On connaît les qualités de conteur de Denys Arcand- des personnages facilement lisibles dotés d'ennuis avec lequel le spectateur se sentira forcément en empathie, un sens de l'espace rarement pris en défaut, un humour plus ou moins facile mais qui fait souvent mouche. Cela ne va pas sans retour de bâton, un certain schématisme, une facilité dans le jugement, un ton docte et péremptoire. C'est bien au retour de bâton que l'on assiste ici, tant tout tombe plat, tout est facile, flirtant avec une xénophobie, un racisme qui, pour être de surface, n'en demeurent pas moins dérangeants. Comme souvent lorsqu'il y a pléthore de "guest stars", le résultat final est froid, cynique, pas drôle, bref l'inverse des "Invasions barbares" qui interpellait quelque chose au fond de nous, traquait l'émotion et la débusquait, sans ambages, sans tentative des séduction. Pourquoi? Parce qu'Arcand nous faisait aimer ses personnages, nous mettait sous ambages en devoir de les comprendre. Ici, l'empathie n'a pas pris, le scénario est exsangue- il y a même un passage piqué aux "Visiteurs"... les personnages sont tièdes, le tout inconsistant. Et, pire que tout, il embarque l'excellent Marc Labrèche dans cette galère sans rames.
Pour commencer, ce film n'est pas la suite des invasions barbares, contrairement à ce que certains disent ici. Sur le fond, la déception est d'autant plus grande qu'Arcand aurait pu faire un magnum opus! Les deux premiers tiers du film sont mous, pas assez drôles. L'humour du déclin de l'empire américain et des invasions barbares ne se retrouve quasiment pas. Le personnage louvoie entre rève et réalité, et n'agit pas pour prendre sa vie en main. Puis tout à coup, le film se réveille dans les vingt dernières minutes. Arcand montre alors un talent étonnant dans le traitement de thèmes dramatiques (mort, sens à donner à la vie, échec de la vie de famille...). Je n'avais pas été aussi touché par un film depuis "Assassins" de Kassovitz. Marc Labrèche est très convaincant lors de certaines scènes. Mais ce talent se déploie trop tard. Les cinq dernières minutes du film sont d'ailleurs inutiles, et on aurait dû rester sur le climax familial. Si ce film avait été aussi drôle au début qu'il est triste à la fin, cela aurait été un chef d'oeuvre.
Le troisième film de Denis Arcand (« le déclin de l’Empire Américain », « les invasions barbares ») est pour moi une vraie déception. On y retrouve le mélange de pathos et d’humour (Arcand est vraiment obsédé par la vieillesse et la mort), mais j’ai trouvé le traitement assez léger. L’action se place au Québec, dans un futur proche. Les légères différences avec la réalité actuelle auraient du suffire à créer le décalage nécessaire à l’humour, la critique de la société, voir aux scènes plus tristes. Malheureusement, et dans un souci évident d’ajouter plus d’humour, Arcand a ajouté des scènes où le personnage principal se fantasme avec de belles actrices, dans sa réalité personnelle. Ces scènes, qui arrivent parfois comme un cheveu sur la soupe, sont à la fois la force du film - par l’humour apporté -, et sa faiblesse - car l’humour est y est différent du reste du film, moins subtile, et parce que ces scènes nous empêchent de nous immerger totalement dans l’histoire. La seconde partie, où les fantasmes sont moins présents, est d’ailleurs bien meilleure à mes yeux. Le film est aussi léger dans le sens où Arcand nous donne pas mal de personnages et situations très caricaturales (même si c’est un peu voulut). Bref, en deux mots : bof bof.
Denys ARCAND décrit avec amertume et réalisme les travers de la société actuelle, en tapant au passage sur l'administration québécoise. Le tout est cependant très inégal, ficelé de manière assez brouillonne et alourdi par quelques scènes de making of oubliées lors du montage final.
