Pour un premier film, c'est franchement réussi ! En même temps, le réalisateur ayant travaillé pendant 7 ans dessus, on ne s'étonne pas de la qualité finale du film. Celui-ci est assez lent, ce qui pendant un premier quart d'heure peut donner quelques craintes, mais très rapidement, on entre à fond dans cette histoire, et on s'attache à tous les personnages. Les acteurs sont majestueux, surtout Ulrich Mühe, qui interprête celui qui espionne le couple. L'atmosphère de l'époque est très bien rendue, et fait même froid dans le dos, nous faisant nous rendre compte que notre simple liberté de parole est précieuse aujourd'hui. Le scénario se déroule lentement, mais on ne ressent aucune longueur dans le film.
Un film pesant, oppressant. La main mise des gouvernements des ex démocraties de l'est sur la vie artistique et politique des citoyens est intelligemment abordée. Le film est poignant et l'évolution intérieure du personnage principal qui s'ouvre à la vie est un hymne à la tolérance et à l'ouverture aux autres. Un film magnifique.
je pense que tout à été dit au sujet de ce film... je n'ajouterai rien de plus hormis ce petit commentaire: un grand film, d'excellents acteurs et surtout une ambiance lourde et prenante qui confère au film une empreinte marquante pour tout cinefile.
Ce film a une précision quasi-documentaire sur le régime est-allemand d'avant la chute du Mur à travers un de ses aspects essentiels à savoir les méthodes utilisées par la Stasi, qui n'avait pas besoin de torture physique ou de camp de concentration pour imposer une chape de plomb paranoïaque sur les consciences, leurs informateurs se trouvant partout dans la population, et disposait d'un pouvoir arbitraire total en pouvant broyer qui elle voulait à tout moment. Les acteurs sont excellents, avec une mention spéciale pour Ulrich Mühe, déconcertant dans son rôle de modèle du régime qui finit par se retourner contre lui. On a là du très bon cinéma allemand.
Film très honnête où un très bon jeu d'acteur favorise la plongée dans cet univers strict et angoissant et appui l'évolution (senti)mentales de personnages. Une sorte d'Equilibrium / Gattaca des temps modernes qui montre par là que passé et futur sont finalement grandement entremêlés...
Au-delà des attraits dramatiques qui visent à faire de «Das Leben der Anderen» (Allemagne, 2006) de Florian Henckel von Donnersmarck une œuvre historique sur la menace permanente en R.D.A., le cinéaste révèle une approche du monde par le son, emprunte à Coppola et son «The Conversation» un rapport auditif à l’environnement. Ce rapport, d’ordre suspect puisqu’il s’agit d’une situation d’espionnage, lie des accointances pour aboutir à un pathétique ténu. Mis sur écoute jour et nuit, le dramaturge Georges Dreyman donne sans le savoir chaque détail de sa vie au gouvernement de la Stasi. La relation que nouent par des biais labiles l’homme écouté et l’espion-écouteur Wiesler porte sur le seul son. L’identité des individus se révèlent par le truchement de leur voix, dans la faculté de leurs bruits à identifier leur caractère. Tout le suspense du film repose sur la potentielle faculté des sons et des bruits à trahir la vérité de ceux qui les produit. Donnersemarck, a contrario de Coppola ou de DePalma dans «Blow Out», emploie peu cette faculté du son seul à exprimer un récit. L’image vient bien souvent à l’appuie de l’audio. La tentative, pourtant ambitieuse bien que maintes fois traitées, de vouloir faire du son la piste principale échoue à plusieurs reprises. Là peut-être n’est pas l’enjeu désiré par le cinéaste. Dans une tendance allemande actuelle à faire de son Histoire un foyer riche d’intrigues, «Das Leben der Anderen» emprunte des moyens conventionnellement épiques, sans oublier une part tragique. Du regard sur les affres accomplies par la Stasi, un documentaire méconnu, «Zeit ohne Eltern» de Celia Rothmund parvient davantage à traduire les effets de la répression communiste. De la dimension «épique», le film ne conserve que l’ampleur historique. D’un fait anodin, Donnersmarck traite d’une pratique généralisée dans tout le bloc soviétique. La simplification manichéenne, progressivement renversée, finit d’affaiblir l’empathie de l’œuvre.
Quatre étoiles et encore, ce film en mériterais bien une cinquième ! Une oeuvre tout simplement magistrale et boulversante qui, on le comprend aisement, a collectionné les prix en tous genres. Une histoire dans ce qui fut une partie de l'Allemagne pendant près de 30 ans et à la porte de "chez nous", une blessure profonde qui brisa un pays entier par l'action du joug communiste qui se disait sain et detenteur de la vérité. Pourtant un agent de la Stasi, un des plus zélé, a lui même douté de ce en qu'il croyait en constatant les dérives paranoïaques et malsaines de cette police. C'est bien la preuve que la vérité n'était pas la et que la voix du coeur à été plus forte que celle du devoir. Aussi ce film se veut par cet exemple être un dénonciateur des dictatures de toutes sortes et du mal qu'elles peuvent engendrer. A voir et à revoir ab-so-lu-ment !
Humanité et parfaite description ... une histoire forte et émouvante, la qualité esthétique du film, le propos, les interrogations post-ouverture du mur clairvoyantes et critiques en font un film incontournable et magnifique. A voir au moins une fois dans sa vie.
De l'histoire moderne traitée avec le seul point de vue qui compte : celui de l'humain. Ulrich Mühe est pour moi une révélation. Quel talent trop tôt arraché à ce monde ! Quelle tristesse ! Ce film a bien mérité toutes les récompenses internationales reçues en 2007. A voir et à revoir...