OSS 117 : Rio ne répond plus
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Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 octobre 2012
Je suis encore étonné (et réjoui) du succés qu'"OSS 117 : Le Caire nid d'espions" a rencontré, que ce soit en salle (2,2 millions de spectateurs), en DVD ou lors de sa récente diffusion sur M6 (4,6 millions de téléspectateurs). Etonné, car l'humour de Michel Hazanavicius repose sur un cocktail savant qui fait appel à l'intelligence et à la culture du spectateur, bref sur tout autre chose que les recettes habituelles des comédies françaises, gabarit "Asterix aux Jeux Olympiques" ou "Coco" (que je n'ai pas vu, la B-A m'a suffi).

Ce cocktail, dont on retrouve les composantes essentielles dans le deuxième opus, s'appuie sur une logique de l'absurde digne de Jean Tardieu, comme la conversation au SDECE où OSS 117 et ses collègues évoquent en s'esclaffant une kyrielle de noms dont on ne saura rien, et qui tire parfois du côté du burlesque, avec ici une mention spéciale pour Rüdiger Vogler, grand acteur de Wim Wenders, à qui le réalisateur reconnaît qu'il lui a demandé de faire"ce qu'il y a de pire pour un acteur allemand, un nazi dans une comédie française", et qui s'est inspiré de Chaplin et de Keaton pour composer son personnage.

Le deuxième élément repose sur la contextualisation de l'histoire dans une époque, un pays et une situation géopolitique. On passe donc de la IV° République de René Coty (mon frère, prof d'histoire en lycée, me racontait que depuis deux ans les élèves connaissaient l'ex-député de la Seine Inférieure) à la V° République du Grand Charles, dans un monde qui change et où apparaissent le féminisme, le mouvement hippie et la libération des moeurs. Bien entendu, comme le proclame la bande-annonce, si le monde a changé, OSS 117 n'a pas bougé d'un iota et son décalage n'est plus uniquement avec les spectateurs du XXI° siècle, mais aussi avec ses contemporains ; le rôle de Dolores sert d'ailleurs à ça, à opposer une parole sensée aux délires sentencieux et rétrogrades (c'est un euphémisme) du meilleur des agents du SDECE.

La troisième qualité des deux OSS se situe dans la perfection de la parodie formelle. Comme l'explique le réalisateur, entre 1954 et 1967 était passée la Nouvelle Vague, et si "OSS 117 : Le Caire nid d'espions" utilisait les codes hitchcokiens (transparences, nuit américaine), le nouvel épisode s'inspire plus du cinéma hollywoodien des années 60 : split-screens, coups de zoom ou piscine uniquement peuplée de superbes filles brésiliennes. Le soin apporté aux costumes (ah, l'ensemble pull-fuseau très Jean-Claude Killy d'OSS 117 à Gstaad, ou le costume de Robin des Bois-Eroll Flynn), aux décors et aux divers accessoires, comme le dit Michel Hazavanicius, "permet aux acteurs de dire d'énormes conneries".

Les références cinématographiques sont légion : Hitchcock, avec le vertige d'OSS qui rappelle "Vertigo", ou la scène finale où le Christ de Corcovado remplace le Mont Rushmore de "La Mort aux Trousses", "Sous le plus grand chapiteau du monde" dans le flash-back récurent qui nous montre ce que Hubert faisait avant d'être OSS, "L'Homme de Rio", bien sûr, dans l'utilisation des décors naturels (Corcovado, Brasilia, l'Amazonie) ou "Les Tribulations d'un Chinois en Chine", pour l'apparition répétée de tueurs chinois.

Comme dans toute bonne suite, on retrouve des éléments du premier film : les nazis, les tendances homosexuelles refoulées du héros, l'arrivée à l'aéroport entouré de belles filles ; mais il y a aussi des transpositions et des nouveautés. L'ignorance crasse de la géopolitique persiste, ainsi que les préjugés. Au Caire, OSS 117 faisait taire le muezzin qui l'empêchait de dormir ; à Rio, il hésite à confier son argent à des agents du Mossad, résume la Shoah par une phrase "Ah ça ! Quelle histoire..." Son antisémitisme se situe au niveau de l'inconscient d'un Louis de Funés qui expliquait candidement ses préjugés avant "Les aventures de Rabbi Jacob", ou de Raymond Barre déplorant les victimes "innocentes" pour désigner les non-juifs tués lors de l'attentat de la Rue des Rosiers. Et souvenons-nous qu'en 1967, De Gaulle avait qualifié les juifs de "peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur"...