Chronique douce amère sur avec une pointe de satire très sombre sur l'avenir en général Dans un Québec tristement normal et procédurier, loin du rêve que certains aiment s'en faire depuis l'étranger, ce film pourrait passer pour prémonitoire avec un titre pareil, tant il est vrai que le feuil nous mêle à la réalité - pas celle des métavers - et s'enfonce dans la désillusion la plus profonde pour ceux "dont le cerveau n'est pas remisé dans leur téléphone" (phrase lue sur... Amazon!). S'expose ainsi, une perspective existentielle balisée par l'individualisme paradoxalement géré en réseau dans le goulag toujours plus numérisé qui nous tient lieu de société, qui annihile tout détachement, relativisme, et pire se fait croisade de détruire toute force alternative. La googlelisation fasciste qui nous sied si bien parce qu'elle apporte des réponses pré-requises aux questions factuelles en éludant celles qui à la périphérie de l'algorithme du contrôle pénètrent dans la sphère du questionnement essentiel. On sent tout cela grouillant dans ce film qui pourtant ne fait pas montre d'une débauche de technologie, insistant plutôt sur les marasmes de l'administratif pour les populations en souffrance notamment. Une oeuvre à placer quelque part entre 'Brazil' et '1984' mais sans le coté anticipation anxiogène qu'on pourrait alors s'évertuer à esquiver mais avec une réalité sinistre qui est un sarcophage de processus et de comportements dans l'intention d'éviter toute fuite.
Intrigué par le très définitif "ce film séduira les vieux cons" d'un baveux quelconque des Inrockuptibles, je suis allé voir ce film d'un réalisateur dont j'avais particulièrement apprécié "Les invasions barbares". "L'âge des ténèbres" n'a malheureusement pas grand chose à voir. Ce film contient de bonnes idées, a quelques situations réjouissantes mais au final c'est un tantinet décousu, convenu (terriblement convenu)et la noirceur générale du propos est assez rebutante. C'est un film mineur, raté. De là à traiter de cons ceux qui auraient pu aimer, c'est prêter au propos du film une gravité qu'il n'a pas. Sauf que les Inrockuptibles aiment la gravité et que Montesquieu définissait cette dernière comme "la sagesse des imbéciles"...
"À Paris ça aurait été des supers gonzesses, ici au Canada c’est des bûcherons. - Quoique le barbu derrière est pas mal"
Ça peut déplaire. Ça cherche à déplaire. Denys Arcand crache sur la vie, sur le monde, sur la société, sur l’État, sur les gens "normaux" et sur les marginaux, sur les rêves et sur les fantasmes. Tout le monde s’en prend plein la gueule.
Maintenant il suffit de ne pas le prendre au pied de la lettre.
Ça en fait un excellent film.
Évidemment chez Denys Arcand : scénario, mise en scène, comédiens, montage. Mais surtout Dialogues.
Ce film n’est pas nul, mais plutôt destiné à un public d’au moins quarante ans… Ne faisant pas parti de ce public ce film ne me touche guère. A part çà, rien à reprocher de particulier à ce film qui est génialement conçu.
Pour qui avait un temps soit peu apprécié « le déclin de l’empire américain » et les "invasions barbares", l’avènement de cet "âge des ténèbres" a forcément quelque chose d’attractif et de séducteur. Malheureusement, et même si la bande annonce laissait présager le meilleur, ce nouveau film de Denys Arcand montre vite ses limites. Alors qu’on attend inconsciemment que l’intrigue se dynamise, le film s’enlise à tourner en rond, se contentant simplement d’accumuler des scènes fantasmées par le héros qui – si elles sont drôles au début – finissent par lasser dès le milieu du film. Au final, on ne rit plus quand le film semble nous inviter à rire, on ne s’émeut plus lorsque le film appelle à l’émotion. Bref, on ne voit plus ce film comme une histoire qui est racontée mais comme un scénario qui se déroule. Quand on en arrive là, c’est que le film est passé à côté de son sujet, et c’est bien ce qui arrive à ce livide "âge des ténèbres". A vouloir pousser la métaphore de ses titres de film jusqu’au bout, Arcand s’est enfermé dans un concept qui nous livre une œuvre molle et poussive, incapable de s’inventer.
