de délation, "La Vie des Autres" est aussi un suspens passionnant, un jeu du chat et de la souris -ou plutôt de poule-renard-vipère, vu qu'il y a trois protagonistes. On oublie les 2 h 17 du film, grâce à une intrigue habilement ficelée, à une reconstitution soignée (il ne manque pas une Trabant !) et un excellent jeu des acteurs : Sebastian Koch, vu dans "Black Book", Ulrich Mühe, acteur de Haneke, et Ulrich Tukur, aperçu dans "Solaris" et "Le Couperet". Il aura fallu attendre les 126° et 128° critiques clunysiennes pour y voir figurer des films allemands ; bien que très différents ("Pingpong" est un récit intimiste alors que "La Vie des Autres" est un film à suspens politique), ces deux premières oeuvres semblent confirmer le renouveau du cinéma d'Outre-Rhin.
Deux choses m'ont particulièrement marqué à propos de ce film : d'abord qu'un réalisateur allemand arrive à être si objectif envers un événement douloureux de leur histoire commune et ensuite le contenu du film en lui-même. Je ne connaissais la Stasi que de nom et je fus stupéfait d'apprendre leur mode opératoire - et pire, l'endoctrinement que cet organisme de surveillance pouvait générer. Au final, c'est un film que je n'ai personnellement pas trouvé exceptionnel quant à la performance des acteurs mais dont l'intensité du message fait tout oublier.
Coup d'essai coup de maître , un chef d'oeuvre à son premier film , un sujet difficile à traiter mais à cause de la richesse du scénario et la maîtrise de la réalisation , Florian Henckel Von Donnesmark nous fait vibrer pendant 2h20 et l'interprétation est au même niveau ; un film grandiose .
Ce film est une pépite ! Très bien réalisé et réellement prenant, il réussit le tour de force de nous retenir jusqu'au bout dans un suspense et une profonde affection pour les personnages. Ulrich Mühe est juste génial dans son rôle. Gros coup de coeur pour ce film.
Un summum du cinéma allemand, et une pépite du septième art en général. Florian Henckel von Donnersmarck nous offre un film respectant très bien ce qu'il s'est passé durant la Guerre Froide, avec un casting exceptionnel, deux heures où l'on ne s'ennuie pas une seule seconde malgré le fait qu'il n'y ait aucune scène d'action, ou tout du moins qui bouge et fasse "vraiment" avancer l'histoire, qui avance plutôt lentement. Mais cela ne me dérange pas, car on ne s'ennuie pas. Mention vraiment à Ulrich Mühe qui, pour un de ses derniers films avant son triste décès, nous a proposé un jeu extraordinaire. Cinq étoiles pour ce chef d'oeuvre du Septième Art, à ne louper sous aucun prétexte, il faut le voir !
Le film est maîtrisé sur tous les plans. Mise en scène excellente, acteurs épatants, ce thriller en RDA est également une mine d'informations pour ceux qui en connaissent peu sur le sujet et en plus le film évite toute forme de manichéisme facile en préservant ainsi la complexité de ses personnages, d'un bout à l'autre le suspens est au rendez-vous, on a à faire avec un grand film sur la surveillance durant la guerre froide, passionnant.
D'une idéologie à l'autre, d'un camp à l'autre, il n'y a qu'un pas. Un pas immense, un pas ou toute leur vie peut basculer. D'un côté comme de l'autre, c'est un risque bien trop grand à prendre que d'aller vers l'autre. Et pourtant, Gerd Wiesler (Ülrich Mühe) va faire ce pas, contre son gré, sous les ordres. Et petit à petit, il va découvrir la vie des autres. Voilà un film atypique, sans effets spéciaux, sans combat homériques mais juste avec une lente progression vers l'autre côté, le côté tabou. Un film d’où l'on ressort chamboulé, abasourdi. Les acteurs sont excellents et particulièrement Ülrich Mühe qui est fantastique, à cette époque, malheureusement à l'aulne de son décès. Un grand film qui s'achève sur une réplique géniale.
Un film magnifique sur ce que peut être la nature humaine, émouvant à en verser presque une larme. Un beau film à ne pas manquer ; on regrette qu'Ulrich Mühe ne puisse désormais plus interpréter...
En 1984 la vérité conquise de force par la Stasi consiste en des propos désordonnés. Le soleil une fois à l'Ouest se moque de vous. Rien voir et rien entendre assure la pitence de ses proches.
Les rues désertes clairsemées d'automobiles offrent des nuits blafardes à un apparatchik soudainement troublé par la valeur propre de l'individu, le texte et la musique. Ces illuminations nouvelles inaugurant peut-être l'éveil d'un esprit.
L'instrument du parti dine seul dans des grands espaces murés laissant parfois le passage à un apaisement furtif fourni par des professionnelles. Tout ce qui manque se décortique sadiquement dans un jouissif permanent nommé « La vie des autres » que l'on tient entre ses mains.
A l'étage les portes sont ouvertes sans ménagement. Dans les sous sols, l'oreille est attentive, sadique, provocatrice. Dans les hauteurs l'écouté complote pour survivre dans une liberté créative en maintenant du mieux possible un comportement intellectuel non assujetti à la dominance d'un pouvoir ne stabilisant sa puissance que par la démolition de ceux qui pensent.
Le suicide n'est plus comptabilisé, ce n'est qu'une mort comme les autres. L'écoute d'une sonate verrouille presque le processus d'une révolution. Le poète est l'ingénieur de l'âme. L'actrice malgré son talent reste dépendante de l'obèse tribal camouflé dans la voiture de fonction.
Pour un régime totalitaire l'art est le pire des ennemis. Le penseur est dangereux, il se dompte au même titre que la population par la peur, la surveillance et le slogan politique.
La créativité libératrice est sous marine en parallèle avec les énormes pressions que le parti s'inflige à lui- même. Le régime n'est qu'un harcèlement nivelant constamment toutes les couches sociales réduisant à néant les libertés de penser d'individus diabolisés par la peur.
« La vie des autres » est un film poignant sur la destruction des âmes opérée par des opportunistes sans structures récupérés par l'idéologie dominatrice d'un rouleau compresseur broyant ses propres composants.
Difficile de ne pas comparer ses images de persécutions de trahisons et de sacrifices avec les sinistres heures Hitlériennes ou chacun n'est plus lui-même, ce dysfonctionnement appelant avec désespoir la diction d'une phrase sublime
un excellent scénario ,des acteurs parfait, une atmosphère pesante ,ce film vous tiendra en haleine jusqu'à la fin . du très grand cinéma ,pas grand chose à dire à part : bravo !!
Excellent film qui aborde l'Allemagne d'après-guerre sous un angle peu exploité: la Stasi. Scénario bien ficelé qui nous plonge directement dans l'ambiance. Bonnes performances de la part des acteurs. A noter: la version VO ou VOST apporte beaucoup !
La vie des autres est un film sur la résistance mais cette fois ci entre la RDA et RFA. Ici le réalisateur pose son sujet ce qui nous permet d'apprécier et de suivre attentivement l'intrique. Le point fort du film est l'émotion qui s'en dégage et le jeu des excellents acteurs. A ne pas rater!!