Michel Hazanavicius a expliqué que "quand vous mettez deux scénaristes dans un bureau pendant huit mois et que vous les payez pour dire des conneries, ils disent des conneries. Le problème est d'organiser ces conneries dans une histoire pour faire un scénario qui lui-même n'a qu'un but, permettre de faire un bon film." Cette démarche se ressent, ce n'importequoitisme assumé avec maestria pour justifier des idées aussi loufoques que de faire danser la rumba à des officiers SS, de cuire un crocodile à la broche ou de construire un pédalo à tête de canard. Neuf fois sur dix, ça fonctionne parfaitement ; la dixième fois, ça à tombe à plat, déchet bien acceptable au regard du culot de l'ensemble.

Quand à Jean Dujardin, une nouvelle fois excellent, il a donné dans une interview la clef pour comprendre son personnage : c'est un enfant de huit ans. On comprend mieux ainsi sa pensée magique qui l'amène à se protéger des balles en mettant sa main au-dessus de son visage (il a piqué l'dée à Daniel Craig), sa rapidité à se vexer et à s'entêter, ou son déni de la réalité qui l'amène à proclamer "C'est pas moi", alors que 30 personnes ont vu le coup partir de son lüger et abattre son prisonnier.

Quatre fois moins cher qu'Astérix, et quarante fois plus drôle, "OSS 117 : Rio ne répond plus" réussit la gageure de satisfaire l'envie de retrouver les composantes drolatiques du premier épisode, tout en sachant renouveler l'inspiration grâce à cette avancée dans le temps. Il ne nous reste plus qu'à attendre de voir HBdlB sauver les diamants de Bokassa, couler le Rainbow Warrior ou reprendre les essais nucléaires dans le Pacifique.

http://www.critiquesclunysiennes.com
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 décembre 2012
Michel Hazanavicius nous ravi avec ce premier volet d'OSS 117. Techniquement parfait, le film est remarquable tant par son fond que par sa forme. Profondément comique, mais d'un comique réfléchi, le film se détache par sa capacité à nous faire rire tout en nous laissant suivre l'histoire sérieusement tant elle est pertinante et tant on s'attahce au personnage de Dujardin. Quel charisme ce mec! Mais qui pourrait être aussi bon que lui dans ce rôle? A vrai dire personne. Dujardin s'approprie en premier lieu un rôle complexe mais fini par s'approprier le film tout simplement. "OSS 117", c'est une histoire en apparence sérieuse qui tourne à la plaisanterie, au ridicule, au burlesque. Et avec de tels acteurs, de tels tableaux en guise de cadres, on a envie que ça continue, encore et encore, que ça ne s'arrête pas..
Kalie
Kalie

86 abonnés 970 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 octobre 2012
Ce OSS 117 est plus riche en action que le précédent. On retrouve un Hubert Bonisseur de La Bath avec toujours un métro de retard sur son époque. Raciste, misogyne et tout simplement bête, il fait rire ou exaspère, c’est selon. En tout cas, ses défauts sont le prétexte à des scènes marrantes/choquantes (la rencontre avec sa coéquipière, sa position sur l’Holocauste et son avis sur le mouvement hippie...). Avec ses jolies filles, ses méchants nazis, ses déguisements, le film est un hommage à un certain cinéma. L’utilisation du split screen, technique cinématographique à la mode dans les années 60, renforce le côté rétro du film. Les seconds rôles complètent efficacement le tableau (notamment Ken Samuels en espion de la CIA). Tout est réuni pour un divertissement de qualité.
Hunter Arrow
Hunter Arrow

162 abonnés 409 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 octobre 2012
OSS117 Rio ne répond plus est la suite de la franchise relancée par le duo Jean Dujardin/Michel Hazanavicius. Et si on prend les mêmes on ne refait pas vraiment la même chose. Si l'idée de base reste de réaliser un pastiche des films d'espionnage un peu kitch de l'époque, ici on change de cadre dans une suite beaucoup moins sage que son ainé et c'est tant mieux !

Ici on fait fis des années 50, l'action prend place cette fois à Rio dans les années 60 et cadre oblige, la réalisation et le ton aussi changent quelque peu. C'est plus coloré, plus fluide mais surtout bien plus "libéré" et délirant. Ainsi les scènes cultes et répliques tout aussi marquantes fusent et on s'amuse bien plus devant cet opus que devant le premier. C'est sans doute un poil plus potache voir à la limite du "trash" par moment (mais vraiment la limite, on n'y cède pas totalement non plus car globalement ça reste "tout public").