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1,0
Publiée le 29 juin 2021
L'Age des ténèbres peut être décrit par un seul mot une dépression complète pour le spectateur. Toute l'atmosphère du film est simplement dépressive, elle est mélancolique, elle est ennuyeuse et elle est insensée. Tout est gris tout le monde est malheureux et tout va mal pour tous le monde. En ce qui concerne l'atmosphère le réalisateur et l'acteur principal ont fait un excellent travail sans aucun doute mais qui veut voir un film qui ne montre que le sens négatif de la vie et un portrait pseudo-critique de la famille ou de la société. Je pense que ce film est une perte de temps enfin pour moi c'a l'est. Je me demande comment il a pu être nommé à de nombreux prix. Dieu merci il n'en a gagné qu'un celui du meilleur maquillage que j'approuve...
Après un magnifique "invasions barbares", grosse déception pour ce dernier film de D.Arcand. Il faut dire qu'après 1/2heure d'humour déjenté, qui tourne au grotesque au fur et à mesure, devient à la longue très lassant malgré quelques bonnes idées. La fin se veut poignante, réfléchit et poétique mais tombe complètement à plat. Dommage.
Denys Arcand conclut avec cet âge des ténèbres sa trilogie,entamée avec "Le déclin de l'empire américain" et "Les invasion barbares".C'est l'histoire de Jean-Marc,looser désemparé,suivant le malheur des autres pour compléter plus profondément le sien,se rêvant des filles idéales,un statut idéal,un charme idéal...une vie idéale quoi.Mais la réalité est encore plus rude quand il rebascule dedans,lui rappelant qu'il n'est qu'un moins que rien,un homme raté,routinier,ordinaire.Vision acerbe et caustique d'une société et d'un mode de vie quasi-irréel(le),"L'âge des ténèbres" est un film intéressant dans son propos,une oeuvre originale et dont on sent la présence et la patte très personnelle du réalisateur.Malheureusement,malgré la défendable et singulière vision du cinéaste,le film patît beaucoup de ses gags lourdauds et de ses fantasmes incontrôlés.Souvent agaçant et finalement pas si drôle que ça,le film de Denys Arcand est en permanence gâché par une hystérie non-canalisée qui l'enfonce profondément.Puis,c'est énervé que l'on finit par suivre le reste du film,malgré l'interprétation saisissante du droopiesque Marc Labrèche,et quelques séquences émouvantes.Justement,Arcand semble bien plus à l'aise dans le registre dramatique qu'humoristique,faisant presque oublier ses gags vulgaires au dépend d'une vieille femme qui s'ôte à la vie,laissant devant elle l'incapable réussite de sa vie se démener encore plus solitaire qu'avant,cet homme désemparé et touchant qui ne sait plus où donner.La crise qu'il traverse émeut,mais le réalisateur semble absolument vouloir être original,signant des scènes décalées (et souvent ratées,comme celle de la joute) qui,mêlées au dramatisme englouti de l'oeuvre,ne font jamais une.Puis la fin s'étend mollement,anémiée et discrète,calme et douce,plus belle et dramatiquement parlante que tout le reste du film.Un ratage,donc.
Après ses deux derniers films très originaux, voici venir la fin de la trilogie. Nous montrant la vie insipide et dramatique d’un homme, l’auteur le fait rêver pour échapper ou plutôt fuir ce qu’est devenu sa vie. Malgré de bons acteurs et une critique sûrement très juste du Québec, le scénario se finit en queue de poisson et l’aspect fataliste du film n’est pas pour laisser une bonne impression du film.
Un film qui vous fera regretter les deux premiers de la trilogie.