Bien sur l'attraction principale de ce film demeure le génial Jean Dujardin et on sent que ce dernier s'est bien fait plaisir à revêtir à nouveau le costume de ce joyeux crétin aussi irrévérencieux que vieux jeu mais assez attachant dans sa bêtise.

Enfin bref une suite bien plus aboutie qui donne sans doute une des meilleurs comédie française de ces dernières années.
L_huitre
L_huitre

102 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 octobre 2012
Belle audace ! Faire rire avec des propos misogynes, racistes et antisémites, c'est assurément un tour de force. Et cela marche ! La scène est irrésistible. Jean Dujardin a parfaitement trouvé le ton, et le reflet d'une époque. Sa composition est vraiment savoureuse, et fait l'essentiel du film. Car, malgré une reconstitution particulièrement soignée, le scénario est un peu creux, l'histoire peu crédible, et les scènes de fusillades du grand guignol... C'est d'ailleurs sans doute le point faible de ces OSS (le 2ème opus dépassant à mon sens le premier) : on reste au niveau de la grosse farce... Je pense que le film aurait gagné en pouvoir comique, avec une histoire mieux charpentée, et des méchants qui ne soient pas des partenaires d'opérettes.... Enfin, on peut recommander malgré tout le film, ne serait-ce que pour Dujardin qui est vraiment épatant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2012
Généralement dit que l'original est toujours le meilleur; et bien là, cette suite surclasse aisément le premier. Humour 100% pur carat, avec surtout des jeux de mots très, très cultes. Jean Dujardin est parfais en 007, euh non, OSS 117; il est "l'espion" le plus (doué) de tous !^^ Et des rires de sa part, tout aussi cultes. Bon en clair, tout y est mémorable dans cette comédie parodique de la comédie.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 septembre 2012
Géant et pourtant je n'était pas du tout fan de Mr DUJARDIN qui m'énervait même avec Brice et d'autres prestations.Du coup j'ai visionné l'autre OSS au Caire nid d'espions qui est de la même facture.Des dialogues à se pisser dessus tellement j'ai ri.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 21 août 2012
Sympa, mais bien moins drôle que le premier. Certaines scènes resteront cependant dans les mémoires et seront certainement ressorties entre amis.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 août 2012
Super film! Vraiment très drôle, humour, actions dérisoires, scènes caricaturales, bref un excellent film! On ne s'ennuie pas une seconde!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 16 août 2012
L'apogée!
Hubert Bonnisseur de la Bath n'est plus a presenter pour les incultes des vieux OSS et nous regal ds sa naïveté patriotique! Un savoureux melange de references cinematographiques et de repliqiss cultes propres au film.
Noël Flantier (Le service des Couvertures est decidement tres franchouillard) nous demontre par l'absurde une fois de plus les tares de la societé francaise passée et actuelle.
La dimension historique nous rapproche un peu plus du meilleur espion français et les personnages secondaires n'en sont que plus percutants!
Dolores est un regal visuel, VonZimmel le plus humain des nazis etc...
Bravo a cette belle bande une fois de plus et j'espere a bientot!
Jean G.
Jean G.

33 abonnés 478 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 août 2012
Bizarremment, je l'ai trouvé légèrement en-dessous de l'autre, mais il reste très drôle, avec quelques passages vraiment délicieux, et des acteurs qui ont la pêche et qui nous la transmette généreusement. Encore un très bon moment en compagnie du meilleur agent secret !
Nitemir76
Nitemir76

25 abonnés 8 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 août 2012
Ce film est l'une des meilleurs comédies françaises que j'ai vues, subtile et marrant personnellement je ne m'en lasse pas !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 12 août 2012
Quel navet ! nul quel que soit le degré d'humour auquel on le prend.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 15 août 2012
Très mauvaise suite, ce OSS 117 déçoit. Bien que la prestation de Jean Dujardin reste impeccable dans ce rôle tout en second degré, le reste ne suit pas.
Là où le premier surprenait dans son hommage au film d'espionnage, le second se revèle très insipide car l'univers ne change malheureusement pas. Le scénario est plus ennuyeux et les intrigues s’enchaînent sans grande conviction, ponctué par des gags aussi bien moins agréable. Car la force du premier reposait surtout sur un choc des culture amenant des situations amusantes alors que le second volet mise d'avantage sur des gags encore moins subtils.
C'est donc un goût amer que laisse ce second volet qui aurait pu paraître prometteur.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 août 2012
Jean Dujardin est tous simplement excellent dans sont rôle d'espion débile et sexiste ^^ les vannes sont très bien trouver et Jean a juste la classe en OSS 117
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